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LA POETIQUE DE STENDHAL. FORME ET SOCIETE. ESSAI SUR LA GENESE DU ROMANTISME 1
CROUZET MICHEL
SLATKIN REPRINT
56,00 €
Épuisé
EAN :9782051020688
Cet ouvrage s'efforce à partir du cas de Stendhal, étudié dans ses débuts littéraires, ses premiers essais, de définir les modalités de la naissance du "romantisme". Quand, comment, pourquoi, le jeune apprenti littéraire de l'époque du Consulat, entre-t-il dans le romantisme ou dans la culture du romantisme si l'on veut élargir le débat au-delà des strictes dimensions d'histoire et d'école. II s'agit donc, au travers des aventures d'un obscur débutant qui au reste n'écrira rien avant des années, de décrire la genèse d'une nouvelle attitude littéraire, ou d'une nouvelle conception de la littérature. Dans ce premier volume, deux parties se font suite ; la première congédie le passé et étudie l'attitude de Stendhal vis-à-vis du "classicisme", c'est-à-dire de l'école française du XVIIe siècle, que le révolté littéraire rend "relative", mais plus profondément vis-à-vis de toute "école", du fait même de pouvoir constituer une communauté créatrice affiliée à des principes ou à des règles. C'est alors la notion même de "forme" qui est en question : et la critique stendhalienne de "la forme" est une critique politique autant que littéraire. Le classique est condamné avec la monarchie, non pas seulement pour des raisons de fait, mais pour des raisons de droit : la règle, toute règle est une donnée "contre-nature". Un anti-formalisme fondamental pose le principe d'une anarchie, d'une anomie littéraire. Il en découle la deuxième partie qui étudie le ralliement de Stendhal au principe poétique que la tradition lui propose, et qui est à la limite de toute poétique possible, c'est-à-dire le sublime. Ici la tradition tend la main à la révolution ; mais dans quelles conditions ? Le sublime implique une conception, a-technique de la création, et impose des thèmes ; et puis l'art romantique naissant remanie le sublime, et se heurte au problème de la terreur et de la laideur. Déjà s'esquisse le souci stendhalien de ne pas rompre l'édifice de la tradition. L'écrivain révolté apparaît comme soucieux d'une réforme, plus que d'une rupture. "Romantique" substantiellement avant tout autre, Stendhal semble se détourner de toute esthétique de la rupture. S'il se fait une "poétique", n'est-ce pas justement qu'il demeure dans les termes de la tradition ?
Résumé : Cet ouvrage, publié en 1990, puis en 1999, sous un titre un peu différent et chez un autre éditeur, a été l'objet d'un travail de révision, il tient compte des découvertes stendhaliennes les plus récentes ; elles concernent la période impériale, le travail de l'auditeur au Conseil d'État est maintenant mieux cerné, et la période consulaire, dont un aspect capital a été négligé : le malheur profond de Stendhal, victime sans doute de la malveillance et de la bêtise de la Monarchie de Juillet. Cette nouvelle version s'efforce aussi de tenir compte avec plus de cohérence du principe héroïque qui soutient la vie même de Stendhal. "La vie d'un homme est son image", a dit Gide en 1892, "l'écrivain doit non pas raconter sa vie telle qu'il l'a vécue, mais la vivre telle qu'il la racontera" ; sa vie est "le portrait idéal qu'il souhaite". Stendhal a-t-il jamais pu lui-même faire le récit de sa vie sans la romancer, sans l'élever à un certain niveau de tension romanesque ? Il faut bien admettre que sa vie doit être considérée comme son premier roman. Romancier au nom d'un romanesque premier, spontané, il est son premier personnage de roman, il invente des personnages conformes à son désir. Que veut-il ? Être soi, l'Unique soi-même, l'homme différent qui fonde l'héroïsme proprement moderne de la particularité absolue et du Moi pur : à la fois public et visible et déjà légendaire de son vivant, et caché par ses multiples visages, ses rôles variés à l'infini, ses réincarnations qui ont fait de lui une énigme. Qu'est-il encore, sinon l'homme du désir, l'éternel amant, son existence et son oeuvre sont une immense et continuelle déclaration d'amour ; et toutes celles ou presque qui ont été faites par cet homme dont l'Éros a fait le destin et l'inspiration, furent ratées.