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Le geste emprunté
Creissels Anne
DU FELIN
22,00 €
Épuisé
EAN :9782866458775
Une carapace de plumes enfermant, dans sa roue motorisée, le corps d'une danseuse, d'énormes nanas en papier méché à faire danser, une Bunny girl arpentant un terrain labouré en talons aiguilles, un guéridon dansant capable d'exprimer les tourments de l'âme, des corps réduits à l'état d'objets absurdement performants, une parole trop longtemps bridée devenue acte : autant de gestes "déplacés". Ces artifices, ces attributs ostentatoires, ces débordements mécaniques, visibles tant chez Rebecca Horn, Niki de Saint Phalle et Pina Bausch que dans des pratiques performatives contemporaines, en exposant les ficelles du corps, témoignent d'une idéologie prégnante dans laquelle le féminin se voit bien souvent réifié. Ces figures du corps contraint ravivent, pour mieux les subvertir, des mythes tenaces relatifs à la grâce et à l'altérité qui hantent la littérature, les arts visuels et les arts vivants. Par l'analyse de ces oeuvres grotesques et poétiques à la fois, cet essai nous invite, dans le sillage d'Aby Warburg et de Marcel Mauss, à percevoir le geste comme vecteur d'identité lié aux attentes sociales et politiques mais aussi aux mythes et aux fantasmes. Entre conformation à un idéal, incorporation des codes et résistance, les postures forcées, traversées de désirs contraires, révèlent alors, sous l'apparente soumission, leur capacité transformatrice. A l'encontre d'une illusoire liberté tant prônée par nos sociétés contemporaines, Anne Creissels engage, en traversant l'histoire et les disciplines, à penser le geste comme fondamentalement emprunté, condition paradoxale de sa métamorphose.
Une femme-licorne, une manie religieuse mécanique ou encore une machine à peindre l'étreinte amoureuse, des images de l'intérieur d'un corps impressionnant le spectateur, une artiste se couvrant de sang, de plumes, de fleurs ou de boue, des images pornographiques brodées sur toile, de gigantesques araignées: autant de représentations qui suscitent, par leur singularité, un questionnement sur l'identité. Ces oeuvres de Rebecca Horn, Mona Hatoum, Ana Mendieta, Ghada Amer et Louise Bourgeois, réalisées entre les années 1970 et le début du XXIe siècle, permettent de réévaluer des évidences et de voir comment le "naturel" ou l'"essence" peuvent masquer une constructiondu mythe. L'hybridité et la métamorphose sont au coeur de nombreux mythes grecs les viriles Amazones, Danaé fécondée par une pluie d'or, l'accouplement de Léda et d'un cygne, Daphné prenant racine, Arachné devenue animal... Nous assistons à un travail du mythe dans l'art contemporain, entre reconduction et opérations de déplacement. Être une artiste et une femme, avec comme ligne d'horizon de "prêter son corps au mythe". Biographie de l'auteur Docteur de l'EHESS en histoire et théorie des arts, Anne Creissels coordonne le groupe de recherche ACEGAMI (Analyse Culturelle et Études de Genre/Art, Mythes et Images). Elle a publié de nombreux articles, notamment aux Cahiers du Mnam. Anne Creissels réalise aussi des installations et des performances chorégraphiques qui portent sur l'esthétisation et la contrainte des corps dans la danse.
Creissels Anne ; Fichera Giorgio ; Séguier-Faucher
Warburg et le genre : l'articulation n'a rien d'évident et réclame sans doute un point d'interrogation. Considéré comme le père fondateur de l'iconologie moderne, Aby Warburg (1866-1929) a profondément renouvelé la pratique de l'histoire de l'art, en particulier à travers son atlas d'images Mnémosyne ; il a plus largement ouvert la voie à une anthropologie du visuel fondée sur les concepts-clés de " survivance " et de " formule du pathos " . Mais, du " genre " , force est de constater qu'il n'a rien dit. C'est à une sorte d'incompatibilité que l'on pourrait au premier abord conclure si des propositions relativement récentes, en particulier artistiques, mais aussi théoriques, n'avaient révélé, dans ce rapprochement inattendu, des vertus heuristiques insoupçonnées et suscité l'envie de faire l'archéologie de ce lien ténu mais effectif entre Warburg et le genre. L'hypothèse qui préside à cet ouvrage est en effet que, dans cette articulation, s'énoncent précisément, et pour tout dire plastiquement, des formes de résistance à la fois aux identités figées et aux catégories préétablies. Cette hypothèse est sous-tendue par l'idée que le montage et le démontage du savoir auxquels s'est attelé Warburg, par des voies visuelles, ne pouvait pas ne pas concerner le démontage des identités à l'oeuvre dans l'art et singulièrement dans les pratiques et théories queer actuelles. Avec les contributions de : Renata Andrade, Marion Beaufils, Hortense Belhôte, Giovanni Careri, Olivier Cheval, Anne Creissels, Giorgio Fichera, Lê Hoàng Nguyên, Griselda Pollock, Simon Séguier-Faucher.
Dans cet ouvrage, découvrez une pièce de théâtre originale : "Mort pour" de Denis Cressens ; un savant mélange d'humanité et d'amour... C'est le début d'un incroyable voyage, un voyage dans l'au-delà! Ce qui rend ces oeuvres théâtrales "vivantes" , c'est qu'elles sont le miroir de nos sociétés et nos maux, ce qu'il se passe sur scène est le reflet authentique de nos vies et de nos pensées. A découvrir et à jouer de toute urgence !
Biographie de l'auteur Jean-Marie Vincent (1934-2004). Philosophe et sociologue, il fonde en 1968 et dirige jusqu'en 2002 le département de sciences politiques de l'Université Paris VIII. Il lance les revues Futur antérieur en 1990 puis Multitudes en 2001. Il est l'auteur de nombreux ouvrages dont La théorie critique de l'École de Francfort, Paris, Galilée, 1976 ; Critique du travail, Paris, PUF, 1987 ; Vers un nouvel anticapitalisme (avec Michel Vakaloulis et Pierre Zarka), Paris, Le Félin, 2003.
Résumé : Modernité hermaphrodite aborde près de deux siècles de l'histoire de ceux qu'on appelait jusqu'au début des années 2000 les hermaphrodites, qui, pour beaucoup, aujourd'hui préfèrent adopter la dénomination d'intersexes. Il commence au moment où pendant la seconde moitié du XVIIIe siècle les savants, anatomistes, philosophes, mythologues, artistes, littérateurs et érudits éclairés leur ont accordé un intérêt méthodique et symbolique particulier, et se termine au début du XXe siècle lorsqu'on a commencé à vouloir faire disparaître leurs anatomies sous les scalpels des chirurgiens. L'attention toute particulière qu'accorde Johann Wickelmann, père de l'histoire de l'art, aux hermaphrodites en fait le symbole du beau idéal, transcendant l'anatomie des deux sexes au travers d'un individu, jusqu'au XXe siècle où les mutilations quasi systématiques de ce qui représente, dès la naissance, un tabou médical et social deviennent la norme. Magali Le Mens met en lumière les paradoxes et les conséquences de la confusion entre une population bien réelle et tout l'imaginaire qu'elle véhicule.
L'ouvrage de Gérard Bonet explore l'histoire d'une "¬ agence oubliée¬" , Inter-France. Officine patronale sous le Front populaire, elle s'impose dès 1938 comme la plus vaste entreprise de manipulation de l'opinion publique en province. En moins de 10ans, sous l'impulsion de Dominique Sordet, Inter-France va devenir la plus importante des agences de presse de l'Occupation. Des centaines de titres des deux zones, de ceux qui irriguent les terroirs et sont lus, chaque jour, par des millions de lecteurs, y puisent le coeur de leur information. D'abord nationaliste, puis ouvertement collaborationniste, enfin franchement hitlérienne, c'est l'un des plus formidables outils de propagande au service de la collaboration avec les nazis. Ne négligeant aucune source, exploitant la cartographie et s'appuyant sur un solide appareil critique, ce livre, complet et précis, apporte un éclairage inédit sur les "¬années noires¬" et l'histoire de la presse. Gérard Bonet est journaliste honoraire et docteur en histoire. Il travaille sur l'histoire de la presse des XIXe et XXe siècles.
La pensée chinoise a trois fondements: le confucianisme, le taoïsme et le bouddhisme. Selon les époques, l'un de ces courants a prédominé, laissant les deux autres jouer en sourdine. Et aujourd'hui? Ni le taoïsme et son "laisser faire" (Wou wei), ennemi de tous les artifices de la civilisation, sceptique face au progrès, ni le bouddhisme, prêchant l'évasion hors de ce monde, ne paraissent aptes à assurer la stabilité d'un système politique et les règles de la vie sociale. On n'est pas surpris d'observer un regain du confucianisme, illustré par une dizaine de grands penseurs, parfaits connaisseurs de la philosophie occidentale. Bien sûr, on s'interroge sur les soubassements idéologiques d'un tel renouveau. Cinquante années après le marxisme maoïste, dans une Chine préoccupée essentiellement par son développement économique, cette réhabilitation du confucianisme peut être interprétée, tantôt comme une utopie, tantôt comme le témoignage d'un nationalisme rétrograde. Que ce retour aux sources ne soit en rien une stagnation stérile, mais qu'il manifeste la vivacité d'une philosophie riche de possibles, voilà l'enjeu de ce livre. Biographie: Régine Pietra est professeur de philosophie à l'université de Grenoble. Elle est l'auteur d'un essai sur Paul Valéry (Valéry, directions spatiales et parcours verbal, Minard, 1981) et de Sage comme une image, figures de la philosophie dans les arts (Le Félin, 1992).