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Institutions, élections, opinion. Mélanges en l'honneur de Jean-Luc Parodi
Déloye Yves ; Dézé Alexandre ; Maurer Sophie ; Que
SCIENCES PO
28,01 €
Épuisé
EAN :9782724616101
Figure majeure de la science politique française, Jean-Luc Parodi a durablement marqué la discipline, que ce soit intellectuellement par ses travaux pionniers, institutionnellement par les importantes responsabilités qu'il a exercées en tant que secrétaire général de l'Association française de science politique et directeur de la Revue française de science politique, ou encore humainement par sa personnalité qui a fait de lui l'un des politistes les plus appréciés et les plus respectés. Tout en revenant sur les grandes étapes de sa carrière et sur l'homme lui-même, ces mélanges proposent une série de contributions centrées sur trois de ses principaux objets de recherche : les institutions, les élections et l'opinion publique. Les auteur(e)s réuni(e)s dans ce volume rappellent ainsi les nombreux apports des analyses de Jean-Luc Parodi à la recherche en science politique. En les mettant en perspective et en les discutant, ils leur offrent des prolongements heuristiques et proposent un point de vue renouvelé sur des objets devenus canoniques.
Résumé : Quels sont les facteurs et les processus qui ont déterminé le succès de l'Etat moderne comme forme de domination politique centralisée ? Qu'est-ce qu'une nation ? Comment la conscience d'appartenir à cette " communauté imaginaire " que constitue l'Etat-nation a-t-elle émergé en Europe ? Comment les Français sont-ils devenus électeurs ? Quels sont les visages de la politisation ? Quelle est la pertinence des clivages électoraux nés dans le passé ? A l'ensemble de ces questions, la sociologie historique du politique apporte des réponses fondées sur une conviction forte : seule la prise en compte du passé des relations sociales et politiques permet de comprendre l'histoire présente. En redécouvrant l'histoire, la sociologie politique entend construire une histoire sociale du politique pour dégager les dynamiques qui donnent sens et cohérence à la vie politique ; elle entend aussi édifier une histoire politique du social apte à identifier l'empreinte profonde du politique sur le social.
Passé, présent et futur s'entrecroisent dans les articles comme dans la Chronique bibliographique de ce numéro Varia de rentrée. Passé des modalités de légitimation de l'Etat-nation dans le premier xixe siècle français, présent du vigilantisme dans la Russie contemporaine, présent et futur des politiques globales de protection de la biodiversité et de celles de structuration de l'enseignement supérieur et de la recherche en France. C'est dire combien, en science politique comme dans les autres sciences humaines et sociales, le dialogue entre les temps est incontournable.
Faire de la politique et/ou vivre de la politique ? Cette problématique aux accents wébériens a fait l'objet de nombreux développements depuis l'émergence historique d'une professionnalisation de l'activité politique. En revenant à nouveaux frais sur une question classique de la discipline, l'indemnisation des élus, ce numéro entend contribuer au débat public sur les fondements financiers des démocraties contemporaines. Une chronique bibliographique consacrée au genre en politique complète cette première livraison de l'année.
L'histoire du suffrage électoral en France a jusqu'à présent occulté la contribution paradoxale de l'Eglise catholique, de sa hiérarchie épiscopale, de ses nombreux pasteurs et autres membres réguliers à l'apprentissage des procédés démocratiques modernes. Fondé sur un dépouillement inédit d'archives et d'écrits aujourd'hui oubliés, ce livre restitue toute l'importance politique de cette influence ecclésiastique sur les pratiques et conceptions électorales aux XIXe et XXe siècles. Loin d'être réductible au déplacement de voix électorales qu'il provoque, l'engagement des ecclésiastiques sur le "terrain électoral" est ici apprécié à l'aune d'enjeux historiques plus importants encore notamment ceux qui tiennent à la socialisation politique et religieuse de générations durablement marquées par l'affrontement des deux France, à l'activité de mobilisation politique d'une population française encore largement rurale à l'époque, à la promotion d'un nationalisme catholique aux accents antisémites qui trouve dans l'espace électoral une tribune appréciable pour s'opposer durablement à une histoire républicaine et laïque dans laquelle il refuse de se reconnaître. Rejetant la perspective d'une confessionalisation et d'un refoulement dans la sphère privée du catholicisme, le cléricalisme électoral conduit à faire de la politique autrement, de manière méconnaissable, par encadrement de toutes les activités sociales, dans le refus catégorique d'une séparation entre le privé et le public, entre les affaires temporelles et les préoccupations spirituelles, par l'immixion fréquente de la religion dans les affaires de la Cité. Ce livre cerne, sur presque deux siècles, à partir de quels bricolages théologiques les autorités ecclésiastiques et les fidèles construisirent leur perception du politique et du sacré au point de les imbriquer en pratique étroitement l'un dans l'autre.
La terre prodigue ses ressources et confère la puissance à ceux qui se l'approprient. Les sociétés n'ont eu de cesse de se battre et de mourir pour elle : conquêtes, guerres civiles, autoritarismes, etc. Des fascismes européens aux dictatures latino-américaines, de la révolution chinoise aux guérillas colombiennes, combien de séquences politiques ont eu pour arrière-plan une terre mal distribuée ? Des Etats-Unis de la guerre froide à la Chine et la Russie d'aujourd'hui en passant par les pays du Golfe, combien de pays ont exprimé leur volonté de domination et de sécurité par une emprise foncière ? Des Kurdes aux Tibétains, des Palestiniens aux Ouïgours, combien de peuples ont vu leurs terres se dérober et leur rêve de reconnaissance s'évanouir ? Pierre Blanc réexamine l'histoire contemporaine en plaçant la question foncière au coeur des logiques de pouvoir.
Autant que l'appartenance sociale, le parcours scolaire ou la formation, la vie au travail construit l'identité des individus. Il revient à Renaud Sainsaulieu d'avoir mis en lumière, dès les années 1970, l'effet culturel central de l'activité professionnelle, dans un ouvrage qui révolutionna l'école française de sociologie des organisations : L'Identité au travail. Pour éprouver la construction de sa propre identité au travail, Renaud Sainsaulieu vit l'expérience d'ouvrier d'usine, qu'il relate dans ce livre. Il mobilise en suite des protocoles d'analyse plus classiques, mêlant la sociologie et la psychologie, pour distinguer des cultures au travail - négociation, retrait, affinités, fusion. Il démontre ainsi que les organisations sont des lieux d'apprentissage et de définition de soi. Réalisée à une époque charnière de tertiarisation de l'économie, de renouvellement des structures d'encadrement et d'arrivée massive des femmes dans les emplois de bureau, l'analyse se prolonge bien au-delà de l'atelier ouvrier pour montrer, comme l'écrit Norbert Alter dans la préface de cette édition, que l'entreprise constitue "l'un des lieux de socialisation centraux du monde contemporain et de ce fait dispose d'une responsabilité sociale" . La réédition très attendue d'un ouvrage capital qui demeure la base de l'oeuvre d'une vie de chercheur engagé et dont les observations n'ont rien perdu de leur actualité.
L'entrée du numérique dans nos sociétés est souvent comparée aux grandes ruptures technologiques des révolutions industrielles. En réalité, c'est avec l'invention de l'imprimerie que la comparaison s'impose, car la révolution digitale est avant tout d'ordre cognitif. Elle est venue insérer des connaissances et des informations dans tous les aspects de nos vies. Jusqu'aux machines, qu'elle est en train de rendre intelligentes. Si nous fabriquons le numérique, il nous fabrique aussi. Voilà pourquoi il est indispensable que nous nous forgions une culture numérique.
Le rejet du Traité constitutionnel européen en 2005 par les peuples français et néerlandais, suivi du "non" irlandais de 2008 et du Brexit de 2016, a plongé l'Union européenne dans une crise grave. II a fait resurgir doutes et incertitudes quant à sa nature institutionnelle, à la répartition des pouvoirs, à la place des citoyens et des opinions et à sa capacité à faire face aux enjeux mondiaux actuels. Comprendre cette crise, et ses répercussions profondes sur la politique des Etats membres, exige d'affronter la complexité de l'Union, sans en exagérer la portée. Ce livre a pour ambition de mettre en évidence la cohérence et l'originalité du régime politique européen. Il analyse la nature de la "fédération d'Etats" et montre comment les conflits de compétence sont résolus en son sein. Il revient sur l'équilibre institutionnel original du "modèle communautaire" et sur les mécanismes de décision qu'il génère. Il se penche sur la "vie politique" qui s'ébauche dans l'Union et s'interroge sur la manière dont cette fédération d'Etats peut devenir pleinement démocratique. Dépassant les dichotomies classiques et posant le compromis comme principe constitutif de la vie politique européenne, cet ouvrage constitue une véritable référence qui permet de mieux saisir les enjeux de l'Union européenne.