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Recueil des instructions données aux ambassadeurs et ministres de France des traités de Westphalie j
Demoulin Bruno
CTHS EDITION
29,00 €
Épuisé
EAN :9782735509447
Après le "Recueil des Instructions aux ambassadeurs et ministres de France dans la Principauté de liège", Bruno Demoulin propose une édition des instructions aux ambassadeurs et ministres de France à Bruxelles, capitale des Pays-Bas espagnols puis autrichiens. L'introduction permet de resituer l'espace géographique de ces pays et son évolution au fil des siècles. Il s'agit ensuite de scruter les institutions des Pays-Bas, avant d'examiner les particularités de leur statut international et l'attitude de la France jusqu'aux traités de Westphalie. Les relations entre la France et les Pays-Bas de 1648 jusqu'à la Révolution sont analysées pour mettre en évidence les continuités et les ruptures dans la politique de Paris et Versailles. Enfin, les institutions diplomatiques sont présentées : le personnel diplomatique en poste à Bruxelles, les appointements, indemnités et pensions, la résidence, les instructions elles-mêmes et le cérémonial. Les Pays-Bas, pendant l'âge d'or qu'est le règne des Archiducs Albert et Isabelle, jouissent d'une autonomie réelle, en dépit de la surveillance de Madrid sur le plan de la politique étrangère. Il est donc nécessaire d'éditer les textes des instructions sous la régence de Marie de Médicis, puis sous le règne de Louis XIII jusqu'à la déclaration de guerre de 1635, Bruxelles jouissant de toute l'attention de Richelieu. Commence alors une longue période de conflits qui marquent le Siècle de Louis XIV, celui-ci faisant reculer la frontière nord du royaume, la plus exposée de la France. Il se conclut parla Guerre de Succession d'Espagne, période passionnante pendant laquelle Maximilien-Emmanuel de Bavière, Gouverneur des Pays-Bas, s'en serait bien vu le roi. Le régime autrichien ou "allemand" comme disent certains textes, marque le XVIe siècle après les traités d'Utrecht et de Rastadt. La fermeture de l'Escaut, le bridage d'Ostende, la présence des garnisons voraces hollandaises sont mal supportés, et la nouvelle politique française se dessine. Le poste de Bruxelles est successivement occupé par des résidents puis des ministres plénipotentiaires, signe d'un intérêt croissant pour cette capitale. En effet, si les grandes questions internationales se traitent à Vienne et Paris, Bruxelles, lieu d'échanges d'informations et d'espionnage, est une caisse de résonance européenne.
Au Xe siècle, l'évêché de Liège - l'un des plus importants de l'Empire germanique - donne naissance à la principauté territoriale de Liège. Son « prince-évêque », fidèle serviteur du souverain, va dès lors jouer un rôle considérable dans le système politique nommé « Église impériale ». Mais à partir du XIIIe siècle, le pouvoir des empereurs est en plein déclin. L'évêque de Liège s'en trouve affaibli. À tel point que cette situation conduit l'État liégeois à la subordination politique puis à sa destruction totale par le prince de Bourgogne. En 1468, la cité et la principauté sont anéanties par Charles le Téméraire. C'est sous Érard de la Marck, prestigieux prince-évêque des Temps modernes, que la principauté va s'épanouir de nouveau. Du XVIe au XVIIIe siècle, l'essor démographique et économique prépare son expansion lors de la révolution industrielle. Puis la Révolution liégeoise, s?ur de la Révolution française, va précéder la fin de cet État millénaire. La province deviendra belge en 1830. Retraçant l'histoire de la principauté, de l'an mille à la Révolution, les auteurs analysent le jeu des institutions, l'équilibre des pouvoirs politiques et religieux à l'heure de la Réforme, de la Contre-Réforme, de l'absolutisme princier et des Lumières. Ils mènent leur réflexion en évoquant la place de Liège sur l'échiquier européen, et soulignent que, d'une manière étonnante, le souvenir de l'État liégeois reste toujours vivace dans le c?ur de ses habitants...
Les relations entre la France et la principauté de Liège ont été, aux Temps modernes, le plus souvent chaleureuses, parfois tumultueuses, voire équivoques, jamais indifférentes. Les instructions aux ministres de France à Liège, des traités de Westphalie à la Révolution, apportent un éclairage neuf sur la politique française à l'égard des puissances situées sur la frontière nord du Royaume, qui fut toujours la plus menacée. Lieu de passage idéal vers les Provinces-Unies et la Westphalie, cette principauté ecclésiastique dont les institutions sont représentatives d'un pays d'Etats d'Empire avec maintes singularités a été sillonnée depuis le Moyen Age par de multiples armées, et ses forts, qu'il s'agisse de ceux de Liège, Dinant, Huy ou Bouillon, ont fait l'objet des convoitises européennes aux XVIIe et XVIIIe siècles. Elle n'a pas échappé aux préoccupations de Versailles sur les plans politique, militaire (levées d'hommes, surveillance de l'industrie armurière, la première d'Europe), stratégique ou économique. A la politique d'expansion de Louis XIV succédera au XVIIIe siècle une doctrine de protectorat courtois que les diplomates français exécutèrent fidèlement jusqu'au rattachement de la Principauté à la France en 1795. Ils furent aidés par bien des Liégeois, ces voisins " spirituels, civiles, accostables et hospitaliers ", " opiniastres " et " mutins ".