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69 VIES DE MON PERE
DEGROOTE LUDOVIC
CHAMP VALLON
14,00 €
Épuisé
EAN :9782876734517
C'est un livre sur la façon dont un mort peut continuer à vivre, à l'intérieur de la mémoire et de la langue : c'est un texte qui prolonge la vie des morts et voudrait montrer qu'on n'en a pas fini avec eux tant qu'on est vivant - ici, le mort c'est un père (lui-même fils d'un père mort et père d'une fille morte) et le vivant c'est un fils. On n'en a pas fini avec les morts tant qu'on a de la langue, c'est la seule chose qu'on puisse leur opposer, leur proposer. C'est aussi cette façon que peuvent avoir les autres de nous habiter en même temps qu'ils nous échappent - l'autre ici c'est quelqu'un qu'on aime, et qui nous habite d'une telle manière qu'on ne peut se défaire de lui, qu'il s'incorpore, et que nous nous construisons sur/avec cette disparition. Façon de dire aussi qu'on n'en a pas fini d'aimer. La langue nous permet de construire ce qui n'existe pas - mais ici ce n'est pas le réel, c'est cet espèce d'état vivant qui se poursuit en nous en dépit de la réalité, et qui ne sort jamais, qui ne fait que circuler à l'intérieur, dans l'intimité étroite d'un dialogue qui semble silencieux. On ne sait pas bien ce qui se passe à l'intérieur des autres 69 vies, ça fait penser à ces jeux d'ordinateur où on a plusieurs vies - ici il n'y en a qu'une, et cependant l'écriture du texte en invente une autre, qui n'est pas tout à fait fictive, qui est écrite, et qui voudrait toucher ce qu'elle est au fond : ce serait cela, le champ poétique. Les données objectives : des faits, et tout ce que la mémoire et la langue retravaillent, comme pour bâtir une légende, mais ici c'est une légende à taille humaine, qui n'a pas de valeur d'exemple ni de dimension épique ou héroïque : il s'agit seulement de quelqu'un qui a vécu et qui est mort, et dont la vie n'a d'importance que dans la mesure où elle n'est plus là, en apparence. La variation de l'écriture : c'est la variété d'une vie, et aussi d'une "oeuvre", qui tournent toujours autour des mêmes petites choses, des mêmes encombrements sur quoi chaque fois elles viennent buter. Un récit familial dense, une écriture forte pour tourner autour de la figure absente/présente d'un père. Lyrisme mais aussi humour dans cette élégie aux couleurs flamandes.
La lande ne vit pas, elle est ; peut-être pour ça qu'elle offre cette impression de ne pouvoir qu'être traversée, impression d'avoir laissé une trace de soi dans certains lieux comme si, malgré soi, on pouvait leur donner à être plus, alors qu'il ne s'agit que de nous.
Résumé : La digue, le temps qu'on passe dessus, le long de la mer qui bouge, la lutte pour devenir immobile, la peur de l'être. Dedans la pluie qui mouille montre le corps - tant que ça remue on n'y voit rien.
Un colporteur parti à la recherche d'une enfant mal-aimée parce que " différente ". Un Estaminet de l'Ange qui masque un secret démoniaque. Une chapelle de route qui révèle que les miracles n'ont pas toujours lieu là où on les attend. Un poulbot lillois, enfant des bleuets, qui adopte une grand-mère. Pourquoi une mascarade flamande se mue-t-elle en course contre la mort ? Et si soudain la porte d'un tableau hollandais s'entrouvrait pour vous ôter ces vieux fantômes qui vous empêchent de vivre ? Ancrée dans la terre de ses ancêtres, au fil de ces histoires Annie Degroote nous emmène dans un monde de passions entre imaginaire et sortilèges, au coeur de l'âme flamande.
Dans la barque bleue loin ça ne prend pas on est bien la tête a tout l'horizon pour fixer sa mémoire feu de cuisses au soleil on va bien dans les trous du temps
Volontiers qualifiées de "favorites", de "presque reines" et même parfois de "sultanes", les maîtresses des rois de France sont parmi les femmes les plus célèbres de l'Ancien Régime. Si, depuis le début du XIXe siècle, nombre de biographies et de romans historiques leur furent consacrés, elles rencontrent un accueil plus mitigé auprès des chercheurs. Flavie Leroux vise dans cet ouvrage à dépasser l'anecdote et la "petite histoire", pour proposer une perspective plus large rendre compte du rôle central que les maîtresses ont pu tenir dans la construction de leur propre parcours, dans le devenir de certaines familles et dans le fonctionnement institutionnel de la monarchie. L'enjeu est d'étudier le phénomène de la faveur au féminin en général à l'aide de sources largement inédites. A cet effet, est considérée une période charnière dans l'histoire de France : les règnes de Henri IV (1589-1610) et de Louis XIV (1643-1715), qui marquent l'avènement et l'expansion de la monarchie dite absolue. On retrouvera des figures fameuses, telles Gabrielle d'Estrées, Mme de Montespan ou Mme de Maintenon, mais aussi des maîtresses moins connues, comme Jacqueline de Bueil, Charlotte des Essarts ou encore Marie-Angélique de Fontanges. L'étude ne s'arrête cependant pas aux femmes qui entretiennent une liaison avec le roi. Leurs enfants, leurs parents, les individus et les communautés qu'elles protègent sont également au coeur de la réflexion. Au-delà du portrait factuel, politique, tapageur ou moral, la maîtresse et les siens sont considérés dans leur réalité sociale. Filles, soeurs, tantes, mères, parfois épouses ou veuves, mais aussi dames nobles, femmes d'affaires et protectrices : autant de visages qui montrent la capacité d'action de ces femmes et leur influence dans le devenir de leurs proches, tout en éclairant le fonctionnement du pouvoir royal.
Les débats autour de la désinformation, des fake news et de la post-vérité risquent d'occulter une crise peut-être plus radicale que la crise de la vérité : la destitution de la réalité elle-même. Cette destitution commence avec la volonté prométhéenne de transformer la nature en environnement, et donc de détruire celle-ci. Elle prend bien d'autres formes, hétérogènes et indépendantes les unes des autres en apparence, mais qui en fait conjoignent leurs effets. L'artificialisme, le simulationnisme, le présentisme, le prédictionnisme, le fictionnisme, le négationnisme, le complotisme et le nihilisme sont les huit formes de destitution de la réalité analysées dans cet essai. Comme l'avait vu le psychanalyste Jacques Lacan, c'est la psychose qui guette l'humanité.
Comment conquérir puis gouverner une dizaine de cités, des nobles par milliers et près d'un million de sujets ? En Lombardie, entre 1515 et 1530, François Ier, Francesco II Sforza et Charles Quint ont buté sur la même question. La réponse offrait un prix de taille : une terre riche et peuplée, à la croisée des chemins de la Méditerranée, des Alpes et des plaines du Nord. Si la guerre fut destructrice et indécise, c'est que les autochtones opposèrent aux conquérants des défis à la hauteur d'une culture politique millénaire. Plus le temps passe, plus la Lombardie apparaît comme une des pièces incontournables de la formation de l'Europe moderne, entre exercice de la souveraineté, de la fidélité et de la médiation mais aussi expérience de la violence, de la servitude et de la résistance.
Dans quel régime vivons-nous depuis le printemps 2017 ? La question est légitime tant l'interprétation que fait le nouveau président des institutions de la Ve République vise à renforcer le pouvoir exécutif et le système de l'état d'urgence quasi permanent. En se plaçant au-dessus des partis, Emmanuel Macron abuse d'une formule éprouvée depuis 1790 puis 1793, et lors de chaque crise politique française grave, en 1795, 1799, 1815, 1851, 1940, 1958 et finalement en 2017-2019. Le pouvoir exécutif, en la personne d'un sauveur, tente de supplanter le pouvoir législatif que l'on décrédibilise en exagérant son inefficacité ou son éloignement du peuple, au risque de fragiliser la démocratie représentative. En adoptant la modération, celle du juste milieu, qui est censée réparer les excès des députés, un centre politique, semblable et différent selon les générations, s'invente lors de chaque crise. La saison des tourne-veste répète les mêmes recettes depuis deux cent trente ans, de 1789 à 2019. La vie politique française, malgré ce qu'en dit toute une tradition historiographique, n'est pas bloquée par une lutte handicapante entre droite et gauche, mais par un poison : celui d'un extrême centre, flexible, prétendu modéré mais implacable qui vide de sa substance démocratique la République en la faisant irrémédiablement basculer vers la république autoritaire. Le macronisme n'est pas une Révolution : c'est une vieille histoire.