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Lendemain
Danan Joseph
PUBLIE NET
28,05 €
Épuisé
EAN :9782371774681
L'histoire commence toujours après la fin : on le sait bien. C'est donc au lendemain que commence la pièce : lendemain de fête et de liesse, 13 juillet 1998, un pays célèbre une victoire sportive comme jadis une conquête militaire, dans l'illusion d'une union qu'on prétend sacrée. Sadwell Hall, lui, a choisi cette nuit pour disparaître. On est le lendemain de ce mystère autour duquel s'agrègent les énigmes, et d'abord celle-ci : qui est-il ? On sait seulement qu'il a disparu, et cela suffit pour commencer l'histoire. Lendemain s'ouvre comme une enquête policière, mais c'est une fausse piste, c'est d'autres disparitions qui surtout ouvriront la pièce en mille directions. Les repères se brouillent, et ce décor de récit policier se révèle bientôt pour ce qu'il est : un décor pour des figures en attente d'une histoire, des ombres pleines de nous-mêmes, tout un théâtre qui se replie sur notre présent. Car ce qu'on lit peu à peu, imperceptiblement, semble une traverse e du théâtre et de notre époque, double traversée l'un par l'autre, et l'une par l'autre de visage. Pièce de tous les théâtres, et théâtre qui met en pièces l'écriture même du théâtre, Lendemain possède souffle romanesque et lancées lyriques dans une épaisseur qui met au défi la scène de s'en emparer. Il faudrait une nuit de théâtre, dit son auteur. On se réveillerait le lendemain, avec cette histoire traversée joyeusement et terriblement, ces théâtres qui implosent et ces êtres qui cherchent dans la nuit à disparaitre pour renaitre. On serait après. On serait maintenant. Dans cette course ample à travers les deux dernières décennies, Joseph Danan dessine une généalogie de nos secousses présentes, ces terreurs et ces joies qui signent notre appartenance à ces jours, ou les Coupes du Monde de football sont nos évènements historiques, qui scandent désormais notre rapport au temps presque autant que des attentats : ou depuis vingt-ans, rien ne semble avoir eu lieu que cette imminence dont le texte porte la charge et accomplit. Et dans l'écriture qui vient porter le fer aux conventions, sociales, politiques, théâtrales, une manière à la fois de s'affronter au présent, et un geste qui voudrait déborder notre époque par elle-même. Puis dans ce geste, on entend ce qui sourd, est latent, tacite, un soulèvement possible (et face au refus de faire "miroiter les différentes facettes du cauchemar", une façon de le dévisager, de lui faire face, aussi). "Toujours nous serons les habitants de ce lendemain/inhabitable", dit l'Auteur dans la cinquième partie de la pièce, peut-être faut-il le croire, et venir peupler ce qui se lève autour de nous à mesure que, lisant, nous faisons l'exploration de ce temps impossible qui est le nôtre.
Qu'est-ce que la dramaturgie ? Poser cette question aujourd'hui, ce n'est pas seulement tenter de définir une notion dont on sait à quel point elle est fuyante pour qui cherche à s'en approcher : c'est affronter à un état du théâtre ce que l'on a cru savoir : du drame, de l'action - du théâtre même. Qu'en est-il de la dramaturgie quand le théâtre est tenté d'expulser le drame de la sphère ? Quand l'action se délite et se dénigre au point de paraître s'annuler ? Quand le théâtre se fait danse, installation, performance ? " C'est en ces termes que Joseph Danan pose les bases de ses réflexions, dans un essai riche de références et de questions fondamentales sur cette notion en constante expansion, qui concerne tout spectateur et tout lecteur intéressé par l'évolution du théâtre contemporain.
L'enfant, bouleversé par la disparition du dodo, l'oiseau massacré par les premiers occupants humains de l'île Maurice, décide de partir sur ses traces. Commence alors un long voyage avec, comme rêve ultime, retrouver l'oiseau du sommeil.
Pédagogue, chercheur, comédien, metteur en scène, infatigable formateur, Jean-Pierre Ryngaert a marqué des générations d'étudiants, d'enseignants et d'élèves comédiens. Ce livre lui rend hommage avec la légèreté qui lui sied, tout en pointant son apport aux études théâtrales, dont il est l'un des plus remarquables représentants. Cet apport concerne la pédagogie du jeu et du théâtre - un "art de transmettre" qui lui est propre. Il concerne aussi la dramaturgie, et plus particulièrement les oeuvres dramatiques contemporaines, dont il est un lecteur, un analyste et un défenseur assidus, en spécialiste du dialogue théâtral autant qu'en amoureux des pièces les plus novatrices, et en découvreur d'auteurs. C'est un portrait intellectuel et sensible de cet homme multiple qui se dessine à travers ce livre auquel ont contribué des universitaires, des auteurs dramatiques et des gens de théâtre. Venus des quatre coins du monde, leurs témoignages illustrent le rayonnement international d'un universitaire qui a effectué une grande partie de sa carrière à l'Institut d'études théâtrales (Sorbonne nouvelle - Paris 3), où il a codirigé le groupe de recherche "Poétique du drame moderne et contemporain", mais qui a également enseigné hors de France, notamment au Québec. Ce livre est aussi un recueil d'articles d'esthétique théâtrale pour le lecteur intéressé par les écritures contemporaines, la pédagogie et la dramaturgie.
Contre le risque du "présentisme" , ce livre rappelle avec force que le théâtre reste un art du présent, dans ses multiples dimensions, poétiques et politiques. Le livre interroge la notion de présent, qui est au coeur de l'acte théâtral. Il s'adresse à tous ceux que le théâtre intéresse, étudiants, enseignants, praticiens, ou simples spectateurs. Il vise à proposer des points de repère, à une époque où des genres comme la performance (qui se veut pur présent scénique hors de toute représentation) ou le théâtre documentaire (qui cherche à "coller" au présent) s'éloignent des formes théâtrales plus traditionnelles reposant sur un texte dramatique représenté. Il multiplie les points de vue et les éclairages (esthétique, historique, politique...) autour d'une notion qui se révèle plus complexe qu'il n'y paraît.
Nous restions tous massés à distance du cercueil de verre, silencieux, guettant les pulsations sourdes de ce gros coeur invisible qui se dilatait jusqu'à emplir tout l'espace, comme un énorme muscle prêt à faire éclater les vitres. Dans le monde tourmenté de l'art contemporain, l'homme en vue s'appelle Joseph B. Schneeball. Ses productions controversées divisent autant qu'elles fascinent : détournements de tableaux célèbres en farces pornographiques, culte de la domination, femmes exposées dans des installations spectaculaires, tout y passe. Sous le vernis des oeuvres, la mort est partout. Mais lui, où est-il ? Et qui ? Au fil d'une enquête minutieuse et documentée, une étudiante qui prépare sa thèse sur ce "Faune" inquiétant s'apprête à lever tous les interdits. Se révèle alors un roman d'une grande sensibilité sur la création de l'abjection doublé d'un dédale parmi les oeuvres les plus troublantes qu'a pu produire l'art conceptuel ces dernières années. Réécriture du célèbre conte comme récit d'aujourd'hui, Le Faune Barbe-bleue est la clé d'une énigme et d'une danse avec la mort que ne cesse de mener depuis des siècles toute notre histoire de l'art.
Fenêtres sur le monde, de Raymond Bozier, est d'abord paru chez Fayard en 2004. Depuis, ce livre est devenu un classique pour les animateurs d'ateliers d'écriture. L'immense force de ce livre, c'est son grand écart : d'un côté, après le11 septembre2001 et l'attentat du World Trade Center, notre rapport à la ville bascule. C'est la nappe sous-jacente, qui unifie les37 fenêtres de Bozier. Parce qu'elles sont listées, dans la table des matières qui ouvre le livre. Ce sont celles que nous portons chacun : ce qu'on voit de la cuisine, ce qu'on voit de la salle où on enseigne, ce qu'on voit de cette chambre de hasard, ou de cette salle de réunion au ministère le jour que. Mais le pare-brise de la voiture, sur le trajet du matin, est aussi une fenêtre. Et les photos sur le mur, au-dessus de la table de travail. Et l'espace urbain, il nous donne quoi à voir : vitrine d'une cafétéria de supermarché, ça ne nous choque pas dans un film, et on ne saurait s'en saisir en littérature ? A sept ans de la parution initiale, Raymond Bozier complète, augmente, révise. Le texte que nous présentons ici est inédit en partie, édition neuve. Nous mûrissons chacun dans l'intérieur de chantiers qui deviennent des chantiers-vie. Alors la version numérique devient l'expression de ce chantier. Un livre essentiel pour les chantiers-ville d'aujourd'hui. A vous, pour le prolonger, de faire l'inventaire de vos propres37 fenêtres ?
Résumé : La poésie, quand elle dit notre expérience du réel, devient cette expérience même. Elle est recherchée jusque dans le plus simple : ce qui ici, dans la déambulation, dans la confrontation à la beauté et élémentaire, la force des éléments qui nous rejoignent au plus près, advient comme simple présence. Expérience tendue, qui se fond au pays explore, traces de la guerre, force d'une roche, et l'humilite de celui qui se pre sente a eux. A l'épreuve du réel, et sans plus savoir d'où nous voyageons, la poésie devient son propre rêve. Dans la succession kaléidoscopique des choses vues, comme ce que Stendhal nomme "promené au long du chemin", laissons le glissement même porter jusqu'à nous cette voix ténue mais insistante. Car entre l'arborescence des mots et ce qui en eux fait images - qu'elles aient été saisies par la photographie ou simplement perçues comme aux marges de la perception - c'est notre propre expérience qui est convoquée. On reconnaîtra ici le travail de précision que mène Jean-Yves Fick sur son site Gammalphabets.
Comment vivre au plus près des corps ? Ce diptyque, Anne Savelli l'a écrit à leur contact. Tout contre. Né d'une collaboration avec la compagnie de danse Pièces détachées, c'est un roman double qui prend comme point de fixation la peau, les os, les muscles dans ce qu'ils ont de plus minéral, parfois, mais aussi de plus volatile. Ballet de mouvements qui écrivent autant qu'ils inventent leur rapport à l'autre et au monde, d'une part ; de l'autre, vertige de la fixité dans une série stroboscopique de photographies qui puisent autant dans les zones d'ombre du modèle que dans son éclat. En creux, c'est tout un monde de luxe, de perfection physique et de domination qui va se déployer et dont le récit tentera de reconstruire, d'assembler, de réécrire l'identité dans une forme proche de l'enquête fragmentée. C'est l'histoire d'un corps qui s'effondre, toujours. C'est aussi le lieu choisi pour une élévation d'une grande poésie.
Résumé : Enfants d'immigrés, Reda, Ismaël et Ben ont du mal à trouver leur place dans une société qui ne cesse de les stigmatiser. L'islam semble leur offrir le sentiment d'appartenir à une communauté : ils rejoignent le djihad en Syrie. Mais sur place, la violence et l'injustice d'un combat qui broie les individus leur crèvent les yeux et remettent en cause nombre de leurs certitudes. Drôle et émouvante, la pièce pose un regard lucide sur les préjugés comme sur les tabous de la communauté musulmane. Entre humour et phrases chocs, cette pièce qui triomphe auprès de tous les publics est devenue le point de départ d'un dialogue entre parents et enfants, enseignants et élèves, politiques et citoyens.
Louis Edouard ; Ostermeier Thomas ; Borchmeyer Flo
Résumé : "Reda se lève et marche d'une extrémité à l'autre de la chambre. Reda : tu vas le payer, je vais te buter moi sale pédé, tu m'as insulté de voleur, je vais te faire la gueule pédale. Edouard, Voix intérieure : voilà pourquoi. Il désire et il déteste son désir. Maintenant il veut se justifier de ce qu'il a fait avec toi. Il veut te faire payer son désir. Il veut se faire croire que ce n'était pas parce qu'il te désirait que vous avez fait tout ce que vous avez fait mais que ce n'était qu'une stratégie pour faire ce qu'il te fait maintenant, que vous n'avez pas fait l'amour mais qu'il te volait déjà. Reda, hurlant : sale pédé ! T'es qu'un putain de sale pédé ! Il secoue Edouard. Soudain il se calme. Il l'embrasse. arrête d'avoir peur, je suis sensible, j'aime pas quand les gens ont peur ou quand les gens pleurent." En 2018, Thomas Ostermeier a adapté pour le théâtre le roman d'Edouard Louis, Histoire de la violence, avec l'auteur. Au coeur de la violence est le fruit de cette collaboration.
L'essor de la tragédie grecque coïncide avec l'apogée de la démocratie athénienne au Vème siècle av. J. -C. Bien qu'historiquement daté, le genre tragique qui s'affirme avec Les Perses d'Eschyle (472 av. J. -C.) et s'étiole ou s'éteint avec Les Bacchantes d'Euripide, représentées après la mort du poète en 406 av. J. -C. et qui est intimement lié à la vie civique et religieuse de la Grèce classique, a traversé les millénaires. Il est sans doute la source majeure du théâtre européen à partir de la Renaissance ; il constitue encore de nos jours un répertoire dramatique vivant ; il est en train de redevenir l'une des bases de l'enseignement. Sur les centaines de tragédies écrites, composées et représentées dans le monde grec mais principalement à Athènes entre la victoire de Salamine et la fin de la Guerre du Péloponnèse, seules 32 pièces (7 d'Eschyle, 7 de Sophocle et 18 d'Euripide) ont été conservées. Nous possédons également les titres ou les arguments de nombreuses tragédies perdues ainsi que de nombreux fragments cités tout au long de l'Antiquité. Le présent volume peut être considéré comme un recueil intégral des textes tragiques que nous connaissons. La tragédie est un genre mixte où alternent les parties dialoguées dans un mètre proche de la prose et les parties chantées, qui mettent en jeu le Choeur. La grande difficulté pour un traducteur réside dans la transposition moderne de parties lyriques souvent obscures, écrites dans une langue savante et composite avec des rythmes très éloignés de la prosodie française. La traduction de V. -H. Debidour est à cet égard un tour de force : proche du texte d'origine, limpide et poétique en même temps.
Résumé : Briser le langage pour toucher la vie ; faire entrer la métaphysique dans les esprits... Publié en 1938, alors qu'Antonin Artaud, quarante-deux ans, est interné depuis plusieurs mois déjà, Le Théâtre et son double est révolutionnaire. Affirmant la prééminence du corps sur le texte et du metteur en scène sur l'auteur lui-même, il défend le théâtre comme phénomène extrême, cérémonie magique, expérience directe du sacré. On a pu comparer ce livre mondialement célèbre à La Naissance de la tragédie, de Nietzsche, et c'est vrai - une puissance le traverse, un souffle poétique, qui nous ouvre à des forces nouvelles, nous anime et nous transforme.