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Culture et mystère
Daniélou Jean ; Soulié Rémi
AD SOLEM
17,95 €
Épuisé
EAN :9782940402588
Notre époque a perdu le sens du mystère. Une rationalité fermée à la transcendance l'a transformé en une nostalgie du Paradis, et a assigné à la poésie la fonction de restituer par le miracle de l'art le monde révolu de l'enfance. A l'idée de mystère est désormais attachée celle d'un passé irrémédiablement perdu. Mais le mystère véritable n'est pas un passé révolu, ni un avenir inaccessible. Il est la présence d'un au-delà, mais dont l'homme ne peut se rendre maître par lui-même, parce que cet au-delà est le mystère d'un Dieu transcendant et personnel qui se donne tout en se retirant. Ce livre du cardinal Jean Daniélou montre comment l'esprit de la culture française, par là même qu'il répugne à l'obscurité, s'il est plus menacé que d'autres par le rationalisme, est plus apte aussi, là où il s'ouvre à la transcendance, à discerner les formes authentiques du mystère.
Les chrétiens d'aujourd'hui se sentent interrogés de tous côtés sur leur foi. Les parents le sont par leurs enfants, les étudiants par leurs camarades, les prêtres par les laïcs. Cette interrogation impitoyable leur fait sentir tout ce qui est inauthentique dans leur christianisme : conformismes sociologiques, compromissions morales, superficialité doctrinale. Mais du même coup cela les oblige, s'ils veulent affronter le défi qui leur est lancé, à dénuder les fondements de leur foi. C'est de cette situation que ce livre est né. C'est à ces questions fondamentales qu'il essaie de répondre, celles qui concernent la croyance en Dieu, celles qui concernent la transcendance du christianisme par rapport aux religions, celles qui concernent le fondement et le contenu de la foi au Christ, celles qui concernent enfin le développement de la foi dans la théologie et dans la mystique. Devant l'interrogation actuelle, deux attitudes sont possibles. Pour les uns, elle va à une mise en question de la foi elle-même, au-delà des insuffisances des croyants; mais pour d'autres, elle est au contraire source de renouvellement en obligeant à une plus grande exigence de pensée et de vie. C'est à montrer que cette seconde voie est la seule vraie que ce petit livre veut aider. Ce qui était vrai, au moment où l'écrivait le cardinal Daniélou, l'est encore davantage pour notre temps.
J'ai réuni dans ce petit volume une suite d'articles publiés dans l'Osservatore Romano et La Croix en 1967-1968. Ils se situent tous dans le contexte d'un certain désarroi actuel des chrétiens. En effet, sous le choc des idéologies contemporaines, semble passer un vent de défaitisme, qui amène à mettre en question les vérités de la foi et les principes de la morale. Il est clair qu'un christianisme, affaibli dans son dogme, amolli dans sa morale, ne sera pas susceptible de jouer un rôle créateur dans le monde qui se cherche. Ce ne sont pas les attaques du dehors, ce sont les abandons du dedans qui constituent aujourd'hui le grand danger pour l'avenir de la foi. C'est au renouveau d'une foi et d'une vie chrétienne que ces pages veulent contribuer.
En une suite de tableaux, de bilans doctrinaux, littéraires, le P. Daniélou montre très clairement comment les premières communautés chrétiennes s'enracinent dans le cadre de la pensée sémitique puis, peu à peu, s'hellénisent et aboutissent, au IIIe siècle, à l'épanouissement d'un premier humanisme chrétien, dont le représentant le plus caractéristique pourrait bien être Clément d'Alexandrie." (Michel Meslin, Esprit) "Le P. Daniélou, comme on pouvait l'attendre de lui, développe avec prédilection les mouvements de pensée: judéo-christianisme, gnosticisme, marcionisme, doctrines romaines, école d'Alexandrie, sans négliger pour autant l'expansion chrétienne, l'organisation de l'Eglise, les per sécutions." (Jean-Rémy Palanque, Revue d'histoire de l'Eglise de France)
De 1938 (quelques mois avant son départ en Inde) à 1957 (quelques jours avant sa mort), les lettres de l'Abbé Monchanin rassemblées ici et destinées à celles qu'il appelait ses "dirigées" , permettent de découvrir la personnalité et la spiritualité de celui que le Père de Lubac qualifiait de "prêtre génial" . Ce livre révèle les vies cachées de femmes venues d'horizons religieux et culturels divers. Missionnaires partant aux périphéries préfigurer la vocation de leurs peuples, ces femmes demeuraient au coeur de l'Eglise. "Le lien entre amis devrait être la conspiration des vocations" écrivait le P. Monchanin. Les vocations singulières de ses filles spirituelles étaient exactement les vocations chrétiennes de chacun de leur peuple - leur "lieu irremplaçable dans le Corps mystique" . Ainsi, la communion qui les unissait par delà les mers et que soutenaient les échanges épistoliers et la prière, préfigurait le Plérôme du Christ, signe lui-même de la circumincession du Père, du Fils et du Saint-Esprit, source et consommation de toute communion humaine et ecclésiale. A travers l'amitié, c'est d'une expérience de la vie trinitaire dont parlent toutes ces pages. Chacun se découvre un don fait à l'autre dans le mystère de l'Eglise et le mystère de la Trinité. De l'amitié à la Trinité : c'est ainsi écrit le P. Monchanin que "nous avons à vivre en circumincession avec tous nos frères. Et ce sera la gloire intarissable, lorsque nous sentirons que nous sommes tous intérieurs les uns aux autres" . L'abbé Jules Monchanin (1895-1957) a été prêtre (à Lyon) et ermite en Inde. C'est un acteur important d'un dialogue oecuménique et interreligieux fondé sur l'idée du "plérôme du Christ" . Ami très proche du P. Henri de Lubac, attentif à la culture - il fréquente notamment Picasso, Cocteau, Max Jacob à Paris -, c'est aussi un mystique, dont la pensée trinitaire s'accompagne d'intuitions fulgurantes dont on commence à mesurer aujourd'hui la richesse.
La manière dont on conçoit l'éducation varie du tout au tout selon que l'on défend la possibilité de l'erreur et de la vérité du jugement moral, et l'universalité de la raison pratique - ce que C. S. Lewis désigne par le terme de voie, ou "Tao", dans ce livre de 1943. Pour ceux qui sont à l'intérieur de la voie, l'éducation consiste à favoriser la naissance de ces réactions au monde qui sont justes en elles-mêmes, indépendamment du fait qu'on les éprouve ou non - ces réactions dont la possibilité définit l'humanité même. Ceux qui sont étrangers au Tao doivent par contre, s'ils sont logiques, regarder tous les sentiments comme également irrationnels, comme des sortes de buées qui nous cachent la réalité. Ce n'est pas que ce soient des hommes mauvais : ce ne sont plus des hommes du tout. En sortant du Tao, ils sont entrés dans le vide. Quant à ceux qu'ils dominent, ils ne sont pas forcément malheureux ; ce ne sont pas des hommes non plus : ce sont des produits fabriqués. La victoire finale de l'homme ce n'est pas un affranchissement de I'"ordre naturel" ; c'est au contraire un retour à la nature, mais qui s'affranchit de toute médiation culturelle. Aujourd'hui, cette libération s'appelle "écologisme" et "transhumanisme n. Ce sont les autres noms de l'abolition de l'homme.
Même si la question du missel ancien représente une part réduite de son oeuvre liturgique, Joseph Ratzinger s'y est intéressé à de nombreuses reprises. Ce sont généralement des motifs plus pastoraux - en raison de ses responsabilités - que proprement doctrinaux qui l'ont conduit à aborder explicitement ce thème de la liturgie tridentine. Remarquons qu'il en parle avec des accents différents au cours de sa vie : d'abord critique d'une liturgie trop fixiste, il souligne ensuite, dans le contexte iconoclaste de l'après-concile, les points saillants et les atouts de ce missel et enfin, dans une logique de réconciliation et de réhabilitation pacifique et harmonieuse, il montre à quelles conditions la forme extraordinaire peut être une authentique liturgie d'Eglise. Au moment où l'intérêt grandit pour la forme extraordinaire, il peut être utile de rappeler que pour Benoît XVI, la liturgie ne se réduit pas à une science historique pour spécialistes. La forme extraordinaire, avec son génie propre, donne accès au mystère du sacrifice du Christ qui s'offre au Père pour le Salut du monde. La liturgie est une oeuvre de communion entre Dieu et son peuple. C'est aussi un lieu d'évangélisation où, à travers des signes visibles par tous, se déploie le mystère chrétien : point de rencontre de l'homme avec son créateur et des hommes entre eux autour du Christ. Comme le souligne le Cardinal Sarah dans la préface, la liturgie tridentine peut aider à mettre en évidence le processus vivant de croissance de la liturgie en vue d'une meilleure compréhension du renouveau liturgique voulu par le concile Vatican II.
Newman John Henry ; Robillard Edmond ; Labelle Mau
2017 marque le 500e anniversaire de la naissance du mouvement de la Réforme, qui a vu se cristalliser deux nouvelles compréhensions du christianisme autour de Martin Luther, en Allemagne, et de Jean Calvin, en Suisse et en France. A l'intérieur de ce mouvement, qui provoque une division à l'intérieur des nations chrétiennes d'Europe, l'Angleterre occupe une place à part. Passée à la Réforme sous le règne de Elisabeth 1re, l'Eglise d'Angleterre se présente comme un compromis entre les excès catholiques et les carences protestantes. La question qui divise Catholiques et Réformés est celle dite de la "justification" : la foi suffit-elle à être sauvé par le Christ, ou bien faut-il également, voire d'abord, accomplir des "oeuvres". Ce qui est en jeu, c'est le rôle de la grâce comme don gratuit, initiative libre de Dieu pour nous sauver. En 1838, John Henry Newman prononce une série de "Leçons sur la justification" dans lesquelles il tient ensemble deux choses : la relation personnelle avec le Christ dans la réception du salut (il n'y a pas de mécanique du salut) ; l'efficacité des sacrements, qui manifestent et accomplissent le recréation de l'homme (il n'y a pas de "foi seule" qui sauve séparément des sacrements). Un chef d'oeuvre d'équilibre, qui constitue l'une des plus importantes contributions à l'oecuménisme.