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La France rebelle. Tous les mouvements et acteurs de la contestation
Crettiez Xavier ; Sommier Isabelle
MICHALON
30,43 €
Épuisé
EAN :9782841863433
De la tourmente du 21 avril au succès du 29 mai, des émeutes urbaines de novembre 2005 aux manifestations contre le CPE: les temps sont riches pour le scrutateur de la France rebelle, éprouvants pour la société. En cette année cruciale politiquement, alors que le pays semble suspendu à l'échéance présidentielle de 2007 - ou à l'attente d'une explosion sociale supérieure à celles que nous venons de connaître -, la cartographie des foyers et des acteurs de la rébellion est dense et notre choix celui de l'ouverture pour rendre compte de la pluralité et de la diversité des mouvements d'opposition. Des groupes conservateurs, voire réactionnaires, trouvent ici leur place aux côtés d'autres, de sensibilité et de projets diamétralement opposés, non pas dans un objectif d'amalgame ou de dénonciation, mais suivant le constat, dépourvu de tout jugement moral, de traits communs par-delà leur opposition de nature. Les uns comme les autres sont contestataires de règles du jeu communément admises et d'un ordre, au sens le plus large qui soit. Les mouvements utilisant la lutte armée, comme les nationalistes corses, figurent avec ceux qui privilégient les modes festifs. Grave ou légère, sombre ou souriante, majeure ou mineure, évidente ou limite, la rébellion est tout cela à la fois. Un outil précis, un ouvrage rédigé par une équipe de 27 chercheurs, une plongée dans les arcanes de la contestation pour penser la rébellion et son corollaire le politique.
La biométrie est présentée aujourd'hui comme la solution technologique la plus appropriée pour faire face aux menace inédites auxquelles l'occident est (ou serait) confronté. Dans ce contexte, ce livre vient rappeler : l'effort constant de l'Etat pour mieux identifier les personnes à des fins policières, administratives et politiques. De l'Ancien Régime à la France contemporaine, en passant par la Troisième République et Vichy, l'ouvrage retrace le cheminement mouvementé et les enjeux des processus d'identification. Il montre que depuis la période absolutiste, l'Etat s'est efforcé de fixer sur papier sa propre population des marginaux jusqu'aux citoyens les mieux intégrés. Les auteurs font également la lumière sur les pratiques d'encartement de certaines catégories d'individus, dans l'URSS stalinienne ou la France des Trente Glorieuses. On retiendra le cas des étrangers, dont la mise à l'écart administrative contribue à délimiter l'espace national tout autant qu'à prévenir de supposés périls. Des initiatives régionalistes au refus britannique d'une mise en, carte des citoyens, les résistances ont été constantes. Ainsi, la défiance envers l'encartement paraît-elle plus que jamais d'actualité, à l'heure où la traçabilité des personnes sur internet et la biométrie s'imposent comme des exigences sécuritaires.
Sommier Isabelle ; Crettiez Xavier ; Audigier Fran
Les actes violents commis au nom d'une cause ne sont pas quantifiés, contrairement à ceux de la délinquance dont les statistiques se voient diffusées régulièrement. Pourtant, les images des violences politiques s'invitent chaque jour dans nos salons : attentats, dégradations d'équipements publics, séquestrations, etc. Prenant froidement le parti des chiffres, les auteurs ont constitué une base inédite de quelque 6 000 épisodes de violence politique survenus de 1986 à nos jours, en les catégorisant selon la nature de la cause défendue : idéologique, indépendantiste, religieuse, professionnelle ou sociétale. Leur approche à la fois quantitative et narrative, portant sur une trentaine d'années, fait tomber nombre de présupposés du débat politico-médiatique. Sans masquer la tragédie des attaques terroristes ni les manifestations émeutières des années récentes, elle nuance l'idée d'un regain de violence politique en France, où le nombre d'atteintes aux personnes est aujourd'hui très inférieur à celui des atteintes aux biens. Elle confirme un net recul de la violence indépendantiste, mais révèle aussi toute la palette d'expressions d'une colère grandissante contre la démocratie représentative.
Qu'elles viennent d'Etats, de mouvements de libération ou de groupes doctrinaux, toutes les formes de nationalisme légitiment l'usage de la violence. En Europe, en Afrique, en Orient, pourquoi ont-elles autant de succès ? Parce qu'elles donnent l'impression de réenchanter la modernité. Xavier Crettiez décrit en profondeur les raisons qui expliquent le ralliement des élites ethniques au nationalisme violent, qui sert leurs intérêts politiques et économiques, ainsi que les facteurs qui motivent l'engagement des masses dans la violence, parfois jusqu'à l'extrême, comme en ex-Yougoslavie, en Inde ou au Rwanda. Il dresse aussi un tableau du contexte culturel et politique qui favorise la montée de la violence nationaliste.
Ni fous, ni ignares, les "soldats de Dieu" n'en sont que plus dangereux. Cet ouvrage présente les cadres cognitifs (idéologies, doctrines, visions du monde, valeurs) développés par des acteurs islamistes djihadistes. Ceux qui opèrent en France au nom d'Al-Qaida ou de l'"Etat" islamique. Alors que beaucoup a été dit sur les trajectoires de ces militants islamistes, sur leurs fêlures ou leurs réseaux, on sait finalement peu de choses des discours qui les animent, des haines qui les habitent et de leur rapport à la France, à la démocratie, à la politique, au monde qui les entoure, mais aussi à la violence qu'ils défendent et justifient, ou à la religion qu'ils disent adorer. Sans aucune complaisance, mais en prenant au sérieux les propos et les références qui légitiment leurs actes les plus violents, ce livre donne à voir l'état d'esprit d'un islamiste.
En France, 9 millions de personnes - soit un Français sur sept - vivent sous le seul de pauvreté. Derrière ces chiffres, il y a des visages. Lorsqu'elle se lance dans le tournage du documentaire éponyme, Claire Lajeunie ne se doute pas qu'elle va prendre de plein fouet une réalité sociale insidieuse. En allant à la rencontre de Matéo, 12 ans, de Sébastien, surdiplômé et sans emploi, d'Erwan, kiosquier à Paris, d'Isabelle, au RSA, et de Marianne, retraitée de 65 ans, elle prend conscience que c'est dans les détails du quotidien que se niche la pauvreté. Derrière le portrait qu'elle dresse de ces femmes et hommes qui nous ressemblent, une question demeure : comment s'en sortir quand, enfant, on est nourri aux colis alimentaires et privé de vacances ? Comment faire avec cette misère qui colle à la peau à chaque étape de la vie ? La pauvreté se transmet-elle inexorablement ? Claire Lajeunie a souhaité raconter les coulisses de son immersion dans cette France à la déroute - celle qui se bat tous les jours pour garder sa dignité. Un récit authentique et intime, en toute sincérité, qui lève le voile sur une réalité que vivent 9 millions de Français.
Résumé : " En quelques secondes, tremblante et en pleurs, tu t'es retrouvée dans nos bras. Nous n'en menions pas large. Emotion, joie, surprise, tout se bousculait. Puis, doucement, tu t'es apaisée et tu as commencé à vraiment nous regarder, à nous dévisager, à nous interroger en silence. Des minutes magiques. Nous t'en avons montré, des photos. Des preuves en image en quelque sorte. Nous t'en avons parlé. Plusieurs fois. Toujours le même récit pour que, petit à petit, cet événement devienne une évidence. En cet instant, tu devenais notre fille et nous devenions tes parents ". Quand tu iras à Saigon est la rencontre émerveillée entre une petite orpheline vietnamienne et ses parents adoptifs. Avec les premiers souvenirs du père naissent les premières interrogations, les premières émotions, qui trouveront leur écho des années plus tard à travers le voyage de la petite fille au Viet Nam, pays qui l'aura vue naître. Le récit intime à deux voix, en deux temps, d'un père dont l'enfant est " né ailleurs ".
Nous avons tous entendu : " Mon fils, il sera avocat ou médecin ! " Profession respectée et respectable, le métier d'avocat fait rêver. Mais derrière la robe se cache une réalité que l'on ne soupçonne pas. Avocate au sein du Barreau de Paris, Anaïs de la Pallière retrace ses années d'études et d'exercice en cabinet, ainsi que les sacrifices consentis à son idéal. Une fois le précieux sésame décroché, un autre combat commence. L'avocat ne doit pas seulement se battre chaque jour pour son client et devant les tribunaux : il doit aussi se confronter à ses pairs et survivre. Concurrence exacerbée, rétrocessions inférieures au SMIC, précarité des travailleurs, pressions du chiffre, journées de travail sans fin, humiliations, harcèlement moral, harcèlement sexuel ? certains cabinets peuvent faire vivre un enfer aux nouvelles recrues. La profession a notamment permis le développement d'un système, le contrat de collaboration, qui semble avoir été largement détourné de son bénéfice originel laissant le jeune collaborateur pieds et poings liés au cabinet qui l'emploie. Et que dire de la pression exercée sur les jeunes avocates qui envisageraient une maternité... ! Heureusement, la parole se libère peu à peu. Les premières mesures commencent à se mettre en place pour lutter et faire sanctionner ces dérives. En donnant également voix à ses confrères, Anaïs de la Pallière signe un document engagé, nécessaire et plein d'espoir pour une profession qu'elle n'a jamais cessé d'aimer.
Florence Niederlander a été diagnostiquée Alzheimer en 2013, à l'âge de 42 ans. Depuis l'annonce de la maladie, elle écrit, quand elle le peut, sur des petits bouts de papier ou dans des carnets, un journal intime épars. Sa mémoire, souvent, lui joue des tours. Florence ne se rappelle plus les visages, peut faire ses courses deux fois de suite sans s'en apercevoir, oublier l'utilité de certains objets, se trouver dans un lieu sans savoir pourquoi, ni comment elle y est arrivée. Elle peut, aussi, ne plus reconnaître son fils, Théo. Pour la première fois, un témoignage apporte un regard neuf sur les symptômes d'Alzheimer : sentiment d'égarement permanent, oubli des siens et de soi-même, émotions décuplées... Florence se bat au quotidien contre l'évolution progressive de la maladie, pour retarder au maximum sa perte d'autonomie. De sa mémoire qui doucement se fragmente, elle a su faire naître un texte à son image : lumineux, solaire, empreint d'amour et d'un courage exemplaire, car, malgré la maladie, elle conserve une simplicité et une joie de vivre qui nous questionnent : que reste-t-il lorsque l'on vit dans un éternel présent ?