L'ouvrage présente une vie tissée entre France et Québec, d'une enfance à Bayonne pendant la Guerre à des débuts universitaires et professionnels à Paris, en passant par Tours et Montluçon en pleins conflits sociaux. En 1969, après une traversée en couple de l'Atlantique, Françoise Deroy-Pineau découvre un Québec en pleine révolution tranquille. Sa fibre journalistique s'en nourrit. Cent reportages explorent les transformations sociales en chantier. La vie de pionnières du XVIIe siècle, créatrices de ponts entre deux continents, sort de l'ombre avec quatre biographies : Marie Guyard de l'Incarnation (1989), Madeleine de la Peltrie (1992), Jeanne Mance (1995), Jeanne Leber (2000). Depuis 1985, une alternance familiale avec la France suscite chez elle une production intergénérationnelle : Classes nouvelles et gai-savoir au féminin (2004), Coeur d'enfance en Indochine (2006), Un amour à l' épreuve de la guerre (2022). De 2006 à 2014, elle préside à la vie associative de Touraine-Canada.
2001 : mort de Georges, le mari. 2003 : départ en maison de retraite de Françoise, la sœur aînée. Enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants, emportés par le courant de la mondialisation, sont répartis aux quatre coins de la planète. Pour la première fois de sa vie, Jacqueline se trouve seule, à 90 ans. Seule, au présent, mais avec du passé à repenser et du futur à générer. Sa fibre créatrice et artistique est libérée, avivée. Son cœur d'enfant renaît. Ressuscite l'Indochine de ses premières années. Mobilise enfants, petits-enfants - neveux, cousins et amis - dans la recherche documentaire. Fait vibrer le cœur des arrière-petits-enfants au rythme des aventures de Pierre et Marcelle aux prises avec tigres, serpents et panthères pour l'ouverture de la " Route mandarine " à travers la brousse. Avec des naissances, des morts, des éloignements et des ruptures, les mots de Jacqueline continuent à tisser l'ouvrage commencé par ses ancêtres il y a près de deux siècles. Son ouvre l'inscrit dans une dynamique intergénérationnelle qui amplifie sa vie aux dimensions du monde. Par son retour réflexif sur ses traces spatio-temporelles, elle opère un pèlerinage aux sources de sa vie. Elle les transforme en ressources créatrices d'histoire et, pourquoi pas, d'éternité !
Né en 1845, Alfred Bessette se retrouve très tôt orphelin. Sans instruction, il se fait apprenti boulanger, cordonnier, forgeron, et il est un temps ouvrier dans les filatures de coton, en Nouvelle-Angleterre. C'est un jeune homme pieux, honnête, travailleur. En 1867, il rentre au pays, où il sera tout à la fois jardinier, balayeur, palefrenier, linger, valet de chambre, infirmier, coiffeur, gardien de nuit et portier. En cours de route, il est admis au sein de la congrégation de Sainte-Croix, où il devient frère André. Son maître est saint Joseph, à qui il voue une dévotion sans bornes et qui le lui rend bien. En son nom, frère André guérit les malades, soulage les souffrances, redonne espoir. On vient de partout pour l'entendre et recevoir de ses mains une médaille et un peu de cette huile aux vertus, dit-on, thérapeutiques. Pour l'humble charpentier de Nazareth, André rêve d'un oratoire, sur le mont Royal. Avec le soin des malades, ce sera la grande affaire de sa vie. Inauguré en 1904, l'Oratoire Saint-Joseph est aujourd'hui un des lieux touristiques les plus fréquentés en Amérique du Nord et vers lequel affluent des pèlerins du monde entier. Depuis sa mort en 1937, frère André vit dans toutes les mémoires. Il demeurera pour toujours un saint si proche de nous.
Deroy-Pineau Françoise ; Milaret Daniel ; Bustarre
Michel est entré dans l'Eternité en l'année 2024, celle des Jeux olympiques de Paris. Ce n'est peut-être pas un hasard. Il était un athlète de l'amitié et de la disponibilité. Jusqu'au jour où, en fauteuil roulant, il aurait (presque) pu participer aux Jeux paralympiques, tant il a travaillé, de kinésithérapeutes en orthophonistes pour retrouver (un peu) parole et mobilité après un terrible AVC. En ce temps où rabbins, prêtres, pasteurs, imams ou lamas ne font trop souvent les manchettes que pour leurs frasques, les amis de Michel sont fiers de présenter leurs regards diversifiés sur ce prêtre, si simple et si modeste qu'il s'effaçait totalement devant les réalisations qu'il avait suscitées chez ses amis. Ce recueil de témoignages n'est pas une oeuvre littéraire de spécialistes de l'écriture. Seulement quelques cris du coeur, car nous nous sentirions coupables de ne pas rendre hommage à ce disciple du Charpentier de Nazareth qui nous a fait dépasser nos pauvres limites. Les amis et la famille de Michel Milaret.
Marie Guyart naît à Tours en 1599. A 19 ans, elle est veuve. Pour gagner sa vie et celle de son fils, elle prend les rênes d'une compagnie de transports. En femme d'affaires avisée, l'entreprise qu'elle dirige prospère rapidement. En 1631, de plus en plus attirée par la vie mystique, elle entre chez les Ursulines de Tours. Huit ans plus tard, après un voyage transatlantique de trois mois émaillé d'aventures, la voici en Nouvelle-France (Canada). A Québec, trois ans et demi après la mort de Champlain, elle implante et dirige le monastère des Ursulines, première école de filles en langue française d'Amérique du Nord. Débordante d'activités, affrontant de multiples dangers, elle entretient une vaste correspondance, trouve le temps de rédiger plusieurs ouvrages sur les langues amérindiennes et prodigue ses conseils judicieux aux habitants et aux voyageurs de passage. Son incroyable activité, doublée d'une autorité morale hors pair, lui vaut dès sa mort en 1672 le surnom de " Mère de la Nouvelle-France ". Françoise Deroy-Pineau s'est attachée à ce personnage fascinant. Sa biographie de Marie de l'Incarnation trace le portrait d'une femme exceptionnelle qui a contribué à l'exploration et à la construction du Nouveau Monde. Une référence en ces temps de transition !
La maladie d'Ehlers-Danlos est une maladie héréditaire qui touche, de façon diffuse mais très variable, l'ensemble du tissu conjonctif, c'est-à-dire la quasi-totalité des tissus du corps humain, à l'exclusion du système nerveux. Le diagnostic est possible, avec certitude, sur un regroupement significatif de signes cliniques et la présence d'autres cas familiaux. La transmission est systématique à tous les enfants de parents dont un, au moins, est atteint. C'est un argument pour éviter l'accusation erronée de violences sur un nourrisson qui présente des ecchymoses ou des fractures spontanées. Toutes les personnes avec un Ehlers-Danlos peuvent avoir des anévrysmes qui sont à rechercher systématiquement. Ce n'est pas une maladie rare mais au contraire très fréquente (2 % de la population française). Ce n'est pas une maladie orpheline puisque des traitements efficaces ont pu être mis en place pour atténuer les conséquences fonctionnelles, principalement des orthèses dont des vêtements compressifs spéciaux et l'oxygénothérapie intermittente. Ce livre vient apporter les réponses que des centaines de milliers de patients attendent pour expliquer leurs souffrances et les multiples situations de handicap qu'ils rencontrent au quotidien, le plus souvent dans l'incompréhension parfois hostile de leur entourage et de leurs médecins.
Perrat Benoît ; Pitte Jean-Robert ; Guillot Pierre
Résumé : Grand chef cuisinier aux côtés des Escoffier, des Rambert et des frères Rouzier notamment, le Bressan Benoît Perrat (1873-1957) exerça son art dans les restaurants de tout premier ordre (Lyon, Genève, Paris, York, Berlin, Dresde) puis dans les cours princières et royales d'Europe centrale de la Belle Epoque (Saxe, Bavière, Roumanie, Hongrie). Contraint par la Grande Guerre à quitter ceux qu'il avait somptueusement servis, il retrouve ses terres natales et s'installe quelque temps après à Vonnas (Ain), la "Mecque de gueule", où il tiendra jusqu'à la Seconde Guerre mondiale toujours avec panache et distinction, jusqu'au raffinement ultime, la table et le Grand Hôtel Moderne. Il y rédigera sa célèbre "rhapsodie culinaire et gastronomique", Cornus en Bresse (1932) ? rééditée en 2002 ? et en 1938 sa Hongrie gourmande, restée inédite et publiée ici pour la première fois. Ce recueil surprenant assemble une centaine de ses recettes magyares récolées au gré de ses rencontres, de ses pérégrinations, de ses affectations et de ses enchantements. Récolées... ! C'est peu dire. Benoît Perrat y atteste surtout le "véritable esprit de la gastronomie qui est un patrimoine vivant, en évolution constante, ouvert à toutes les influences extérieures qui sont découvertes, apprivoisées, domestiquées, puis intégrées". C'est donc à une savoureuse déclinaison des riches spécialités danubiennes, parfois "métissées de Bresse", que Benoît Perrat convoque ses lecteurs, au premier rang desquelles le fameux gulash, et bien sûr le paprika, piment-roi de la cuisine magyare. Il les invite surtout à mettre avec lui la main au fourneau puis la serviette au cou.
Comme à son habitude, Marie est la première à se proposer pour venir faire les courses avec moi, deux autres jeunes du groupe nous accompagnent. C'est un soir du mois de novembre, il fait froid, nous parlons du temps, va-t-il neiger ou non? L'ambiance est détendue, je raconte une anecdote personnelle Marie, assise à côté de moi se tourne brusquement et me lance froidement "On n'en a rien à faire de ta vie!" Sur le coup je me tais, je ne comprends pas l'agressivité de ses paroles, je passe à autre chose mais au fond de moi je suis blessée. Que s'est-il passé? Pourquoi de telles attitudes, la sienne, la mienne? Pour quelles raisons cela me touche-t-il autant?.
Boutin Perrine ; Lefur Paul ; Lang Jack ; Tasca Ca
Cet ouvrage propose quinze témoignages d'anciens élèves ou de chercheurs associés du master Didactique de l'image de l'université Sorbonne-nouvelle. Devenus professionnels, ils décrivent leur propre réalité, avec leurs mots, pour montrer toute l'étendue d'actions que proposent les didactiques des images. Le master Didactique de l'image de l'université Sorbonne-nouvelle a été créé en 2006, sous l'impulsion d'Alain Bergala, pour s'intéresser aux liens entre éducation et images et ainsi préparer au mieux les médiateurs culturels de demain face aux problématiques de la transmission. Depuis, les générations de diplômés continuent de s'implanter dans les actions d'éducation artistique, en France ou à l'étranger. Un livre sur la trajectoire des anciens d'une formation universitaire, aussi plaisant à lire qu'instructif !