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Le Mythe de la procréation à l'âge baroque
Darmon Pierre
PAUVERT
26,95 €
Épuisé
EAN :9782720200724
L'exemple de quelques thèses soutenues devant la Faculté de Médecine de Paris est significatif : - Si le sommeil favorise plutôt la conception des mâles ? Réponse affirmative (1554). - Si la femme contribue comme l'homme à la génération ? affirmatif (1584). - Si les petites femmes sont plus fécondes que les grandes ? affirmatif (1631). - Si le dixième mois est le terme natal pour les héros ? affirmatif (1643). - Si une femme presqu'homme (sic) produit un foetus faible ? affirmatif (1688). - Si dans la conception la semence de l'homme se mêle avec le sang de la femme ? affirmatif (1713). - Si plus une femme est lascive plus elle est féconde ? Négatif (1720). Ne rions pas. Pour nos grands-parents, une question dramatique se pose : les secrets de la génération ne sont-ils pas de ceux que l'homme ne percera jamais ? N'est-il pas vain de se pencher sur un problème qui s'apparente au fond à celui de la mort ? La génération est-elle un secret de nature ? C'est le thème d'une thèse soutenue en 1762 par Charles Salin. La réponse est affirmative. C'est un sentiment largement répandu à l'époque. On le retrouve jusque chez Voltaire et dans l'Encyclopédie. La réaction la plus inattendue face à cet échec, la plus intéressante aussi, est la prétention de transcender la procréation. On n'est pas sûr de la façon dont se forme le foetus, mais on pense savoir faire à volonté des filles ou des garçons, on a étudié les effets de l'imagination de la mère sur le foetus, etc. On pourrait croire que l'art des accouchements, en raison de ses aspects pratiques, se situe en dehors du baroque. Il n'en est rien. Superstitions, tabous, préjugés, mythes, encombrent l'obstétrique, aussi bien que la métaphysique. En fait, la procréation reste le domaine des visionnaires romantiques et mystiques. Rêve et poésie s'y confondent en une sorte de féerie baroque d'où se dégage une beauté étrange et fascinante. Lorsqu'on découvre, vers la fin du 19e siècle, que tout être humain provient de la fusion des noyaux respectifs de deux cellules mâle et femelle, la génération, en perdant un peu de son mystère, perd aussi peut-être beaucoup de son charme.
En marge d'une littérature classique et d'une philosophie des Lumières à son apogée, les 17e et 18e siècles cachent des obsessions pétries de haine et de peur. C'est l'âge d'or des grands misogynes, laïques ou ecclésiastiques, qui ne s'embarrassent guère d'états d'âme. La femme serait un "animal" hideux et malfaisant capable de provoquer la perte de l'homme par la magie de son seul regard. Tous les moyens seront bons pour la brider. Ces phobies ont inspiré un discours et des pastorales de la haine d'une truculence parfois pathétique. Ils perdurent jusqu'au 20e siècle à travers les mises en garde de certains religieux traditionalistes et connaissent, aujourd'hui même, un spectaculaire renouveau avec l'essor de l'islamisme. Or, dès le 16e siècle, des féministes, hommes et femmes confondus, déclenchent la "guerre des sexes" en exaltant la perfection des femmes ou en les sublimant à travers des textes peu connus ou inconnus pour la plupart. Ce livre, qui en donne de nombreux extraits, éclaire d'un jour nouveau les figures de Marguerite de Navarre, Louise Labé, Madame de Lafayette, Olympe de Gouges, Condorcet qui se battent sous les étendards du féminisme aux côtés d'auteur(e)s qui, pour être moins connu(e)s, n'en donnent pas moins du fil à retordre aux misogynes de stricte obédience. Au 19e siècle, la bonne "gestion" bourgeoise de la femme impose un féminisme paternaliste et rationaliste qui encense la femme pour la mieux soumettre. Toujours d'actualité, ce nouvel ordre a sa Bible : le Code civil.
Cette édition d' " Impressions d'Afrique " propose de rendre compte des nombreux états du manuscrit : d'où l'abondance de variantes et surtout de fragments inédits, parfois longs, qui renouvellent totalement la connaissance de ce roman. Ces inédits permettent de comprendre la singularité d'un livre qui révèle autant la vision imaginaire d'un continent qu'un continent de l'imaginaire. Avant les surréalistes, Apollinaire, Duchamp, Picabia ont reconnu immédiatement l'importance décisive, lors des représentations, de la version théâtrale d'" Impressions d'Afrique ", montée en 1912 par Roussel lui-même. Évoquant " Impressions d'Afrique ", Robert de Montesquiou parlait d'un " ensemble scientifique, musical et abracadabrant. " Et nul doute, en effet, que ce livre recèle parmi les pages les plus poétiques et les plus déconcertantes à la fois que Raymond Roussel ait écrites. Voilà le lecteur embarqué dans une Afrique de fantasmagorie, à travers la représentation d'un sacre et l'histoire d'un théâtre perdu qui prend les dimensions du continent noir pour devenir le plus éblouissant music-hall des profondeurs.
Driss est informaticien; Leila, passionnée par l'extinction des hommes de Néanderthal, est préhistorienne. Ils ont un fils, Medhi, qu'ils appellent Petit Loup. En se rendant dans sa famille en Kabylie, Leila est assassinée par des terroristes islamistes. Le fils survit. Au désespoir, Driss émigre à Los Angeles, où il trouve un emploi précaire, chez Promolab, une entreprise pilote pour la recherche biotechnologique. Petit Loup est un enfant surdoué qui bégaie et souffre beaucoup. Un accident quasi mortel se produit - le cerveau de l'enfant est gravement endommagé. Promolab propose une greffe sensationnelle. Des cellules souches. L'opération échoue à cause d'un tremblement de terre. Mais les embryons sont là. Lily, une femme russe, offre au père son amour et sa matrice. Un bébé pourrait naître. Un bébé cloné? Roman d'amour infini, roman "scientifiquement informé", roman métaphysique, Ce jour viendra bouscule toutes nos certitudes devant les choix impossibles de l'existence. Habité par des personnages aux émotions déchirantes, tragiques, le livre entreprend, dans la tradition des grandes causes chères à Anouar Benmalek, un questionnement dont la portée universelle renvoie aux incertitudes de notre temps