Ce livre n'est pas une histoire de la colonisation et de la traite négrière, mais un essai sur leur mémoire nantaise, sur l'évolution et les lacunes de cette mémoire. Un livre citoyen donc, sur une question ô combien sensible, comme nous le rappelle régulièrement l'actualité. Les auteurs n'entendent pas juger, mais expliquer, aider à comprendre. Avec des choix forts, comme de resituer la traite négrière dans son contexte colonial, essentiel pour comprendre les troubles de la mémoire. La mémoire dans toutes ses formes possibles : les noms de lieu (des voies publiques aux écoles), les plaques commémoratives, les statues et les monuments, les "lieux de mémoire" (cimetières par exemple), les paysages (ah, toutes ces plantes coloniales ! ), les pratiques militantes de toutes sortes (associations, manifestations...), nos habitudes et nos goûts en matière d'alimentation aussi bien que de musique et de chanson, les liens économiques aussi. Le rapport à la "grande histoire" tout autant que la manière dont nos sens sont littéralement colonisés. Mémoire de la colonisation, et mémoire des critiques et des oppositions à la colonisation. Les trous de mémoire aussi bien que les efforts consentis pour les combler par les associations, les institutions, les historiens, l'école, avec une grande diversité d'outils. En prenant en compte l'ensemble des éléments qui font nos mémoires, et les grands bouleversements intervenus depuis trente ans, ce livre est le premier à proposer une synthèse sur la question.
Beauté. Trésors d'images parfois totalement inconnues. Emotion, douceur, violence, chaleur de la vie. Oui, la Bretagne, l'histoire de la Bretagne, réservent des plaisirs qui restent largement à découvrir puisque, curieusement, aucun ouvrage n'a encore choisi de s'appuyer sur l'image pour proposer une vue d'ensemble de notre histoire. Une iconographie d'un intérêt exceptionnel, les textes des meilleurs historiens, un effort pour mettre l'Histoire à la portée de tous les publics : de quoi nourrir la passion de l'Histoire, le plaisir des yeux et l'amour de la Bretagne.
L'Amoco Cadiz échoué devant Portsall, l'Odet apparemment immuable devant les flèches de la cathédrale de Quimper, le pont transbordeur de Nantes, la grève du Joint français... et plus simplement le très ancien portrait de famille ou la photographie de mariage: les photographes nous ont construit une image de la Bretagne. Mais comment l'ont-ils peu à peu façonnée, transformée, jusqu'à imprimer dans les mémoires une vision peut-être fortement déformée? Comment ont-ils influencé l'identité régionale? Depuis 1841 - deux ans seulement après l'invention de la photographie -, la Bretagne est photographiée. Mais jamais on n'avait tenté de proposer une vue d'ensemble qui fasse appel à toutes les époques et tous les types de photographies, qu'elles soient restées privées, éditées, diffusées en cartes postales ou... mises en ligne. Plus de 160 artistes sont mobilisés - sans compter les clichés restés anonymes! -, des documents venus des collections publiques. et privées de Bretagne et de toute la France, d'Allemagne, du Royaume-Uni, de Suisse, des Etats-Unis, du Canada... Pour nous livrer plus de 500 photographies, en majorité inédites. Une source d'émotion devant la beauté, l'occasion de sourire parfois, de réfléchir à ce qui a façonné notre imaginaire, nos représentations de la Bretagne. Une manière, enfin, de rendre hommage à celles et ceux à qui nous devons tant: les photographes.
Extraordinaire, l'histoire de ces immigrés d'outre-Manche qui font de l'ancienne Armorique une Bretagne capable de survivre aux Vikings et de résister au voisin franc. Chrétiens, mais de si originale manière, à l'identité si forte qu'ils maintiennent le même territoire presque jusqu'à nos jours. Seigneurs et paysans, corsaires et pêcheurs de morue, commerçants et armateurs. Un temps si riches qu'il couvrent le pays de milliers de chapelles et d'enclos paroissiaux, un temps si pauvres qu'ils émigrent, miséreux, vers Paris et les Amériques. Alain Croix raconte avec passion cette Bretagne de Du Guesclin et de la duchesse Anne, des ploucs et de Bécassine, du petit LU et de la sardine, de la route du rhum et des Vieilles Charrues, qui a fini par concilier identité et ouverture en une nouvelle manière d'être breton.
Poignant Bernard ; Le Quernec Alain ; Barré Franço
Bernard Poignant, maire de Quimper à ce jour, ancien député, ancien député européen, etc. Une figure du PS breton qui fait partie aujourd'hui des proches conseillers de François Hollande. Il a signé plusieurs ouvrages: Langues de France: osez l'Europe! (Indigénes éd., 2004); Ma part d'Europe (Apogée, 2004). Alain Le Quernec, graphiste et affichiste de renommée internationale, ses travaux pour Amnesty ou Reporters sans frontières sont dans les livres d'Histoire! Quimpérois, il a aussi beaucoup oeuvré pour le milieu culturel et artistique breton. De nombreux catalogues français et étrangers font référence à son oeuvre. François Barré, qui signe la préface, a dirigé le Centre Pompidou et assuré la Direction de l'Architecture au Ministère de la Culture. C'est un amateur avisé du travail de Le Quernec.
Les smogleurs sont les navires qui s'adonnèrent à la fraude ou à la contrebande de guerre entre la France et l'Angleterre, aux XVIII et XIXe siècles. Ce livre fait donc le récit d'un commerce "interlope" , de longue durée et de grande échelle, dépassant même le montant des importations légales. C'est le cas du trafic de certaines denrées : tabac, laine, vins et eaux-de-vie... Cette activité illicite fut le substitut logique et florissant de relations existant de longue date, mais que de trop nombreuses rivalités et conflits ont souvent contrariées soit par des interdictions, soit par l'instauration de lourdes taxes, soit surtout du fait de la guerre entre ces deux nations (blocus). L'ouvrage en examine les causes, effets et enchaînements. La ruse des trafiquants donne lieu à des anecdotes épiques. L'architecture navale évolue côté douaniers (les cutters) ou côté malfaiteurs (les sloups), et gagne en vitesse et maniabilité. La contrebande n'a pas toujours été combattue, mais au contraire parfois encouragée (guerre de course, corsaires) pour affaiblir les économies rivales. Un récit captivant, vivant, à l'appui des meilleures sources britanniques et françaises, illustré de nombreux documents d'archives inédits et surtout de croquis originaux de l'artiste Fanch MOAL (cf. http : //fanch. moal. free. fr/).
Ce récit bénéficie à la fois de la précision, de la richesse de documentation et de l'émotion relatives aux épisodes vécus. Il retrace avec force, sans présomption, les jeunes années d'un engagé volontaire servant dans la prestigieuse 2e D. B. Depuis son départ de Brest le 18 juin 1940, à l'appel du général De Gaulle, et après une formation en Angleterre, Pierre Coatpéhen participe en tant que conducteur de char à la guerre du Désert. La 2e D. B. débarque en Normandie début août 44, et libère Paris. Le 24 au soir, deux chars sont envoyés en éclaireurs dans le centre de la capitale, la veille de l'entrée du reste de la division. Ce souvenir inoubliable de l'accueil des premiers chars français dans un Paris encore occupé est raconté directement par l'un de ses acteurs principaux. L'épopée de la 2e D. B. le conduit ensuite vers la libération de Strasbourg en novembre 1944, après de durs combats. En mai 1945, soit près de 5 ans après son départ, il participe à l'assaut de Berchtesgaden, vers le Berghof et le Nid d'Aigle d'Hitler... 5 ans de vie et de combats auprès du Général Leclerc, racontés de l'intérieur. Illustré d'environ 80 documents originaux issus de la collection personnelle de l'auteur.