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Exercices d'humanité
Descombes Vincent ; Lara Philippe de
PETITS PLATONS
18,00 €
Épuisé
EAN :9782361650377
Lauréat du Grand Prix de Philosophie de l'Académie française, Vincent Descombes est aujourd'hui Directeur d'études à l'EHESS et membre du Centre de recherches politiques Raymond Aron. Il est l'un des rares philosophes français à s'inscrire dans le courant de la philosophie analytique, mouvement qui place la question du langage au centre de sa réflexion. Que savoir? Comment dire? Telles sont les questions que n'aura de cesse de poser le philosophe analytique. Ces entretiens avec Philippe de Lara, maître de conférences à l'université Panthéon Assas, permettront aux non-spécialistes de découvrir l'essentiel de sa pensée. Vincent Descombes revient sur son parcours aux côtés de Paul Ricoeur, sa rencontre intellectuelle avec Russell, et dégage sa méthode conceptuelle, avant d'exposer et d'approfondir les questions qu'il aborde dans ses oeuvres, celle de l'identité, les rapports entre politique et langage...
L'identité, dans les acceptions que ce terme revêt aujourd'hui, est une véritable énigme lexicale : elle désigne tout autant l'objet de contrôles sécuritaires policiers, un retour à la religion de ses parents, que, dans un guide touristique, la spécificité en voie de disparition d'un quartier. Reprenons. «Qui suis-je ?», «Qui sommes-nous ?», ce sont là ce qu'on appelle précisément des «questions d'identité». Nous comprenons spontanément de quoi il retourne parce que nous disposons d'un modèle : connaître l'identité de quelqu'un, c'est savoir comment il s'appelle. Toutefois, lorsque la question de l'identité est posée à la première personne, mon intention n'est pas d'apprendre quels sont mes nom, prénoms et qualité, comme si je devais passer un «contrôle d'identité». Que signifie le mot dès lors qu'il est utilisé avec le possessif («mon identité», «notre identité») et qu'il ne désigne pas l'énoncé d'un état civil ? Jadis le mot voulait dire exclusivement qu'il n'y a qu'une seule et même chose là où on aurait pu penser qu'il y en avait deux. Or, depuis quelques dizaines d'années, le mot a revêtu une signification autre, à savoir qu'il y a une chose ou un être qui possèdent la vertu d'être singulièrement eux-mêmes. Ainsi, que des guerres puissent éclater pour des questions qui ne relèvent pas strictement des intérêts matériels bien compris des antagonistes, nul ne saurait s'en étonner, sinon ceux qui nourrissent une conception utilitariste étriquée de l'être humain. En revanche, pourquoi est-ce le mot «identité» qui se trouve désormais chargé de signifier l'enjeu et l'objet de tels conflits ? Tel est donc le point précis soulevé par Vincent Descombes : dans tout cela, que vient faire le mot «identit?? Et que reste-t-il du concept d'identité ?
Où placez-vous l'esprit ? " demandons-nous aux philosophes qui nous parlent du mental. Or il y a deux réponses qui s'offrent à nous dedans, selon les héritiers mentalistes de Descartes, de Locke, de Hume et de Maine de Biran, héritiers parmi lesquels on peut compter les phénoménologues et les cognitivistes ; dehors, selon les philosophes de l'esprit objectif et de l'usage public des signes, comme l'ont soutenu par exemple Peirce et Wittgenstein. Mon propos dans ce livre est double. Il est d'abord de soutenir la thèse de l'extériorité de l'esprit : l'esprit doit être placé dehors, dans les échanges entre les personnes, plutôt que dedans, dans un flux interne de représentations. Il est ensuite d'apprécier la différence entre ces deux réponses du point de vue des sciences morales, ou " sciences de l'esprit ". Cela permet de considérer dans des termes nouveaux la controverse sur les sciences humaines qui n'a pas cessé pendant tout ce siècle : herméneutique contre positivisme, philosophie du sujet contre structuralisme, individualisme méthodologique contre holisme du mental.
Le XXe siècle philosophique a été traversé, en Europe, par la querelle du sujet. On en connaît les grandes étapes: le tournant idéaliste de la phénoménologie et la réaffirmation d'une orientation cartésienne de toute la philosophie (Husserl); l'essai d'une radicalisation existentielle (le l'idée du rapport à soi (Heidegger et Sartre); la démystification structuraliste qui fit (lu sujet une illusion d'optique ou un effet de langage; le dépassement des philosophies classiques de la conscience dans un dialogisme (Habermas). les travaux de restauration herméneutique d'un sujet rendu frugal par l'accent porté sur sa finitude, son historicité, sa dette (Gadamer, Ricoeur). La guerre est finie. Les adversaires du sujet lui font une place à la condition que, tirant les leçons de l'expérience humaine, il soit divisé, fragmenté, souvent opaque à lui-même, voire impotent. Les tenants du sujet en conviennent, à la condition que l'idée n'en soit pas tenue pour illusoire. Tous concluent que le sujet avait été conçu, à tort, comme doté de deux attributs auxquels il n'avait pas droit: la transparence et la souveraineté. Mais aussi due le sujet réformé peut et doit conserver sa place architectonique dans notre conception générale du monde et notre propre statut cosmologique. Telle est la grande illusion de la philosophie morale, politique ou de la cognition. Car il n'est pas certain qu'aujourd'hui la philosophie puisse dire ce qu'elle entend par sujet. Sauf à revenir à la conception élémentaire, syntaxique, de complément du verbe, de sujet d'un agir soi-même. Ce sont là les raisons comme les enjeux de l'ébranlement qu'entreprend ce livre.
Revue de presse Depuis l'époque de Descartes, un nouveau personnage occupe la scène philosophique : le moi, tandis que s'éclipsent d'autres personnages qui eurent leurs heures de gloire - tels l'intellect agent et l'âme. D'où sort-il ?
Un petit cafard angoissé nommé Martin part à l'aventure dans le corps de Heidegger. Sur les bords du rein, dans un univers de côtes et de chair peuplé par des fourmis fanatiques, des machines devenues folles et des vers poètes, qui saura lui dire pourquoi il existe?
Dans une Italie à feu et à sang, Pic de La Mirandole veut établir la paix entre les savants. Kéroub, un ange très futé, l'observe en cachette. Pourquoi Dieu a-t-il confié ce grand projet de concorde à un simple mortel ? La nature humaine serait-elle plus digne que les esprits célestes ?
Socrate va par les rues d'Athènes, interpellant ceux qu'il trouve sur son chemin... Connais-toi toi même! Ne te soucie pas des richesses, cherche la vérité et deviens philosophe! Ce n'est pas du goût des Athéniens. Au terme d'un procès Socrate est condamné à boire la ciguë. Va-t-il s'enfuir? Un philosophe doit-il craindre la mort?