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Frontière du roman. Le personnage réaliste et ses fictions
Daunais Isabelle
PU VINCENNES
22,00 €
Épuisé
EAN :9782842921255
Son histoire l'a prouvé, le roman tient à deux mondes divergents, qu'il met en lutte autant qu'il les rapproche : celui de la réalité et celui des fictions imaginées par ses personnages. Mais lorsque les rêves des personnages tendent à se confondre avec la réalité, le roman n'atteint-il pas les limites de son action ? De cette frontière témoignent tout particulièrement les oeuvres romanesques du XIXe siècle. De Balzac à Zola, de Flaubert à Proust, le personnage réaliste rêve des fictions toujours plus ténues qui lui font perdre ses contours et vont jusqu'à le rapprocher des figures de plus en plus abstraites exposées par la peinture de la même époque. Parvenu à ce point critique, le roman doit trouver les moyens de se poursuivre : passage fascinant, analysé ici par Isabelle Daunais à la lumière de ce qu'elle appelle une histoire interne du roman. A travers le roman réaliste, c'est ainsi l' " oeuvre " générale du roman qu'elle éclaire sous un angle nouveau.
Résumé : Si le lecteur se pose la question " Est-il je ? ", c'est que le romancier la lui souffle en combinant délibérément deux registres incompatibles : la fiction et l'autobiographie. Il donne au héros des traits d'identité qui lui appartiennent en propre. Il sème le paratexte d'indices contradictoires. Il cultive l'ambivalence des citations, des commentaires et des mises en abyme. Il raconte des souvenirs improbables, tantôt à la première, tantôt à la troisième personne. Il se représente en enfant, en adolescent, en écrivain, en voyageur, en amant, en dépression, au tribunal, au confessionnal ou sur le divan... sans jamais dire qui il est. Cette stratégie de l'ambiguïté est constitutive d'un genre littéraire mal connu qui fut d'abord nommé roman personnel, puis roman autobiographique, avant d'être rebaptisé récemment, et hâtivement, autofiction. On tente ici non seulement d'inventorier les procédés qu'il met en ?uvre mais aussi de retracer son histoire, d'expliquer son infortune critique et de comprendre comment il fonctionne. Avec la conviction qu'il détient une part de notre avenir littéraire.
Loin de chercher à définir ce que serait la beauté d'un roman ou à en fixer les critères, Isabelle Daunais nous invite plutôt à suivre les chemins que cette beauté peut emprunter, les façons qu'elle a eues d'exister ou qu'on a eues de la penser. Il en ressort une lecture nouvelle de la spécificité du roman en tant que genre littéraire et en tant qu'art à part entière. On parle volontiers d'un " bon " roman et l'on sait alors immédiatement à quoi l'on a affaire : une histoire bien menée, bien tournée, remplie d'événements dont les développements retiennent notre attention. En revanche, que veut-on dire exactement quand on parle d'un " beau " roman ? Loin de chercher à définir ce que serait la beauté d'un roman ou à en fixer les critères, Isabelle Daunais nous invite plutôt à suivre les chemins que cette beauté peut emprunter, les façons qu'elle a eues d'exister ou qu'on a eues de la penser. Guidée par la conviction que c'est dans la durée souterraine du roman, de ses personnages et de leur vie que se déploie la beauté romanesque, elle plonge dans de nombreuses oeuvres de la littérature occidentale - de Cervantès à Roberto Bolano, de Balzac à Marie-Claire Blais, de Dostoïevski à Magda Szabó - pour faire émerger les principales incarnations de cette idée. Il en ressort une lecture nouvelle de la spécificité du roman en tant que genre littéraire et en tant qu'art à part entière.