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La Louve baroque
Delacampagne Christian
GRASSET
17,85 €
Épuisé
EAN :9782246007692
Pourquoi ce titre ? Parce que, au centre du livre, se trouve une réflexion sur les rapports de la puissance romaine - que symbolise la Louve - et de l'art baroque dont la floraison, aux alentours de 1630, a si profondément marqué jusqu'au visage actuel de Rome. Rome n'est pas une ville comme les autres, mais sans doute {la} ville par excellence. Elle est bien, en effet, le berceau d'une civilisation - la nôtre. En portant témoignage non seulement le réseau mystique de ses fontaines, de ses églises et de ses obélisques, mais aussi la culture des Romains, toujours vivante, le savoir-faire de ses artisans, la richesse de son cinéma et tant d'autres visages présentés de façon exclusivement concrète : anecdotes, rencontres, promenades ou faits divers... Pourtant, cette civilisation que Rome a modelée pendant plus de deux millénaires s'est aujourd'hui emballée comme un cheval fou : c'est en plein centre de la ville que les "autonomes" défilent, que la police tire, que les terroristes opèrent et que l'on retrouve le corps d'Aldo Moro. Symptômes d'une mutation dans les formes de pouvoir inventées, précisément, à Rome ? Peut-être, mais d'une mutation dans laquelle Rome, aussi, risque de s'engloutir : la vérité de Rome, ne serait-ce pas les ruines ?
Biographie de l'auteur Né en 1949, Christian Delacampagne a consacré l'essentiel de son temps à ses deux passions : écrire et voyager. Il nous emmène ici des collines du Liban aux rizières de la Chine en passant par la montagneuse Arménie, et des jungles de Lanka aux banlieues de Baltimore, de bus en train, en pirogue ou à pied. Auteur de plus de trente livres, il est surtout connu pour ses essais - essais de philosophie politique, essais sur l'art. Ce texte est le premier dans lequel il a laissé remonter - sans s'interdire de franchir, à l'occasion, la frontière du réel et du rêve - des fragments de souvenirs. Autrement dit, une partie de sa vie errante.
L'indifférence serait-elle la chose du monde la mieux partagée ? Le XXe siècle a introduit ce mal absolu qu'est le génocide. Il a aussi inventé une pratique, plus insidieuse, destinée à nous permettre de nous en accommoder : elle consiste à banaliser le mal, en le relativisant ou en galvaudant les mots qui servent à le désigner. Si l'on veut que cesse ce type de massacre, il faut commencer par regarder l'histoire en face. Non, la pratique du génocide n'est pas aussi vieille que le monde. Non, les crimes du communisme ne sont pas équivalents à ceux du nazisme. Non, la démocratie n'est pas une simple variante du totalitarisme. Oui, la vérité est difficile à affronter. Mais il faut essayer.
L'esclavage est la plus monstrueuse de toutes les institutions et, pour cette raison, l'une des moins étudiées. Il n'existait pas, jusqu'à présent, d'ouvrage offrant en langue française une vue d'ensemble de l'esclavage des origines à nos jours : telle est la lacune que ce livre voudrait combler. On y trouvera les principales étapes de son histoire, depuis sa naissance il y a cinq mille ans jusqu'à ses mutations les plus récentes, en passant par le système esclavagiste gréco-romain, ses avatars dans l'Occident médiéval, le trafic atlantique mené par les Européens et les différentes formes de traite conduites par les Arabes. Surtout, on y découvrira que, contrairement à une légende répandue, l'esclavage n'a pas disparu au XIXe siècle. Bien qu'il soit officiellement condamné par les instances internationales, il continue à survivre, aujourd'hui même, dans de nombreux pays du monde, y compris au sein de pays industrialisés qui se veulent démocratiques. Contre ce scandale absolu, contre cette maladie endémique des sociétés humaines, la lutte n'est pas achevée. Ce livre voudrait aussi aider à la poursuivre.
Résumé : Entre Islam et Occident, le conflit existe. Il est profond. Et il n'a pas débuté le 11 septembre 2001 car - sans remonter aux Croisades - il oppose deux civilisations dont les valeurs, depuis des siècles, ne sont guère compatibles. Les orientalistes qui le nient se bercent d'illusions. Les partisans de Huntington, qui croient à la mission salvatrice de l'Occident, font tout autant fausse route. Situation d'autant plus grave que, depuis la guerre des Six jours, le conflit en question a pris une forme aiguë, caractérisée d'abord par l'essor du mouvement islamiste, puis par celle d'un terrorisme international dont Al-Qaïda n'est qu'un relais parmi d'autres. Face à ces dangers (dont l'Europe aujourd'hui s'obstine à ignorer l'ampleur), la seule stratégie réaliste me semble consister, pour l'Occident, à opposer un front uni à l'islamisme, tout en laissant celui-ci faire la dure expérience de la réalité dans les pays qui souhaitent le porter au pouvoir car s'il peut être vaincu, ce ne sera pas par la force des armes ni par celle de la rhétorique, mais seulement par l'usure du temps. Ne nous y trompons pas : cette stratégie sera malaisée à mettre en ?uvre, car elle devra, d'abord, affronter la passion antiaméricaine, antisioniste et tiers-mondiste qui, chez nous, inspire une grande partie de l'opinion actuelle. Autrement dit, cette maladie que Nietzsche, il y a un siècle déjà, baptisait nihilisme - et dans laquelle il percevait, non sans raison, un écho assourdi de l'antisémitisme chrétien. Comme si la vieille Europe, fatiguée d'avoir trop vécu, était désormais proche d'abdiquer les valeurs des lumières sur lesquelles sa propre culture s'était non sans peine édifiée.
Résumé : " Une petite fille nous aborde : Qu'est-ce que vous cherchez ? Elle a un regard joueur et curieux, je lui explique. Ici, il y a des années, sous le régime khmer rouge, c'était un hôpital, et j'ai enterré de très nombreux corps dans des fosses. Puis l'eau a englouti ce lieu, et on a bâti des maisons. Elle joue avec un petit bout de bois, un peu gênée : Je sais. On dort sur les morts. La nuit, parfois, on les entend parler. J'insiste un peu : Mais tu as peur ? Elle sourit : Non, on n'a pas peur, on les connaît. " C'est à un voyage hors du commun que nous convient Rithy Panh et Christophe Bataille, huit ans après leur livre L'élimination - un voyage vers l'enfance et vers les rizières où furent tués, par l'idéologie, la faim et la violence, 1, 8 millions de Cambodgiens. Le grand cinéaste cherche les lieux où furent enterrés les siens : le tombeau de son père, dans la glaise ; la fosse où furent englouties sa mère et ses soeurs. Mais aussi le grand banyan où il s'abrita, désespéré, à treize ans, avec ses boeufs - sur cette colline, les khmers rouges n'osaient pas s'aventurer. Rithy Panh et Christophe Bataille roulent à travers le pays, s'arrêtent, parlent avec les bonzes, questionnent les villageoises âgées, grattent la terre et trouvent des ossement, des tissus ensanglantés. L'oubli guette, et la négation. Et Rithy Panh poursuit son chemin, cherchant la paix avec les morts et tissant un rapport unique avec les vivants, qu'il côtoie, victimes, bourreaux, complices, anciens cadres khmers rouges : le travail de connaissance ne cesse pas, à hauteur d'hommes. D'une conversation écrite avec Noam Chomsky à des échanges avec le père Ponchaud, d'un entretien avec Robert Badinter aux lettres enfantines rangées dans une sacoche de cuir, d'une méditation sur l'idéologie aux visites aux femmes-devins, les auteurs nous offrent un grand livre.
Résumé : Certains auteurs attendent la fin de leurs jours pour revenir sur leurs premiers pas dans l'existence et en littérature. Oscar Coop-Phane n'aura attendu que ses trente ans pour raconter ce qu'est la vie d'un écrivain aujourd'hui. Ce que cet étrange travail représente pour lui de joies comme de sacrifices. Son récit n'est pas linéaire ou chronologique mais éclaté ; Oscar s'y livre par fragments (définition : morceaux cassés d'une chose), dans de courts chapitres aux titres éloquents (P. I : L'encre, La feuille, L'auteur, La fuite, Le titre... P. II : Parler, S'asseoir, Parader, Boire. .). Il mêle ainsi des souvenirs d'âges différents - de son enfance, son adolescence, sa vie d'homme. Le propos peut d'abord sembler trivial ; les bêtises en classe, les copains, sa découverte des filles, de la littérature ; les petits boulots, pion, barman ou dealer, pour vivre et écrire ; les premiers manuscrits, les refus ; puis le succès, soudain, ses livres en librairie ; et les galères encore, le métier d'écrivain, les interviews, les salons, la peur de la précarité. Mais son récit fourmille de détails qui sont autant de clés : une montre Swatch offerte par sa mère qu'elle prétend être un cadeau de son père, alors qu'il vient de quitter leur foyer ; le geste d'un patron de restaurant près de son lycée qui, chaque fois qu'Oscar s'y rend pour déjeuner, lui rend discrètement le billet avec lequel il vient de payer ; le visage d'une jeune fille, un soir, qui comme lui, semble cacher une cicatrice ; le mépris d'un éditeur ou le regard surpris d'un lecteur qui le voit servir derrière un bar alors que son visage est dans le journal. Car les détails révèlent les événements ; une enfance heurtée par les disputes puis le divorce de ses parents ; une vie de débrouilles pour se loger, manger, dès 16 ans ; le souvenir du corps d'un autre en soi, gamin ; la crainte de ne jamais être publié puis de ne pas pouvoir en vivre. Et aussi, la beauté, tant de joies : la liberté, à Paris, Berlin ou Rome ; les vrais amis et la compagnie des auteurs, Bove, Calaferte ou Dabit ; son premier prix, la fierté ; les rencontres de certains lecteurs ; une femme, l'amour, puis une enfant, sa fille. Et l'écriture toujours. C'est une existence courte, mais intense. Une leçon de courage et de style tant l'écriture ciselée d'Oscar Coop-Phane émerveille. D'une grâce et d'une justesse bouleversantes, ce livre aurait pu s'appeler Morceaux cassés d'une vie autant que Lettre à un jeune écrivain. Ou, s'il avait été écrit par un autre, Et tu seras auteur, mon fils.
Résumé : Paru en 1845, Paris anecdote est un livre consacré à la vie quotidienne à Paris, au milieu du XIXe siècle. L'auteur revient sur les métiers les plus insolites de la capitale : du pâtissier ambulant à la femme qui a fait fortune en vendant de la mie de pain récupérée pour les oiseaux, en passant par l'éleveuse de fourmis ou l'exterminateur de chats. Il raconte la vie d'une maison du quartier de Saint-Germain-des-Prés, où logent peintres, poètes, chanteurs, tous pauvres et flamboyants, des princes râpés de la bohème. Il raconte ses nuits dans les plus fameuses tavernes et autres cabarets du quartier des Halles, mille rencontres avec des Parisiens et des banlieusards qui commercent, rêvent, boivent, perpétuant un Paris du Moyen Age depuis bien disparu et qui ont fait de Paris, à jamais, la ville qu'elle est. Industrieux du jour et dériveurs de la nuit, comme ce pair d'Angleterre excentrique et tragique, ou cette tenancière de café gouailleuse, c'est le grand et petit peuple de la capitale du XIXe siècle, pour reprendre l'expression de Walter Benjamin. Un Paris disparu, d'avant les travaux du baron Haussmann, d'un temps où, comme l'écrit Privat d'Anglemont dans ce livre culte et inédit depuis des décennies, " on voulait s'amuser, on ne pensait même qu'à cela ".
Soudainement devenus riches, les Kampf donnent un bal pour se lancer dans le monde. Antoinette, quatorze ans, rêve d'y participer mais se heurte à l'interdiction de sa mère. Plus que le récit d'une vengeance, {le Bal }(1930) compte parmi les chefs-d'oeuvre consacrés à l'enfance.