Pendant près de 40 ans, Thibaut Cuisset (1958-2017) a construit une oeuvre sur le paysage à travers des campagnes successives, en France et à l'étranger. Arpentant les paysages, il développe un style singulier qui s'appuie sur un équilibre ténu entre sujet, couleur et lumière. Les campagnes françaises et le cours des fleuves représentent un champ de recherche essentiel dans les recherches de Thibaut Cuisset sur le paysage. Le corpus d'images constitué autour de la Loire en est une démonstration notable, témoignant à la fois de la constance de l'écriture du photographe et de son évolution, tant dans la composition que dans les modalités d'exposition des photographies. Ainsi, l'exposition présentée au Château de Tours montre le travail réalisé par Thibaut Cuisset autour de la Loire pendant près d'une décennie, au gré de plusieurs commandes et prix photographiques. Réunissant pour la première fois l'ensemble de ces séries et proposant certaines photographies inédites, Loire : Thibaut Cu
Résumé : Depuis 1993, Thibaut Cuisset a imposé son traitement et son questionnement entêtant du paysage, qu?il aborde comme une pure construction photographique. Lumières, couleurs, lieux sont les trois paramètres d?une articulation complexe et poétique, conduite sans aucun artifice, qui "met en tension, à l?intérieur de l?image, ce que le photographe veut nous montrer et ce qu?il soustrait à notre regard" (Gilles Tiberghien).
Thibaut Cuisset s'est immergé dans ce paysage rural. Sans négliger pour autant les différentes échelles offertes par l'ampleur des panoramas, Il restitue un paysage discret, sans emphase. Non pas celui propre à étonner le touriste mais celui de l'honnête homme, du littérateur arpentant une terre vivante et silencieuse qui ne se laisse découvrir qu'avec patience et circonspection.. Cette retenue de l'opérateur, qui vaut comme attention à la substance latente du paysage, se traduit dans le souci d'une photographie documentaire précise et lumineuse.. Thibaut Cuisset retient de ce terroir la variété et la qualité de paysages spécifiques, mais il propose aussi une lecture proche de ses préoccupations, celle d'un « dehors absolu », épuré et universel. (D après texte Didier Mouchel) C'est un paysage qui ressemble à une série de plis et que l'on a nommé La Boutonnière. C'est un photographe qui se veut réfléchis, qui installe sa chambre et prend son temps. Ce ne sont pas des photographies touristiques, mais méditatives.
En 2006, j'ai été invité à photographier le pays de Bray en Normandie et depuis cette série, je m'intéresse particulièrement à la campagne française sur laquelle j'essaie d'avoir un regard actuel, non nostalgique ; un regard d'ici et maintenant sans patriotisme sur ces campagnes qui sont souvent des lieux peu représentés car elles n'ont rien de spectaculaire mais elles font et sont la France, sa campagne d'aujourd'hui. (...) J'ai tenté de dire ce pays à travers la présence du fleuve et des étangs qui structure ce paysage rural peu connu de la Somme. Tout naturellement, je me suis aussi penché vers l'architecture des villages environnants et sur la manière dont le travail de la terre façonne le paysage, comment l'agriculteur devient paysagiste.
Ce livre est né de rencontres, d'un intérêt pour les paysages et de curiosités réciproques. Au-delà d'un dialogue entre deux photographies, Entre fleuve et rivière est une inspiration, une envie d'explorer une histoire commune. Ce sont deux regards croisés sur le pays basque et les territoires du Québec et du Labrador, sur les fleuves qui les parcourent. A la recherche de traces fictives ou réelles, se trouve une lecture très personnelle des paysages. Christophe Goussard, photographe français de Nouvelle Aquitaine Charles-Frédérick Ouellet, photographe Québecois, ont chacun découvert le territoire de l'autre. Les poèmes en prose d'Itxaro Borda invitent à un troisième regard sur ces images.
Jean Bizien débarque aux Etats-Unis en 1946. Très jeune homme. Il découvre le pays par une ville ? : New York. Une cité faite de centaines d'autres villes, de milliers de Villages d'Irlande, d'Italie, de Russie, de Chine, du Mali, d'Afrique du Sud, du Mexique, du Brésil... Des milliers de villages, des millions d'hommes, des milliers d'habitudes différentes, des milliers de fêtes, de langues, des centaines de couleurs de peau, des millions de démarches, une seule langue pour parler ensemble. Une seule ville pour vivre ensemble. New York est un miracle. Des millions d'hommes si différents se côtoient, vivent, commercent en paix. New York est un miracle sombre et joyeux. La paix et la justice humaine sont très relatives. Pour pouvoir vivre ensemble, inventons autre chose ?? Une ville haute et plus verticale. Et pourtant les humains photographiés par Jean Bizien sont des villageois dans une ville aux immeubles immenses.
La série "La chute? met en scène les corps en apesanteur de danseurs de Hip Hop de Capoeira et de danse contemporaine. Une « chute de l'ange » des années 2000, toute en tension et en énergie, entre ciel et terre.Juste après la crise des banlieues de 2005, entre pesanteur et gravité, j?ai réalisé des photographies en suspension dans une architecture générique et populaire. J?aime qu?à l?ère de Photoshop, la photographie puisse encore surprendre et témoigner d?instants ayant réellement existé, sans trucages, ni manipulations explique Denis Darzacq.Dans des cités d?un Paris populaire et urbain, il créée des images baroques de corps en apesanteur, en lévitation. Propulsion. Perte de gravité. Energie. Poussée. Bascule des perspectives. Et UNE question: que fait-on de cette énergie? Que fait-on de ces corps qui veulent entrer dans le ?je? et qui risquent de s?écraser au sol si on les ignore, si on les laisse tomber.Il y a dix ans, en pleine guerre du Golfe, l?artiste s?est rendu en Algérie pour faire un reportage sur des danseurs algériens, dont il a tiré une pléthore de photos et de vidéos. Séduit par ces visions de jeunes en suspension dans l?espace, le photographe décide par la suite de se rendre dans les cités et de demander à des danseurs et des sportifs de sauter devant des fonds choisis."