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LES LIGUEURS DE L'EXIL
DESCIMON ROBERT
CHAMP VALLON
26,00 €
Épuisé
EAN :9782876734258
En 1585, à la mort du duc d'Anjou, frère d'Henri III, l'héritier du trône devint le roi de Navarre (futur Henri IV), chef du parti protestant. Après un quart de siècle de guerre civile, cette perspective était inacceptable pour les catholiques radicaux. Ils formèrent une Ligue, que dirigeaient les Guise, d'où le nom de ligueurs que l'histoire leur a attaché. Mais ce fut Henri IV qui remporta la victoire militaire et politique, au prix, il est vrai, de sa conversion au catholicisme. Alors, en 1594, certains de ces ligueurs choisirent l'exil plutôt que de vivre sous l'autorité d'un "hérétique relaps". Ils étaient si attachés à une conception intransigeante du catholicisme qu'ils s'installèrent sur les terres du roi d'Espagne (le "roi catholique"), à Bruxelles surtout. Après la paix entre l'Espagne et la France, en 1598, le sort de ces exilés devint de plus en plus sombre et le sens de leur attachement à la "liberté de conscience" (c'était leur propre terme) de plus en plus mystérieux. Beaucoup rentrèrent au pays, où eux et leur famille connurent un net déclassement social, beaucoup restèrent en Flandres jusqu'à leur mort. Ce livre scrute l'aventure de ces exilés, surtout à travers les rapports qu'ils entretenaient avec les autorités espagnoles qui les pensionnaient et tâchaient de les utiliser. Toute une passionnante galerie de portraits est ainsi esquissée: du duc d'Aumale, ce grand seigneur malheureux à la guerre (mais excellent catholique), au maréchal de Rosne qui mourut au combat alors qu'il commandait l'armée espagnole au siège de Hulst, de Bussy-Leclerc, l'ancien gouverneur de la Bastille, qui exaspérait le monde avec son gros chapelet rouge, à Godin, l'ancien maire de Beauvais estropié par les nobles de son propre parti... Tous ces hommes peinaient à former une communauté, mais ils étaient unis par le souvenir des luttes passées et par leur commun attachement à un catholicisme absolu qui refusait toute cohabitation avec une autre religion, surtout si elle se prétendait chrétienne. Au fur et à mesure de leurs recherches dans les archives de Bruxelles, Simancas, Madrid, Milan, Paris, Lille.,., une évidence s'imposa aux auteurs à travers la confrontation de leurs cultures historiques (l'un est espagnol, l'autre français): ils finirent par devoir reconnaître que ces exilés qui avaient fui la France d'Henri IV n'étaient pas seulement des fanatiques, condamnés depuis le XVIIe siècle par la tradition, qu'elle soit royale, libérale ou nationale, mais qu'ils avaient été aussi porteurs d'un message religieux et politique qui avait sa logique et a même eu, on peut le regretter, une postérité.
Histoire de la France Sous la direction de André Burguière et Jacques Revel L'Espace français volume dirigé par Jacques Revel Avec Patrice Bourdelais, Daniel Nordman, Jacques Revel, Marcel Roncayolo Héritages volume dirigé par André Burguière Avec André Burguière, Daniel Fabre, Alain Plessis Choix culturels et Mémoire volume dirigé par André Burguière Avec Roger Chartier, Philippe Joutard, Madeleine Rebérioux, Christophe Prochasson La Longue Durée de l'Etat Volume dirigé par Jacques Le Goff Avec Robert Descimon, Alain Guery, par Jacques Le Goff Les Conflits volume dirigé par Jacques Julliard Avec Solange Deyon, Patrick Fridenson, Jean-Pierre Hirsch, Christian Jouhaud, Jacques Julliard
La Sainte ligue, le juge et la potence, c'est d'abord l'histoire de Barnabé Brisson, président au Parlement de Paris, juriste de grande renommée et familier d'Henri III, qui eut une fin singulière pour un magistrat de son rang : arrêté au petit matin du 15 novembre 1591, il fut pendu le jour même après un simulacre de procès et son corps exposé au gibet en place de Grève pour l'édification du peuple. Ses bourreaux ? Les Seize - l'aile marchante de la ligue parisienne - décidés coûte que coûte à empêcher le huguenot Henri IV de monter sur le trône de Saint Louis. Son crime ? Trop peu " catholique zélé " à leur gré, il aurait favorisé en sous-main les menées du Béarnais. Parvenu sur le tard au faîte des honneurs, Brisson, fils d'un modeste magistrat poitevin, cristallise les haines corporatives, religieuses et partisanes. Ses choix politiques résument les contradictions de sa personnalité, mais aussi celles de son milieu social et du parti auquel il a voulu, pour son malheur s'identifier. Son assassinat permettra la mise au pas des extrémistes et assurera le triomphe d'Henri IV. C'est ainsi que, bien malgré lui, Brisson fit à la royauté le don de sa personne. Les royalistes victorieux feront du magistrat félon un martyr de leur cause. Et cette légende servira puissamment la monarchie absolue de droit divin. L'aventure de cet homme, celle qu'il a réellement vécue comme celle qu'on lui a inventée, méritait une histoire critique. A travers le calvaire du malheureux magistrat, ce livre refait l'histoire tumultueuse de la Sainte Ligue.
Il y a bien des manières de raconter l'histoire d'un pays. Celle de la France a longtemps pris la forme d'un récit. Des origines aux temps contemporains, le roman de la nation traçait une continuité essentielle ; il était le garant d'une identité collective en même temps que d'une communauté de destins. Ainsi s'est peu à peu imposé un discours d'évidence qui, avec les siècles, est devenu inséparable de l'affirmation nationale. Ce récit n'est plus reçu aujourd'hui. Le rapport que les Français entretiennent avec leur passé, avec leur avenir aussi, a changé. La rapidité, l'ampleur des évolutions auxquelles nous avons été confrontés, les incertitudes qu'elles entretiennent parmi nous font à nouveau de la France une énigme. Plus que jamais, nous demandons au passé les raisons de notre présent, mais notre attente est moins assurée et les réponses difficiles à déchiffrer. Le miroir s'est obscurci. D'où la forme originale de cette Histoire de la France, qui rompt avec les habitudes du genre. Quatre volumes en proposent une approche thématique. Chacun d'eux traite d'un ensemble de singularités françaises qui marquent lourdement encore le paysage contemporain : l'organisation d'un espace propre, les rapports singuliers qui existent entre l'Etat et la société, le rôle des conflits dans le façonnement de l'unité française, les formes de la culture enfin. Ces histoires particulières s'inscrivent dans des durées très différentes. Elles se croisent et, parfois, se contredisent. Toutes ensemble, elles donnent à voir la complexité d'une genèse. Loin d'accepter comme une évidence les caractères originaux de notre expérience nationale, les auteurs ont choisi de les traiter comme autant de problèmes à reconnaître et à résoudre. Ils ont l'ambition, ce faisant, d'offrir au lecteur une France à comprendre et à aimer autrement.
Apparues au tournant des XIVe et XVe siècles dans le royaume de France et dans les principautés qui évoluaient dans sa mouvance, les Chambres des comptes ont connu leur "âge d'or" au Moyen Age en étant associées à la mise en place d'une fiscalité permanente et à la construction des domaines princiers. L'évolution institutionnelle leur a été préjudiciable à partir du XVIe siècle avec la concentration du pouvoir au sein du Conseil royal et des instances qui en dépendaient, le recours croissant aux financiers pour alimenter les caisses de la monarchie, la concurrence des parlements, des bureaux de finances ou des intendants. Malgré cela, elles n'en ont pas moins continué à jouer un rôle dans le contrôle de "l'argent du roi", en encadrant notamment le développement de nouvelles fiscalités comme celle des villes ou des états provinciaux, et dans la préservation de l'intégrité du domaine royal, ce qui les conduisait à recevoir les hommages des vassaux, à enregistrer des actes aussi divers que les lettres d'anoblissement ou de naturalité, à veiller à la conservation des archives ayant trait aux droits du roi. Par leur caractère de cours souveraines, elles ont attiré tout au long de l'époque moderne une part des élites du royaume, en quête d'honneur et d'épices, qui voulaient bénéficier des privilèges qu'elles octroyaient à leurs magistrats dont celui de l'anoblissement graduel était sans doute le plus important. A travers l'exemple de la Chambre des comptes de Bretagne des années 1540 à la fin du règne de Louis XIV et surtout de l'étude de son personnel, cet ouvrage contribue à la connaissance de ces institutions et dégage quelques ressorts de la "société d'offices" qui s'est mise en place en France à partir du XVIe siècle.
Résumé : L'histoire de la clandestinité intrigue, tant sont nombreuses les zones d'ombre, parfois artificiellement entretenues, et les pages méconnues, tandis qu'une poignée de clandestins a su polariser la curiosité du public et des historiens. Mais cette histoire est-elle seulement possible ? Chaque chapitre de ce livre, à sa manière, répond par l'affirmative, en retraçant la trajectoire d'un groupe politique, d'un mouvement structuré, avec une fortune variable, dans la dissimulation et par la pratique de l'illégalité. Contrairement à une impression première, les sources les plus diverses permettent d'en brosser une histoire incarnée, une histoire de l'intérieur, sans négliger pour autant le domaine des fantasmes que la lutte clandestine suscite immanquablement. Il s'agit là d'une conviction partagée par les auteurs, la compréhension de la clandestinité en politique se doit d'articuler, d'une part, les représentations propres aux mondes clandestins, qui, malgré leur diversité, peuvent être rassemblées dans l'expérience de cette lutte radicale et secrète, avec, d'autre part, les images de la lutte clandestine qui circulent à l'extérieur des groupes, que ce soit celles diffusées par le pouvoir ou les médias ou bien celles qui se développent au sein de la société et des différents mouvements sociaux. A travers l'exploration de la clandestinité comme modalité d'action politique, cet ouvrage expérimente une comparaison entre différents mouvements politiques dont les spécialistes dialoguent d'ordinaire trop peu ? anarchismes, résistances, mouvements révolutionnaires ou anticoloniaux ? en montrant l'existence de problématiques communes malgré les différents contextes. Il ambitionne également de fournir des clés pour comprendre la persistance de la menace clandestine, toujours actuelle, mais qui plonge ses racines dans une histoire longue et multiforme.
Tenant des carnets (un journal ?) depuis la jeunesse, je n'y ai jamais écrit que par spasmes, par bouffées, et dans une sorte d'état d'urgence. Brusques afflux de souvenirs, rêves ou lectures pareillement commentés, ce double qui n'a cessé de m'accompagner est bien aussi projet, que le livre entrevu ait abouti ou non, et interrogation sur ce projet même. Aussi m'a-t-il semblé que je ne pouvais extraire des fragments de ce long flux tout ensemble intermittent et proliférant sans tenter d'y introduire au moins un fil d'Ariane. Si le thème de la mémoire, chez l'être de souvenir qu'est, par définition presque, l'autobiographe, s'est imposé à moi, c'est que la mémoire m'est longtemps apparue comme la dépositaire de l'être même. Souvent, il va sans dire, ces plongées ou ces visitations fortuites s'accompagnent d'une réflexion sur la littérature. Au naïf émerveillement des premières années ici retenues - contemporaines de L'Adoration et s'aventurant à tâtons vers Le Retour - succède assez vite un soupçon qui, dû pour la plus grande part à la cruelle expérience de la mère internée, et qui va s'accusant dans ces pages mêmes, est tout près de s'en prendre au chant longtemps tenu pour " doré " d'une mémoire qui, par places traversée de nostalgie, entend bien pourtant ne se confondre avec aucun " passéisme ", sans cesse au contraire jouaillé, dénoncé que, pratiquement dès le début, est ce dernier. " J. B.
Les débats autour de la désinformation, des fake news et de la post-vérité risquent d'occulter une crise peut-être plus radicale que la crise de la vérité : la destitution de la réalité elle-même. Cette destitution commence avec la volonté prométhéenne de transformer la nature en environnement, et donc de détruire celle-ci. Elle prend bien d'autres formes, hétérogènes et indépendantes les unes des autres en apparence, mais qui en fait conjoignent leurs effets. L'artificialisme, le simulationnisme, le présentisme, le prédictionnisme, le fictionnisme, le négationnisme, le complotisme et le nihilisme sont les huit formes de destitution de la réalité analysées dans cet essai. Comme l'avait vu le psychanalyste Jacques Lacan, c'est la psychose qui guette l'humanité.
Résumé : Dans le monde entier, citoyens, militants et experts cherchent aujourd'hui à repenser nos sociétés et leur rapport à la nature à l'aune d'un usage et d'un gouvernement en commun des environnements et des ressources. Forêts et pâturages, terres et marais, lacs et rivières, pêcheries, systèmes d'irrigation : partout on redécouvre, expérimente, promeut leur gestion collective, avec l'espoir d'un avenir plus soutenable et plus démocratique. Ce monde des communs est à inventer, mais il hérite aussi d'une longue histoire que ce volume voudrait éclairer. Quelle place ceux-ci ont-ils occupée, en France et dans son Empire, sur la longue durée depuis le XVIIe siècle ? Comment les communs ont-ils évolué en lien avec les mutations de l'Etat et des marchés ? Quelles ont été leurs trajectoires dans le contexte des territoires colonisés par la France ? Et comment restituer toute la complexité des formes de gouvernement collectif des environnements, au-delà d'une conception parfois trop idéalisée des communs ? Une équipe d'historiens présente ici leurs résultats d'enquête sur tout ce pan encore trop méconnu de l'histoire sociale, écologique et politique de nos sociétés.