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Venance Fortunat ou l'enchantement du monde
Delbey Evrard
PU RENNES
12,00 €
Épuisé
EAN :9782753509016
Venance Fortunat, poète chrétien du va"siècle, eut, pour ainsi dire, une vie riche de trois existences: né entre 530 et 540, éduqué à Ravenne, il part pour la Gaule vers la fin de l'été ou à l'automne de l'année 565; ce fut le début d'un long voyage dans le monde mérovingien qui s'acheva à Poitiers où il finit sa vie comme évêque de la cité vers 600. Fortunat sera même sanctifié. Au centre d'un réseau d'amitiés et de relations avec les puissants de son temps, il a composé une importante ?uvre élégiaque. L'étude de ses Poèmes ici présentée s'inscrit dans la problématique globale et bien établie de la conversion" d'un genre littéraire profane, en l'occurrence l'élégie érotique romaine des âges cicéronien et augustéen. Par l'élégie devenue chrétienne Fortunat, parcourant la Gaule mérovingienne, fréquentant évêques et rois, nous fait entrer dans une configuration culturelle autre: celle où le poète élégiaque, tout en demeurant dans le registre d'un genre mineur, compare sa parole à celle des évêques dont la mission déclarée est la conversion des c?urs. Rien assurément ne prédispose le poète élégiaque à tenir un rôle spirituel aussi marqué; cependant le choix même du style élégiaque est celui d'un style ni sublime ni bas, à l'image de l'être humain, qui convient à la représentation du Christ incarné. Ainsi la morale christique peut prendre forme pour dire en distiques les vertus de l'amitié et de l'amour, la gloire des évêques et des rois catholiques. A sa manière, l'humble inspiration élégiaque contribue à la diffusion en Occident de l'universel chrétien. Venance Fortunat n'évolue plus, à l'imitation des élégiaques passés, dans l'équivoque correspondance du réel au fictif, mais fonde modestement sa légitimité auctoriale sur sa foi dont Marie est l'illustration féminine. Ainsi une harmonie apparaît entre l'élévation d'âme et le rythme discontinu de l'hexamètre suivi du pentamètre. Réécrivant le motif ovidien de l'association inédite et difficile entre grandeur de l'inspiration et métrique dissymétrique, Fortunat réussit à faire de son style vertu humaine: c'est dans l'humilité, dont il fait un principe d'esthétique et d'éthique, qu'il compose, à distance respectueuse des âmes belles qui sont au plus près de Dieu et dont la haute spiritualité a pour formes d'expression quasi institutionnalisées le chant hymnique et l'éloquence épiscopale. En ce sens, il n'est pas impossible de dire que Venance Fortunat est un poète élégiaque chrétien qui ?uvre à l'enchantement du monde par le dépassement du pathos souvent caractéristique de l'élégie classique, sans pour autant vouloir égaler le grand style.
Après le triomphe de sa mise en scène de Phèdre à la Comédie Française en 1995, Anne Delbée, qui a déjà révélé Camille Claudel dans Une femme, confirme, dans ce Racine Roman, sa passion pour l'orphelin génial de Port-Royal. Vécu de l'intérieur, nourri des connaissances accumulées au cours du temps, ce récit conjugue la flamme et l'érudition dans une sorte de voyage à l'intérieur d'une âme qui tourne parfois à la confession impudique et n'esquive rien du mystère Racine ".Pourquoi Racine et Molière se sont-ils séparés si brutalement? Racine a-t-il eu une responsabilité dans la mort de la du Parc, sa maîtresse au moment de l'" affaire des poisons "? Après Phèdre, a-t-il abandonné le théâtre pour se rapprocher de la Cour ou par remords pour sa liaison scandaleuse avec la Champmeslé? A-t-il trahi la marquise de Montespan au profit de Mme de Maintenon? Est-il tombé en disgrâce pour avoir écrit une lettre" politique "au Roi après Esther et Athalie?L'oeuvre n'est sûrement pas si éloignée de la vérité du personnage, et il est temps, grâce à ce roman d'une vie de poète, de réapprendre à aimer Racine," Mozart du théâtre français ", qui, depuis trois siècles, ne cesse de crier sa tendresse."
Les sociétés modernes fondent leur conception de la sexualité sur la distinction des sexes biologiques, et reconnaissent trois catégories de personnes : hétérosexuels, homosexuels et bisexuels. Or ces notions n'ont pas cours dans la Rome antique, où tout est affaire de statut social et de classe d'âge. En gros, les citoyens mâles pénètrent et ne sont jamais pénétrés, tous les autres sont pénétrables, dans des conditions et des proportions variables selon qu'il s'agit de matrones respectables, de coquettes libérées, de prostitués et d'esclaves des deux sexes. A quoi s'ajoute le cas très particulier des empereurs libidineux, comme Tibère, Caligula ou Néron. Il s'ensuit des comportements et une morale bien différents des nôtres, au reste difficiles à se représenter car, pour les Romains, la sexualité relève de l'intime et doit rester cachée. Mais Géraldine Puccini-Delbey, forte de sa parfaite connaissance de la littérature latine, de Cicéron à Ulpien, parvient à faire parler les textes, et à démêler les possibles rapports entre la pratique sexuelle, le plaisir féminin et le sentiment amoureux. Là encore, rien n'est alors comme aujourd'hui. Ainsi la sexualité en dit long sur la culture et la société romaines, que l'auteur analyse et décrit sans aucune inhibition, mue seulement par la volonté de savoir et de comprendre.
Clefs concours Lettres. Tous les titres sont organisés autour d'une structure commune : - des repères : un rappel du contexte historique et littéraire. - les grandes "problématiques", indispensables à la compréhension des enjeux de l'?uvre. - le "travail du texte" consacré aux questions de langue, de stylistique et de grammaire. - des outils méthodologiques, notamment bibliographiques. - un système de circulation entre les fiches et les références bibliographiques.
C'est grâce à ce livre, enfin réédité, que nous a été révélée la vie extraordinaire de Camille Claudel. Soeur aînée de l'écrivain Paul Claudel, Camille a connu, en tant que femme et en tant qu'artiste, un destin hors du commun. A la fin du siècle dernier, une jeune fille de dix-sept ans qui veut être sculpteur, c'est inconcevable, voire scandaleux. Or, Camille se lance dans l'aventure à corps perdu, avec l'enthousiasme et la farouche volonté qui la caractérisent. Jusqu'au jour de 1883 où elle rencontre Auguste Rodin. Le Maître accepte de la prendre comme élève; bientôt il deviendra son amant. Suivent quinze années d'une liaison passionnée et orageuse d'où Camille sortira épuisée et vaincue... Elle mourra en 1943 à l'asile de Montdevergues, près d'Avignon, après un terrible internement qui aura duré trente ans, laissant au jugement de la postérité une oeuvre considérable, d'une rare puissance et d'une originalité visionnaire. Ce livre de réhabilitation de Camille, écrit avec émotion par une autre femme, une autre artiste, lui rend enfin justice.
Pourquoi établir des liens entre des images de films radicalement différents, au-delà des auteurs, des pays et des époques ? Parce que ces images convoquent des motifs visuels qui hantent le cinéma depuis ses origines : la fenêtre, la nuque, l'escalier, le miroir, le labyrinthe, le téléphone, le chat, le cri, et tant d'autres... Ces motifs ont des affinités profondes avec le langage et le récit cinématographiques. Ils sont de ce fait universels, pluriels, ambigus, et chaque cinéaste est incité à les adopter, les transformer et les réinterpréter. Les motifs de cinéma ont une grande agilité à se mouvoir : migrer d'un film à l'autre, d'un cinéaste à l'autre, d'une époque à une autre. Par le jeu des reprises et des différences, ils imprègnent la mémoire émotionnelle du spectateur et ouvrent une nouvelle perspective à l'histoire du cinéma. Les soixante motifs analysés et le millier de films cités donnent la mesure de l'impact visuel et narratif de ces images séminales, souvent reliées à la tradition picturale. Ce livre établit des liens comparatifs entre des créateurs qui ont confronté leur art à un même motif, permettant ainsi d'identifier leur singularité, leur rapport intime et personnel à ce motif, et leur rapport à l'histoire commune des images cinématographiques. Une des ambitions principales de cette riche collection de textes, adossés à des photogrammes choisis par les auteurs eux-mêmes, est de susciter l'émergence d'une possible théorie du motif en cinéma.
La guerre et l'occupation de 1914-1918 ont-elles vraiment été une catastrophe économique pour le Nord ?A travers l'étude de la région lilloise, l'auteur soumet à la critique historique la mémoire victimaire qui, depuis cent ans, oppose les territoires "envahis" et "sinistrés" à une France "libre" et enrichie par la guerre. En centrant l'analyse sur la place et non plus sur le territoire, il montre la dualité de patrons à la fois victimes et profiteurs de guerre.Ce livre interroge le rapport des capitaux au territoire. Revisitant l'occupation et dépassant la dichotomie collaboration/résistance, il montre la résilience de la place à travers le maintien d'une activité économique et l'incessante concertation des industriels, des banquiers et des négociants. En même temps, le repli d'une bonne partie des capitaux en "France libre" et le dédoublement de la place à Paris permettent de participer activement, avec les multinationales implantées à l'étranger, à la mobilisation économique et aux bénéfices de guerre.A plus long terme, la relocalisation très partielle montre que la guerre a été l'occasion d'une expansion durable. Ce livre montre aussi les bénéfices de la rhétorique victimaire assénée à l'Etat par un dense réseau d'organisations patronales et de puissantes associations de "sinistrés" : le "statut des sinistrés" est financièrement très favorable, et la "reconstitution" industrielle rapide ; la place reste puissante.Certes, tous n'ont pas également bénéficié de la guerre, mais dans le concert victimaire, les voix dissonantes sont inaudibles.Avec une préface de Jean-Pierre Hirsch4e de couverture : La guerre et l'occupation de 1914-1918 ont-elles vraiment été une catastrophe économique pour le Nord ?A travers l'étude de la région lilloise, l'auteur soumet à la critique historique la mémoire victimaire qui, depuis cent ans, oppose les territoires "envahis" et "sinistrés" à une France "libre" et enrichie par la guerre. En centrant l'analyse sur la place et non plus sur le territoire, il montre la dualité de patrons à la fois victimes et profiteurs de guerre.Ce livre interroge le rapport des capitaux au territoire. Revisitant l'occupation et dépassant la dichotomie collaboration/résistance, il montre la résilience de la place à travers le maintien d'une activité économique et l'incessante concertation des industriels, des banquiers et des négociants. En même temps, le repli d'une bonne partie des capitaux en "France libre" et le dédoublement de la place à Paris permettent de participer activement, avec les multinationales implantées à l'étranger, à la mobilisation économique et aux bénéfices de guerre.A plus long terme, la relocalisation très partielle montre que la guerre a été l'occasion d'une expansion durable. Ce livre montre aussi les bénéfices de la rhétorique victimaire assénée à l'Etat par un dense réseau d'organisations patronales et de puissantes associations de "sinistrés" : le "statut des sinistrés" est financièrement très favorable, et la "reconstitution" industrielle rapide ; la place reste puissante.Certes, tous n'ont pas également bénéficié de la guerre, mais dans le concert victimaire, les voix dissonantes sont inaudibles.Avec une préface de Jean-Pierre HirschNotes Biographiques : Jean-Luc Mastin est maître de conférences en histoire économique et sociale contemporaine à l'université Paris 8.
Entre le XVIe et le XVIIIe siècle, la liberté de conscience a été conçue, en latin et dans une poignée de langues européennes, comme une possibilité de croire, de changer de croyance ou de ne pas en avoir. Elle a ainsi reçu une acception distincte de celle de la liberté religieuse ou de la liberté de religion. Lors de son inscription dans la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, adoptée sans vote négatif par l'assemblée générale des Nations Unies en décembre 1948, ce droit individuel a néanmoins suscité des réserves ou oppositions qui ont empêché sa déclinaison constitutionnelle par des Etats membres. Une génération plus tard, la contestation de la liberté de conscience s'est trouvée renforcée au nom de la reconnaissance de sensibilités culturelles différenciées, au nom d'une lutte contre l'apostasie - parfois associée au blasphème ou à l'insulte contre des religions - ou au nom de la défense de l'unité d'un corps. Cette enquête historique s'inscrit dans le temps long des sociétés humaines. Etablie sur des sources linguistiques diverses, elle vise à saisir l'émergence d'une notion au sein de communautés spécifiques, du Bassin méditerranéen à la Chine et à l'Amérique, à comprendre les motifs d'adhésion et de rejet formulés par plusieurs centaines d'auteurs, à déterminer les modalités d'expansion de cette liberté, de sa traduction dans des langues qui n'en avaient pas dessiné les contours, ainsi qu'à appréhender les ressorts des remises en question contemporaines. Explorant, entre autres, les registres de la philosophie, de la théologie et du droit, cette recherche met en exergue la force et la fragilité d'une des libertés fondatrices de la modernité, historiquement située, louée ou décriée. Préface de Yadh Ben Achour
L'histoire des poches de l'Atlantique reste largement méconnue, fragmentée en de multiples récits locaux décrivant largement les combats et les combattants ou les souffrances des civils, sans analyser les enjeux politiques et militaires, sans présenter l'avant et l'après. Cet ouvrage ne prétend pas à l'exhaustivité, mais revient sur des thématiques méconnues ou des réalités souvent complexes. L'ouvrage s'organise en cinq parties : une première revient sur la constitution et l'histoire de ces fronts en distinguant deux réalités très différentes, les poches bretonnes et celles du sud-ouest.Une seconde partie s'intéresse aux enjeux de ces ports forteresses pour les belligérants, les Allemands et les Français. Les assiégés et les assiégeants sont au coeur de la troisième partie, en posant le regard sur les exemples concrets de Lorient et de Saint-Nazaire, mais également sur les combattants, les FFI, les forces françaises et les troupes de l'Est. La quatrième et la cinquième partie renouvellent l'histoire des poches en abordant des sujets originaux, la Libération et sa planification, l'épuration, la restauration de l'Etat, la reconstruction, en particulier par l'exemple de Saint-Nazaire, puis la mémoire et les commémorations.Cet ouvrage apporte une vision différente et originale de l'histoire singulière de ces poches de l'Atlantique.