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Dieu a-t-il besoin de l'écrivain ? Péguy, Bernanos, Mauriac
Daudin Claire
CERF
30,00 €
Épuisé
EAN :9782204081351
Péguy, Bernanos, Mauriac ont pris la poussière sous la chape de plâtre dont on les a recouverts. Statufiés, ces auteurs ont vieilli : non pas leurs oeuvres, mais ce que la postérité a fait d'eux en leur réservant des niches dans le grand édifice de la littérature où l'on ne vient guère les déranger. Affubler ces auteurs d'une auréole n'apparaîtra pas d'emblée comme le meilleur moyen de les extirper de la sacristie où leurs effigies se morfondent. Pourquoi ces trois noms, parmi tant d'autres possibles ? Dans la série des écrivains catholiques, on attendrait Bloy, Claudel ou Green. Dans celle des écrivains engagés, d'innombrables comparses mériteraient de prendre rang. Le choix est ici affaire de coeur, rencontre avec des hommes et leurs oeuvres. Péguy, Bernanos, Mauriac : chacun d'eux nous renvoie à une foi personnelle que leur oeuvre atteste sans imprimatur, dans une distance vis-à-vis de l'Eglise institution qui garantit leur liberté de créateurs. Chrétiens, ils le sont, et nous devons les en croire, ces écrivains n'ont rien de commun avec ceux de leurs pairs qui choisirent de s'affilier, à un parti, une idéologie, un dogme. Ils envisagent leur engagement de tout autre façon. Leur existence tout entière, en ses diverses dimensions est orientée vers l'absolu chrétien, tourmentée pas lui. Attelés à faire oeuvre de littérature, ils se doivent de faire droit à l'interrogation profonde sur leur vocation propre : qu'est-ce qu'un manieur de mots dans le dessein de Dieu ? Péguy, Bernanos, Mauriac, ne sont pas ici convoqués pour résoudre un problème de théorie littéraire. C'est bien d'eux que l'on veut parler. De leur cohérence dans les turbulences de l'histoire, les affres de la création, les détresses privées. Etre écrivain ne les exonère pas, ne les dédouane de rien. L'oeuvre s'insère dans le courant d'une existence, l'existence dans une dimension qui l'excède et les réunit tous les trois.
Biographie de l'auteur Claire Daudin est née en 1965. Elle a publié aux Editions du Cerf un essai sur Péguy, Bernanos et Mauriac, Dieu a-t-il besoin de l'écrivain ? Le Sourire est son premier roman.
Tu me l'as dit un jour, sans crier gare. Je ne me souviens pas de tes mots; on allait vers le printemps, il faisait clair dans la pièce au plafond haut. Tu me l'as dit entre deux cours, nous étions seuls dans la salle vide. Tu ne t'es pas attardé, tu me l'as dit comme en passant. Pourtant tu me l'as bien dit, à moi, dans cette salle du lycée où nous étions assis l'un près de l'autre, et je ne t'ai pas répondu. Tu m'as dit que tu étais juif." Mon roman juif, ma romance, ma belle histoire. Celle de deux adolescents qui n'auraient pas dû se rencontrer. Olympe, issue de la vieille chrétienté française; Ariel, survivant qui s'ignore d'un monde anéanti, le shtetl polonais. Chacun est pour l'autre une incitation au départ. Pour l'autre, chacun va quitter la maison de ses pères, "vers un pays que je te montrerai". De la montagne Sainte-Geneviève aux faubourgs de Lublin, des versions latines aux récits hassidiques, Olympe se lance à la poursuite de l'ami énigmatique, le garçon qui marchait trop vite dans les couloirs du lycée. C'est à Moissac qu'Ariel, par un étrange détour, trouvera le secret de ses origines. Sous le regard de Jérémie, le prophète sculpté dans la pierre, les retrouvailles prévues par le Ciel seront-elles célébrées, en dépit des rendez-vous manqués de l'histoire? Récit poétique où s'entrelacent visions oniriques et souvenirs de lectures, Mon roman juif traverse les générations, les frontières, les mondes, pour ouvrir un espace où ce qui était séparé se rejoint, ceux qui étaient perdus se retrouvent et s'unissent "sous le ciel tendu comme un dais".
Résumé : Qui n'a rêvé de traverser le Saint-Laurent à bord d'un beau traversier ? De parcourir l'Amérique sur le pouce ? Ou l'Afrique en car rapide, en vélo poum poum, ou aux côtés d'une mama Benz au volant de sa Mercedes, cela tout en évitant, au passage de la Belgique, les grenailles errantes sur la route ? Qui ne souhaiterait faire une halte, en Suisse, au bar à talons pour faire réparer sa chaussure, avant d'enfiler ses sentimentales toutes pimpantes pour aller ambiancer à l'appel de la SAPE, la Société des ambianceurs et des personnes élégantes ? Ce Nouveau Dictionnaire insolite des mots de la francophonie donne à entendre une langue française souvent délurée et joyeuse, révélatrice des richesses du français parlé hors de France.
Résumé : "Cette littérature a commencé avec la négritude. Des idéologues de chez eux (les Occidentaux), pour justifier l'esclavage et la colonisation, avaient décrété que le nègre n'avait pas d'histoire parce que son histoire n'était pas écrite. Il s'est trouvé des Africains de chez nous pour le désir d'Afrique, qui se sont armés de la plume. Ils ont démontré que l'Afrique, le premier continent de l'humanité, avait ? écrites ou non écrites ? de multiples traces de son passé multimillénaire. Ils (les idéologues de chez eux) avaient arrêté que nous étions sans culture. On leur a répondu que les Africains de la plus longue histoire de l'humanité avaient la culture la plus riche de l'univers [Mongo-Mboussa] rappelle qu'au début nous savions à peine écrire le français, nous étions un tirailleur sénégalais. Puis ce furent des étudiants, la faim au ventre, qui reprirent le flambeau. Et quand ils quittèrent les universités, devinrent des intellectuels, prirent la relève des étudiants, ce fut pour aller à l'exil. C'est l'exil qu'ils ont continué à écrire. [...] M. Mongo-Mboussa a écrit un livre important sur la littérature africaine, un livre important pour l'Afrique." Ahmadou Kourouma On attend de la littérature africaine qu'elle soit à la fois exotique, porteuse d'une certaine oralité et conforme aux canons classiques du marché européen. Cet essai permet de comprendre un des paradoxes qui pèsent sur les auteurs africains.
Entre le monde cristallin de la féerie et les dérèglements de la science-fiction s'étend un territoire brumeux, crépusculaire, aux reliefs dangereux et aux frontières incertaines, où le voyageur risque fort de se perdre... Fondé sur l'irruption du surnaturel dans la réalité, le fantastique manipule, choque, voire terrifie le lecteur à travers un récit tendu, comme une corde raide, vers une issue aux allures de précipice. Contrairement au merveilleux, où le surnaturel va de soi, et à l'étrange, qui s'explique, le texte fantastique reste une énigme. Pour quelles raisons le lecteur cherche-t-il à tout prix à ressentir le frisson de l'effroi ? Doit-on perdre nos repères pour mieux comprendre la réalité qui nous entoure ? Ou s'agit-il d'explorer les zones les plus secrètes de notre inconscient ? Démon, vampire, spectre... Derrière la peur de l'Autre, n'est-ce pas moi, en fin de compte, que je reconnais ?
Résumé : "Leurs yeux se rencontrèrent" : ces scènes de première rencontre qui font la force des grands romans, de Madame Bovary, de La Chartreuse de Parme, surgissent aussi entre les livres et nous. On m'a souvent demandé : "Comment avez-vous connu Proust ? " comme si j'avais pu l'aborder (ce que je n'aurais jamais osé faire), comme si j'avais été un témoin privilégié de sa vie, comme s'il avait été un de ces amis dont on écrit l'histoire. Ami, on l'est sans doute plus quand on ne connaît que l'oeuvre que lorsqu'on ne connaît que l'homme. Ce recueil rassemble dix ans de critique proustienne. Le hasard des commandes, ou des envies, dessine "à l'horizon peut-être, une constellation". C'est l'occasion de développer des thèmes, de Pompéi aux jardins, des contemporains à peine entrevus, Romain Rolland, une voisine du boulevard Haussmann, un prince monégasque, de reparler des personnages du roman. Des promenades, des variations, des découvertes : une photo inconnue et qui bouleverse notre connaissance de la biographie, une lettre inédite et mystérieuse. Le premier volume du cycle de "La Petite Histoire" de Lenotre, passion de mon enfance, portait le titre de Napoléon : Croquis de l'épopée. C'est ce que je propose ici, au sujet de Proust, parce que l'écriture de la Recherche et le livre lui-même en furent bien une : des croquis de l'épopée.