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Etre au monde. Quelle expérience commune ?
Descola Philippe ; Ingold Tim ; Lussault Michel
PU LYON
10,00 €
Épuisé
EAN :9782729708870
L'anthropologie a mis au jour que tous les êtres humains n'ont pas la même compréhension du monde ni de ce que signifie être au monde ; parmi ces ontologies, aucune ne surclasse les autres. Existe-t-il alors un point de vue neutre à partir duquel les étudier et les comparer ? Dans ces manières d'être et de "composer des mondes", quelle est la part du processus ? Quelle est la part de l'inscription de l'homme dans l'enchevêtrement des existences et celle de l'observateur dans son objet ? Telles étaient les questions posées dans le cadre du festival "Mode d'emploi" organisé par la Villa Gillet en novembre 2013, lors du débat de Philippe Descola et Tim Ingold, animé par Michel Lussault. Le livre conçu aujourd'hui à partir de ce débat propose une ouverture par Michel Lussault, un dialogue réagencé et révisé où alternent les voix de Philippe Descola et de Tim Ingold, enfin un post-scriptum de la main de chacun des deux intervenants.
Ce numéro 3 de la revue CORPS s'ouvre sur un entretien avec Philippe Descola (professeur au Collège de France) dont nous sollicitons le regard d'anthropologue sur le corps par-delà nature et culture. Le dossier central est consacré aux couleurs, et plus exactement au Kaléidoscorps : entre polychromie et chromophobie. L'homme a la couleur dans la peau. Non pas d'une manière accidentelle, qui relèverait d'un taux de mélanine ou d'ensoleillement, mais d'une manière essentielle, transcendantale , qui ressortit aux conditions de possibilité du regard. Mais si la couleur nous colle à la peau, c'est qu'elle est d'abord et fondamentalement dans nos yeux. Bien plus que les mélanocytes, c'est le prisme culturel du cristallin qui fixe les pigments comme des marqueurs identitaires, cristallise des symboliques sur des couleurs, découpe des catégories, opère des hiérarchies, distingue de subtils dégradés de métissage, naturalisant les discriminations théologiques, politiques, économiques, sociales, érotiques... L'échelonnage interminable des variations du teint n'offre cependant qu'un aspect singulier des possibilités foisonnantes élaborées par les sociétés, les cultures et les individus, pour percevoir, concevoir et fabriquer les corps, les couleurs et leurs relations. Les huit contributions présentées dans ce dossier invitent à dépasser ce prisme : empruntant plusieurs regards disciplinaires - ethnologique, historique et philosophique-elles suggèrent la grande variété des constructions chromatiques du corps, auxquelles renvoient les imaginaires culturels, les philosophies anthropologiques et les savoirs pragmatiques analysés.. Le cahier iconographique La Sarabande des beautés interlopes, est réalisé par Karl Lakolak (plasticien et photographe) et Bernard Lafargue (philosophe). Enfin, la rubrique découvrir propose quatre articles de jeunes chercheurs sur les mises en scène du corps, le modelage du visage en chirurgie esthétique, la rébellion du corps lors de l'atteinte du cancer, ou encore la prétendue désincarnation des SMS. La rubrique des notes de lecture est consacrée cette fois au magistral ouvrage collectif : Histoire du corps (Alain Corbin, Jean-Jacques Courtine, Georges Vigarello, Seuil, 2005).
Résumé : Partout dans le monde, nous voyons les lieux et les êtres qui les peuplent en fonction des habitudes reçues de notre éducation, des paysages auxquels nous sommes accoutumés et des manières de vivre qui nous sont familières depuis l'enfance. Cette diversité est un gage de richesse mais rend parfois la coexistence plus difficile : comment des peuples différents par leurs langues, leurs coutumes, leur manière de percevoir le monde, peuvent-ils se comprendre ? Une leçon qui vient enrichir nos débats politiques sur l'avenir de notre planète.
La figuration n?est pas tout entière livrée à la fantaisie expressive de ceux qui font des images. On ne figure que ce que l?on perçoit ou imagine, et l?on n?imagine et ne perçoit que ce que l?habitude nous a enseigné à discerner. Le chemin visuel que nous traçons spontanément dans les plis du monde dépend de notre appartenance à l?une des quatre régions de l?archipel ontologique : animisme, naturalisme, totémisme ou analogisme. Chacune de ces régions correspond à une façon de concevoir l?ossature et le mobilier du monde, d?en percevoir les continuités et les discontinuités, notamment les diverses lignes de partage entre humains et non-humains.Masque yup?ik d?Alaska, peinture sur écorce aborigène, paysage miniature de la dynastie des Song, tableau d?intérieur hollandais du XVIIe siècle : par ce qu?elle montre ou omet de montrer, une image révèle un schème figuratif particulier, repérable par les moyens formels dont elle use, et par le dispositif grâce auquel elle pourra libérer sa puissance d?agir. Elle nous permet d?accéder, parfois mieux que par des mots, à ce qui distingue les manières contrastées de vivre la condition humaine. En comparant avec rigueur des images d?une étourdissante diversité, Philippe Descola pose magistralement les bases théoriques d?une anthropologie de la figuration.Médaille d?or du CNRS, professeur émérite au Collège de France, Philippe Descola développe une anthropologie comparative des rapports entre humains et non-humains qui a révolutionné à la fois le paysage des sciences humaines et la réflexion sur les enjeux écologiques de notre temps.
C'est un fait, l'enseignement, et plus largement le système éducatif, constituent en France un secteur professionnel féminisé. Est-ce à dire que femmes et hommes connaissent les mêmes évolutions de carrière dans ce domaine ? C'est la question que pose Gilles Combaz dans cet ouvrage. Pour y répondre, le sociologue s'intéresse à trois fonctions : les directeurs/trices d'établissements dans le premier degré, les inspecteurs/trices du premier degré, les directeurs/trices d'établissements du second degré. Mobilisant les statistiques nationales existant sur le sujet et réalisant des entretiens complémentaires pour affiner son propos, Gilles Combaz scrute ces postes à travers trois thématiques clés : le recrutement, la mobilité, l'avancement. Ses conclusions sont claires : au-delà d'une féminisation réelle des fonctions d'encadrement de l'éducation nationale et si, en deux décennies, les écarts se sont considérablement réduits, des inégalités demeurent cependant entre femmes et hommes dans l'accès aux postes à responsabilités et dans le déroulement des carrières. Toute l'analyse de Gilles Combaz vise à révéler comment sont produites ces inégalités.