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Généalogie du modèle domestique en politique
Deleule Didier
UPPR
16,50 €
Épuisé
EAN :9782371682627
Alors même que la pensée politique moderne n'avait eu de cesse d'en dénoncer les méfaits, ce que Didier Deleule appelle le modèle domestique du politique effectue de nos jours un retour fracassant : il n'est plus seulement question de réduire l'intervention de l'Etat à peau de chagrin ; il s'agit désormais de considérer l'Etat comme une entreprise privée, de ramener le citoyen au statut de consommateur (et, éventuellement, de travailleur) "atomisé" ou "communautarisé" , en réduisant toujours plus les liens de solidarité qui sont au fondement même du tissu social, en substituant au gouvernement des hommes l'étrange notion de "gouvernance" censée rationaliser administrativement les relations sociales dans le cadre de stratégies par objectifs prioritairement soumises à un impératif d'efficacité. De l'affaiblissement de la pensée au retrait du politique et de ce retrait au mépris du politique, la pente peut être fatale, car le triomphe du modèle domestique du politique représente la paupérisation suprême du politique, l'étape ultime d'un processus de dépolitisation qui conduit à l'anesthésie de la citoyenneté, à la fragilisation de la démocratie, à l'indifférence généralisée. Dans cet ouvrage, Didier Deleule trace les contours historiques et conceptuels du modèle domestique et en analyse les évolutions : sont ainsi convoqués Xénophon et Aristote, Pénélope, les cyniques, La Fontaine, Sully, Diderot, Bacon, Hume, Bodin... Par là, il met magistralement en lumière les fondements idéologiques de ce concept et nous alerte sur ses enjeux les plus actuels.
La haine est souvent donnée comme terme dernier d'une explication des conduites agressives, ainsi traitée comme un phénomène humain que l'on constate et réprouve. Ne peut-on aller plus loin et en proposer une analyse ? Telle est la tentative du présent ouvrage, qui prend le parti de recourir à la tradition philosophique pour décomposer cette passion en ses éléments constitutifs. Haines de choses, haines de gens, haines de soi montrent des intentions, des raisons et des états d'âme étroitement combinés, une passion étant peut-être une réalité plus complexe qu'on ne le croit. Et une telle analyse, qui met en évidence les faiblesses et les forces de cette passion si largement condamnée qu'on peut l'estimer odieuse (c'est-à-dire haïssable ) invite à réfléchir aux réponses qu'on lui oppose : dépasser la haine, mais comment ? Et comment ne pas se prendre au piège de l'odium, qui appelle la haine en retour ? Ce livre propose, sur la base d'une compréhension philosophique de la passion hostile, une visée éthique appuyée sur la générosité et la fermeté d'une inquiétude du bien ; il entend contribuer ainsi à la constitution d'une morale de la résistance, si l'on veut bien entendre sous ce nom chargé d'histoire une consistance morale soucieuse de l'avenir. . . Philippe Saltel, enseigne à l'Université Pierre-Mendès-France, Grenoble 2. Agrégé de philosophie, docteur de l'Université Paris I, habilité à diriger des recherches par l'Université de Paris X, il consacre ses travaux d'une part à la philosophie morale, d'autre part à l'histoire de la philosophie moderne (XVllle et XIXe siècles).
En plus du traumatisme de "L'affaire Merah" de mars 2012 et des attentats de Charlie Hebdo et de l'Hyper Cacher de Vincennes en janvier 2015, la France a connu, avec les attentats du 13 novembre 2015, l'une des semaines les plus bouleversantes de son histoire récente. Ces attaques ont marqué définitivement les esprits des Français et du monde. Chems Akrouf présente ici des analyses fines et percutantes pour nous aider, non seulement à mieux comprendre les tenants et les aboutissants de ces événements décisifs, mais aussi à prendre la mesure de la menace que les groupes djihadistes font peser sur la France. Rappelant les origines du djihadisme et des mouvements majeurs qui s'en réclament, Chems Akrouf étudie leurs objectifs, leurs moyens d'action, leurs ressources financières et les "raisons" qui les motivent. Après avoir examiné les moyens mis en oeuvre par les services en charge de lutter contre eux en France, il s'interroge sur les rôles de la Russie, de l'Iran et d'Israël, sans oublier le double jeu de la Turquie. Aujourd'hui, la menace est inédite par son ampleur et son caractère protéiforme. Chems Akrouf partage ici des analyses indispensables pour mieux la comprendre.
Nous le savons, les conflits qui sévissent dans les régions défavorisées du monde ont un effet dévastateur sur l'éducation, notamment en termes de pertes humaines, de dégradation du système éducatif et de ses infrastructures. Si, en règle générale, l'éducation ne subit pas un arrêt brutal en situation de guerre mais continue de représenter un nid protecteur pour les enfants et permet de rétablir un sens de normalité dans le chaos ambiant, la corrélation entre l'éducation et la guerre soulève de nombreuses questions. Quelles sont les méthodes pour éviter l'effondrement total du système éducatif à l'issue d'un conflit ? Le système éducatif permet-il d'assurer une protection aux communautés affectées par la guerre ? Quel est le rôle de l'éducation dans la prévention des conflits et comment peut-elle servir de pierre angulaire à la reconstruction d'un pays ? L'enseignement de l'histoire peut-il par exemple influer sur le comportement des étudiants en promouvant une culture de la paix ? Et finalement, dans quelles circonstances le rôle positif de l'éducation peut-il être détourné de son sens initial pour, plutôt que de les contenir, alimenter les causes de conflits violents ? Fort de sa riche expérience, Denis Bouclon partage ici des analyses d'une grande finesse, qui mettent en lumière la complexité des conditions du rétablissement durable de la paix dans les zones de conflit. Un ouvrage décisif et salutaire.
Mieux vaut une connerie d'avance qu'une information en retard : c'est sans détour qu'Hubert Huertas énonce le principe qui régit l'Information en continu, ce monstre familier devenu aussi indispensable qu'insupportable. Nous voilà donc prévenus et comblés : malgré la sensibilité du sujet, la démarche sera franche et l'auteur n'avancera pas masqué. Pour autant, Hubert Huertas ne se positionne pas en redresseur de torts ; car si le propos est manifestement critique et engagé, il est également nuancé, le journaliste n'hésitant pas à reconnaître le talent et la compétence lorsqu'ils sont évidents. Plutôt donc que de mener un réquisitoire caricatural et inutilement passionné, il nous convie à une réflexion d'envergure touchant de multiples domaines : la déontologie naturellement, mais aussi l'histoire de la presse, la politique et ses communicants, le tempo et la mise en scène de l'information? Ses analyses, soutenues à l'occasion par un humour décapant, sont toujours accompagnées d'exemples qui font sens les événements tragiques de Charlie Hebdo, l'annonce erronée de la mort de Martin Bouygues et autres illustrations tirées en toute honnêteté de son expérience personnelle. Hubert Huertas met ainsi magistralement en relief les enjeux de la "bfmisation de la société", montrant finalement qu'elle aboutit à la désagrégation du Politique. Un essai indispensable et décisif.
Notre société, après avoir déstabilisé toutes les autorités, ne sait plus à qui se confier. Elle est en perte de repères et de cohésion sociale. Elle affiche pourtant l'utopie de l'économie du partage dans la ligne des thèses de Rifkin. De toute manière, il n'y a pas de choix. Finie l'époque tranquille des ajustements à la marge. Il faut un changement de paradigme et donc accepter des remises en cause pour bâtir un nouvel équilibre. Comme le disait Nietzsche, "il faut porter encore en soi un chaos pour pouvoir mettre au monde une étoile dansante". Voilà pourquoi la crise ne peut qu'être innovante. Cette période a accompagné l'avènement du numérique, du temps réel, du web. Les réseaux sociaux créent des amis partout mais de la chair, de la substance, nulle part. Pas de causalité simpliste, retenons la concomitance. L'homme libéral a des soucis à se faire. C'est pourtant à ce moment que le déploiement de ces nouveaux marchés économiques, en particulier autour des applications du numérique, se met en quête d'un nouveau citoyen plus réconcilié avec le collectif, moins individualiste et narcissique. On peut rêver. Période faste pour les prophètes. Mais qu'ils prennent vite leurs marges car tout cela ne peut pas durer. A côté de ces prophètes, se positionnent des visionnaires, souvent plus honnêtes, parfois naïfs, peut être aussi chevaux de Troie d'enjeux économiques. Gardons la générosité pour ne pas désespérer La Défense ! Survient la république des co-, la société du partage, etc. Ne boudons pas l'espoir. Mais, instruits par les illusions de l'utopie de la communication qui nous poursuit depuis les années cinquante, ne relâchons pas notre attention devant ce qui pourrait devenir un déterminisme prédictif inédit dont nous serions collectivement complices, co-constructeurs. Subsidiarité, territoires, cet essai va à contre-courant en soutenant que les citoyens ont tout intérêt à ne pas rejeter la politique, mais en exigeant qu'une relation nouvelle passe à la fois par une méfiance qui n'empêche pas une implication loyale. La République a besoin d'un congé sabbatique de reconstruction. Donnons-lui ce temps et cette confiance. Cet essai construit une proposition simple, ou de bon sens, autour de deux notions, le pacte d'économie cohésive et l'horizontalisme.