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Des achevés
Danton Michel
TEMPS IL FAIT
20,00 €
Épuisé
EAN :9782868537027
Allègre chevauchée, joie enfantine de bousculer un commun mystère, de rejouer la scène d'un péché originel. Je file à la toute fin, à la dernière page en grillant les étapes, j'escamote les conventions, l'ordre des pages, des chapitres, je vais au-delà. Transgression bénigne, gourmandise dont je m'absous sans état d'âme car ce survol ne se fait jamais sans étapes fugaces et les quelques lignes surprises à la dérobée, si elles ne me retiennent pas immédiatement, suffiront parfois à déclencher la décision d'une lecture différée. Alors, garnement gourmand, Adam sapajou, je vais cueillir une pomme brillant pour moi seul, la déguster en solitaire au fond d'un livre que l'on nomme aussi parfois, en ne croyant pas si bien dire, un volume - toujours assez grand pour m'offrir l'hospitalité. Campé là, je grignote des yeux le fruit, la pomme (qui ne se voit guère mais pas invisible pour autant...), récompense coupable d'une curiosité sans fin ni but, gratuite... Jubilation d'un amateur de légers, très légers vertiges, je lis l'achevé d'imprimer. De livres déjà connus - ou à découvrir".
Orvil a quinze ans. Sa mère est morte depuis quelques années, son père vit aux colonies où il a fait fortune, et Orvil, tout comme ses deux frères avant lui, fréquente les meilleures écoles d?Angleterre. Cet été-là (nous sommes dans les années trente), ils se sont tous donné rendez-vous dans un hôtel élégant des bords de la Tamise où ils envisagent de passer un mois ou deux. Orvil s?en accommode mal. La clientèle guindée, la vie réglée et même le lieu idyllique l?irritent, et, comme s?il avait pressenti qu?il vivait là le dernier de ces étés où tout, ou presque, est encore permis, il part en quête de l?Aventure. L?Aventure, c?est tantôt la cabane dans la forêt où il épie la vie d?un étrange professeur et de ses élèves, tantôt c?est la belle Aphra, amie de son frère aîné, dont Orvil devient le chevalier servant. C?est le vol d?un rouge à lèvres et des heures de voyages imaginaires. Ce sont les derniers jeux d?enfants et les premiers émois. Le trouble s?immisce partout. Le plaisir et l?angoisse aussi. À la fin de l?été, cet univers mi-réel mi-imaginaire, le paradis d?Orvil, éclate comme une bulle de savon. Tout rentre dans l?ordre. Orvil retourne à l?école, un peu plus adulte, un peu plus pauvre. Soleils brillants de la jeunesse? (dont le titre original est In Youth is pleasure), paru en 1945 est un Attrape-coeurs (1951) anglais: en plus sensuel et plus ironique. Denton Welch évoque avec beaucoup de subtilité et une légère nostalgie cette transition qu?est l?adolescence. Son roman a influencé toute une génération d?écrivains. Comme le dira William S. Burroughs quarante ans plus tard dans sa préface de Soleils brillants de la jeunesse: « À la question ?Quel est l?écrivain qui vous a le plus influencé je réponds sans hésitation: Denton Welch? S?il y a un écrivain injustement ignoré, c?est bien lui. »
Résumé : En 1765, l'Europe lettrée découvre, intriguée, un nom inconnu dans l'adresse des dix derniers volumes de l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert : Chez Samuel Faulche & Compagnie, Libraires & Imprimeurs, A Neufchastel. Disparus l'auguste aréopage de la librairie parisienne et le nom de la Ville de Paris. Il s'agit bien sûr d'une fausse adresse. Samuel Fauche, libraire à Neuchâtel, n'est ici qu'un prête-nom, une astuce des éditeurs de l'Encyclopédie pour contourner la censure parisienne. Singulier destin que celui de ce libraire de province. Bourgeois miséreux, élevé dans une Maison de Charité, il s'arrache à sa condition en choisissant le commerce du livre qui lui vaut une ascension sociale remarquable. Simple boutiquier à ses débuts, il devient éditeur puis imprimeur en créant avec d'autres associés la puissante Société typographique de Neuchâtel, spécialisée dans la réimpression pirate de la littérature des Lumières qu'elle diffuse sur le grand marché européen. A la tête de sa propre entreprise, Fauche mène ensuite une double activité : respectable, en publiant de prestigieux ouvrages scientifiques ; hautement illicite, en diffusant des livres obscènes dans le monde souterrain de la librairie interlope. Sa réputation lui procure des contacts flatteurs et le privilège de recevoir à sa table des savants et des écrivains célèbres : tels Mirabeau qui vient lui offrir son Essai sur le Despotisme ; Louis Sébastien Mercier, son Tableau de Paris, Saussure ses Voyages dans les Alpes...
Publiés entre septembre 1987 et octobre 1988, ces neuf Dextre Senestre constituent l'ultime ensemble, à la suite de Reportage (2020) et Amorces (2021), des pages de carnet soumises à la NRF et, jusqu'ici, jamais réunies en volume. Bribes de rêves, citations perçantes, survol du présent et observations vagabondes sont marquées du regard attentif et malicieux qu'Henri Thomas porte sur lui et son monde. Ne suivant aucune règle - surtout pas celles qu'imposerait un genre littéraire - si ce n'est le besoin d'écrire et son plaisir, la plume traverse les évènements, aussi anodins soient-ils, pour qu'y soient sondés les désirs et les craintes de l'homme qui les rapporte. Comme les fragments qu'elles sont, ceux d'une oeuvre qui mériterait à être plus amplement remarquée, ces notes épousent le rythme de l'existence - ses imprévus, sa soudaineté - et forment, en tous sens, une juste et délicieuse littérature.
Résumé : " L'un des plus beaux livres écrits sur Rome. Une Rome suspendue entre le clair et l'obscur, le ciel et les ruines, les enfers et l'au-delà : une ville de fontaines et de foudre, de fleuve et d'incendie, de fables et d'artifices; cité du théâtre et de l'illusion, élémentaire comme Isis, tragique comme Borromini, abyssale comme Piranese... Et l'érudition est voilée comme chez Nerval, c'est une érudition qui joue, invente jusqu'au délire, tire des feux d'artifice, pâlit avec les couleurs et les reflets de la nacre, avant de s'éteindre dans la mélancolie. " Pietro Citati
Le journal inédit que Jacques Chauviré nous livre ici estun document de grande valeur sur un monde presquetotalement disparu, et sur la vie intérieure d'un hommeremarquable. Tenu pendant dix ans - juste avant la publication de son premier roman -, il alterne les observations médicales et les réflexions littéraires. Il vaut également par l'un et l'autre aspect, qui se répondent en écho. Compassion devant la douleur, refus obstiné de la mort dialoguent avec les traces pudiques d'une recherche spirituelle soutenue, nourrie par l'amour de la campagne et la fréquentation des livres. Ses riches échanges avec Jean Reverzy et Albert Camus ne détourneront pas le médecin dévoué de la mission quotidienne qu'il s'est donnée, ni ne briseront son isolement. Il écrira, sans fréquenter le monde des Lettres, comme pour approfondir son unique objet de préoccupation: la condition humaine. De celle-ci, Chauviré a une vision plutôt sombre dont il donne la mesure dans la suite de proses intitulée Funéraires: dix morts minuscules, exemplaires, et forcément inacceptables.