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Sous un ciel sans paupière
Cousin Olivier ; Le Gros Marc ; André Jean-Yves
PART COMMUNE
13,00 €
Épuisé
EAN :9782844182074
Le ciel a beau être exempt de paupière dans le présent recueil, les poèmes qui y sont réunis n'excluent ni le battement de cils, ni le clin d'oeil. Un étonnement désabusé et un humour ludique imprègnent, en effet, le regard posé par le poète sur son univers : cet immense paysage où le bassin méditerranéen se dessine en transparence des côtes bretonnes. Ici, la mythologie la plus archaïque et la trivialité la plus contemporaine marchent non seulement côte à côte à travers ces coulisses inéchangeables, mais se fondent aussi dans un amalgame lyrique des plus heureux. Sans doute, le domicile brestois à la fois quotidien et emblématique qui recueillit Olivier Cousin à sa naissance y est-il pour quelque chose. Comment expliquer, sinon, la rue Neptune évoquée dans une parenthèse qui tout comme n'importe quelle autre strophe de ce carnet de bord si gracieux - réinvente le mythe avec un fin sourire ?
?Les souvenirs peuvent susciter une double inquiétude : primo, nous ne nous souviendrons jamais de tout. Secundo, personne ne se souviendra de nous. (A part nos souvenirs, qui, eux, se nourrissent de tout.) Pourtant le souvenir reste une matière première d'exception pour le poète ! Parfois amusant, parfois émouvant, souvent dévorant, il revient à la surface sans prévenir. Le "souvenir" est bel et bien ce qui peut revenir par le dessous, à chaque instant de notre vie. J'ai le souvenir carnivore présente trois ensembles où le regard et les mots se posent sur les jeux de l'enfance, mais aussi sur les menus actes et les divagations passagères qui font la grandeur du quotidien.
L'efficacité des collèges et la violence à l'école ne dépendent pas que du recrutement social des établissements. Elles dépendent aussi d'autres éléments qui tiennent à l'organisation interne de l'établissement et à la cohérence de la politique mise en place. Les collèges ne sont pas seulement victimes de leur recrutement, ils produisent aussi l'échec et la réussite scolaires, comme ils canalisent plus ou moins les élèves, fonction des conduites des acteurs et de la nature de leurs actions. Il existe un effet établissement. Ce qui veut dire que les chances de réusssite des élèves et le climat de l'établissement varient selon les collèges. L'enquête, qui porte sur treize collèges, montre que le lien entre le recrutement social et l'efficacité des établissements, d'une part, et le comportement des élèves, d'autre part, est une réalité, mais qu'il n'est pas suffisant pour comprendre pourquoi deux établissements presque identiques ne se ressemblent pas en pratique. L'observation de la vie des établissements et des relations entre les acteurs (équipe de direction, enseignants, équipe éducative) permet de saisir la diversité qui existe. Selon les collèges, l'ambiance et les projets sont très différents. Ce sont les établissements les plus dynamiques qui réussissent à définir collectivement leurs objectifs et à dépasser la division entre tâches éducatives et actions pédagogiques, qui se révèlent les moins sélectifs et qui réussissent à être le plus efficaces pour enrayer la violence.
Depuis l'arrivée fulgurante à l'automne 2022 de ChatGPT sur nos ordinateurs, l'intelligence artificielle générative est à portée de main. L'IA sous toutes ses formes s'invite partout, peut tout faire, ou presque. Elle relève surtout d'une économie de la promesse, qui repose sur un modèle spéculatif où la frontière entre ce qui est en projet et ce qui est disponible se brouille. Elle mélange et fusionne le présent, le futur et le conditionnel. Fortement médiatisée, l'IA en santé incarne cette projection vers une médecine du futur, davantage préventive et personnalisée. Entre fantasmes et réalité, l'IA demeure encore très largement au seuil des services et des établissements de santé pourtant friands d'innovations. Dans cette enquête menée parallèlement en France et au Québec, Olivier Cousin et Andy Smith montrent que les logiques propres à l'IA ne cadrent pas avec les normes et les références du secteur de la santé, et révèlent la faible mobilisation des acteurs pour y remédier. L'écart constaté tient moins aux potentialités de l'outil qu'aux règles de fonctionnement du monde médical, notamment hospitalier. L'intelligence artificielle en santé en reste à l'âge des possibles, freinée dans son élan par un monde institutionnalisé.
Que signifie le travail aujourd'hui ? De quoi est fait le travail et comment se déroule t il au quotidien ? Pourquoi a t il une image aussi complexe et confuse, puisque à la fois nous rêvons tous d'avoir un travail, et si possible un bon travail, et nous ne cessons de nous plaindre et de le décrier ? Le travail est un objet étrange qui se conjugue au singulier. Alors qu'en réalité, l'expérience quotidienne et routinière que nous en avons révèle ses multiples facettes, dont il est bien difficile de reconstituer l'unité. Pour en rendre compte Olivier Cousin a choisi de se faire embaucher pendant dix huit mois dans une grande entreprise métallurgique et d'observer des situations de travail, d'assister à de multiples réunions, de participer à des discussions de travail et de couloir et d'interroger des cadres sur leurs activités, sur ce qu'ils font et ne parviennent pas à faire, sur ce qu'ils souhaiteraient faire et ce qu'ils doivent faire. Cette plongée au c?ur du travail tente d'en reconstituer toute sa richesse et son ambivalence, s'éloignant à la fois des visions enchantées du travail, qui vantent l'épanouissement de soi et le désir de conquête, et des lectures hyper critiques, qui ne voient derrière cette rhétorique managériale que manipulation et aliénation. Le travail est une succession d'épreuves qui se singularisent par leur relative indépendance et qui surtout ne s'ordonnent pas hiérarchiquement. Il peut être à la fois pénible et intéressant, source d'enrichissement de l'individu et porteur d'énormes frustrations quand il n'est pas reconnu. Il n'est que très rarement ce que l'organisation du travail affiche, prévoit et prescrit.
Confié à Gustave Flaubert par sa mère Laure - qui n'est autre que la soeur d'Alfred le Poittevin, ce « coeur frère qu'on ne retrouve jamais deux fois » - Guy de Maupassant doit ses années de formation à l'écrivain qu'il appelle son Maître. Leurs véritables relations se nouent à partir de 1872. Flaubert lit les manuscrits de son protégé, le conseille, le prend comme collaborateur en le faisant participer à ses recherches pour Bouvard et Pécuchet, et l'introduit parmi ses amis écrivains. Maupassant écrira de nombreux articles sur Gustave Flaubert, voulant défendre son oeuvre, mais aussi l'homme: « Comme il avait horreur du bourgeois (et il le définissait ainsi: quiconque pense bassement), il passa parmi la plupart de ses contemporains pour une espèce de misanthrope féroce qui eût volontiers mangé du rentier à ses trois repas. C'était au contraire un homme doux, mais de parole violente, et très tendre, bien que son coeur, je crois, n'eût jamais été ému profondément par une femme.»
De leur rencontre en 1846 dans l'atelier du sculpteur James Pradier, jusqu'à leur rupture violente en 1854, Gustave Flaubert et Louise Colet échangèrent d'innombrables lettres. Quoi que l'une des plus belles correspondances amoureuses de la littérature, cet ensemble n'a inexplicablement jamais fait l'objet d'une publication isolée. Ces lettres accompagnent par ailleurs la germination de Madame Bovary. Flaubert, qui est encore un tout jeune homme de 25 ans quand il rencontre la belle et brillante Louise Colet, d'une dizaine d'années son aînée, y apparaît tour à tour tendre, malicieux, tourmenté par les " affres de la création " ou savoureusement paillard. Lire ces lettres, c'est découvrir la vraie nature humaine et littéraire de Flaubert, l'extraordinaire liberté de son génie et son tempérament passionné. C'est surtout s'initier à ce qui constitue sans doute l'un de ses chefs-d'?uvre : sa correspondance !
C'est Sous-Offs, paru en 1889, qui a fait connaître Lucien Descaves : un scandale a éclaté à la parution de ce roman franchement antimilitariste, qui a valu au jeune auteur et à son éditeur un procès retentissant pour injures contre l'armée. Descaves y dresse le portrait satirique et sans concession de la vie d'une caserne à Dieppe. Une galerie de sous-officiers s'offre à nous, médiocres, souvent ridicules, donnant de l'univers militaire une image à la fois dérisoire et étriquée. Par son naturalisme - qui n'exclut pas une écriture artiste - ce roman nous plonge, grâce à l'évidente jubilation de son auteur, dans un certain pan de la société française de cette fin de XlXème siècle. Proche de certaines idées qu'on qualifierait aujourd'hui de libertaires, Lucien Descaves, par la généreuse virulence de sa plume, devrait trouver aujourd'hui un écho chez nos contemporains.
Publiés respectivement en 1917 et 1919, ces deux articles, qui sont à l'origine des commandes, célèbrent deux auteurs américains dont on commémore les centenaires respectifs. S'ils font aujourd'hui figures de classiques, il n'en était pas de même un siècle plus tôt. Et c'est là que la sagacité de Virginia Woolf montre toute son ampleur et sa justesse. Critique subtile, pénétrante, percutante, elle sait saisir le sens d'une oeuvre, ses fondations comme ses ramifications. Sa grande finesse psychologique, son érudition et sa recherche formelle, qui font d'elle l'une des plus grands écrivains de langue anglaise, sont ici au service de deux auteurs, deux oeuvres, dont les préoccupations peuvent, au prime abord, paraître éloignées des siennes, mais qui la rejoignent dans la revendication d'une liberté, d'une libération conquise de haute main.