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Deux régimes de fous. Textes et entretiens, 1975-1995
Deleuze Gilles ; Lapoujade David
MINUIT
26,00 €
Épuisé
EAN :9782707318343
Ce second volume fait suite à L'Ile déserte et autres textes. Il regroupe l'ensemble des textes rédigés entre 1975 et 1995. La plupart d'entre eux suivent le double rythme de l'actualité (les terrorismes italiens et allemand, la question palestinienne, le pacifisme, etc.) et de la parution des ouvrages (Mille Plateaux, L'Image-mouvement et L'Image-temps, Qu'est-ce que la philosophie?, etc.). Ce recueil comprend des conférences, des préfaces, des articles, des entretiens, publiés tantôt en France, tantôt à l'étranger. Comme pour le premier volume, nous n'avons pas voulu imposer un parti pris au sens ou à l'orientation des textes, si bien que nous avons adopté un ordre de présentation strictement chronologique. Il ne s'agit pas de reconstituer un quelconque livre "de" Deleuze ou dont Deleuze aurait eu le projet. Ce recueil vise à rendre disponible des textes souvent peu accessibles, dispersés dans des revues, des quotidiens, des ouvrages collectifs, des publications à l'étranger, etc... Conformément aux exigences formulées par Deleuze, on ne trouvera ici aucune publication posthume, ni aucun inédit. Toutefois, ce recueil comporte un nombre important de textes inconnus du lecteur français, mais connus des lecteurs anglo-saxons, italiens ou japonais. A l'exception du texte n° 5, nous disposions chaque fois des textes originaux français dont Deleuze avait conservé une copie dactylographiée ou manuscrite*. C'est évidemment cette version qui est présentée. Nous indiquons cependant en note la date de parution de l'édition américaine, anglaise ou italienne. Pour l'essentiel, nous avons adopté les mêmes principes que pour le premier volume. On se permet d'en rappeler certains ici. Ne figurent pas dans le présent recueil: - les textes pour lesquels Deleuze n'avait pas donné son accord; - les cours sous quelque forme que ce soit (qu'ils aient été publiés d'après des retranscriptions de matériaux sonores ou audiovisuels, ou résumés par Deleuze lui-même); - les articles que Deleuze a repris dans ses autres livres (dont une grande partie a été reprise dans Pourparlers et dans Critique et clinique). Les modifications apportées ne justifiaient pas la réédition de l'article sous sa forme originale; - les extraits de textes (passages de lettres, retranscriptions de paroles, mots de remerciements, etc.); - les textes collectifs (pétitions, questionnaires, communiqués, etc.); - les correspondances (à l'exception notable de certaines lettres dont Deleuze avait accepté la parution, ainsi le texte n° 55, ou de l'échange de lettres du texte n° 47 dont Fanny Deleuze a accepté la publication). - Pour le texte n° 39 ("Foucault et les prisons"), nous avons retranscrit l'entretien d'après l'enregistrement sur bande magnétique. A la différence du premier volume, nous n'avons pas toujours suivi les dates de parution car elles présentaient parfois un écart trop important avec les dates de rédactions. Ainsi un texte pouvait annoncer le projet de Qu'est-ce que la philosophie? Bien après que l'ouvrage fut paru. Aussi, pour éviter ces confusions, nous avons pris le parti, chaque fois que cela était possible, de suivre l'ordre de rédaction, grandement aidé en cela par le fait que la plupart des textes manuscrits ou dactylographiés de Deleuze étaient datés avec précision. Si l'on veut suivre l'ordre de publication, on peut se reporter à la bibliographie complète des articles de la période en fin de volume. Nous avons chaque fois reproduit le texte dans sa version initiale, en y apportant les corrections d'usage. Dans la mesure où Deleuze rédigeait la plupart de ses entretiens, nous avons conservé certaines caractéristiques propres à son écriture (ponctuation, usage des majuscules, etc.). Pour ne pas alourdir le texte de notes, nous nous sommes bornés à donner quelques indications avant chaque texte quand elles pouvaient éclairer les circonstances de sa rédaction ou d'une collaboration. Faute de précision, nous avons parfois donné un titre à des articles qui n'en avaient pas, en le spécifiant chaque fois. Nous avons également complété certaines références, parfois imprécises, fourni par Deleuze. Les notes de l'éditeur sont appelées par des lettres. On trouvera, en fin de volume, une bibliographie complète des articles de la période 1975-1998, ainsi qu'un index des noms.
Résumé : Pendant plus de quinze ans, Gilles Deleuze a donné son cours le mardi, de 10 h à 13 h 30, dans une salle ordinaire de l'université Paris VIII. Il était hostile aux amphithéâtres, dont il disait qu'ils coupaient tout échange. Au premier rang, les prévoyants arrivaient dès 8 h 30 : étudiants japonais avec magnéto high-tech, retraités ou habitués passionnés. Les suivants se mettaient où ils pouvaient, jusqu'à former des grappes autour de la porte. Ce cours était un mélange incroyable de liberté et d'une parole magistrale avec des moments d'inspiration de haute volée. La série "A voix haute" donne à entendre en live les voix des plus grands philosophes, scientifiques et écrivains de notre temps, au travers de documents sonores précieux et souvent inédits. Avec passion, Gilles Deleuze transmet un savoir qui s'adresse aussi bien aux non-philosophes qu'aux étudiants. Quiconque l'a entendu a encore distinctement dans l'oreille le magnétisme de sa voix et la puissance de sa pensée.
Résumé : "Le projet le plus général de Nietzsche consiste en ceci : introduire en philosophie les concepts de sens et de valeur. Nietzsche n'a jamais caché que la philosophie du sens et des valeurs dut être une critique. Que Kant n'ait pas mené la vraie critique, parce qu'il n'a pas su en poser le problème en termes de valeurs, tel est même un des mobiles principaux de l'oeuvre de Nietzsche". Cette analyse rigoureuse et critique de la philosophie de Nietzsche est une lumineuse introduction à l'oeuvre d'un philosophe trop souvent réduit au nihilisme, à la volonté de puissance et l'image du surhomme. Gilles Deleuze remarque que "la philosophie moderne présente des amalgames, qui témoignent de sa vigueur et de sa vivacité, mais qui comportent aussi des dangers pour l'esprit" et que la force du projet philosophique de Nietzsche dans le "dépassement" de la métaphysique est "de dénoncer toutes les mystifications qui trouvent dans la dialectique un dernier refuge. La philosophie de Nietzsche a une grande portée polémique".
Il y a le stigmate d'infamie, tel la fleur de lys gravée au fer rouge sur l'épaule des galériens. Il y a les stigmates sacrés qui frappent les mystiques. Il y a les stigmates que laissent la maladie ou l'accident. Il y a les stigmates de l'alcoolisme et ceux qu'inflige l'emploi des drogues. Il y a la peau du Noir, l'étoile du Juif, les façons de l'homosexuel. Il y a enfin le dossier de police du militant et, plus généralement, ce que l'on sait de quelqu'un qui a fait ou été quelque chose, et "ces gens-là, vous savez..." Le point commun de tout cela ? Marquer une différence et assigner une place : une différence entre ceux qui se disent "normaux" et les hommes qui ne le sont pas tout à fait (ou, plus exactement, les anormaux qui ne sont pas tout à fait des hommes) ; une place dans un jeu qui, mené selon les règles, permet aux uns de se sentir à bon compte supérieurs devant le Noir, virils devant l'homosexuel, etc., et donne aux autres l'assurance, fragile, qu'à tout le moins on ne les lynchera pas, et aussi l'espoir tranquillisant que, peut-être, un jour, ils passeront de l'autre côté de la barrière.
Qu'est-ce que ça veut dire, moderato cantabile ? - Je ne sais pas. " Une leçon de piano, un enfant obstiné, une mère aimante, pas de plus simple expression de la vie tranquille d'une ville de province. Mais un cri soudain vient déchirer la trame, révélant sous la retenue de ce récit d'apparence classique une tension qui va croissant dans le silence jusqu'au paroxysme final. " Quand même, dit Anne Desbarèdes, tu pourrais t'en souvenir une fois pour toutes. Moderato, ça veut dire modéré, et cantabile, ça veut dire chantant, c'est facile. "
Je suis dans la chambre de ma mère". Ainsi commençait la première page d'un roman publié à Paris en janvier 1951. L'auteur était un Irlandais inconnu qui écrivait en français. La presse saluait aussitôt l'apparition d'un grand écrivain : "Si l'on peut parler d'événement en littérature, voilà sans conteste un livre événement" L'avenir allait confirmer ce jugement. Dès l'année suivante paraissait, du même auteur. En attendant Godot, une pièce qui allait faire le tour du monde et même éclipser quelquefois ce premier roman. Et pourtant, Molloy reste un livre majeur dans l'oeuvre de Samuel Beckett. Jean-Jacques Mayoux, trente et un ans plus tard, nous en offre une lecture encore enrichie par le temps.