Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
La maison cinéma et le monde. Tome 1, Le temps des Cahiers (1962-1981)
Daney Serge
POL
30,90 €
Épuisé
EAN :9782867448126
Serge Daney, en bon journaliste, écrivait au jour le jour et dans l'urgence. Le brio de ses critiques dans les colonnes des Cahiers du cinéma, de Libération ou de Trafic, la violence de ses interventions, alliée à un sens exacerbé de l'actualité, ont trop souvent dissimulé aux yeux de ses lecteurs les plus attentifs le fil rouge de ses partis pris, cette basse plus continue de sa cinéphilie où la permanence de ses goûts l'a généralement protégé de l'impermanence de ses doutes, bref quelque chose comme l'invariance de sa pensée derrière les variations de ses idées. Le montage de ses textes induit par la forme même du livre (cet "editing" commun en anglais au cinéma et à l'édition, d'où surgit l'étincelle du sens) permet d'en dégager les lignes de forces plus secrètes pour en laisser apparaître les soubassements profonds, éthiques, on le sait, plus encore qu'esthétiques.
Ce troisième volume de La Maison cinéma et le mondepoursuit la publication des textes de Serge Daney nonrecueillis de son vivant, signés de son seul nom et parus, pourl'essentiel, dans le journal Libération, au moment où il devientl'un des responsables du service Culture et de la page Rebondsdu quotidien. II continue d'écrire sur les films qui sortent ensalles chaque semaine mais revisite aussi ceux, plusclassiques, qu'il passe au crible de la télévision dans sachronique des "Fantômes du permanent". Il persévère dans sesvoyages et son travail, occasionnel, de grand reporter maiss'engage plus encore dans le décryptage de l'information, de lapublicité et des médias. Si la maison cinéma s'ouvre ici,comme jamais, sur le monde, c'est que de la "Politique desauteurs" Serge Daney a su retenir la politique au moins autantque ses auteurs. Cet art de la mise en scène qu'il a appris desfilms informe désormais totalement son regard et son écriturecritique quel qu'en soit a priori l'objet. En témoignentexemplairement les articles du "Salaire du zappeur" ou lesdeux séries de textes consacrés à la médiatisation de larévolution roumaine et à celle de la guerre du Golfe. Ontrouvera enfin dans ce recueil certaines des mises au point lesplus approfondies de Serge Daney sur la Nouvelle Vague etses suites, sur les relations compliquées du cinéma et de latélévision, sur la photographie et la bande dessinée, et, plusgénéralement, sur l'opposition de l'image et du visuel.
Serge Daney, Journal de l'an passé Giorgio Agamben, Notes sur le geste Jean Louis Schefer, De la vie des mutants Leslie Kaplan, Children, Children : depuis longtemps déjà nous ne naissons plus de pères vivants Roberto Rossellini, Une lettre João Cesar de Monteiro, Que Dieu me vienne en aide Sylvie Pierre, Le mystère et la vie passionnée Jean-Luc Godard, La paroisse morte Raymond Bellour, La mort inassouvie Robert Kramer, Going (back) to Vietnam Elias Sanbar, Vingt et un an après Bill Krohn, Lettre d'un ami américain Jean-Claude Biette, A pied d'?uvre Pierre Legendre, Eloge du titre.
Tous les articles de ce recueil ont été écrits, entre 1970 et 1982, pour les Cahiers du cinéma. L'idée de travailler pour une autre revue ne m'a simplement jamais effleuré. Le paradoxe de ces textes - à peine retouchés - est qu'ils ont été écrits avec le souci de "faire le point" sur la situation de la revue tout au long de la décennie, prise entre ses goûts et ses dégoûts spontanés, sa légende d'hier et son passé récent, tel mot clé et tel autre. Il y a un drôle de "nous" dans ces textes, un "on" facile, un "je" bizarre et tardif. Ils suivent pas à pas (ce nous, ce on et ce je), en faisant la théorie de chaque pas, les impasses et les métamorphoses d'une problématique "maison", héritée par-delà 1968 d'André Bazin et des Cahiers dits "jaunes". Des embryons théoriques jouxtent des polémiques oubliées, des évaluations sauvages voisinent avec un peu de lenteur pédagogique. Des cris provisoires n'empêchent pas d'entendre, discret mais off, le bruit d'une page qui se tourne."
Résumé : Tilliers, petite ville de France, à la fin des années soixante. Dans la famille Farkas, Claire (la mère) soutient et transmet ; Luciane (la fille) se révolte et s'émancipe ; Abraham (le père) écoute et soigne ; Franz (le fils) observe et (s')écrit. Ensemble et séparément, ils vivent et racontent les séquelles de la guerre d'Algérie et les conséquences de Mai 68 ; la cause des femmes et les silences des hommes ; l'acné juvénile et les cicatrices du colonialisme ; les mélodies des Beatles et les maladies d'amour.
Résumé : Pour Dominique Fourcade, deuil répond à la nécessité de donner un écho, sinon le plus approprié, du moins le plus à sa portée, à la mort tragique de Paul Otchakovsky-Laurens. Passées les premières heures d'un deuil dévastant, il se demande comment faire face à cette mort, comment la comprendre, et aussi comment comprendre le nouvel homme qu'il est devenu d'un coup, frappé par la foudre. Comment absorber et comment répondre.
Résumé : Automne 1952 : dans un château délabré de l'Eure, Eric Rohmer tourne Les Petites Filles modèles. C'est son premier long métrage. Presque achevé, jamais sorti au cinéma, il a disparu. Printemps 2016 : Sophie, une prof d'université à la retraite spécialiste de la comtesse de Ségur, et Paul, un jeune homme qui consacre sa thèse à des films introuvables, traversent ensemble la Normandie à la recherche de traces, de témoins, d'explications : Joseph Kéké, l'étudiant béninois qui a produit le film, a-t-il vraiment cassé une dent à une strip-teaseuse poétesse ? A quoi servent les châteaux en ruine ? Quel rapport entre la comtesse de Ségur, Eric Rohmer et le cinéma érotique des années 1970 ? Chemin faisant, c'est avant tout sur eux-mêmes que Paul et Sophie enquêtent.
Résumé : "J'essaie peut-être de dire une chose impossible : être où je ne suis pas, parler avec les morts, aimer une inconnue. J'essaie, penché sur l'image, de fixer le point où la fiction prend corps. Des histoires liées à la photographie, au cinéma, à des images qui hantent la mémoire ; des récits en train de s'écrire, des enquêtes en train d'être menées, des scènes en train de se filmer ; des études de cas : Antonioni, Gus Van Sant, Chris Marker, Giacometti, Stendhal, Duras¿ Au fond de toute image, de tout récit, il s'agit avant tout de saisir l'absence, d'écrire la disparition". Bertrand Schefer.