Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Villes/Cities/Städte
Depardon Raymond
ACTES SUD
38,61 €
Épuisé
EAN :9782742767649
J'ai aimé me perdre dans ces villes étrangères, je me suis efforcé de me dissimuler dans le flot des passants des rues animées de ces grandes cités. Pour quelques heures, pour quelques jours, j'étais un habitant, un peu particulier. Je restais étranger, mais j'étais adopté et protégé par la foule. J'ai toujours pris plaisir à ne pas me faire remarquer, à disparaître aussitôt repéré, à me fondre d'une rue à l'autre, sans chercher à me cacher, en restant un touriste un peu décalé, plutôt curieux mais toujours amateur. Mon secret, aller vite comme les piétons de ces villes, pour respecter l'itinéraire de leur vie quotidienne. Comme j'étais acteur et marcheur, il me fallait sans cesse ne pas regarder, photographier, sourire et disparaître. Le hasard a toujours bien fait les choses. C'est vrai que chaque ville a son propre mouvement, travailleurs, chômeurs, étudiants, passagers ; tout est travelling et plan séquence dans une ville. D'un côté, j'arrêtais un moment banal et original avec ma caméra et mon film de cinq minutes, et de l'autre, je fixais un moment flou avec mon appareil photo, un instant éphémère qui allait disparaître à tout jamais. Marcher dans une ville, c'est croiser des visages. Il m'est arrivé de croiser furtivement un beau visage de femme, puis un autre, et je me mettais à rêver de vivre dans cette ville, que ce soit ma ville et que cette femme soit mon bonheur. Mais en attendant, je vivais un autre bonheur, celui de rester un inconnu ; j'étais trop intimidé pour parler, même si j'étais protégé par mon statut de visiteur. Ma chance était de n'être jamais satisfait, il me fallait toujours aller plus loin et comme les villes sont grandes, il était facile de se perdre. Il m'arrivait de m'arrêter dans un café ou de rentrer à l'hôtel pour me dégriser des bruits de la rue qui m'envahissaient depuis le petit matin. Trois jours dans chaque ville, à essayer de garder ce premier regard, avant de quitter la ville comme un voleur d'images. Mais souvent le dernier jour, je pouvais rester des heures sans photographier, ni filmer. Ce n'était pas seulement la fatigue de la marche, j'étais gagné par la ville, je prenais des habitudes et les souvenirs me revenaient, de vieux souvenirs... J'étais un gosse, soi-disant reporter, qui voulait changer le monde sous prétexte de témoigner. Toujours en transit, pour aller photographier des rebelles dans les montagnes, des paysans, comme mes parents, qui s'étaient transformés en combattants. La ville avait changé et moi aussi. Mes compagnons étaient une petite caméra A-Minima et un Bronica 645 et des films couleur. Labyrinthes modernes, les villes se photographiaient en couleur, c'était nouveau et hors du commun pour moi. Fini le blanc et le gris stylistiques, nous sommes dans un présent existentiel - peut-être plus dur au fond - où trottoirs et piétons, rivières et ponts, bords de mer et ports, pluie et soleil se ressemblent de plus en plus à travers les continents. Aujourd'hui devant ces photographies, vous pouvez deviner mon "itinérance" , mes échecs, mes ratages, mes attirances, mes craintes, mes surprises, mes chances et mes bonheurs. Deuil et jouissance, tout se mélange maintenant avec le temps. L'initiative de ce projet revient à Hervé Chandès, le directeur de la Fondation Cartier pour l'art contemporain à Paris. Nous avons choisi les 12 villes ensemble, en commençant par Tokyo, la plus grande ville du monde avec ses 32 millions d'habitants, jusqu'à la plus petite, Addis-Abeba, capitale symbolique
J'ai le pressentiment que quelque chose ne sera plus comme avant, C'est peut-être là la vraie définition de l'errance, de sa quête, avec sa solitude et sa peur. C'est le désir que je cherchais, la pureté, la remise en cause, pour aller plus loin. au centre des choses, pour faire le vide autour de moi. Je me dois de me laver la tête... pour rencontrer le centre d'une nouvelle image, ni trop humaine ni trop contemplative, où le moi est aspiré par les lieux quand le lieu n'est pas spectacle, ni surtout obstacle. Il me faut vivre cette quête qui est la mienne... Elle arrive à un moment, ni bon ni mauvais, elle est nécessaire... Pour être juste, cette errance est forcément initiatique... Mon regard va changer... Cette quête devient la quête du moi acceptable.
Devant la porte de la cuisine, il y a toujours l'escalier de pierre qui monte au grenier. Dans le flou de ma mémoire, j'ai l'impression que c'est mon premier repère de la ferme. Enfant, je n'avais le droit qu'aux premières marches. Je venais m'y asseoir. De là, je pouvais voir l'intérieur de la cuisine; surtout l'été, quand la fenêtre était ouverte. Plus tard, toutes les marches de l'escalier ont été autorisées. Elles sont restées très longtemps un lieu de jeu et d'observation privilégié. Je faisais de l'acrobatie sur la rampe. C'est là que j'ai fait mon premier saut et mon premier équilibre! A la fin de la journée, on pouvait s'asseoir et écouter les bruits de la ferme, des hangars, des écuries, lorsque mon père et les ouvriers agricoles revenaient des champs. On pouvait aussi entendre ma mère préparer le repas du soir, sentir les plats de la cuisine. Et, après le dîner, on allait de nouveau jouer et sauter dans le vide. Aujourd'hui encore, j'aime m'asseoir sur cet escalier. Est-ce la forme si parfaite de ses pierres usées par le temps? Leur couleur, qui change selon la lumière, la saison? Sous le soleil d'hiver, il y fait doux. On y est bien protégé de la bise, ce vent qui souffle sur la vallée de la Saône. En été, c'est le lieu le plus chaud de la cour. Le soir, le soleil rouge vient mourir en haut des marches.
La photographie donne à voir des choses dures, des choses belles, une réalité adoucie ou plus violente. Son "instant décisif" est trompeur, il n'est qu'un moment. On s'apercevra tout de suite qu'aucune photo n'est politiquement neutre. "Des chapitres, des tranches chronologiques, des noms (Wallonie 1960, Deleuze 1970, Politique française, La guerre d'Algérie...), des photos et des mots recueillis sur chacune : une sélection - difficile - d'une soixantaine de clichés, de ces " images politiques " amassées au fil des ans et des reportages, commandes ou libres déambulations. Des ouvriers du Nord aux combattants afghans, des orphelinats roumains aux asilespsychiatriques italiens, de Berlin à New York, de Genet à Mitterrand... Toutes les facettes du politique avec, pour lien ténu entre elles, le regard de l'artiste.
Depuis plus de vingt ans Raymond Depardon a parcouru tout le continent africain auquel il a consacré plusieurs films. Il a réalisé ainsi une grande quantité de photographies dont 350 inédites sont présentées dans cet ouvrage. Ces photographies couvrent toute l?Afrique, à travers une présentation non pas par pays mais par associations originales. Ces associations privilégient un rythme soutenu, sans temps d?arrêt, des enchaînements qui montrent la vie au travers de sujets très variés : portraits, villes, paysages, religions, activités sociales et métiers mais aussi des conflits et la misère. A travers ses photographies, exemptes de toute volonté d?esthétiser son propos, Raymond Depardon ne livre aucun jugement sur l?Afrique, aucune thèse. Ce qui relie entre elles ces prises de vue, c?est l?impulsion de l??il, simplement un regard de photographe et de grand voyageur sur les paysages et les hommes qui peuplent ce continent. Pourquoi des Afriques ? Depuis 1960, année de ma première rencontre avec le continent africain à l?âge de dix-huit ans, et jusqu?à mon dernier voyage cet hiver au Horar, je n?ai cessé de photographier l?Afrique. Mais que de lieux, de temps différents ! Une vie toute entière ne suffirait pas à prétendre connaître cette Afrique. Aujourd?hui, les prétextes, les raisons de ces voyages sont oubliés. C?est pour cela que j?avais envie de faire ce livre, pour rendre la liberté à toutes ces photographies et enfin réunir toutes ces Afriques, celles des pistes, des sourires, des famines et des guerres civiles. Je voulais oser ces quatre cents pages de photographies sous respiration. Je voulais étouffer devant l?immense Afrique, me trouver comme au bord d?une route où nous serions en panne pour plusieurs jours, envahis, à rester silencieux et à écouter. Je me souviens de chaque lieu, de chaque temps. J?ose le désordre, il le faut. Je réunis ces photographies prises pendant quarante-cinq ans de voyages en Afrique. Raymond Depardon
Chargé de l'enquête sur un assassinat commis à Édimbourg, Fin Macleod est envoyé sur son île natale de Lewis, en Écosse, quand un second cadavre apparemment exécuté selon le même modus operandi y est découvert. Persuadé que les deux affaires ne sont pas liées, Fin doit composer avec un décor et des gens qu'il a quittés dix-huit ans auparavant... Sur fond de traditions ancestrales d'une cruauté absolue, Peter May compose un roman palpitant parsemé de fausses pistes, de scènes glaçantes et de personnages aussi frustes que menaçants.Notes Biographiques : Né à Glasgow en 1951, Peter May habite dans le Sud de la France. Passionné par la Chine, il a été nommé membre honoraire de l'Association des écrivains de romans policiers à la section de Pékin. Il est notamment l'auteur d'une série publiée aux éditions du Rouergue qui met en scène le commissaire Li Yan et Margaret Campbell.
Dvorák a cinquante et un ans lorsqu'il débarque sur le sol américain. Il est ébloui par le port de New York, sa rumeur, le brouhaha et les émanations musicales qui s'en élèvent çà et là. Nommé en 1892 à la tête du Conservatoire de la ville, il se passionne pour la musique du continent, ses mélodies et ses rythmes, puis se lance, l'année suivante, dans la composition d'une symphonie intégrant partiellement ces éléments. Aussi son oeuvre se colore-t-elle de thèmes inspirés de la musique noire ou indienne, mais également du folklore porté par les immigrants venant des quatre coins de l'Europe, le tout mêlé aux réminiscences de sa vieille Bohème. Certes, Dvorák n'est pas véritablement le pionnier de la musique américaine mais, par sa symphonie aux accents pluriculturels, il en cristalise l'esprit, lequel fera école chez Gershwin, Copland, Cage ou Bernstein... La Symphonie n°9 s'imposera vite comme le chef-d'oeuvre de son auteur et deviendra l'un des monuments de la littérature pour orchestre. Sous la baguette de Paul Daniel, l'ONBA offre une lecture lyrique d'un luxuriant "Nouveau Monde". Composée en 1878 dans un registre plus intimiste, la trop rare Sérénade en ré mineur complète l'enregistrement.
A bord du Grand Train, puissant, immense, tout de verre et d'acier. En échange de la vie des passagers, un modeste employé accepte de devenir le dépositaire d'un terrible secret : l'emplacement de la clé qui pourrait détruire Dieu. Or, l'Homme craint Dieu et Dieu ne craint que la clé? Terreur, mystère, fantastique, tous les genres se mêlent dans ce voyage hallucinant à travers les zones d'ombre de la foi d'où l'on revient avec une seule certitude : cet écrivain est diabolique. Puissant, immense, tout de verre et d'acier, le Grand Train de 7h45 vient de s'ébranler à destination de Hambourg, quand, à son bord, le modeste employé Daniel Kean distingue une flaque rouge de sang aux pieds d'un passager. Pour déjouer l'attentat imminent, le jeune homme amorce le dialogue avec le kamikaze agonisant qui lui susurre quelques mots à l'oreille. Le voilà dépositaire malgré lui d'un effroyable secret : l'emplacement de la ?Clé? qui pourrait détruire Dieu, détruire surtout la crainte qu'il inspire aux hommes. Flatté, menacé ou manipulé par deux bandes rivales qui se disputent cette boîte de Pandore, Daniel s'immerge dans un univers peuplé d'ombres, traverse des ténèbres et affronte des mythes et des divinités archaïques. Tels Verne, Stevenson ou Lovecraft, José Carlos Somoza conduit ce thriller futuriste vers des terres inexplorées, des continents entourés de marais, des océans contenus dans des cercueils de verre, orchestrant l'éternelle bataille, ici magistralement renouvelée, entre les armées du bien et du mal. De ce voyage hallucinant dans les méandres de la foi, on revient riche d'une seule certitude : ce ?pour ou contre? Dieu qui a forgé notre conscience d'être au monde, cette croyance ou le déni qui règlent nos vies, il faudra admettre qu'ils reposent sur la seule puissance fabulatrice des hommes. Un postulat bâti sur une légende !
La Hague? Ici on dit que le vent est parfois tellement fort qu?il arrache les ailes des papillons. C?est sur cette terre âpre, ce bout du monde en pointe du Cotentin, que la narratrice en deuil de son compagnon est venue se réfugier depuis l?automne. Employée par le Centre ornithologique, elle arpente les landes, observe les falaises et leurs oiseaux migrateurs. La première fois qu?elle voit Lambert, c?est un jour de grande tempête. Sur la plage dévastée, la vieille Nan, que tout le monde craint et dit à moitié folle, croit reconnaître en lui le visage d?un certain Michel. D?autres, au village, ont pour lui des regards étranges. Comme Lili, au comptoir de son bar, ou son père, l?ancien gardien de phare. Une photo disparaît, de vieux jouets réapparaissent. L?histoire de Lambert intrigue la narratrice et l?homme l?attire. En veut-il à la mer ou à ses semblables? Dans les lamentations obsédantes du vent, chacun semble avoir quelque chose à taire.
Des images du Paris de nuit à celles du Paris secret des années 30Sylvie Aubenas - Quentin BajacBrassai devient célèbre en décembre 1932, à la parution de Paris de nuit. Le livre compte soixante-quatre photographies choisies avec soin et illustrant tous les aspects de la vie nocturne. Elles sont précédées d'une préface du diplomate romancier Paul Morand qui narre la déambulation, dans Paris, la nuit, jusqu'à l'aube, de l'auteur/promeneur croisant les lieux et les personnages de Brassai. Les légendes des photographies, regroupées avec des vignettes à la fin de l'ouvrage, sont de Jean Bernier. Pour obtenir cet objet parfait, clos sur lui-même comme une nuit de Paris, le photographe et les éditeurs, Charles Peignot et Jean Bernier, ont opéré un choix sévère dans l'ensemble des photographies de nuit alors réalisées par Brassai. Sous cette apparente simplicité se cache en fait plus d'un an de travail.La source principale pour comprendre la genèse du travail de Brassai se trouve dans les lettres qu'il envoie alors régulièrement à ses parents. Y transparaît la jubilation du photographe, son impatience. Il est frappant de voir que jamais il ne doute de sa réussite; il est sûr de lui, sûr que ses photographies sont les meilleures images de la vie nocturne, gue son livre aura un immense succès, et il ne cesse de le répéter. Si on ne connaissait pas la suite de l'histoire, on le trouverait bien présomptueux.La première mention de l'ouvrage dans une lettre apparaît le 5 novembre 1931; il pratique alors la photographie depuis presque deux ans: «Je peux vous donner de bonnes nouvelles: le plus grand éditeur d'art français [Arts et Métiers graphiques] a décidé de sortir un album avec mes photos du Paris nocturne.» Brassai raconte en détail que l'idée vient de lui: «Je me disais que le temps était venu de présenter mes photographies aux éditeurs susceptibles de s'y intéresser.» Il est*allé montrer à l'éditeur de Vu, Lucien Vogel, sa «collection (une centaine de photos) en les collant sur des cartons fins». Vogel, qui est aussi membre du comité de rédaction de la luxueuse et moderniste revue professionnelle Arts et Métiers graphiques, l'envoie chez Charles Peignot qui en est l'éditeur. Brassai montre une vingtaine de tirages à Peignot «en suggérant de les éditer sous le titre Paris de nuit». Celui-ci se montre très intéressé mais, hésitant à cause de la crise, il demande quinze jours de réflexion pendant lesquels il prie Brassai de ne pas contacter d'autres éditeurs.
Le photographe Simon Edelstein parcourt le monde sur les traces des cinémas abandonnés aux USA, en France, en Italie, en Inde, au Maroc, à Cuba... Il s'est rendu dans plus de trente pays, patrouillant les quartiers lointains de nombreuses villes pour retrouver sur les façades usées par le temps et l'oubli les stigmates des splendeurs Si la foule du samedi soir ne converge plus vers ces salles usées par le temps et l'oubli et endormies sous la poussière des ans, elles dévoilent sous l'objectif de Simon Edelstein la belle archéologie de leurs façades, de leurs entrées, de leurs vastes salles de navires à la dérive. Ce livre est un hommage à ce qui demeure de l'âge d'or des salles de cinémas du monde entier. Mais aussi à leur silence et à leur résistance.
Un reportage photographique exceptionnel. Découvrez l'ancien pavillon de chasse de la duchesse de Parme, un spectaculaire château mauresque laissé à l'abandon, les vestiges d'un studio de cinéma avec les décors du film Pinocchio, un asile psychiatrique désaffecté, une discothèque tombée dans l'oubli dans un faux château médiéval, les ruines d'un hôtel spa renommé qui fut ravagé par un incendie... Robin Brinaert voyage à travers l'Italie depuis plus de huit ans à la recherche de ces lieux abandonnés, interdits et oubliés. Il met en lumière le destin dramatique de notre héritage, abordant ainsi la question essentielle de sa sauvegarde.
Partez sur les traces d'un cimetière de bateaux en Bretagne, d'une spectaculaire ancienne mine de charbon dans la Ruhr, en Allemagne, d'un hôpital oublié en Pologne, de fantomatiques mannequins en plâtre dans une église en ruines en république Tchèque, de prisons et d'asiles psychiatriques fermés, d'usines abandonnées... Depuis l'important succès de ses deux premiers livres publiés en 2009 et 2012, Sylvain Margaine continue à parcourir le monde à la recherche de ces lieux interdits, oubliés de tous. Un reportage photographique exceptionnel.