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L'ère des ruptures
Daniel Jean
GRASSET
25,15 €
Épuisé
EAN :9782246007630
Nous étions partis dans la vie, le témoignage, le bonheur, l'action, avec pour objectif d'embrasser le monde, mais aussi, au passage, nous comptions bien rassembler la gauche, l'aider à se retrouver. Chemin faisant, il a bien fallu nous arrêter, là où nous n'avions guère prévu de le faire, pour prêter l'oreille à ce grondement souterrain qui annonce lézardes, craquements, fissures, séismes, dans le soubassement commun de nos vies et de nos pensées, premier grand ébranlement sur le sol de nos certitudes. Nous avons rencontré la communion et la fête, et l'une et l'autre, heureusement, sont bien toujours de ce monde, mais nous avons vu la violence se dévorer elle-même, l'univers totalitaire prendre, agressif, le deuil de ses modèles, l'Occident des sciences et le continent des pauvres inciter leurs fidèles aux refuges de la religion. Nous avons vu alors s'ouvrir devant nous, haute béance, l'ère des ruptures. Nous savions déjà que notre seule liberté, c'est la conscience. Il nous faut désormais apprendre à mener notre vie d'homme sans modèle et sans avenir. C'est la confession de cet itinéraire qu'un adulte dans notre siècle livre dans la recherche passionnée de l'intensité lucide.
Résumé : " Le soleil d'hiver a toujours été pour moi une promesse, cela fait déjà quelque temps que ma préférence va aux convalescences, aux sorties d'enfer, aux promesses de lumière sous la pluie, aux enfants qui rient à travers leurs larmes, aux regards du grand blessé soudain miraculé, à l'irremplaçable médecin qui meurt en vous faisant signe que vous n'avez rien de grave et auquel vous fermez les yeux en étant en effet rassuré. Gide découvrant sur le tard que sa jeunesse a été couverte de rides assidûment tracées par ses parents et qu'à l'instant même de sa vieillesse, c'est sa vraie jeunesse qui va commencer. Soleils d'hiver que ces béatitudes dans une eau fraîche caressée vague après vague, comme si ce devait être la dernière. L'incroyant capable de rendre grâces et, au milieu de cet océan de détresse et de larmes, l'euphorie du chercheur qui découvre dans la réalité de l'univers la planète que ses calculs n'avaient fait que déduire. Jeune, j'ai chanté de l'été tous les éclats depuis les baies de Carthage jusqu'aux magies de l'archipel toscan. Aujourd'hui, seuls les soleils d'hiver me restituent l'intensité des aubes éphémères. " J.D.
Je l'ignorais moi-même avant d'écrire ces pages, mais longtemps, très longtemps, j'ai vécu en sursis. Comme si je devais retourner un jour dans la maison et retrouver les miens... Les combats que je livrais, les joies mêmes que j'éprouvais, les amitiés que je nouais, rien au fond ne pouvait être définitif. J'étais dans le provisoire et l'attente. La nuit m'entretenait dans cette illusion puisque mes rêves, inlassablement, me transportaient sur les lieux de mon enfance, parfois même, sur cette terrasse, symbole de toutes les protections, abri de toutes les promesses, alibi de toutes les fuites. Cela devint habituel, presque routinier, au point que le soir, allant me coucher, et sachant que j'allais retrouver les miens, je savourais par avance cette réinsertion dans ma vérité. Sur ma terrasse, en rêve, je trouvai mon refuge et ma source".
Résumé : Le héros de L'erreur est un jeune homme, né pauvre, dépendant d'un patron méprisable, et n'ayant encore accédé, malgré ses dons, qu'à un métier médiocre. Or il vit comme un être comblé. Dans des situations, il en est, qui isolent les hommes de leur classe sociale, il se découvre privilégié. Le soleil brille pour lui. La guerre, qui ne distingue pas entre puissants et misérables, le révèle. Et les femmes prolongent un triomphe que sa famille avait tissé avec tendresse et patience autour de lui. Il prend sans doute parti, et résolument, pour les offensés : à l'époque, les Arabes, les Républicains espagnols, les victimes du nazisme. Mais, au moins autant que l'injustice dans la répartition de la souffrance et de la fortune, ce qui l'inquiète, le trouble, le perturbe, c'est l'injustice de la laideur. Pourquoi certains êtres ont-ils la grâce, au sens à la fois esthétique et religieux de ce mot ? Pourquoi les dieux ont-ils fait des femmes laides ? Questions qui s'insèrent mal dans l'univers politique qui prétend trop souvent tout contenir, et tout résoudre.
Pourquoi Camus, qui considérait son métier de journaliste comme aussi noble que celui de romancier ou d'auteur dramatique, a-t-il brutalement cessé d'écrire après une ultime collaboration à L'Express en 1955/1956, alors même que l'Algérie s'enflammait ? C'est à partir de cette question fondamentale que Jean Daniel s'interroge sur l'engagement de Camus, la manière dont il concevait le journalisme et son exercice, et plus précisément, en l'occurrence, sur son impossibilité à être journaliste à propos d'événements qui le meurtrissaient intimement. C'est aussi, plus largement, la réflexion d'un grand professionnel sur son métier, à l'heure où les nouvelles technologies de l'information ne cessent de faciliter le sensationnel et l'immédiat au détriment de l'analyse et du recul.
Résumé : Maurice Sachs brûlait. sa vie comme un acteur brûle les planches. Il avait de la présence, du magnétisme. Luxe plus rare, il avait du regard et de la mémoire. Rescapé chaque soir du jeu d'enfer de sa vie, une vie de jeton de casino, il prenait le temps, avant l'angoisse du matin prochain, de jouer encore à se souvenir... Et il se souvient, ici, du temps du B?uf sur le toit, paradis des Années folles, hanté par Cocteau et tant d'autres qui surent, de la vie, faire un interminable bal tragique...
Résumé : Paru en 1845, Paris anecdote est un livre consacré à la vie quotidienne à Paris, au milieu du XIXe siècle. L'auteur revient sur les métiers les plus insolites de la capitale : du pâtissier ambulant à la femme qui a fait fortune en vendant de la mie de pain récupérée pour les oiseaux, en passant par l'éleveuse de fourmis ou l'exterminateur de chats. Il raconte la vie d'une maison du quartier de Saint-Germain-des-Prés, où logent peintres, poètes, chanteurs, tous pauvres et flamboyants, des princes râpés de la bohème. Il raconte ses nuits dans les plus fameuses tavernes et autres cabarets du quartier des Halles, mille rencontres avec des Parisiens et des banlieusards qui commercent, rêvent, boivent, perpétuant un Paris du Moyen Age depuis bien disparu et qui ont fait de Paris, à jamais, la ville qu'elle est. Industrieux du jour et dériveurs de la nuit, comme ce pair d'Angleterre excentrique et tragique, ou cette tenancière de café gouailleuse, c'est le grand et petit peuple de la capitale du XIXe siècle, pour reprendre l'expression de Walter Benjamin. Un Paris disparu, d'avant les travaux du baron Haussmann, d'un temps où, comme l'écrit Privat d'Anglemont dans ce livre culte et inédit depuis des décennies, " on voulait s'amuser, on ne pensait même qu'à cela ".
Résumé : Après " La pensée post-nazie " et " L'autre pensée 68 " , tous deux publiés au printemps 2018, voici le dernier volume de l'extraordinaire chantier de Michel Onfray : écrire une " contre-histoire " de la philosophie, cheminant le long de la philosophie officielle, majoritaire, face à elle, et envisager une contre-philosophie embrassant tous les domaines, métaphysiques, esthétiques, politiques, phénoménologiques, poétiques, sociaux. Et proposant des oeuvres, des lectures, des philosophes inconnus. Voici donc " La résistance au nihilisme " . " Les promesses de Mai n'ont pas été tenues. La révolution politique n'a pas eu lieu, quelle qu'aient pu être ses formes. En revanche la révolution métaphysique a eu lieu, elle a été libertaire. Le meilleur fut la fin d'un monde tout entier construit sur la hiérarchie qui, étymologiquement, suppose le pouvoir du sacré. Le patriarcat associé au monothéisme chrétien avait fait son temp. Pour autant, la fin des valeurs judéo-chrétiennes n'a pas été suivi par l'avènement de nouvelles valeurs postchrétiennes. Dès lors, l'abolition de la domination du supérieur par l'inférieur a accompagné une transvaluation des valeurs de sorte que l'inférieur s'est mis à dominer le supérieur. Jadis, le patron faisait la loi sur les ouvriers, les enseignants sur leurs élèves, les parents sur leurs enfants. Après Mai ce fut l'inverse. Révolte des esclaves aurait dit Nietzsche : le nihilisme comme symptôme de ce que les déshérités n'ont plus aucune consolation " . Après une longue introduction sur la construction du nihilisme (le " gauchisme culturel " , l'antifascisme et l'antiracisme revisités, le structuralisme, Deleuze, les nouveaux philosophes, Foucault, les libéraux libertaires, la " gauche libertaire " de Bourdieu...), Michel Onfray s'arrête longuement sur trois figures : Vladimir Jankélévitch ; Mikel Dufrenne et " l'affirmation joyeuse " ; enfin Robert Misrahi et " les actes de la joie " . Avant de conclure sur la vie philosophique...
En 2016, Alain Mabanckou a occupé la Chaire de création artistique du Collège de France. C?était la première fois qu?un écrivain africain était amené à y enseigner la littérature et la culture si souvent dédaignées du « continent noir ».Alain Mabanckou est l?héritier de l?histoire littéraire et intellectuelle de l?Afrique, qu?il retrace dans ces Huit leçons sur l?Afrique données au Collège de France. Croisant la stylistique et la vision politique, envisageant la littérature mais aussi le cinéma et la peinture, les Leçons d?Alain Mabanckou sont une nouvelle façon de visiter la francophonie, matière moins conventionnelle que son nom ne pourrait l?évoquer. La France n?est pas le seul centre de gravité de ce monde-langue. De « Y?a bon » à Aimé Césaire, la lutte a été longue pour passer « des ténèbres à la lumière », et c?est une vision apaisée des rapports de la culture africaine au monde que ces Huit leçons proposent.Loin d?être en concurrence avec la culture française, la culture noire, d?Afrique, de Haïti ou d?Amérique, l?enrichit. « La négritude n?est pas essentiellement une affaire de Noirs entre les Noirs, mais une façon de reconsidérer notre humanisme. »Le livre est enrichi d?un avant-propos inédit et de deux interventions d?Alain Mabanckou sur l?Afrique, dont sa fameuse lettre ouverte au président de la République sur la francophonie.Notes Biographiques : Finaliste du Man Booker International Prize, prix Renaudot 2006 pour Mémoires de porc-épic (Le Seuil), Alain Mabanckou est l'auteur de plusieurs romans à succès traduits dans le monde entier, dont Verre Cassé (Le Seuil, 2005), et d?essais comme Le monde est mon langage (Grasset, 2016). Depuis une quinzaine d?années il réside à Los Angeles où il est professeur titulaire de littérature d'expression française à l'Université de Californie -Los Angeles (UCLA).