Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Loire et Océan. Edition bilingue français-anglais
Crosson Jean-Claude ; Conte Giuseppe ; Chaillou Mi
VERDIER
38,54 €
Épuisé
EAN :9782911686443
Giuseppe ConteDe Saumur à AngersJe gare ma voiture place de la République. C'est une place asymétrique, fermée seulement sur les deux côtés où s'élèvent la façade de l'Hôtel de Ville, toute fleurie d'ornements gothiques, et les robustes colonnes néoclassiques du Théâtre. Tout le reste est fait de lumière et d'eau qui paraissent s'écouler ensemble. Ainsi Saumur et la Loire me semblent-elles vivre dans une symbiose essentielle. Je descends quelques marches et vais effleurer l'eau du fleuve de la pointe du pied. La ville ne se brise pas plus dans cette eau qu'elle ne s'y reflète. Elle en est imprégnée. Elle en absorbe l'horizontale majesté et la légèreté ondoyante.Le château de Saumur se dresse au-dessus du fleuve et des maisons comme s'il restait là suspendu. Compact et acuminé, tout en surfaces cylindriques et coniques qui s'élancent vers le haut, il fait partie de ces châteaux qui raniment en moi le souvenir de contes et de légendes plus tôt qu'ils ne me font penser à des duels et à des massacres. En me dirigeant vers lui, j'ai la surprise de me retrouver parmi des vignes. Ce spectacle me réjouit. Rien davantage qu'un vignoble ne me parle de paix et de travail, mais aussi d'abandon et de joie. Un château entouré de vignes est une radieuse promesse, placée sous le signe de Dionysos ou à tout le moins sous celui de Noé, le plus allègre des patriarches - celui pour lequel l'humanité peut avoir le plus de gratitude. Vu des hauteurs où je me trouve, le château est une arche prête à appareiller sur une mer de toits, de tâches vertes et d'espace bleus.
Le Golfe du Morbihan, cette "petite mer" aux mille oiseaux, cet anneau magique ouvert sur l'océan entre Locmariaquer et Port-Navalo, abrite 365 îles semées par les fées. De ports en rias, de cromlechs en chapelles, de moulins à marée en calvaires, tout au long des sentiers douaniers et des grèves, Jean-Claude Crosson nous invite à une rêverie iodée aux parfums salés, sous les lumières changeantes d'une Bretagne respirant au rythme puissant des marées.
Résumé : A deux voix et quatre mains, Jean-Claude Lamatabois et Yves Cosson, chacun dans son registre, évoquent les temps forts de leur existence, leurs rencontres, leur passion de la poésie qui rassemble leurs dissemblances. De concert et de conserve ils nous offrent aussi un florilège de leur univers poétique.
Résumé : Seul le sport fait vibrer les foules à l'unisson, en leur offrant des instants d'une rare intensité. Mais dans ce livre, ces émotions bien connues prennent une dimension supplémentaire. L'auteur nous entraîne en effet à la découverte d'athlètes insensés, de compétitions rocambolesques et d'exploits marqués d'un brin de folie : l'aviateur Jules Védrines atterrissant sur le toit des Galeries Lafayette ; le cycliste Abdelkader Zaaf, en tête d'une étape du Tour de France, prenant soudain la course à contre-sens ; une partie de pétanque faisant... 38 victimes à Marseille ! Et que dire des destins tragiques d'Alex Villaplane, passé du capitanat de l'équipe de France de football à la Gestapo française ; de ces héros du rugby - ennemis irréductibles sur le terrain - qui mourront côte à côte dans les tranchées de la Grande Guerre ; du plus grand champion de lutte de tous les temps qui mourra prisonnier d'un banal filet de pêche... Ecrits avec une plume incisive, émouvante, truculente, les destins incroyables de ces champions français nous plongent dans un spectacle et des compétitions dont on ne ressort pas indemne. Prêts à relever ces défis et entrer dans les vestiaires ?
Qu'est-ce qu'un grand peintre, au-delà des hasards du talent personnel ? C'est quelqu'un sans doute dont le trop violent appétit d'élévation sociale s'est fourvoyé dans une pratique qui outrepasse les distinctions sociales, et que dès lors nulle renommée ne pourra combler : telle est l'aventure du peintre qui dans ces pages porte le nom de Goya. Ce peut être aussi un homme qui a cru assouvir par la maîtrise des arts la toute-puissance du désir, à ce divertissement noir a voué son oeuvre, jusqu'à ce que son oeuvre, jusqu'à ce que son oeuvre, ou sa propre conscience, lui dise que l'art est là justement où n'est pas la toute-puissance : j'ai appelé cet homme par commodité Watteau. C'est encore quelqu'un qui tôt ou tard doit faire son deuil des maîtres, de l'art et de son histoire, et apprendre que tout artiste pour sa part est de nouveau seul, face à un commanditaire écrasant et peu définissable, dans ces régions arides où l'art confine à la métaphysique, sa pratique à la prière : et j'ai voulu qu'un obscur disciple de Piero della Francesca soit confronté à cela.
Le fil de ce récit déroule l'histoire d'une rencontre entre une jeune femme, l'art de Piero della Francesca et un peintre d'aujourd'hui, qui s'appelle lui aussi Piero - un homme aperçu pour la première fois dans un café, au détour d'une place, à Rome. Cette vie à trois devient vite une danse si enivrante, sous la chaleur antique de l'Italie, que souvent l'on ne sait plus au bras de qui l'on danse. "C'est comme l'univers, on ne peut pas dire je le connais. Mais il habite à tel point les nuits et les jours, colore les heures même de repos, s'insinue dans tous les regards jetés, s'immisce dans tous les traits vus, au point qu'un soir, cela devient envahissant, doit naître, et ne cesse plus d'avoir un lieu en moi".
Vite, des cabanes. Pas pour s'isoler, vivre de peu, ou tourner le dos à notre monde abîmé ; mais pour braver ce monde, l'habiter autrement : l'élargir. Marielle Macé les explore, les traverse, en invente à son tour. Cabanes élevées sur les ZAD, les places, les rives, cabanes de pratiques, de pensées, de poèmes. Cabanes bâties dans l'écoute renouvelée de la nature - des oiseaux qui tombent ou des eaux qui débordent -, dans l'élargissement résolu du " parlement des vivants ", dans l'imagination d'autres façons de dire nous.
Car nous sommes dans un temps où les vents soulevés charrient de la poussière des confins du désert, car nous sommes dans des villes où nos pas hésitants arpentent nos faillites, détaillent nos abandons, où nos regards brouillés par le sable d'Afrique semé par les grands vents ne discernent plus rien du chemin à tracer, des directions à prendre, car nous sommes en passe de devenir fantômes, frères de déréliction de ceux à qui hier nous tendions des aumônes, fantômes vivants pourtant, tributaires de nos tripes, de nos muscles, de nos désirs éteints, nos regrets murmurés, suspendus aux rumeurs nous n'avons plus de lieux où poser nos fardeaux." M. R. Nous avons souhaité accompagner la publication posthume du dernier livre de Mathieu Riboulet, Les Portes de Thèbes, Eclats de l'année deux mille quinze, d'un ensemble de textes d'écrivains que nous savons particulièrement sensibles à son oeuvre. Mathieu Riboulet est né en 1960 dans la région parisienne. Après des études de cinéma et de lettres, il a réalisé des films de fiction et des documentaires avant de se consacrer à l'écriture. Il est mort à Bordeaux le 5 février 2018. Suivi de A contretemps, décidément de Mathieu Riboulet.