Issu du domaine de la documentation, le terme "iconothèque" est utilisé ici pour penser une zone laissée en suspens par les études littéraires : les pratiques iconographiques concrètes d'écrivains dans un contexte de création, mises en regard avec celles d'artistes, de la fi n du e siècle à nos jours. Les iconothèques sont des bibliothèques d'images qui sont prises dans une tension entre sphère intime et publique, ainsi que, plus récemment, entre usages analogiques et numériques. En dressant une généalogie de la collecte, du stockage et de la transmission des images, ce volume met en lumière des lieux de création qui méritent d'être conservés et valorisés. Il procède en cinq moments, traitant d'abord du fonctionnement des iconothèques comme des réserves d'images constituées pour soi ou pour autrui, avant de s'arrêter sur les cas des "scénographies murales" , de "l'iconothèque en contexte numérique" et sur les manières dont ces dispositifs font oeuvre. Richement illustré, il alterne études de fonds et entretiens de responsables d'archives, de chercheurs et d'écrivains contemporains. Publication du programme de recherche "Handling : writers handling pictures. A material intermediality (1880-today)" dirigé par Anne Reverseau à L'UC Louvain et financé par le conseil européen de la recherche (ERC) de 2019 à 2024 (Bourse n° 804259)
Cet ouvrage a été publié à l'occasion de In a Sentimental Mood une exposition imaginée par Vanessa Desclaux. Réunissant les oeuvres de huit artistes français et internationaux, cette exposition a été présentée à la Galerie des Galeries, Galeries Lafayette Haussmann, du 28 mai au 24 août 2013. La Galerie des Galeries, espace culturel des Galeries Lafayette Haussmann, a pour ambition de faire découvrir à ses visiteurs les talents d'aujourd'hui et de demain. Constituée de quatre expositions par an autour de la création française et internationale, sa programmation cherche à mettre en valeur la transversalité qui existe entre la mode, les arts plastiques et le design, disciplines qui inspirent depuis toujours les Galeries Lafayette.
Les épidémies sont de plus en plus fréquentes et globalisées. Les dimensions sociales, politiques et culturelles conditionnent les émergences et déterminent l'efficacité des réponses médico-techniques telles que la vaccination. Or, ces aspects sont trop peu pris en compte, en partie du fait des difficultés d'accès aux connaissances en sciences sociales. Cet ouvrage s'appuie sur les recherches menées au cours des deux dernières décennies par une vingtaine de contributeurs. Il utilise des travaux théoriques et des expériences opérationnelles, notamment sur les épidémies d'Ebola, de VIH, de choléra, et de Covid-19 en Afrique et en Europe. Les chapitres couvrent les grands thèmes sociaux mais aussi les aspects méthodologiques et éthiques de l'implication des anthropologues avec les équipes sanitaires. Ce manuel, destiné en premier lieu à des lecteurs compétents en sciences sociales, permet de poser les bases de recherches et d'interventions sur les épidémies, en collaboration avec des acteurs de santé publique.
A priori, la cinquantaine chez une femme n'est pas une partie de pique-nique : les enfants partent, parfois aussi les maris, professionnellement, les jeux sont faits, les parents sont moins en forme, et on ne rentre plus dans un 38. Mais la vérité est ailleurs : dans ce livre enlevé, Mylène Desclaux porte un regard honnête et tendre sur elle-même et sur les cinquantenaires qui l'entourent. Depuis son petit laboratoire personnel, elle fait le point sur le mode de vie d'une nouvelle génération de quinquas, de la répartition des tâches ménagères au choix du compagnon idéal, en passant par la sexualité ou l'usage des réseaux sociaux... Les Nouvelles Quinquas propose la liste de ce qui fait du bien quand la tristesse, la colère ou le découragement s'en mêlent : pour notre plus grande joie, on accompagnera l'auteur se faire tirer les cartes, on s'allongera avec elle sur le divan d'une psy trop émotive, on affrontera de jeunes rivales, on partagera ses secrets de famille et on réfléchira sur la façon de gérer au mieux ces bouleversements inévitables, qui génèrent un peu de chaos, mais derrière lesquels se cache beaucoup de bonheur.
Alors qu'à propos de l'Afrique le poids des maladies chroniques et des épidémies domine les discours internationaux, les avancées majeures en matière de santé au cours des trente dernières années restent dans l'ombre. Le projet de cet ouvrage est d'analyser les formes individuelles et collectives du "guérir" dans l'Afrique contemporaine. Dans une approche anthropologique, la guérison n'est pas définie seulement d'un point de vue médical, mais elle est une production matérielle et idéelle dans des cultures thérapeutiques qui articulent le local et le global, mais aussi le sanitaire, le religieux et l'économique. Les auteurs apportent des éclairages sur des questions telles que : la promesse de guérison et les effets de l'absence de la notion d'incurabilité dans les offres thérapeutiques locales ; les capacités et limites du système médical dans la construction de la guérison clinique ; les tensions entre acteurs sanitaires et patients dans les perceptions de la guérison ; les interprétations et dissonances locales des discours d'éradication en santé publique. Au final, l'ouvrage éclaire non seulement les dimensions idéelles de la guérison dans leurs contextes sociaux mais aussi les effets des dissonances dans ses approches, du personnel au politique.
Une histoire du peuple de Bretagne, de la Préhistoire à nos jours. Les histoires de Bretagne ne manquent pas... Mais celle-ci adopte un point de vue inédit : celui des paysans, des ouvriers, des marins, celui des hommes et des femmes sans histoire, sans papiers. Elle porte attention aux plus humbles, pas seulement aux puissants ; s'intéresse à la vie concrète et aux rêves qui s'y enracinent, pas seulement aux couronnements et aux batailles ; risque d'autres chronologies ; ruine quelques évidences... La crise économique de l'âge du fer, l'arrivée des Bretons en Armorique, la condition paysanne pendant la féodalité, la révolte des Bonnets rouges, la traite négrière, la Révolution et la Chouannerie, le développement du chemin de fer, l'émigration bretonne, la Grande Guerre, la Résistance, la crise du modèle agricole breton, Notre-Dame-des-Landes... Autant de moments de notre histoire examinés d'un oeil neuf. Emergent ainsi de nouvelles figures, émouvantes ou pittoresques, jusque-là noyées dans l'anonymat des siècles. Et de nouveaux sujets : manger à sa faim, lutter pour sa dignité, découvrir de nouveaux horizons, accéder au savoir, devenir citoyen... Pas de jargon, un rythme de lecture facile : cette histoire a été rédigée avec le souci de s'adresser au plus grand nombre tout en obéissant à la rigueur du métier d'historien. Ce livre a été rédigé par trois historiens et un journaliste : Alain Croix, Thierry Guidet, Gwenaël Guillaume et Didier Guyvarc'h. Ils sont les auteurs de nombreux autres ouvrages dont, chez le même éditeur, l'Histoire populaire de Nantes.
Entre le XVIe et le XVIIIe siècle, la liberté de conscience a été conçue, en latin et dans une poignée de langues européennes, comme une possibilité de croire, de changer de croyance ou de ne pas en avoir. Elle a ainsi reçu une acception distincte de celle de la liberté religieuse ou de la liberté de religion. Lors de son inscription dans la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, adoptée sans vote négatif par l'assemblée générale des Nations Unies en décembre 1948, ce droit individuel a néanmoins suscité des réserves ou oppositions qui ont empêché sa déclinaison constitutionnelle par des Etats membres. Une génération plus tard, la contestation de la liberté de conscience s'est trouvée renforcée au nom de la reconnaissance de sensibilités culturelles différenciées, au nom d'une lutte contre l'apostasie - parfois associée au blasphème ou à l'insulte contre des religions - ou au nom de la défense de l'unité d'un corps. Cette enquête historique s'inscrit dans le temps long des sociétés humaines. Etablie sur des sources linguistiques diverses, elle vise à saisir l'émergence d'une notion au sein de communautés spécifiques, du Bassin méditerranéen à la Chine et à l'Amérique, à comprendre les motifs d'adhésion et de rejet formulés par plusieurs centaines d'auteurs, à déterminer les modalités d'expansion de cette liberté, de sa traduction dans des langues qui n'en avaient pas dessiné les contours, ainsi qu'à appréhender les ressorts des remises en question contemporaines. Explorant, entre autres, les registres de la philosophie, de la théologie et du droit, cette recherche met en exergue la force et la fragilité d'une des libertés fondatrices de la modernité, historiquement située, louée ou décriée. Préface de Yadh Ben Achour
Pourquoi établir des liens entre des images de films radicalement différents, au-delà des auteurs, des pays et des époques ? Parce que ces images convoquent des motifs visuels qui hantent le cinéma depuis ses origines : la fenêtre, la nuque, l'escalier, le miroir, le labyrinthe, le téléphone, le chat, le cri, et tant d'autres... Ces motifs ont des affinités profondes avec le langage et le récit cinématographiques. Ils sont de ce fait universels, pluriels, ambigus, et chaque cinéaste est incité à les adopter, les transformer et les réinterpréter. Les motifs de cinéma ont une grande agilité à se mouvoir : migrer d'un film à l'autre, d'un cinéaste à l'autre, d'une époque à une autre. Par le jeu des reprises et des différences, ils imprègnent la mémoire émotionnelle du spectateur et ouvrent une nouvelle perspective à l'histoire du cinéma. Les soixante motifs analysés et le millier de films cités donnent la mesure de l'impact visuel et narratif de ces images séminales, souvent reliées à la tradition picturale. Ce livre établit des liens comparatifs entre des créateurs qui ont confronté leur art à un même motif, permettant ainsi d'identifier leur singularité, leur rapport intime et personnel à ce motif, et leur rapport à l'histoire commune des images cinématographiques. Une des ambitions principales de cette riche collection de textes, adossés à des photogrammes choisis par les auteurs eux-mêmes, est de susciter l'émergence d'une possible théorie du motif en cinéma.
Au Moyen-Age le pouvoir se conjugue aussi au féminin. A rebours de la conception française du rôle des princesses de haut rang définie par la loi salique, les comtés de Flandre et de Hainaut sont, entre 1244 et 1503, le lieu d'exercice d'un pouvoir par les femmes. Marguerite de Constantinople, Marguerite de Flandre, Jacqueline de Bavière ou encore Marie de Bourgogne ne sont pas seulement filles, épouses, et mères : elles sont avant tout des femmes régnantes. Outils de validation et de pouvoir, leurs sceaux permettent de définir les contours de leur pouvoir politique et la singularité de leur statut. Par leurs spécificités iconographiques, héraldiques et emblématiques, les sceaux des princesses soulignent la place des femmes au sein de leurs lignées et comtés. Ce corpus sigillaire inédit, mis en regard avec les actes au bas desquels ils sont apposés (chartes, mandements, quittances), révèle les effets concrets de leur gouvernement. A travers l'histoire des pratiques de l'écrit et des représentations, ce sont les pratiques politiques des comtesses de Flandre et de Hainaut qui sont interrogées. In fine, cet ouvrage sur le pouvoir des femmes et les femmes de pouvoir se veut une contribution à l'histoire des femmes et du genre. Préface de Olivier Mattéoni