La mobilisation des "gilets jaunes" ne recèle pas en elle-même son principe d'intelligibilité, comme il en est le cas pour tout phénomène. L'irruption des "gilets jaunes" sur le devant de la scène dévoile d'abord quelque chose de notre situation historique. Elle conduit à s'interroger sur le processus de déconstitution qui affecte l'ensemble de la société, au plan économique, politique, idéologique. Comme y insiste le sociologue François Dubet, il faut en la matière a revenir à un regard historique a. Dès lors, le questionnement doit aussi porter sur la "réception" du phénomène auprès des commentateurs, sociologues, journalistes, responsables politiques, faiseurs d'opinion. Dès leur entrée en scène, les "gilets jaunes" ont été assez largement célébrés et plus ou moins identifiés au "peuple". Image d'un peuple sans substrat social clairement délimité, sans finalité politique d'ordre général, agrégat de forces, multitude, peuple réduit à ses affects, ne "consultant pas la raison", et dont les actes semblent pour une large part se légitimer par la seule "colère". Sous les éloges, on perçoit l'expression d'une condescendance, d'un certain mépris à l'égard du peuple, qui, quant au fond, porte récusation de sa capacité souveraine. Une telle figure du peuple remonte aux temps médiévaux, à l'Ancien régime, aux thèses contre-révolutionnaires et fascisantes. L'enquête menée auprès d'éléments du "peuple", révèle au contraire que ceux-ci peuvent se révéler circonspects à l'égard du mouvement des "gilets jaunes", clairvoyance politique qui contraste avec les jugements portés par ses suiveurs fervents, de tous bords politiques, et qu'on répute plus "éclairés". Il est vrai qu'à ces fractions du peuple, la parole a rarement été donnée.
Résumé : Ce premier roman raconte l'histoire d'une femme qui accepte d'intégrer une grande entreprise pour sortir son couple de la précarité. Ses revenus ne suffisent pas. Son compagnon échoue à trouver un emploi. C'est très bien payé. Que faire d'autre pour leur assurer la sécurité ? Elle n'a pas le choix, croit-elle. L'argent, l'urgence... Indépendante, habituée à travailler seule dans son atelier, elle découvre l'enfer des relations sociales contraintes, de la hiérarchie, des jeux de pouvoir et d'un travail dépourvu de sens. Elle finira par reprendre, à tous égards, sa liberté. Louise Desbrusses a réussi à la fois à raconter la vie quotidienne de cette femme dans son couple et dans son travail, de manière très objective, et précise, sans lyrisme ni fioritures, et, par un habile dispositif de parenthèses, à y instiller un commentaire corrosif qui, au choix, peut aussi bien être la conscience lucide de l'héroïne, que la voix impitoyable d'un narrateur à qui rien n'échappe des faux-semblant et des complaisances.
Plekhanov (1856-1918), et le groupe Libération du travail constitué autour de lui en 1883, eurent un rôle fondateur dans le processus révolutionnaire dont procéda la révolution d'Octobre 1917. Socialisme et lutte politique, publié en 1883, montre le théoricien et organisateur, connaissant les situations concrètes, attaché à définir et exposer, le plus clairement possible, la ligne stratégique du processus révolutionnaire en Russie, sa finalité, son contenu de classe, ses différents moments et les tâches en chacun d'eux. L'oeuvre de ce "père du marxisme russe" mérite d'être étudiée attentivement, non seulement pour son rôle dans le mouvement révolutionnaire en Russie, mais aussi pour sa maîtrise et son application des apports de la pensée de Marx à la connaissance, dans ses dimensions philosophique, économique, historique et politique.
Les deux soeurs savent ce qui compte. Les deux soeurs savent ce qu'il faut. Les deux soeurs savent qu'il faut toujours être mieux que les autres, au-dessus, sinon on est moins bien. Tôt elles l'ont appris. Pour l'aînée qui jamais n'aime rien laisser au hasard, la tache est ardue tous les jours. Elle l'est ce matin plus encore s'il se peut. Pour l'aînée. La seconde, elle, tente aujourd'hui de relever un nouveau défi.
Quelles sont les différences entre les Aztèques et les Toltèques ? Les Mexicaines portent-elles toujours des huilpils ? C'est vrai que ce sont les Mayas qui ont inventé le chocolat ? Comment manger des tacos comme un vrai Mexicain ? Combien d'écosystèmes y a-t-il au Mexique ? Qu'est-ce que la Catrina ? Dès mes premiers jours au Mexique, j'ai été totalement séduite par la joie de vivre ambiante, les couleurs, la musique mais aussi par les habitudes du quotidien considérées comme anodines par les touristes mais qui ont en fait une signification symbolique extrêmement profonde pour les Mexicains. On a l'impression que derrière chaque geste, chaque mot, chaque chose se cache quelque chose d'autre, une signification nouvelle, un morceau de culture. Si j'ai écrit ce livre, c'est pour enfin faire découvrir ce pays bouillonnant et coloré à l'histoire vieille de plus de 2 000 ans sous son vrai visage. Il ne s'agit pas de faire la liste des lieux touristiques à voir absolument ni des plus belles plages du pays mais de donner à voir la culture du Mexique, son passé, ses coutumes, la manière de vivre de ses habitants, les moments du quotidien, les différences qui peuvent surprendre toutes ces choses qui forgent l'identité de ce pays ! Mais c'est aussi une manière de rendre hommage aux Mexicains, à leur hospitalité, à leur gentillesse et à cette gaieté inébranlable qui leur permet d'affronter toutes les difficultés du quotidien. Alors, si vous avez pour projet de visiter un jour ce merveilleux pays, si vous l'avez déjà fait ou si vous êtes juste curieux : ce livre est fait pour vous. Il vous apportera, je l'espère, tous les éléments pour mieux comprendre ce pays et sa culture !
Co-édition avec le Centre de Sociologie Historique, Cahiers pour l'Analyse Concrète n° 68-69. Enquêtes réalisées depuis 1974. Qu'il s'agisse de représentations en partie élaborées ou de conceptions recueillis oralement, ces enquêtes ont été réalisées auprès de toutes les couches de populations. Elles ne se centrent pas sur "l'opinion" mais sur la "pensée" : comment sont conçus les différents objets de l'univers socio-politique, et notamment : nation, Etat, patrie, république, démocratie, autogestion, entreprise, Europe, travail ; la crise, causes et conséquences, la crise et la perception de l'avenir ; la situation internationale et celle de la nation, évolutions et dangers.
Quel français écrivaient les Poilus ordinaires ? Comment leurs lettres conjurent-elles la séparation ? Comment créent-elles l'illusion d'une présence ? Cultivateurs, ouvriers viticoles, artisans, ils ont quitté leur village pour devenir soldats. Depuis les tranchées, un seule moyen pour garder le lien avec leurs proches : l'écriture. Ils en ont appris les rudiments à l'école de la troisième République, mais leurs occupations habituelles ne les confrontaient guère à cette activité. Eux qui, à la maison, parlaient plutôt"patois", s'emparent de cette langue française apprise, et commencent : "Je vien par cette lettre vous faire savoir l'état de ma santée". Ouvertures civiles, car il faut tenir les formes dans un quotidien boueux, où la civilisation perd pied. orthographe variable : les soucis de la norme paraissent ici si dérisoires. ce livre invite à découvrir les écrits laissés par des témoins modestes de la Première Guerre mondiale. Il donne à lire, dans leur transcription fidèle mais aussi dans une version orthographiée, trois correspondances de familles rurales, deux languedociennes, une bressane. Pas de grands récits héroïques, dans ces lettres. Certaines demandes - une paire de gants, de l'ail pour frotter le pain - laissent deviner la détresse matérielle des tranchées. Les femmes restées au village n'ont garde de se plaindre. Chez tous, un même souci de ménager l'autre. Et ce sentiment qu'un Poilu languedocien nomme la "languitude", et que la lettre permet , un moment de "lever". Dans la tragédie de la Grande Guerre, l'écriture ouvre, entre villages et tranchées, une échappée de tendresse.