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Bruxelles au tableau noir
Demey Thierry
BADEAUX
31,50 €
Épuisé
EAN :9782930609041
La liberté de l'enseignement, recouvrant aussi bien celle d'enseigner que de choisir son école, a été inscrite dans la Constitution belge de 1831 en réaction à la mainmise de l'Etat sur l'éducation pendant les régimes français et néerlandais. C'est le début d'une guerre d'influence permanente entre cléricaux et laïcs, oscillant entre confrontation et compromis, dont le point d'équilibre mettra plus d'un siècle à être trouvé. Face à l'écrasante domination de l'école libre confessionnelle, l'école publique a dû se faire une place au forceps. Pas à pas, elle a acheté son développement en échange du soutien financier de l'Etat et des collectivités locales aux institutions catholiques, assorti d'un contrôle sur ses programmes. Le pacte scolaire (1958) a mis un terme définitif à la guerre scolaire en plaçant les deux réseaux sur pied d'égalité. Le patrimoine des écoles reflète cette opposition idéologique à la fois dans les styles adoptés et la façon de construire. Même si elle obéit à des normes fonctionnelles d'hygiène et de confort, l'école publique sacrifie avec autant d'ardeur que l'école confessionnelle aux références historiques pour l'habillage de ses édifices. Pour la première, l'âge d'or de la Renaissance exalte les valeurs civiques, les vertus du droit et des libertés qui ont l'Antiquité revisitée pour berceau. Pour la seconde, la civilisation chrétienne médiévale conduit à revisiter les styles gothique et roman qui ont fait sa gloire.
Cela fait un peu plus d'un siècle que le logement social tente d'offrir aux ménages à revenus modestes une habitation adaptée à leurs besoins pour un loyer proportionnel à leur capacité contributive. De typologies variées, son patrimoine comprend des cités-jardins pittoresques, d'élégantes maisons de rapport, des barres et des tours qui racontent l'histoire du développement urbanistique, architectural et social de la capitale. Pourquoi ne représente-il qu'à peine sept pourcent du parc résidentiel bruxellois, soit un peu plus de 40. 000 logements ? Pour des raisons financières et politiques, les autorités publiques n'ont pas cessé de privilégier le soutien à la propriété privée - perçue comme moteur d'intégration sociale et de garantie d'entretien du patrimoine bâti - plutôt que l'agrandissement du parc de logements sociaux locatifs. Son transfert à la Région bruxelloise n'a guère infléchi la tendance malgré les discours en sa faveur, l'injection de budgets conséquents dans l'offre de logements neufs et la rénovation du patrimoine existant. Résultat ? Satisfaire la demande répertoriée sur les listes d'attente du logement social, qui ne cesse de croître, paraît hors de portée à moins de doubler sa capacité. Une question de choix politique qui parcourt toute son histoire...