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Le tournant de la rigueur
Dargent Milan
LE DILETTANTE
16,00 €
Épuisé
EAN :9782842637637
Bien que le mois de janvier 1983 ait été particulièrement doux, ce soir-là les courants d'air provoquaient d'irrépressibles frissons qui vous glaçaient le sang. Ça caillait, dans les coulisses du Théâtre du VIIIe. Les trois garçons dont on distinguait les maigres silhouettes recroquevillées sur un banc, tout près du rideau de scène, semblaient aussi frigorifiés que des compagnons de cordée attendant la fin d'une tempête sur le versant nord de l'Annapurna. Ils claquaient des dents. Leurs mâchoires inférieures venaient cogner, par saccades, contre leurs mâchoires supérieures, avec un bruit de fusil-mitrailleur en action. Mais le froid n'était rien à côté de la peur qui leur nouait l'estomac, peur d'autant plus terrible qu'elle n'était due ni à la vision d'un aileron de requin blanc lors d'une baignade en haute mer, ni à la poignée de main surprise d'un zombie dans le tunnel du train fantôme, mais à la perspective imminente de se produire sur une scène, pour y jouer quatre toutes petites chansons, et ceci de plein gré. Personne, en effet, n'avait obligé ces jeunes gens à ouvrir le festival des Nuits Jaunes; ils auraient même payé pour ça, avant que le moment fatidique n'advienne, moment où ils auraient de nouveau payé, mais pour partir. C'est mauvais signe, paraît-il, de ne pas avoir le trac avant de monter sur les planches. Si l'on avait pu mesurer le niveau de leur trac, on aurait alors constaté que les bons signes s'accumulaient pour les Futuristes, étoiles montantes du rock français.Un pompier jetait de temps à autre un oeil inquiet sur les trois musiciens, prêt à intervenir au cas où. Il s'en fallait de peu pour qu'à leur intempestif claquement de dents ne vînt s'ajouter un flot de larmes du meilleur effet, leur garantissant la palme des pires mauviettes de la scène rock hexagonale. Une entrée en scène en pleurs n'aurait pas manqué d'attiser la curiosité du public, remarquez, mais Heroin, la chanson de Lou Reed qu'ils avaient choisie pour ouvrir le spectacle, ne se prêtait pas vraiment à une interprétation si sentimentale. Heroin est une chanson sèche, tranchante, brutale, en un mot rock. Les Futuristes étaient rock, 100 % rock. Ce qui se faisait de plus rock sur la place de Lyon - sur la presqu'île en tout cas, entre Perrache et les Terreaux. Sec, tranchant, brutal, tel se voulait un groupe aux dents longues qui s'était promis, ce soir, de «casser la baraque». Ça, c'était le plan de base, mais restait désormais à affronter l'inéluctable réalité d'un compte à rebours qui allait bientôt jeter trois innocents dans l'arène, livrés à la curiosité de plus de mille personnes, du Tout-Lyon branché et de quelques critiques éminents comme le fameux Franck Prévost, descendu de Paris pour couvrir l'événement. Un mot de Franck Prévost dans la chronique «French Cancan» suffisait à changer votre destinée... Il y avait du challenge dans l'air, les Futuristes jouaient gros.
Résumé : " Grave ! ", " genre ", " trop pas "... Rapide, stylé, crypté, le langage adolescent construit de nouveaux codes, loin de la dépendance à l'égard des adultes, et en premier lieu des parents. Pour cette raison, l'adolescence résiste à tout ce qui pourrait l'enfermer : ce livre, loin de la figer en 100 définitions, invite plutôt le lecteur à naviguer et à dériver sur les mers parfois troubles, souvent agitées, du " seul temps où l'on ait appris quelque chose " (Proust), entre les moments d'angoisse et l'exaltation de la fête, des fous rires partagés aux moments de spleen plus secrets, des heures passées dans la salle de bains aux longues rêveries, du premier rouge à lèvres au premier porno. Au fil d'un vocabulaire qui traverse les frontières, sociales ou géographiques, mais aussi à partir de mots qui disent le mieux l'âge tendre (amour/passion, chagrin, flemme, idéaux, orientation...), quinze auteurs donnent des clés aux parents ? et des repères aux ados ! ? pour comprendre les questions, très sérieuses, qu'on se pose quand on a dix-sept ans.
Ou il est question de Rintintin, de Rahan, de Saturnin, des cadeaux Bonux, des Glup's distribués à la station-service, de Pif Gadget, des Dossiers de l'écran, des cols roulés qui grattent... Pour se souvenir de ses "paradis perdus", Milan Dargent a choisi la formule de l'abécédaire et dresse un inventaire tendre et drôle d'une enfance dans la France des années 60-70.
Résumé : Agatha vit seule avec sa mère depuis la mort de son père. Elle s'ennuie. Alors elle lit. Tout ce qui lui tombe sous la main. Surtout des romans policiers. Elle lit, et elle imagine des histoires de meurtre et de disparition. Livre après livre, rêve après rêve, elle grandit. Paris, l'Egypte : Agatha brûle de voir le monde. Elle a soif de goûter à tout ce que la vie peut lui offrir. Plus tard, Agatha Miller prendra sa plume pour écrire. Son premier roman policier sera signé Agatha Christie.
La plupart des poèmes que propose La Paix des jardins ont été écrits à deux époques : les années 1920 puis les années 1950. Dans la première (il a une vingtaine d'années), ce sont des sortes de romances, où la mélancolie se marie au cocasse et engendre une tonalité particulière, manifestant des parentés avec celles de Toulet, Levet, Laforgue ou Kipling, et où apparaît déjà tout le bric-à-brac imaginaire propre à l'auteur. Les poèmes de la fin (dont celui qui donne le titre au recueil) sont souvent plus graves, et peut-être plus beaux. "Tout va, tout vient, chante et s'envole Comme le baladin, Les jours, les mois, ton coeur frivole, Ton jupon blanc, ta tête folle, Et la paix des jardins."
A quoi ressemblait le modèle de la duchesse de Guermantes ? Colette a-t-elle eu de mauvais exemples à la maison ? Peut-on compter sur un festival de poésie pour redynamiser une région ravagée par le chômage ? Est-il encore possible d'enseigner Racine après la vague Mitou ? Madame Rolland était-elle la dernière des lyriques ? Peut-on boire et conduire jusqu'à Lépanges-sur-Vologne ? A toutes ces questions brûlantes et à d'autres encore que vous ne vous étiez jamais posées, Des écrivains imaginés apporte une réponse. Les écrivains qu'avec malice a imaginés Cécile Villaumé, de Charles d'Orléans l'incarcéré rechignant à financer le trousseau de Jeanne d'Arc à lady Marguerite D., la matriarche pérorante des Lettres françaises humant comme une pythie le mystère de l'affaire Gregory, sont appréhendés selon un angle d'attaque insolite. Détricotant toutes les hiérarchies, usant en virtuose d'un irrespect salubre et d'une revigorante causticité, Cécile Villaumé, inversant toutes les perspectives, invente là une nouvelle manière de faire l'histoire littéraire, celle qui invente, ni gros, ni petit, le troisième bout de lorgnette, celui de l'humour, le troisième oeil, le bon.
Le pseudonyme Valet : je l'ai choisi pour ce qu'il signifie, je ne suis pas libre d'écrire ce que j'écris : la pensée va au-delà de la parole et, pour exprimer ma pensée, il faut que je la soumette aux lois de la parole. Je suis donc le valet de la parole, la valet de la poésie." Paul Valet, entretien avec Madeleine Chapsal, L'Express, 15 août 1963.
Lors de ses marches, il honnissait les clôtures, les murs d'enceinte, les grillages et autres abus de propriété - "à moi, ça !". Il traversait un monde de parcelles, hypercadastré, planté de poteaux aux quatre coins comme des sceptres de propriétaires terriens. (...) Il avait pris rendez-vous à la clinique sous le nom de Bertrand Minus. Ca lui était venu tout seul au téléphone, il n'avait rien préparé, par association d'idées sans doute - micropuce, Minus - le 16, à 15 heures, ça vous convient, monsieur Minus ? L'idée de se trimballer avec un traceur dans le corps ne lui plaisait aucunement, mais ça faisait partie des quelques concessions nécessaires pour avoir la paix". Bertrand Le Marec, unique héritier de la première fortune de France, consacre tout son temps à la marche à pied, loin des affaires. Il est assisté de Martial, ancien infirmier militaire et ex-taulard, qui s'occupe avec soin de la logistique. D'une randonnée à l'autre, les deux compères vont d'hôtel en maison d'hôtes, parcourant ainsi campagnes, vallons et bords de mer sur plusieurs centaines de kilomètres. Tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes, mais nous ne sommes pas dans le meilleur des mondes.
Résumé : A Pointe-Noire, dans le quartier Voungou, la vie suit son cours. Autour de la parcelle familiale où il habite avec Maman Pauline et Papa Roger, le jeune collégien Michel a une réputation de rêveur. Mais les tracas du quotidien (argent égaré, retards et distractions, humeur variable des parents, mesquineries des voisins) vont bientôt être emportés par le vent de l'Histoire. En ce mois de mars 1977 qui devrait marquer l'arrivée de la petite saison des pluies, le camarade président Marien Ngouabi est brutalement assassiné à Brazzaville. Et cela ne sera pas sans conséquences pour le jeune Michel, qui fera alors, entre autres, l'apprentissage du mensonge. Partant d'un univers familial, Alain Mabanckou élargit vite le cercle et nous fait entrer dans la grande fresque du colonialisme, de la décolonisation et des impasses du continent africain, dont le Congo est ici la métaphore puissante et douloureuse. Mêlant l'intimisme et la tragédie politique, il explore les nuances de l'âme humaine à travers le regard naïf d'un adolescent qui, d'un coup, apprend la vie et son prix.
Résumé : " Vous vous demandez sans doute ce que je fais dans la chambre de ma mère. Moi, le professeur de lettres de l'Université catholique de Louvain. Qui n'a jamais trouvé à se marier. Attendant, un livre à la main, le réveil possible de sa génitrice. Une maman fatiguée, lassée, ravinée par la vie et ses aléas. La Peau de chagrin, de Balzac, c'est le titre de cet ouvrage. Une édition ancienne, usée jusqu'à en effacer l'encre par endroits. Ma mère ne sait pas lire. Elle aurait pu porter son intérêt sur des centaines de milliers d'autres ouvrages. Alors pourquoi celui-là ? Je ne sais pas. Je n'ai jamais su. Elle ne le sait pas elle-même. Mais c'est bien celui-ci dont elle me demande la lecture à chaque moment de la journée où elle se sent disponible, où elle a besoin d'être apaisée, où elle a envie tout simplement de profiter un peu de la vie. Et de son fils. "
Résumé : A Vitry-sur-Seine, Sihem, jeune franco-algérienne de 23 ans, fait sa rentrée en première au microlycée, un établissement pour élèves décrocheurs. Elle loge à la résidence autonomie Auguste Blanqui, où elle fait la connaissance d'Emile, dit Zapata, un vieux révolutionnaire de 82 ans. Sihem ne croit pas en une société qui, pense-t-elle, ne lui offre pas d'avenir. Zapata cherche un sens à sa vie qui s'achève. Hélène, la professeure de français de Sihem, et Rose, la directrice de la résidence, sont les témoins complices de l'amitié naissante entre ces deux écorchés. A l'aube et au crépuscule de leur chemin, ils prendront ensemble leur envol. Sur l'autre rive de la Méditerranée, en Algérie, Achir rêve lui aussi de changement et de liberté... Un premier roman lumineux.