Le chercheur et ses doubles est le fruit d'une riche et passionnante table ronde qui s'est déroulée en novembre dernier à Paris. Y ont participé trois artistes reconnus sur la scène internationale, Mathieu Kleyebe Abonnenc, Kapwani Kiwanga et Otobong Nkanga, ainsi que le duo de curateurs, Aliocha Imhoff et Kantuta Quiros (le peuple qui manque), la directrice de la Kadist Art Foundation, Emilie Villez, et les trois historiennes de l'art, Sandra Delacourt, Katia Schneller et Vanessa Théodoropoulou. Cette journée de discussion part d'un constat, celui d'un rapprochement insistant entre la figure de l'artiste et celle du chercheur. Au cours des dernières décennies, les pratiques artistiques engageant - ou mettant en scène - des procédures traditionnellement employées par les chercheurs universitaires ont en effet bénéficié d'une visibilité accrue sur la scène internationale. Or, alors que les accointances entre recherche artistique et académique acquièrent une aura importante, les considérations épistémologiques et politiques qu'elles impliquent occupent encore peu de place au sein des débats théoriques. Considérées de manière générique, ces incursions artistiques sur les terres traditionnelles de la recherche sont souvent indifférenciées (comme l'indique par exemple son amalgame récurent avec la figure de l'"artiste théoricien") et noyées dans un courant insipide faisant des codes de l'autorité intellectuelle un style.
Tandis que le pays s'embrase de colères, Geoffroy, treize ans, vit dans un monde imaginaire qu'il ordonne par chiffres et par couleurs. Sa pureté d'enfant "différent" bouscule les siens : son père, Pierre, incapable de communiquer avec lui et rattrapé par sa propre violence ; sa mère, Louise, qui le protège tout en cherchant éperdument la douceur. Et la jeune Djamila, en butte à la convoitise des hommes, fascinée par sa candeur de petit prince. Fureurs, rêves et désirs s'entrechoquent dans une France révoltée. Et s'il suffisait d'un innocent pour que renaisse l'espoir ? Alors, peut- être, comme l'écrit Aragon, "un jour viendra couleur d'orange... un jour d'épaule nue où les gens s'aimeront" . Lumineuse et vibrante, une grande histoire d'humanité retrouvée. Un conte du temps présent. Ouest-France. Avec ce récit dense et brûlant imprégné des couleurs du drame et de la révolte, Delacourt signe un grand livre de colère, d'amour et de résistance au malheur. Aujourd'hui en France.
« Au recto.Un lac d?un bleu d?encre qui donne envie de s?y baigner.Au verso.À droite, dans la partie réservée au destinataire, il est juste écrit : Papa, et mon adresse.À gauche, trois mots, qui semblent chuter : Viens me chercher. »Je me suis toujours demandé ce que je ferais si quelqu'un attentait à l'un de mes enfants. Quel père alors je serais. Quelle force, quelle faiblesse. Et tandis que je cherchais la réponse, une autre question a surgi : sommes-nous capables de protéger nos fils ?G. D.L?auteur de La Liste de mes envies et d?On ne voyait que le bonheur nous interroge avec force sur notre propre humanité. Un cri de colère, et donc d?amour.Il y a les livres qu?on dévore, et ceux qui vous dévorent, comme Mon père. Le Figaro littéraire.C?est un roman coup de poing, qui prend aux tripes. Un roman qui hurle mais sonde le silence. On ne ressort pas indemne de cette lecture. L?Express.Mon père montre remarquablement les limites de la vengeance. Mais aussi celles du pardon. Lire.Notes Biographiques : Né en 1960 à Valenciennes, Grégoire Delacourt est publicitaire. On lui doit notamment de fameuses campagnes pour Ceur de Lion, EDF, Lutti, Apple ou encore Sephora. Son premier roman, L?Écrivain de la famille, a été récompensé par cinq prix littéraires dont le prix Marcel Pagnol. La Liste de mes envies, best-seller international publié et traduit dans plus de trente pays, a été mis en scène au théâtre en 2013 et a fait l?objet d?une adaptation cinématographique en 2014 avec Mathilde Seigner et Marc Lavoine dans les rôles-titres.
Résumé : Antoine, la quarantaine, est expert en assurances. Depuis longtemps, trop longtemps, il estime, indemnise la vie des autres. Une nuit, il s'intéresse à la sienne, se demande ce qu'elle vaut vraiment. Par une introspection sans concession, il nous entraîne alors au coeur de notre propre humanité, lui qui ne s'est jamais remis de son enfance, ballotté entre faux bonheurs et réelles tragédies. Orchestré en trois mouvements, du nord de la France à la côte ouest du Mexique, On ne voyait que le bonheur explore aussi le pays de l'adolescence. Et montre que le pardon et la rédemption restent possibles en dépit de tout. Ambitieux et maîtrisé. Grégoire Delacourt a fait le voyage au fond de lui-même pour y trouver un trésor, son roman. Bernard Babkine, Marie France. Une jolie réflexion, amère mais lucide, sur la vie. Et notamment la valeur de celle-ci. Florence Pitard, Ouest France. Bouleversant. Valérie Gans, Madame Figaro. Meilleur roman 2014 (Le Parisien /Aujourd'hui en France)
Résumé : Eté 99, dont certains prétendent qu'il est le dernier avant la fin du monde. Sur les longues plages du Touquet, les enfants crient parce que la mer est froide, les mères somnolent au soleil. Et partout, dans les dunes, les bars, les digues, des histoires d'amour qui éclosent. Enivrent. Et griffent. Quatre couples, à l'âge des quatre saisons d'une vie, se rencontrent, se croisent et s'influencent sans le savoir. Ils ont 15, 35, 55 et 75 ans. Ils sont toutes nos histoires d'amour.
Schulman Sarah ; Burtin Zortea Julia ; Gross Josép
Dans cet essai, Sarah Schulman fait le pari de lier les relations intimes, les luttes contemporaines autour du racisme ou du sida et la politique internationale. Elle met en avant la persistance, ici et là, de fallacieuses accusations d'agressions mobilisées pour décliner la responsabilité de chacun dans une situation conflictuelle. Ce travail profond, aussi courageux qu'impertinent, montre comment la sanction et la répression prennent le pas sur l'auto-analyse à l'échelle individuelle et collective, et comment l'altérité sert de justification à la violence et à l'exclusion. En décrivant l'action de "groupes nuisibles" dans les mécanismes de l'engrenage de la violence, Schulman expose la manière dont les groupes affinitaires, les communautés, les familles, ainsi que les groupes religieux, ethniques ou nationaux tissent des liens à travers leur refus, partagé, de changer leur manière de se percevoir mutuellement. Elle montre également comment les comportements dominants et les comportements traumatisés se rapprochent par leur commune incapacité à tolérer les différences des autres. Le Conflit n'est pas une agression est un livre à la fois militant, géopolitique, témoignage historique et essai féministe. Pouvant aussi bien servir de manuel comportemental pour la vie en collectivité que de guide militant permettant de comprendre les grands enjeux sociétaux de ces dernières années, il analyse en détail des événements tels que le conflit israélo-palestinien, Black Lives Matter, ou encore la lutte contre le sida et fait remarquablement écho à des événements antérieurs à sa publication, comme l'affaire Weinstein et le mouvement Me too. Plus largement, cet ouvrage tente d'offrir des solutions à une question complexe : comment désamorcer un conflit ? En distinguant le conflit de l'agression, Sarah Schulman revalorise la notion même de conflit et lui offre une valeur tant ontologique que symbolique. Loin de constituer une agression, celui-ci doit être mis en avant comme une façon d'entamer le dialogue entre les différentes strates constituant la société, en dépit des questions de nationalité, classe sociale, race et/ou genre.