Depuis Jacob Burckhardt, les historiens ont placé la Renaissance sous le signe de l'affirmation de l'individu. Afin de renouveler l'approche des écritures de soi à l'aube de la modernité, les contributrices et les contributeurs de ce Cahier V L. Saulnier ont choisi de laisser un temps de côté les genres plus "canoniques" que sont les mémoires, l'autobiographie ou le journal, pour se pencher sur des textes et des corpus moins cartographiés, comme les commentaires érudits, les récits de voyage, les récits de captivité, les récits de cure ou de convalescence, les correspondances, les écrits professionnels, les archives judiciaires, ou encore les épîtres en vers, les élégies ou la poésie généthliaque (qui célèbre les naissances), en français et en latin. En marge des genres constitués s'invente alors une nouvelle parole sur soi, dont la forme souvent fragmentaire et interstitielle n'enlève rien à l'énergie ou à l'expressivité.
En explorant le rôle et la symbolique des secrétaires d'Ancien Régime, ce livre contribue à dessiner une histoire des écrivains de l'ombre. Aux XVIe et XVIIe siècles, le secrétaire, compris en général comme domestique spécialiste de l'écrit, parfois familier des arcanes du pouvoir, est incontournable. Le mot apparaît d'ailleurs fréquemment sur les pages de titre. Au sommet de l'appareil administratif se trouve la charge, plus rare et enviée, de "secrétaire du roi" . Ce livre conjugue les points de vue historique et littéraire et explore les recoupements et les contradictions entre titre, métier, ou carrière de secrétaire et d'écrivain en France. Il met en évidence les marges de liberté qui subsistent dans cette position sociale subalterne, en explore la symbolique, et contribue à dessiner une histoire des écrivains de l'ombre.
Aimer nous séduit, nous enveloppe et nous nourrit d'une nuée de pensées, de sentiments, d'émotions, de désirs, de plaisirs, mais aimer nous fait également du mal. Le lien de cette provocation, bénéfique et maléfique, se trouve via le chemin d'un mot : aimer. L'amour croît et décroît au rythme de l'évolution de notre vie et nous le rencontrons sous de bien différentes expressions. L'auteure a volontairement séquencé les sphères où ce verbe nous entraîne sur les voies de l'amour. Aimer quoi que ce soit est chronophage. Aimer nous envoie aussi dans nos profondeurs, nos peurs les plus secrètes, mais, en dehors de cet aspect sombre, ce verbe est si beau à dire, à vivre. L'amour est-il présent partout ? On aime, on n'aime pas, on n'aime plus. Aimer, qu'est-ce que ça provoque en nous ?
Résumé : Flash spécial : Un scientifique et sa famille, victimes d'un terrible virus : état d'urgence déclaré, risque de contamination maximal ! Traque ces 10 zombies avant que la ville entière ne soit contaminée. Un bon conseil, ouvre l 'oeil, ils pourraient bien t'attraper !
Fumaroli Marc ; Desarbres Paul-Victor ; Caron Maxe
Résumé : Cet ouvrage embrasse les multiples aspects de l'oeuvre de Marc Fumaroli et permet d'en apprécier toute la force et l'originalité. Critique littéraire, critique d'art, observateur de la vie publique, Fumaroli se montre ici tour à tour admiratif, mordant, léger ou solennel, attaché avant toute chose à un libre exercice de l'intelligence dans tous ses domaines de prédilection. Le grand lecteur qu'il est nous entraîne dans une traversée éblouissante de la littérature classique, de ses racines antiques à la période contemporaine. Ces exercices d'admiration témoignent de ce que toute littérature a vocation à nous offrir : une forme de bonheur et d'accomplissement personnel. S'il s'intéresse aux auteurs de son temps, Marc Fumaroli ne cache pas sa nostalgie du Grand Siècle, ni l'attrait qu'exerce sur lui le temps des Lumières, deux époques majeures façonnées par les génies conjugués de la grandeur, de l'imagination et de la sensibilité. Fumaroli inscrit sa vision de la création littéraire dans le sillage de ceux qui sont restés ses maîtres et inspirateurs : La Fontaine, Voltaire et Chateaubriand. C'est à cette aune qu'il apprécie l'oeuvre de contemporains estimés comme Jean d'Ormesson, Claude Lévi-Strauss ou René Girard. La seconde partie de ce volume rassemble ses différentes interventions dans le débat public. Le polémiste plaide avec vigueur pour la sauvegarde des humanités face à l'excès des spécialités. Il rappelle l'enjeu fondamental de toute politique éducative : d'abord former des êtres libres. Il affirme ses préférences esthétiques et se livre à une critique décapante des dérives de l'art contemporain comme de l'emprise idéologique de l'"Etat culturel". Autant de partis pris qui sont chez Marc Fumaroli la marque d'un intellectuel et esthète passionné et exigeant, porté par une éclatante indépendance d'esprit.
Résumé : Cet essai porte sur les romans écrits par Georges Simenon au cours des années trente, aussi bien les " romans durs " que les " Maigret ", et en renouvelle profondément la lecture. Il y décèle un scénario latent. Hanté par le " vertige de la perte " qui le pousse à un retour fusionnel dans le Monde-Mère sous les espèces du rien, voire de la mort, l'écrivain l'exorcise en se réfugiant dans le contre-monde du Livre, par instinct de conservation, en " avare " de son désir. Mais il en conçoit de la mauvaise conscience, car il s'éprouve alors comme un escroc, ou un faussaire : c'est donner en effet pour réels, dans ses livres, des êtres et un monde de papier, sans vraie consistance. Pour se laver de ce péché d'escroquerie, il place dans ses romans des personnages qui sont ses doubles, assignés à des espaces mettant en abyme le Livre. Ce sont des boucs émissaires, car ils endossent la faute et, d'une façon ou d'une autre - en mourant, dans bien des cas -, l'expient, ce qui permet d'en dédouaner l'écrivain. Cependant, il n'y a là qu'un subterfuge puisque, en réalité, ce sacrifice expiatoire du Livre et de son démiurge se produit... dans un livre. C'est pourquoi, un roman terminé, Simenon n'a d'autre choix que d'en entreprendre un autre.
Carraud Vincent ; Bayle Claire ; Meyer-Bisch Gabri
L'un des traits caractéristiques de Leibniz est son rapport, positif, érudit et essentiel à toute la tradition philosophique antérieure. Le rapport qu'il assume à celle-ci peut s'entendre par analogie avec les parties célèbres où les joueurs d'échec apprennent leur art : un bon joueur, instruit de l'histoire des échecs, reconnaît aux premiers coups l'ouverture choisie par son adversaire. Il s'épargne ainsi supputations et hypothèses. Se trouvent ici non seulement restitué ce que Leibniz a pensé des auteurs antiques et médiévaux mais encore analysé son bon usage de l'histoire de la philosophie. "