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Augustin Thierry. L'histoire pour mémoire
Déruelle Aude ; Potin Yann
PU RENNES
24,99 €
Épuisé
EAN :9782753575561
Connaissez-vous Augustin Thierry ? Si le nom et la légende de cet historien aveugle, contraint dès 30 ans à écrire l'histoire de mémoire, sont un patronage encore recherché - avec trois prix éditoriaux éponymes - son oeuvre est largement oubliée. A peine est-il considéré comme un styliste de l'âge romantique, en rivalité avec son cadet, Jules Michelet, tant sur le plan de l'érudition désirée que de la maîtrise du récit. Car Thierry est un de ces classiques de l'histoire du XIXe siècle que l'on évoque sans les avoir lus : il n'est "rien qu'un nom", "un de ces vieux noms que les manuels continuent à faire vivre d'une sorte de vie singulière et désincarnée" (Lucien Febvre). Condamné à une lecture anthologique - des extraits des Lettres sur l'histoire de France (1827) ou des Récits des temps mérovingiens (1840) figurent dans les recueils d'historiographie à l'usage des étudiants en histoire - Augustin Thierry occupe, avec son frère Amédée, la place de précurseur périmé du "roman national". Entre politique de mémoire et fabrique de l'histoire, les travaux d'Augustin Thierry dessinent les revendications et les contradictions d'une discipline en pleine rénovation au lendemain de la Révolution et de l'Empire. C'est à la redécouverte du parcours et de l'oeuvre de l'"Homère de l'Histoire" (Chateaubriand) que cet ouvrage collectif invite.
La première édition critique de l'oeuvre d'Augustin Thierry, aux sources du " roman national ". Au lendemain de la Révolution, Augustin Thierry (1795-1856) compte parmi les premiers à appeler de ses voeux une nouvelle histoire nationale. Il s'y attelle dans les Récits des temps mérovingiens (1840), chef-d'oeuvre de l'esthétique romantique. Ce texte au style enlevé et pittoresque, mais qui s'appuie sur une documentation colossale et une maîtrise impressionnante des sources, a été l'un des livres d'histoire les plus lus au XIXe siècle. Il exerça une influence majeure sur de nombreux écrivains - jusqu'à Proust qui s'en inspira pour sa " nuit mérovingienne " dans l'église de Combray - et contribua à façonner notre imaginaire du haut Moyen Age, en mettant en scène les crimes des rois francs et la rivalité entre Frédégonde et Brunehilde. Il est précédé des Considérations sur l'histoire de France (1840) qui, en proposant une histoire des histoires de France, développent une réflexion pionnière en matière historiographique. Le présent volume offre la première édition critique de ces textes. Il en retrace la genèse grâce aux archives d'Augustin Thierry, les enjeux et la réception jusqu'à nos jours. Il est complété par une sélection d'autres écrits de l'auteur, parmi lesquels une lecture célèbre d' Ivanhoé de Walter Scott (1820), " Histoire de mes idées et de mes travaux historiques " (1835) - une des premières tentatives d'ego-histoire -, ainsi que de larges extraits de son dernier livre, Essai sur l'histoire de la formation et des progrès du Tiers Etat (1851). Ce volume contient : Considérations sur l'histoire de France ; Récits des temps mérovingiens ; Ecrits sur l'histoire (une anthologie).
Etude approfondie d'un grand texte classique ou contemporain par un spécialiste de l'?uvre : approche critique originale des multiples facettes du texte dans une présentation claire et rigoureuse. Bibliographie, chronologie, variantes, témoignages, extraits de presse. Eclaircissements historiques et contextuels, commentaires critiques récents. Un ouvrage efficace, élégant. Une nouvelle manière de lire.
Chef-d'oeuvre d'une excessive simplicité" selon les mots de l'auteur, Le Cousin Pons, tout dernier grand roman de Balzac, est la chronique d'une mort annoncée : un vieux célibataire parisien, musicien et amateur d'art, est la victime de l'avidité de son entourage et de sa famille qui parviennent à l'exclure tout en le dépouillant. Tous acteurs d'une "comédie terrible de la mort", les personnages vacillent entre le pathétique et le grotesque. Cette scène toute privée permet à l'auteur de dresser un tableau acide et sans concession de la monarchie de Juillet et de son individualisme effréné, en un bilan grinçant d'une époque où "la pièce de cent sous est tapie dans toutes les consciences". Enfin, Le Cousin Pons est un roman de la collection, qui interroge tant le statut de l'artiste que celui de la conservation et de la circulation des oeuvres d'art dans le monde plat et matérialiste de la société bourgeoise. Dans ce récit sombre et désespéré, l'auteur n'hésite pas à rebattre les cartes du réalisme par un miroir volontiers grossissant. "Excusez les fautes du copiste ! " : cette pirouette provocatrice qui clôt le roman est aussi une épitaphe de toute La Comédie humaine. Synthèse des travaux les plus récents sur les enjeux divers de ce dernier Balzac, le présent volume rassemble les contributions des meilleurs spécialistes du romancier. Il a été pensé comme un ouvrage complet et incontournable pour permettre la réussite des candidats à l'agrégation de lettres.
Résumé : Le XVIe siècle est considéré comme le "crépuscule de la chevalerie". La violence des guerres d'Italie, la haine des affrontements religieux et l'expérience de la guerre moderne y seraient venues à bout de ses pratiques et de son idéal. Pourtant, cette période est aussi celle du chevalier Bayard, de l'adoubement de François Ier au soir de Marignan et de la mort d'Henri II lors du tournoi de la rue Saint-Antoine. Jamais cet idéal n'avait été autant invoqué par les princes et leurs hommes de guerre. Mais comment pouvaient-ils encore se dire chevaliers ? Pourquoi en éprouvaient-ils même le besoin ? Cette chevalerie, à laquelle ils vouaient un véritable culte, était-elle encore celle du Moyen Âge ? Voilà quelques-unes des questions qui conduisent la réflexion de Benjamin Deruelle. A partir d'une étude des pratiques littéraires, guerrières et symboliques de la chevalerie, il nous invite à redécouvrir cet idéal avec les yeux des gentilshommes de la première modernité. Ce cheminement au travers des romans de chevalerie, des cérémonies du pouvoir ou de la violence de ces gentilshommes dévoile un versant essentiel, et pourtant peu connu, de leur imaginaire. La redécouverte de cette culture, réinventée pour mieux survivre, et de ses multiples appropriations rend ainsi à cet idéal martial son rôle d'acteur à part entière de l'histoire. La chevalerie redevient alors ce langage autour duquel une monarchie, plus forte que jamais, s'oppose et communie avec sa noblesse. Cette étude revisite ainsi les figures multiples du chevalier et de la chevalerie au moment même où ce mythe fondateur de l'imaginaire de l'Occident est reforgé dans le papier, le fer et le sang de la guerre.
Au Moyen-Age le pouvoir se conjugue aussi au féminin. A rebours de la conception française du rôle des princesses de haut rang définie par la loi salique, les comtés de Flandre et de Hainaut sont, entre 1244 et 1503, le lieu d'exercice d'un pouvoir par les femmes. Marguerite de Constantinople, Marguerite de Flandre, Jacqueline de Bavière ou encore Marie de Bourgogne ne sont pas seulement filles, épouses, et mères : elles sont avant tout des femmes régnantes. Outils de validation et de pouvoir, leurs sceaux permettent de définir les contours de leur pouvoir politique et la singularité de leur statut. Par leurs spécificités iconographiques, héraldiques et emblématiques, les sceaux des princesses soulignent la place des femmes au sein de leurs lignées et comtés. Ce corpus sigillaire inédit, mis en regard avec les actes au bas desquels ils sont apposés (chartes, mandements, quittances), révèle les effets concrets de leur gouvernement. A travers l'histoire des pratiques de l'écrit et des représentations, ce sont les pratiques politiques des comtesses de Flandre et de Hainaut qui sont interrogées. In fine, cet ouvrage sur le pouvoir des femmes et les femmes de pouvoir se veut une contribution à l'histoire des femmes et du genre. Préface de Olivier Mattéoni
Une histoire du peuple de Bretagne, de la Préhistoire à nos jours. Les histoires de Bretagne ne manquent pas... Mais celle-ci adopte un point de vue inédit : celui des paysans, des ouvriers, des marins, celui des hommes et des femmes sans histoire, sans papiers. Elle porte attention aux plus humbles, pas seulement aux puissants ; s'intéresse à la vie concrète et aux rêves qui s'y enracinent, pas seulement aux couronnements et aux batailles ; risque d'autres chronologies ; ruine quelques évidences... La crise économique de l'âge du fer, l'arrivée des Bretons en Armorique, la condition paysanne pendant la féodalité, la révolte des Bonnets rouges, la traite négrière, la Révolution et la Chouannerie, le développement du chemin de fer, l'émigration bretonne, la Grande Guerre, la Résistance, la crise du modèle agricole breton, Notre-Dame-des-Landes... Autant de moments de notre histoire examinés d'un oeil neuf. Emergent ainsi de nouvelles figures, émouvantes ou pittoresques, jusque-là noyées dans l'anonymat des siècles. Et de nouveaux sujets : manger à sa faim, lutter pour sa dignité, découvrir de nouveaux horizons, accéder au savoir, devenir citoyen... Pas de jargon, un rythme de lecture facile : cette histoire a été rédigée avec le souci de s'adresser au plus grand nombre tout en obéissant à la rigueur du métier d'historien. Ce livre a été rédigé par trois historiens et un journaliste : Alain Croix, Thierry Guidet, Gwenaël Guillaume et Didier Guyvarc'h. Ils sont les auteurs de nombreux autres ouvrages dont, chez le même éditeur, l'Histoire populaire de Nantes.
Hourmant François ; Lalancette Mireille ; Leroux P
Au Canada, les selfies du premier ministre Justin Trudeau sont devenus un marqueur de son identité politique et une ressource stratégique. En France, Nicolas Sarkozy, et plus récemment Emmanuel Macron, ont multiplié les couvertures de Paris Match, accédant avant même d'être élus au statut de célébrités politiques, n'hésitant pas à jouer sur les ressorts de la peopolisation pour asseoir leur visibilité et leur légitimité. Entre scandalisation et médiatisation promotionnelle, une nouvelle économie politique de la célébrité s'est imposée aux leaders politiques, désormais soumis à ces "tyrannies de l'intimité" dont parlait déjà Richard Senett à la fin des années 1970, comme au panoptisme des réseaux sociaux. En croisant les analyses et les regards transatlantiques, en confrontant les trajectoires - celles de Louise Michel et de Rachida Dati, de Marine Le Pen et de sa nièce Marion Maréchal Le Pen, d'Emmanuel Macron et de Justin Trudeau - il s'agit alors de tenter comprendre ce que la culture de la célébrité fait à la politique. Dévoiement de la politique pour les uns, appauvrissement du débat, disqualification du discours au profit des logiques émotionnelles, danger de démagogie par l'hypertrophie des affects, propension à l'exhibitionnisme des prétendants et au voyeurisme des électeurs, l'irruption de la "topique de la célébrité" peut aussi être considérée comme un outil de revitalisation de la politique à l'heure du désenchantement démocratique et de la crise de la représentation.
Le Bon Marché, les Galeries Lafayette, le Printemps, Le Bazar de l'Hôtel de Ville : ces enseignes aux noms évocateurs désignent des grands magasins. Temples de la consommation et symboles d'une société qu'ils ont contribué à produire, ils attirent depuis la fin du XIXe siècle des clients à la recherche d'affaires, parfois, et de distinction, souvent. Mais les grands magasins sont aussi des lieux de travail. Or, de ses travailleuses, on connaît peu le quotidien, sauf à se contenter des observations faites il y a plus de cent trente ans par Emile Zola dans Au Bonheur des Dames. A partir d'une longue enquête de terrain par entretiens et observation participante, cet ouvrage invite le lecteur dans les rayons d'un grand magasin prestigieux, que l'on appellera le Bazar de l'Opéra, afin d'y découvrir le travail de la vente (ses techniques, ses contraintes, mais aussi ses réjouissances) et les trajectoires de celles qui l'effectuent. Son objectif est de contribuer à la compréhension d'un travail, celui de la vente, et d'un ensemble de la société française, celui des employés de commerce.