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De la singularité
Coutard Jean-Pierre
L'HARMATTAN
32,00 €
Épuisé
EAN :9782296111561
Se promenant dans un parc, Leibniz remarqua qu'on ne pouvait y trouver deux feuilles identiques, car "il faut que chaque monade soit différente de chaque autre". Que cette singularité tienne à une puissance interne propre à chaque unité de vie, que cette puissance soit celle du désir, et que ce désir soit celui de la différence optimale (et non de la simple conversation), voilà le fruit de la présente interrogation. A partir d'une ontologie de la "relation" ne saurait suffire: le vivant n'est pas simplement un système de corrélations puisqu'il faut placer en son centre ce par quoi la relation devient créatrice, inventive dans le sens du "plus actif" et du "toujours singulier", cela même qu'aucune autre science de la matière ne pourra jamais arraisonner.
Avec J.-P. Coutard, D. Cliquet propose ici un volume consacré aux environnements des occupations humaines pléistocènes en Normandie et à leur chronologie. A l'échelle régionale, les données contextuelles sont rassemblées, par disciplines, pour offrir un vaste panorama, non pas des occupations humaines elles-mêmes et des matériaux archéologiques qui leur sont associés - nul article consacré au débitage et à l'outillage en silex ici, ni à la grande faune chassée - mais de leurs environnements. L'ouvrage s'ouvre sur l'historique de la recherche en Préhistoire dans la région ; il se clôt sur une synthèse consacrée aux hommes et à leurs milieux (au pluriel) ; entre les deux, une série de contributions donnent l'état de la connaissance des reliefs, roches, végétaux, micro-organismes, etc. C'est donc tout le cadre de vie des hommes durant le Pléistocène qui est reconstitué ici, pour la Normandie, résultat des travaux entrepris par les auteurs et leurs prédécesseurs depuis plusieurs décennies.
Toute oeuvre commence avec le regard porté sur notre temporalité, notre durée et notre fin. Le sentiment du tragique naît à l'intersection de la création et de la finitude, du sens et du non-sens. La philosophie tente d'éclairer cette épreuve par le concept, en nous détournant de l'affect qui en est pourtant l'expérience première. La poésie, depuis Hölderlin, peut être ce lieu où affect et pensée se réconcilient, trouvent leur point de fusion instable et passager. Alors que la souffrance se représente souvent dans le drame et que notre temps est celui du nihilisme et de tous les drames du ressentiment, le tragique, lui, n'a rien de pathétique : son chant est celui de qui enfante dans la pleine lumière de sa vie brève. Philosophie et poésie tragiques ne sont-elles pas les contrepoisons des "passions tristes" du nihilisme d'aujourd'hui ?
Le poème est ce "monument" érigé par l'art d'inventer ce que nous sommes, "par-delà" la fin inéluctable. Art du momentané, du passage, la poésie s'adresse en nous au plus singulier, au plus secret. Elle nous convoque à l'appel de notre mémoire pour mieux nous mettre en présence de notre désir, celui qui nous fait proprement exister.
Immobile face à sa femme, il attend les premières séries de l'après-midi. Six mois qu'elle est partie. Elle n'a jamais donné de nouvelles et lui, comme un con, il garde sa photo sur la télé. II s'entend lui chuchoter "ils m'ont viré, tu te rends compte, ces salauds", et il est sûr d'apercevoir aux commissures de ses lèvres l'ébauche désolée d'un sourire. Ici, on voudrait s'aimer et on ne sait pas bien comment ; on parle sans toujours trouver les mots ; on s'accroche au quotidien comme on peut. Au fil des quinze histoires qui composent ce recueil, on croise des individus qui donnent parfois l'impression de marcher à côté de leur propre existence. Le propos est grave, souvent drôle, toujours tendre.
?Quels sont les secrets d'une vocation ? Par quels chemins mystérieux voyage-t-elle ? Devenir galeriste, est-ce un appel, un destin, ou le résultat des hasards successifs ? A priori, être galeriste c'est vivre entre l'économie et l'esthétique, c'est être partagé entre les échanges et le coeur. Quel impératif l'emporte et comment passer du numéraire à l'esprit, du matériel au spirituel ? A travers quelques anecdotes et faits saillants d'une carrière de vingt ans, l'auteur tente de répondre à ces questions.
Perrat Benoît ; Pitte Jean-Robert ; Guillot Pierre
Résumé : Grand chef cuisinier aux côtés des Escoffier, des Rambert et des frères Rouzier notamment, le Bressan Benoît Perrat (1873-1957) exerça son art dans les restaurants de tout premier ordre (Lyon, Genève, Paris, York, Berlin, Dresde) puis dans les cours princières et royales d'Europe centrale de la Belle Epoque (Saxe, Bavière, Roumanie, Hongrie). Contraint par la Grande Guerre à quitter ceux qu'il avait somptueusement servis, il retrouve ses terres natales et s'installe quelque temps après à Vonnas (Ain), la "Mecque de gueule", où il tiendra jusqu'à la Seconde Guerre mondiale toujours avec panache et distinction, jusqu'au raffinement ultime, la table et le Grand Hôtel Moderne. Il y rédigera sa célèbre "rhapsodie culinaire et gastronomique", Cornus en Bresse (1932) ? rééditée en 2002 ? et en 1938 sa Hongrie gourmande, restée inédite et publiée ici pour la première fois. Ce recueil surprenant assemble une centaine de ses recettes magyares récolées au gré de ses rencontres, de ses pérégrinations, de ses affectations et de ses enchantements. Récolées... ! C'est peu dire. Benoît Perrat y atteste surtout le "véritable esprit de la gastronomie qui est un patrimoine vivant, en évolution constante, ouvert à toutes les influences extérieures qui sont découvertes, apprivoisées, domestiquées, puis intégrées". C'est donc à une savoureuse déclinaison des riches spécialités danubiennes, parfois "métissées de Bresse", que Benoît Perrat convoque ses lecteurs, au premier rang desquelles le fameux gulash, et bien sûr le paprika, piment-roi de la cuisine magyare. Il les invite surtout à mettre avec lui la main au fourneau puis la serviette au cou.
Dans un contexte économique caractérisé par la mondialisation où les fusions, délocalisations et liquidations d'entreprises sont autant de risques pour les managers, la ressource principale de l'entreprise reste la connaissance. Véritable capital technique, social et culturel, il convient de la préserver, de l'enrichir et de la transmettre. Le capital mémoire de l'entreprise ouvre la voie au management des savoirs, à la gestion des connaissances et à l'ingénierie de la mémoire organisationnelle qui, chacun dans son domaine, cartographient les compétences et les savoirs que recèle l'entreprise et en définissent les enjeux stratégiques. Loin d'être un tout homogène, la mémoire de l'entreprise emprunte à de multiples sources, individuelles ou collectives, se pourrit de cultures conflictuelles et se fixe sur des supports composites - simples récits d'anecdotes, documents de presse ou institutionnels (affiche, film d'entreprise, banque de données...). Par-delà les clivages culturels, les querelles de territoires, les tactiques du secret, les justifications plus ou moins excusables de l'oubli, cet ouvrage montre en quoi la mémoire constitue, pour l'anticipation stratégique et la construction identitaire des collectifs de travail, un facteur-clef dé la communication d'entreprise. L'exemple des Chantiers de l'Atlantique de Saint-Nazaire illustre toute là complexité et la richesse du capital mémoire d'une grande organisation.