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Les français de l'an 40. Tome 2, Ouvriers et soldats
Crémieux-Brilhac Jean-Louis
GALLIMARD
31,01 €
Épuisé
EAN :9782070718962
1940 reste le grand traumatisme de la France contemporaine et son " refoulé " majeur. Il aura, somme toute, fallu cinquante ans pour que ce drame de la conscience nationale remonte à la surface de l'histoire et que revivent, par la plume d'un témoin et d'un acteur qui s'est fait historien, cet autre chagrin et cette autre pitié. Non pas seulement au niveau des engrenages de chancelleries, des secrets de cabinets ministériels, des combinaisons d'Etat-Major, mais à travers les passions et les désarrois des Françaises et des Français. Nul n'était mieux placé que Jean-Louis Crémieux-Brilhac pour écrire cette vaste fresque en un style simple, savant et vivant. Mobilisé à vingt ans comme aspirant d'infanterie, secrétaire à Londres du Comité de propagande de la France libre, il appartient à la génération qui a vécu de plein fouet l'effondrement de la France. Collaborateur de Mendès France, longtemps directeur de la Documentation française et conseiller d'Etat, il n'a jamais cessé de s'interroger sur le raisons de cette " étrange défaite ". Sur le tard, il a repris tous les dossiers, plongé dans les archives françaises et étrangères, profit des papiers inédits (Daladier, Flandin, Monzie, Dautry, Déat), traversé les rapports de police, correspondances, écoutes téléphoniques, pour répondre aux questions clés : la France était-elle, moralement et matériellement, prête à la guerre ? Où et à quel: niveaux se situent les responsabilités de la défaite ? Le premier volume brosse le tableau des mentalités de guerre sur fond des années trente, du Front populaire et de Munich : les divisions de l'opinion devant l'Allemagne nazie, les incertitudes d'une nation anémiée physiquement et moralement et qui, mal remise de la saignée de la Grande Guerre ,affaiblie par des années de médiocre politique, écartelée entre la crainte du communisme et la tentation fasciste, rongée de xénophobie et d'antisémitisme, se réfugie dans l'attentisme pour se lancer finalement au combat, à l'avant-garde des démocraties, à travers l'épreuve douteuse de la " drôle de guerre ". Le second volume scrute attentivement les deux fronts dont dépendait le sort du pays : industriel et militaire. Qui incriminer, si, en mai 1940, l'armement était incomplet, l'aviation insuffisante, la mécanisation manquée la stratégie et la tactique inadaptées, le moral incertain et l'esprit d'offensive mal soutenu ?L'auteur met en lumière - autres apports de l'ouvrage - le formidable effort de guerre entrepris à partir de septembre 1939 par le ministre de l'Armement Raoul Dautry; comme il montre, des Ardennes à la mer, le sursaut final des combattants de mai-juin 1940. Mais dans les deux cas, trop tard. L'histoire n'attend pas.
Écrire l'histoire de la France Libre, c'est, d'abord, patiemment tisser autour de De Gaulle et de son combat la toile d'une aventure collective faite d'un réseau complexe de microsociétés, mais aussi d'une multitude d'exploits et de sacrifices individuels - depuis Carlton Gardens et Camberley en Angleterre, depuis les combattants d'Afrique ou du Levant jusqu'aux agents de l'ombre parachutés, en passant par les comités français dispersés dans le monde. Ces petits groupes isolés, clos sur eux-mêmes, sont unis par le même refus et la même passion, rassemblés dans la même volonté de liberté. Écrire l'histoire de la France Libre, c'est aussi retracer, en même temps que l'essor d'une mystique, la création d'une organisation d'abord militaire et morale, puis administrative et financière, gérant peu à peu tous les territoires de l'Empire ; d'un organisme qui très vite devint politique afin de reconstituer bribe à bribe la souveraineté nationale et la légalité républicaine, et préparer, avec ou contre la Résistance intérieure, les lendemains de la Libération. Ce premier volume couvre la période de l'appel du 18 Juin à mai 1943.
Faire l'histoire de la France Libre, c'est, patiemment tisser autour de De Gaulle la toile d'une aventure collective faite d'une multitude d'exploits individuels, mais aussi d'un réseau complexe de microsociétés. Mais faire l'histoire de la France Libre n'est pas seulement en restituer l'esprit. C'est en distinguer les composantes et les époques, en reconstituer les multiples facettes et ne négliger aucune des lourdes questions qu'elle soulève : son rôle et son poids dans un conflit planétaire, sa légitimité à "être la France" tant vis-à-vis de Pétain que des alliés, sa stratégie vis-à-vis de l'intérieur, sa capacité d'anticiper l'avenir national. Faire l'histoire de la France Libre, c'est aussi retracer pas à pas l'autocréation continue et à peu près ignorée d'une organisation d'abord militaire et morale, puis administrative et financière, d'un organisme vite politique qui reconstitue bribe à bribe la souveraineté nationale et la légalité républicaine, préparant avec ou contre la Résistance intérieure l'après-Libération. Faire l'histoire de la France Libre, c'est encore et surtout revenir sur le rôle de ce grand homme dans cette histoire, non pour détruire la légende, mais pour lui imposer les rectifications du savoir et faire apparaître un de Gaulle assez différent, plus réaliste, plus calculateur, plus visionnaire ; c'est mieux comprendre ce dont les Français libérés lui furent redevables.
Réagissant à la déroute française de 1940 et à la demande d'armistice du maréchal Pétain, le général de Gaulle lance sur les ondes de la BBC l'Appel du 18 juin. Ce discours et d'autres qui suivent au mois de juin, exhortent le peuple français à poursuivre la lutte et résister à l'ennemi. Il constitue l'événement fondateur de la France Libre. Mais qui connaissait de Gaulle à cette époque? Comment le symbole qu'il est devenu s'est-il formé? Nul n'était mieux placé que Jean-Louis Crémieux Brilhac, compagnon de la libération, pour expliquer le contexte et la portée de cet acte. Secrétaire à Londres du Comité de propagande de la France Libre, il a vécu ces années en acteur avant de devenir le grand historien de cette période. "Symbole du refus de la soumission (...) le 18 juin 1940 est à juste titre dans la mémoire des Français une des grandes dates, la dernière grande date à ce jour, de notre histoire nationale." J-L Crémieux-Brilhac.
Écrire l'histoire de la France Libre n'est pas seulement en restituer l'esprit. C'est en distinguer les composantes et les époques, en reconstituer les multiples facettes - diplomatiques, militaires, idéologiques, politiques - et ne négliger aucune des questions qu'elle soulève : son rôle et son poids dans un conflit planétaire, sa légitimité à «être la France», tant vis-à-vis de Pétain que des Alliés, sa stratégie vis-à-vis de l'intérieur, sa capacité d'anticiper l'avenir national. Écrire l'histoire de la France Libre, c'est, aussi, poser sur la Résistance extérieure l'?il neuf que les historiens ont déjà su poser sur la Résistance intérieure, pour la première fois. Écrire l'histoire de la France Libre, c'est, enfin, explorer à travers le mythe ce que peut être le rôle d'un homme d'exception dans l'Histoire. Ce deuxième volume couvre la période de mai 1943 à la libération de Paris.
«La Poésie est comparable à ce génie des Nuits Arabes qui, traqué, prend tour à tour les apparences les plus diverses afin d'éluder la prise, tantôt flamme et tantôt murmure ; tantôt poisson, tantôt oiseau ; et qui se réfugie enfin dans l'insaisissable grain de grenade que voudrait picorer le coq.La Poésie est comparable également à cet exemplaire morceau de cire des philosophes qui consiste on ne sait plus en quoi, du moment qu'il cède l'un après l'autre chacun de ses attributs, forme, dureté, couleur, parfum, qui le rendaient méconnaissable à nos sens. Ainsi voyons-nous aujourd'hui certains poètes, et des meilleurs, refuser à leurs poèmes, rime et mesure et césure (tout le "sine qua non" des vers, eût-on cru), les rejeter comme des attributs postiches sur quoi la Muse prenait appui ; et de même : émotion et pensée, de sorte que plus rien n'y subsiste, semble-t-il, que précisément cette chose indéfinissable et cherchée : la Poésie, grain de grenade où se resserre le génie. Et que tout le reste, auprès, paraisse impur ; tâtonnements pour en arriver là. C'est de ces tâtonnements toutefois qu'est faite l'histoire de notre littérature lyrique.»André Gide.
Résumé : "Balloté par les drames familiaux et les convulsions d'une Europe révolutionnée, Benjamin Constant (1767-1830), d'origine suisse, a passé sa vie à la recherche d'une stabilité. La perfection toute classique d'Adolphe ne doit faire oublier ni la lente exploration, lucide et désespérée, de ses journaux intimes, ni la vaste entreprise de réflexion théorique pour fonder le libéralisme moderne et pour cerner la nature du phénomène religieux", Michel Delon.
4e de couverture : Si saisissant de mouvements, si éclatant d'images, si envoûtant de sonorités arabes que soit le Coran, il reste toujours un langage clair. C'est pourquoi, bien qu'il soit intraduisible, on peut en tenter des traductions. Elles disent au moins le sens de l'étonnante prédication de Mahomet (570-632). Depuis des siècles il n'y avait plus de ces grandes révélations qui réveillent l'humanité et après Mahomet il n'y en aura plus. "Dieu seul est Dieu."Notes Biographiques : Jean Grosjean (1912-2006), ordonné prêtre en 1939, renonce à son sacerdoce après la Seconde Guerre mondiale. Commentateur et traducteur de la Bible, du Coran et des tragédiens grecs, il publie aussi récits et poèmes (Terre du temps, Fils de l'homme, La Gloire). Il devient à partir de 1967 membre du comité de rédaction de La NRF, dont il est l'un des contributeurs réguliers à partir de 1955.
Voici une histoire de courage sans faille face au mal. Voici le drame haletant d'une femme qui a tout risqué pendant l'Occupation pour mettre à l'abri des centaines d'enfants juifs condamnés à la déportation. Suzanne Spaak, née en 1905 dans une famille de la haute bourgeoisie catholique belge, s'est installée à Paris en 1937 avec son mari, dramaturge à succès. Lorsque la guerre éclate, elle rejoint sans hésiter la Résistance et s'appuie sur sa fortune et son prestige social pour enrôler des complices dans la capitale occupée. Au nez et à la barbe des Allemands, Suzanne et d'autres femmes venues de plusieurs groupes de résistants juifs et chrétiens " kidnappent " des dizaines d'enfants pour les sauver des chambres à gaz. Suzanne paiera son immense volonté et son intrépidité : capturée par la Gestapo, elle sera exécutée peu avant la Libération.
Résumé : Amorcée dès 1940, la Résistance parvint à s'unir à l'ombre de la croix de Lorraine, grâce aux patients efforts de Jean Moulin, tout en affirmant son indiscutable pluralisme. Elle resta néanmoins de bout en bout minoritaire, se préoccupa peu du sort des juifs et joua un rôle limité sur le plan militaire. Son apport politique fut en revanche immense : elle évita à la France les affres de la guerre civile et favorisa, à la Libération, une transition pacifique du pouvoir. Unanimement salué, ce livre complet, accessible et vivant aborde sans tabous l'ensemble de ces enjeux. Il offre, pour la première fois, une vision globale d'un phénomène majeur qui reste curieusement méconnu.
Résumé : La prison des chefs politiques dans la France de Vichy (1940-1944). Dès l'été 1940, Georges Mandel, Léon Blum, Edouard Daladier, Guy La Chambre, Paul Reynaud et le général Gamelin ont été emprisonnés par Vichy pour plus de deux ans ; Jean Zay, quant à lui, a passé toute la guerre en prison jusqu'à son exécution. Figures emblématiques de la vie politique nationale de la IIIe République, ils sont tenus par le nouveau régime comme " responsables de la défaite ". A partir de sources largement inédites, Prisonniers d'Etat sous Vichy reconstitue de façon détaillée et concrète l'évolution de leurs conditions d'enfermement et de transfert et retrace minutieusement les dérives de l'Etat français et de sa justice pour mettre en évidence le moment où celle-ci se mue en justice d'exception, avec la complicité d'une magistrature sous influence - à l'image du parquet général de la Cour suprême de justice de Riom. Vichy introduit par exemple un dispositif subtil qui consiste à accorder à ces personnalités, afin de mieux les discréditer, nombre de privilèges - notamment sur le plan matériel - qui sont ensuite livrés en pâture à l'opinion publique, et inaugure par ailleurs un mode d'enfermement particulièrement anxiogène, fait de vexations et de déplacements imposés en raison de supposées menaces extérieures. Il ressort de cette étude novatrice que l'emprisonnement de ces hommes, loin d'être un élément secondaire dans la ténébreuse histoire de Vichy, constitue au contraire un laboratoire du contrôle et de la manipulation de l'opinion. Christophe Lastécouères révèle d'une plume alerte et passionnée les difficiles conditions de captivité de ces boucs émissaires proclamés et rend à ceux-ci justice et dignité.
Enfermé dans les prisons de Vichy, accusé d'être à l'origine de la défaite, Léon Blum réussit le tour de force de retourner l'opinion publique en sa faveur et de reconstruire le Parti socialiste en ruines. Le secret de sa victoire: une femme, Jeanne Reichenbach. Septembre 1940. Léon Blum est arrêté sur ordre de Pétain. Motif: c'est « l'esprit de jouissance » du Front populaire qui a fait sombrer le pays dans la décadence tandis que l'Allemagne régénérée par Hitler produisait canons et chars d'assaut. Léon Blum se savait menacé; il aurait pu fuir le pays comme ses amis le pressaient de le faire, mais il a choisi de rester. Il veut cette arrestation, parce qu'il veut un procès public pour se laver devant le pays tout entier des accusations lancées contre lui. De septembre 1940 à février 1942, Blum est traîné de prison en prison, et, autour de lui, on commence à craindre pour sa vie. Pourtant, le vieux leader résiste, lutte, se bat; même enfermé, il réussit à rendre vie à son parti détruit et discrédité. Finalement, le procès se tient à Riom, et c est un coup de théâtre: en quelques semaines, à force d'éloquence, d'énergie, d'humour, Léon Blum parvient à gagner à sa cause jusqu'à ses geôliers, qui se mettent au garde-à-vous quand il passe. C est plus qu'en peuvent supporter les Allemands: ils donnent l'ordre d interrompre le procès. Bientôt, ce sera la déportation à Buchenwald, dans l étonnant et surréaliste pavillon de chasse de Himmler, réservé aux « hôtes de marque ». Pour expliquer la vitalité et de cet homme de soixante-dix ans, on évoque l'optimisme, l'humanisme... Mais cela ne suffit pas; Léon Blum a un secret: une femme qu'il aime et qui l'aime.Avant guerre, Jeanne Reichenbach et Léon Blum étaient des amis distants, mariés chacun de leur côté. En 1940, aux heures sombres de la débâcle, tout change. Blum est veuf, isolé, vilipendé... Jeanne Reichenbach prend sa décision; elle quitte son mari et vole au secours de l'homme qu'elle a toujours aimé en secret. Qui la découvre, et tombe amoureux. C'est grâce à elle - tous ses proches en conviennent - qu'il surmonte les obstacles, les affronts, les coups bas, et c'est grâce à elle qu'à Buchenwald, où elle l'a suivi, il survit encore. Discrète jusqu'au seuil de la mort, Jeanne Reichenbach a détruit avant de se suicider, en 1982, une partie des lettres que Léon Blum lui avait adressées. Dominique Missika a retrouvé ce qui en restait. Elles révèlent, jour après jour, de prison en prison, une histoire d'amour peu banale entre deux êtres exceptionnels de force et d'intelligence.