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Archives de sciences sociales des religions N° 169, Janvier-mars 2015 : Philosophie et religion
Delecroix Vincent ; Portier Philippe
EHESS
23,00 €
Épuisé
EAN :9782713224683
La revue Archives de sciences sociales des religions s'assigne trois objectifs : promouvoir une perspective comparative, élargie à toutes les religions, et à toutes les aires culturelles ; favoriser une coopération de toutes les sciences sociales aux fins d'éclairer les facettes multiples du phénomène religieux ; accueillir l'exposé des réflexions méthodologiques et théoriques sur les objets de la recherche. L'effervescence de l'actualité religieuse et la globalisation des formes de religiosité conduisent plus que jamais les sciences sociales à interroger leurs frontières disciplinaires et à mettre à l'épreuve leurs paradigmes du fait religieux. La rationalité des croyances religieuses et leur intelligibilité, l'interprétation des systèmes de sens et leur enracinement dans l'expérience, la permanence du théologico-politique sous des formes qu'il reste à identifier et à évaluer - autant d'objets pour une discipline vieille de près de trois siècles, ce qui est peu, sans doute, mais suffisant pour avoir produit une grande variété de traditions et de paradigmes interprétatifs. Où en est la philosophie de la religion aujourd'hui ? La question ne peut être indifférente aux diverses sciences du religieux. Comment, armée de ces traditions et de ces méthodes, se confronte-t-elle aux phénomènes religieux contemporains ? Quels sont les problèmes dont elle s'empare et comment ces problèmes découpent-ils le champ de ces phénomènes ? C'est ce que l'on veut ici laisser voir à travers les contributions des meilleurs spécialistes. En outre, bien qu'elle suive ses propres orientations selon ses propres principes méthodologiques, la philosophie de la religion - au dynamisme lié à la présence de la question religieuse dans l'espace public, rencontre nécessairement les sciences sociales sur ce terrain. Rencontre qui contribue sans doute à la compréhension positive du religieux comme analyseur de notre modernité tardive. Au menu du varia qui suit : un retour sur le penseur musulman Ab(...) H(...)mid al-Gaz(...)l(...) (XIIe siècle), l'architecture des missions jésuites en Amérique du Sud au tournant des Temps Modernes, l'utopie saint-simonienne et la quête des origines dans l'Algérie du XIXe siècle, le créationnisme aujourd'hui.
Résumé : Nous avons été classiques. Il se peut que nous le soyons encore. Mais c'est Poussin qui inventa le classicisme. Il le fit en proposant une solution aux inquiétudes de son temps, qui sont parfois les nôtres, et en bâtissant, toile après toile, un pays de peinture : l'Arcadie. Cette terre de l'âge d'or, patrie des poètes et des lettrés, fut un enjeu esthétique, politique et religieux. Elle est surtout l'espace dans lequel le peintre a pensé l'homme, son innocence mythique et le dynamisme de son désir, sa condition historique et sa place dans le paysage ordonné du monde. L'Arcadie se parcourt, et ce voyage nous apprend à contempler. Il faut donc cheminer, une journée durant, de la lumière matinale jusqu'au crépuscule de la représentation, emportée par la nuit et la tempête. On rencontre en chemin des dieux et des héros, des nymphes, des massacreurs et des infortunés, le Christ, la Charité. On aperçoit des lacs qui s'ouvrent comme un oeil, l'immobilité d'une lumière idéale, des bois enchantés et des mares où il ne faut pas se regarder. Et à la fin, nous pourrons murmurer : moi aussi, j'ai été en Arcadie.
Une rupture amoureuse a laissé le narrateur anéanti. Philosophe de formation, il tente de comprendre ce qui lui arrive, et de concevoir les moyens d'y remédier.Écrire une lettre dans le but de faire revenir la femme aimée est une entreprise vouée à l'échec : elle ne la lirait même pas.Écrire pour elle un livre autobiographique, narrant ses tourments atroces et relatant la vie passée avec attendrissement et nostalgie ? Ce serait catastrophique.Il décide alors de se lancer dans une tentative plus inattendue : écrire une biographie de Kierkegaard. L'histoire de cette vie particulièrement malheureuse sera un message à l'aimée, qu'elle ne pourra pas ne pas comprendre. Mais le projet est difficile, la courte existence du penseur danois étant déjà amplement balisée par les biographes.Pour tenter de trouver une approche originale, notre philosophe choisit de s'immerger dans la communauté danoise de Paris et devient conducteur de minibus pour touristes danois. C'est ainsi qu'il va connaître Maren, une jeune guide qui l'exaspère avec ses chaussures démodées et son esprit d'organisation, ou encore un étrange vieux Danois avec qui il va se lier d'amitié. Il croisera aussi un enfant particulièrement philosophe, un étrange chat noir qui devient blanc une fois attrapé... Et s'il n'arrive pas à écrire sa biographie de Kierkegaard, peut-être le narrateur connaîtra-t-il une renaissance grâce à Maren, qui a changé de chaussures pour lui ?Comme dans À la porte, Vincent Delecroix arpente le territoire de la grande et rageuse solitude. Son récit nous propose une réflexion vive sur l'amour et sur sa perte, avec Kierkegaard dans le rôle du témoin. Le roman captive par son intelligence et séduit par l'émotion qui se dégage de nombreux épisodes, où la philosophie et le fantastique font bon ménage.
Au centre du roman, une chaussure abandonnée sur un toit parisien. Tous les personnages du livre fréquentent le même immeuble, à proximité des rails de la gare du Nord. On rencontrera un enfant rêveur, un cambrioleur amoureux, trois malfrats déjantés, un unijambiste, un présentateur vedette de la télévision soudain foudroyé par l'évidence de sa propre médiocrité, un chien mélancolique, un immigré sans papiers, une vieille excentrique, un artiste (très) contemporain, un narrateur au bord du suicide... et une chaussure pleine de ressources romanesques. L'imbrication des histoires les unes dans les autres à l'intérieur du roman permet à Vincent Delecroix d'aborder des registres très différents, du délire philosophique à la complainte élégiaque en passant par la satire de m?urs et par la peinture drolatique de la solitude ? thème de prédilection de l'auteur. --Ce texte fait référence à l'édition Broché. Biographie de l'auteur Vincent Delecroix, né en 1969, vit et enseigne la philosophie à Paris. Son précédent roman, Ce qui est perdu, a paru en 2006. A la porte, publié en 2004, a été adapté pour le théâtre et interprété par Michel Aumont.
Chanter est l'une de nos activités les plus quotidiennes. Cette permanence témoigne de son lien intime avec le fait d'exister. Mais le chant n'est pas une simple ornementation de l'existence: fugace et fragile, il plonge ses racines dans le fait et le sentiment d'être. Ce livre cherche donc à découvrir le type de présence au monde et à soi-même dont témoigne la voix chantante. Serons-nous rossignol ou perroquet? Notre parole n'est-elle qu'un chant dégradé ou au contraire la source de l'enchantement? L'auteur décrit les lieux où se loge l'activité de chanter, à travers nos expériences de tous les jours, la fiction, l'art, la pensée des philosophes ou celle des musiciens. Il en vient peu à peu à dénoncer une époque dont le « désenchantement » se caractériserait plutôt par une prolifération imbécile du chant. Non, le chant n'est pas perdu. Et oui, sa connivence avec le sacré mérite d'être critiquée. Car il n'est pas besoin d'élever notre parole au chant: le chant est dans notre parole, lorsqu'elle se met à vraiment dire et à vraiment penser.
Georges Guille-Escuret bouscule un des tabous de la civilisation: le cannibalisme. II soumet au crible d'une analyse incisive le regard porté par les sciences sociales sur l'anthropophagie. Entre les récits d'explorateurs, les témoignages de missionnaires et les commentaires de savants, se dessine une épistémologie à double sens, portant sur la confrontation entre la culture des peuples observés et celle des observateurs. Le cannibalisme se révèle une formidable loupe pour observer les antagonismes de pensée autour du rapport nature/culture. Il permet aussi de mettre au jour la dimension historique de l'exotisme. Ce livre, tout en réinsérant le cannibalisme parmi les sujets anthropologiques, prétend combattre efficacement l'ethnocentrisme et le mépris du "sauvage" dans la "civilisation".
Septembre 1993 : Serge Moscovici devient docteur honoris causa de l'université de Séville. Le discours qu'il prononce alors allie bilan critique de la théorie des représentations sociales. retour réflexif sur son propre parcours et nouveaux horizons de recherche. Avec ce texte inédit. Moscovici érige la psychologie sociale, dont il est l'un des fondateurs, en véritable anthropologie du monde contemporain.
Remaud Olivier ; Schaub Jean-Frédéric ; Thireau Is
Que signifie l'acte de comparer pour les sciences sociales ? Dans ce volume, la démarche comparative est vue comme un éloge de la pluralité: aucune science sociale ne peut se borner à l'étude d'un seul cas. Dès lors, chaque nouveau savoir, chaque nouvel échange entre disciplines se trouvent confrontés aux fausses évidences de leur irréflexion. On tend à décréter le comparable, à stipuler l'incomparable. Comparer en sciences sociales, c'est répondre aux défis du découpage et de l'asymétrie des objets. C'est également forger les outils d'une méthode qui s'ajuste à des écarts. Cet ouvrage reflète les approches très différenciées dans lesquelles s'inscrit la comparaison. Pour les uns, celle-ci est une ressource de l'analyse; pour les autres, elle constitue la matière d'un programme de recherche. Pour tous, l'acte de comparer pose le cadre théorique de leur réflexivité scientifique. Il définit aussi l'horizon d'un langage commun. Il désigne enfin l'objet observé: des sociétés composées d'acteurs qui ne cessent de qualifier leur situation par comparaison.