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Manet
Darragon Eric
CITADELLES
205,50 €
Épuisé
EAN :9782850881015
Depuis une certaine année 1863, où Le Déjeuner sur l'herbe fut le scandale majeur du salon des Refusés, le nom de Manet se retrouva propulsé au premier plan, et l'acte de naissance de la modernité était officiellement signé. Si Manet reste toujours l'un des plus grands noms de l'art français, il était temps de présenter de manière approfondie son oeuvre et son apport à l'art du XIXe siècle. Les grandes synthèses sont désormais anciennes ; à partir des catalogues raisonnés, les spécialistes ont multiplié les recherches, sous forme d'essais, d'articles ou de catalogues d'exposition. En une vingtaine d'années, la connaissance de Manet a profondément évolué, appelant une nouvelle lecture. Eric Darragon montre, à l'aide de nombreuses citations de textes inédits, comment l'auteur d'Olympia organisa sa vie de peintre comme un combat pour imposer au Salon un art qui implique une relation nouvelle avec la tradition. Une étude attentive de la plus virulente polémique de l'histoire de l'art moderne en révèle les enjeux. Du Fifre au Bar aux Folies-Bergère, l'iconographie réunie dans ce livre donne à voir la profonde originalité d'une oeuvre qui demeure inclassable, entre réalisme et impressionnisme. Manet n'avait-il pas choisi pour devise : "Faire vrai, laisser dire "? Aujourd'hui, plus d'un siècle après sa mort, son oeuvre conserve un intérêt majeur, car elle sollicite toujours l'émotion et le jugement de chacun.
J'emploie le mot "toucher" par rapport aux notions de "dedans" et de "dehors" et dans le sens où l'emploie Molière. Je voudrais toucher la peinture comme la peinture vous touche. "La toucher", je le dis comme on aime une femme. ? " Lire Leroy c'est d'abord l'entendre reprendre sans fin le récit d'une vie qui recommence pour ainsi dire avec chaque tableau, chaque interlocuteur, chaque souvenir, presque avec chaque mot prononcé. Une vie qui ne sera jamais compatible avec une biographie en bonne et due forme parce qu'elle est faite d'affects et d'émotions qui mêlent intimement le passé au présent. On ne peut parler de Leroy sans avoir à l'esprit les indications qu'il délivre dans un savant désordre, un ordre rebelle à tout programme et qui ne vaut que pour lui. Des déclarations souvent provocantes, non dénuées d'espièglerie, d'une humilité à la Rouault où s'exprime parfois par bouffées une émotion profonde liée au souvenir de personnes qui lui furent chères ou à l'urgence de ce qu'il ne peut exprimer. Leroy, quand il renonce à des développements où parfois il se perd tant ils éveillent contradiction et révolte, sait voir et faire voir avec intensité parce qu'il sait recevoir et donner. Il nous invite surtout, sans les contredire pour autant, à donner un sens plus précis à des termes qui viennent spontanément pour évoquer ses toiles, l'épaisseur, la lourdeur, l'accumulation - il préfère nous parler d'une "? respiration lumineuse ? ". Sa peinture serait donc cette langue de la réalité intérieure que l'on entend sans pouvoir la traduire, que l'on ressent sans pouvoir la définir, que l'on voit sans pouvoir la décrire. Une bonne partie de ses déclarations visent à récuser les termes critiques en usage qui concernent le style, la forme, le sujet et plus encore les notions auxquelles il a pu donner l'apparence d'une caution, la sensualité flamande d'un homme du Nord en particulier qui n'est pas ce que l'on croit. Avec vivacité, impatience, il corrige et il se corrige, cherchant à dire ce qui ne peut pas être dit et qui est pourtant là, à portée du regard. Difficile de ne pas voir en lui quelqu'un qui récuse sans façons la culture dominante de son temps, celle des sciences humaines. Celle qui a mis en cause la peinture et veut établir pour toutes choses une grille d'analyse et l'empire du concept. Sa vie est ailleurs, avec Montaigne, Rabelais, Rimbaud, avec Proust et Joyce, avec Villon ou Virgile plus encore que Platon, avec Thomas Bernhard, Molière et Shakespeare plus encore que Samuel Beckett.
Depuis son renouvellement en Angleterre, grâce à William Morris et aux créateurs du mouvement Arts and Crafts, jusqu'à l'émergence de l'Art nouveau en Europe continentale, le papier peint fut le lieu de toutes les attentions sur les scènes artistiques européennes. Dans le même temps, les fabricants et les dessinateurs spécialisés qu'ils sollicitaient adoptèrent progressivement une esthétique inspirée par l'Art nouveau, jusqu'à ce que ces motifs constituent une part majoritaire des collections commercialisées à partir de 1900. Grâce à une investigation menée au sein de milliers de modèles de l'industrie du papier peint, Jérémie Cerman aborde dans cet ouvrage de nombreux aspects du phénomène : l'activité des manufactures, les pratiques des ateliers de dessin industriel, le contexte de mise en vente de ces produits... Il montre notamment comment ces articles bon marché détenaient le potentiel d'une diffusion massive du goût moderne dans les intérieurs de la Belle Epoque : grâce à eux, cette esthétique vint agrémenter le quotidien de toutes les catégories de la population. D'un style bien marqué par la modernité ou d'un goût parfois plus consensuel, les papiers peints répondirent dans une certaine mesure aux idéaux sociaux de l'Art nouveau.
Dans la vie d'un bouquet de fleurs, il y a parfois un photographe. Et dans la vie d'un photographe, il y a parfois des fleurs. C'est ce qui est arrivé à Benjamin Katz et peut-être que ça ne devait arriver qu'à lui. Il a fait des portraits d'artistes toute sa vie. Des milliers de portraits, pas des milliers d'artistes mais quand même quelques dizaines. Inutile de rappeler tous leurs noms. Plus nombreux en tout cas qu'on ne pourrait le penser. Il les découvrait avant tout le monde. Après toutes ces années à être là, après toutes ces uvres qu'il a fait voir, qu'il a été parfois le premier à voir, le premier à avoir, le premier à faire voir, maintenant, il sort de chez lui, disons le matin, quand c'est le jour d'acheter un bouquet de fleurs au marché. Ce bouquet du jour, facile à trouver, il le monte chez lui dans ses étages, l'installe dans un vase, le fait poser dans son univers à la même place, sur le four de la cuisinière et il prend une photo.
Résumé : Edouard Manet (1832-1883) est certainement l'un des peintres les plus revendiqués par une histoire de l'art moderne qui passe par Picasso, Warhol ou De Kooning. La connaissance de son oeuvre s'est considérablement modifiée dans les vingt dernières années et l'exposition du Centenaire, en 1983, a pu démontrer l'enjeu des critiques contemporaines, les plus vives qu'un artiste ait connues de son vivant. La vie de Manet est une vie de travail rythmée en priorité par l'échéance du Salon Officiel, également une vie de bourgeois parisien participant à l'actualité de son époque sous ses aspects les plus graves et les plus futiles. Manet, que tout le monde s'accordait à trouver charmant, fut aussi en mesure de dialoguer avec les plus grands : Baudelaire et Mallarmé, que nul n'a mieux compris, Banville, Charles Cros, Zola, Chabrier, Degas, Monet, Fantin, Berthe Morisot, et bien d'autres. Dans cette position centrale qu'il n'a jamais remise en cause, Manet a voulu rétablir un lien vivant avec la tradition classique, Vélasquez, Raphaël, Giorgione, Rubens, Goya, de façon à ouvrir son réalisme foncier à une capacité expressive profondément neuve. Rapportée à son temps et à son oeuvre, la vie de Manet nous conduit vers cette forme intelligible qu'il a voulu donner et faire voir, la peinture. Eric Darragon, professeur d'histoire de l'art contemporain à l'Université de Tours, est l'auteur de plusieurs études sur le Maniérisme italien ainsi que sur des problèmes d'analyse de la peinture réaliste et impressionniste. Son activité concerne également l'évolution récente de l'art contemporain.
Historienne de l'art et conservateur général du Patrimoine, Geneviève Bresc-Bautier a été directrice du département des Sculptures du musée du Louvre. Initiatrice au musée de la section "Histoire du Louvre", elle a écrit plusieurs publications sur le sujet, dont Mémoires du Louvre (Gallimard,1989), Le Louvre, une histoire de palais (Musée du Louvre éditions/Somogy, 2008) et a contribué à L'Histoire du Louvre (Musée du Louvre éditions/Fayard, 2016).
Des catacombes de Priscilla à Rome aux photographes Piere et Gilles en passant par les icônes byzantines, les reliquaires médiévaux et les artistes de la Renaissance, la représentation de la Vierge à l'Enfant est l'un des sujets les plus traités dans l'art occidental. Pourquoi tant d'images ? Pourquoi tant de visages prêtés à celui de la Vierge ? Et qu'est-ce qui nous émeut en elle, nous touche au plus profond de nous-mêmes ? Au travers des images de dévotion publique et privée, ce sont celles, idéales, de l'amour maternel, inconditionnel, divin, l'amour agape, qui parle à notre désir d'être aimé infiniment, absolument. La permanence et la richesse à travers les siècles, de ces figures la Vierge à l'Enfant, leur permettent de retracer une histoire de l'art, des idées et de la pensée chrétienne. L'auteur décrypte l'archétype et la prodigieuse floraison des symboles qui les accompagne, tout en évoquant la dialectique du sacré et du profane, du visible et de l'invisible. Au fil des pages, les créations reproduites - qu'il s'agisse de chefs-d'oeuvre ou de scènes de genre méconnues - évoquent la diversité de traitement qu'a pu susciter cette figure maternelle intemporelle.
Les historiens de l'art ont l'habitude d'utiliser l'expression de "siècle d'or hollandais" (gouden eeuw) pour qualifier la civilisation néerlandaise du XVIIe siècle et, plus spécifiquement encore, l'art de cette période. Ce livre entend repenser cette notion en proposant d'analyser la manière dont elle a été définie, pensée et décrite au XVIIe siècle, par les Hollandais eux-mêmes, comme par leurs contemporains. Cet "âge d'or" est un moment historique marqué par de profonds bouleversements : alors que les guerres et les rivalités politiques traversent le siècle, la dissipation des tensions religieuses en fait une terre d'accueil et de tolérance ; les Provinces-Unies assoient fermement leur hégémonie économique et commerciale, fondée notamment sur les échanges coloniaux. Savants, poètes, philosophes et artistes forgent, chacun à leur manière, les représentations naturalistes ou idéalisées de ces transformations. Appréhender la société néerlandaise du XVIIe siècle à travers la grande variété de leurs créations rend compte de l'identité plurielle d'une nation en devenir. Tout en suivant le fil chronologique de l'histoire, des débuts de la guerre de Quatre-Vingts Ans jusqu'aux premières années du XVIIIe siècle, les principales théories et pratiques artistiques du siècle d'or sont ici exposées, sans tenter de reconstruire a posteriori une unité factice. Des oeuvres de Paul Bril à Adriaen Coorte en passant par Aelbert Cuyp, Gerard Dou, Gerard van Honthorst, Samuel van Hoogstraten, Gabriel Metsu..., sans oublier les incontournables Rembrandt, Vermeer et Hals, plus de 350 artistes et près de 600 oeuvres commentées accompagnent cette synthèse érudite et accessible, qui offre un éclairage renouvelé sur cette période phare de l'histoire de l'art.
Les villas romaines stupéfient toujours les visiteurs par le caractère grandiose de leur architecture et par la somptuosité de leur décoration. Grâce à ce livre, nous allons visiter 28 parmi les plus belles d'entre elles qui possèdent de superbes fresques de l'époque romaine. Ce livre sur les fresques de l'Antiquité étudie la fonction de base de cet art : agrandir les espaces intérieurs des villas, à un degré extravagant, en y faisant entrer les vastes paysages qui les environnaient. Cette fonction répondait aux souhaits des commanditaires, mais était également un parfait reflet de la vision des artistes. Les peintres de l'Ancienne Rome ont été surtout attirés par l'espace, qu'ils pouvaient prolonger, au moyen de trompe-1'?i1, de façades de marbre splendides, de portiques et de balustrades. Au sein d'un cadre architecturé, ils ont donné vie à leurs paysages en y introduisant des hommes, des animaux, ainsi que des figures mythologiques. L'originalité de la peinture romaine se comprend seulement en notant son rapport étroit avec l'architecture, enrichissant considérablement l'art de peindre grâce à la perspective, imaginaire et symbolique, de l'espace infini. Les plus grands ensembles de fresques romaines sont ici présentés : à Pompéi, la villa des Mystères, la maison du Labyrinthe, la maison des Vettii ou la maison du Poète tragique ; à Rome, la Domus Aurea de Néron, la maison aux Griffons, la maison de Livie, ou les thermes de Trajan ; mais également des sites très proches Oplontis, Boscoreale, Herculanum... De plus, les nombreux détails (souvent en taille réelle) accentuent l'impression du lecteur : il peut presque toucher les fresques, comme s'il était sur place, à Rome, à Pompéi ou à Herculanum. Ce livre propose d'aller au-delà d'une lecture traditionnelle : il fournit une sensation magique et tactile grâce au nouveau papier utilisé pour reproduire ces chefs-d'?uvre !