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Critique de la faculté de juger
Kant Emmanuel ; Renaut Alain
FLAMMARION
9,70 €
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EAN :9782080494931
Longtemps sous-évaluée dans la tradition exégétique, la Critique de la faculté de juger (1790) réapparaît aujourd'hui, au fil du libre dialogue entretenu avec elle par une série de philosophes contemporains, pour ce qu'elle est vraiment : le couronnement du criticisme en même temps que l'un des plus profonds ouvrages auxquels la réflexion philosophique a donné naissance. En organisant sa réflexion autour de trois axes (la finalité de la nature, l'expérience esthétique, les individualités biologiques), Kant affrontait le problème de l'irrationnel qui, à travers le défi lancé aux Lumières par Jacobi, faisait vaciller la toute-puissance de la raison. Cette traduction, qui invite à relire la Critique de la faculté de juger à partir de sa première introduction, laissée inédite par Kant, montre que consolider la rationalité, c'était aussi sauver l'unité de la philosophie par la mise en évidence de l'articulation entre raison théorique et raison pratique. Véritable lieu de la politique kantienne selon Hannah Arendt, émergence d'une pensée de la communication selon Jürgen Habermas ou Karl Otto Apel, la dernière des trois Critiques constituait ainsi, surtout, la réponse la plus subtile de la modernité à l'antirationalisme naissant.
Dans un célèbre article de 1784 où Kant répondait à la question : "Qu'est-ce que "les Lumières" ? " , il se pencha sur ce que fut en Allemagne le "siècle des Lumières" . Ce mouvement manifestait, selon lui, la volonté de l'homme de quitter son "enfance intellectuelle" pour conquérir la liberté dans l'usage de la raison - ce qu'il résuma par la formule empruntée au poète latin Horace Sapere aude, "Ose penser par toi-même" .
Résumé : " La raison humaine a cette destinée particulière, dans un genre de ses connaissances, d'être accablée de questions qu'elle ne peut écarter ; car elles lui sont proposées par la nature de la raison elle-même, mais elle ne peut non plus y répondre, car elles dépassent tout pouvoir de la raison humaine. Ce n'est pas de sa faute si elle tombe dans cet embarras. Elle part de principes dont l'usage est inévitable dans le cours de l'expérience, et en même temps suffisamment garanti par elle. Avec leur aide, elle s'élève toujours plus haut (comme le comporte aussi bien sa nature) vers des conditions plus éloignées. Mais, s'apercevant que, de cette manière, son ?uvre doit toujours rester inachevée, puisque les questions ne cessent jamais, elle se voit contrainte de se réfugier dans des principes qui dépassent tout usage possible d'expérience, et qui pourtant paraissent si peu suspects que la raison humaine commune elle-même se trouve en accord avec eux. Mais, par-là, elle se précipite dans l'obscurité et des contradictions, d'où elle peut certes conclure que cela doit tenir à des erreurs cachées quelque part, mais sans pouvoir les découvrir, parce que les principes dont elle se sert, comme ils vont au-delà de limites de toute expérience, ne connaissent plus désormais de pierre de touche prise à l'expérience. Le champ de bataille de ces combats sans fin, voilà ce qu'on nomme Métaphysique. "
Que pense un philosophe avant qu'il n'ait élaboré la philosophie qui portera son nom ? Kant n'a-t-il que des opinions, ni plus ni moins intéressantes que celles de tout un chacun sur la folie, la diversité des caractères humains, les aspects esthétiques de la vie morale, ou de la différence des sexes et des races ? Ou bien les matériaux à propos desquels il nous livre très librement ses réflexions permettent-ils de comprendre comment la philosophie critique et transcendantale viendra résoudre quelques-unes au moins des questions en souffrance dans les opinions du philosophe, et que le choix, jamais indifférent des situations et des exemples qu'il décrit, exhibe sans pourtant les justifier ?
Francfort, le 10 février 1795 : on parle d'un catéchisme patriotique qu'on attribue aux derniers insurgés de Hongrie (...). L'esprit public en Allemagne se nourrit d'écrits d'un autre ordre. Déjà le droit public s'est affranchi de ses préjugés et de ses chaînes. C'est en quoi la Révolution française a beaucoup servi. La philosophie de Kant a de nombreux disciples dans les universités et hors des universités. On la regarde comme remplie de conceptions neuves sur l'entendement de l'esprit humain, et capable de donner un nouvel essor à la philosophie qui paraît vouer ses méditations à la liberté des peuples."
Ce volume contient les oeuvres suivantes: Les Derniers Écrits: Les Écrits de 1792-1793 - Des réflexions sur «La Fin de toutes choses» à l'examen d'«Un prétendu droit de mentir par humanité» - Le Métaphysique des moeurs et le conflit des facultés - Anthropologie et pédagogie - Oeuvres inachevées. Traduction de l'allemand par Ferdinand Alquié, Alexandre J.-L. Delamarre, Victor Delbos, Jean Ferrari, Luc Ferry, François de Gandt, Pierre Jalabert, Jean-René Ladmiral, Marc B. de Launay, Bernard Lortholary, François Marty, Joëlle et Olivier Masson, Alexis Philonenko, Alain Renaut, Jacques Rivelaygue, Jean-Marie Vaysse, Heinz Wismann et Sylvain Zac. Édition publiée sous la direction de Ferdinand Alquié. Avec, pour ce volume, la collaboration d'Alexandre J.-L. Delamarre, Luc Ferry, Pierre Jalabert, François Marty, Joëlle et Olivier Masson, Alexis Philonenko, Alain Renaut, Jacques Rivelaygue et Heinz Wismann
Dans un célèbre article de 1784 où Kant répondait à la question: « Qu'est-ce que ?les Lumières?? », il se pencha sur ce que fut en Allemagne le « siècle des Lumières ». Ce mouvement manifestait, selon lui, la volonté de l'homme de quitter son « enfance intellectuelle » pour conquérir la liberté dans l'usage de la raison ? ce qu'il résuma par la formule empruntée au poète latin Horace Sapere aude, « Ose penser par toi-même ».
J'ai d'abord examiné les hommes, et j'ai cru que, dans cette infinie diversité de lois et de moeurs, ils n'étaient pas uniquement conduits par leurs fantaisies. J'ai posé les principes, et j'ai vu les cas particuliers s'y plier d'eux-mêmes, les histoires de toutes les nations n'en être que les suites, et chaque loi particulière liée avec une autre loi, ou dépendre d'une autre plus générale. Quand j'ai été rappelé à l'antiquité, j'ai cherché à en prendre l'esprit, pour ne pas regarder comme semblables des cas réellement différents, et ne pas manquer les différences de ceux qui paraissent semblables. Je n'ai point tiré mes principes de mes préjugés, mais de la nature des choses. Ici, bien des vérités ne se feront sentir qu'après qu'on aura vu la chaîne qui les lie à d'autres.
TOME I : Confessions - Dialogues - Rêveries du Promeneur solitaire - Fragments autobiographiques et documents biographiques. Édition publiée sous la direction de Bernard Gagnebin et Marcel Raymond avec la collaboration de Robert Osmont.