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Quignard, Maître de lecture. Lire, vivre, écrire
Cousin de Ravel Agnès
HERMANN
28,05 €
Épuisé
EAN :9782705683238
Extrait Qu'est-ce que lire ? Penser la lecture comme un besoin vital, l'inscrire au coeur de sa vie, c'est en faire l'expérience au sens d'une mise à l'épreuve de soi qui mobilise les sens, le corps tout autant que l'intelligence. En son temps, Montaigne en a fait lui aussi l'essai, la pesée comme le suggère le mot latin exagium à l'origine du mot essai ; c'est la raison pour laquelle je ferai à plusieurs reprises référence aux Essais. Une telle expérience n'est pas une quête de certitudes. C'est un processus plus qu'un aboutissement, une «expérience intérieure», selon le mot de Bataille, semblable à une expérience mystique, une forme d'extase, telle qu'en ont connue les grands mystiques Jean de la Croix et Thérèse d'Avila, où le discours intellectuel est porté par «une émotion profonde». C'est une «mise en question (à l'épreuve) dans la fièvre et dans l'angoisse, de ce qu'un homme sait du fait d'être». L'idée même d'«expérience intérieure» peut sembler contredire celle de maîtrise, qui existe aussi chez Quignard, mais cette expérience et cette forme d'autorité, qui font de lui un maître de lecture, me permettent de penser ma propre expérience. Car, si la lecture est un processus mental de compréhension consistant à «faire coller des possibilités de valeur ou de sens» pour ensuite les fixer au moins temporairement, elle est, en son fondement, un processus de reconnaissance de ce qui en soi n'est pas connu. Elle exige du lecteur son retrait dans la solitude. A ce prix, elle est, en deçà des mots, un partage secret. Les liens imaginaires, entre soumission et prédation, que nouent grâce à elle le lecteur et l'écrivain, sont empreints de l'animalité présente au coeur de chacun. Pour les dénouer, il revient au lecteur de les analyser, de les mettre à distance pour les constituer à son tour en expérience de pensée, puis de refermer le livre pour créer, vivre et aimer. I. PARTAGER UN SECRET Que se passe-t-il quand nous lisons ? Pourquoi parfois entrons-nous dans un livre sans pouvoir en sortir ? Sans doute parce que, dans la lecture, nous sommes dans l'attente de ces instants de bonheur que procurent des retrouvailles attendues. C'est ce que chacun peut ressentir au contact, non seulement d'un livre, mais d'une oeuvre d'art, d'une peinture ou d'un morceau de musique, et que traduit l'expérience que fait Édouard, le héros des Escaliers de Chambord, quand il manque de «marcher sur une petite barrette d'enfant bleue en plastique représentant une grenouille 3» sans valeur jetée au bord du chemin. Il la ramasse comme un trésor sans comprendre pourquoi il y attache un tel prix. La barrette erre en lui comme un fantôme. Elle le bouleverse. Elle le poursuit comme un cauchemar. Il comprend qu'elle détient une «espèce de secret absolu» de sa vie. Elle est en lui comme quelque chose d'imprévu, d'impréparé, qui a surgi comme une lave en fusion que rien n'arrête. Comme une faillite de sa mémoire qui le met en contact avec une antériorité indiscernable. Cette scène est paradigmatique de ce qui se passe dans la lecture. Lire est le retour brusque de quelque chose de «perdu», en fait de secrètement attendu, de sensations confuses dont la puissance submerge. (...)
Pascal Quignard, l'un des écrivains majeurs de la modernité, a publié à ce jour plus de quatre-vingts livres : traités, contes, romans et les neuf volumes de son Dernier royaume, tissés de ses lectures et de très nombreuses mentions autobiographiques. A partir de rencontres, d'entretiens, de documents d'archives et de la collecte de nombreux faits, Agnès Cousin de Ravel met en lumière les liens qui unissent les vies de Pascal Quignard et ses créations ainsi que la distance qui les sépare parfois. Ce livre retrace les origines de la famille paternelle et maternelle de l'écrivain et trois périodes de sa vie : 1948-1969, son enfance et son adolescence, 1969-1994, sa carrière de lecteur, éditeur, secrétaire général chez Gallimard et d'écrivain de plus en plus reconnu et depuis 1994, sa vie consacrée à ses créations littéraires, musicales et à ses performances. De l'Alsace des Quignard organistes à Sens et à Paris, en passant par de nombreux lieux (Ancenis, Verneuil, le "Bergheim" de la jeune allemande Cäzilia Müller, Le Havre, Sèvres et bien d'autres) qui de près ou de loin ont joué un rôle dans la vie de créateur de Pascal Quignard, ce livre est aussi, pour qui voudrait étudier les vies de Pascal Quignard, une mine de ressources bio-bibliographiques : une bibliographie complète de ses livres et de leurs traductions, la liste de ses collaborations avec peintres et musiciens, de ses créations pour les arts du spectacle (co-créations et performances) et l'essentiel de la bibliographie critique.
Résumé : Cet ouvrage d'initiation au programme du bac de français de l'an 2000 rassemble les analyses sur les trois thèmes : une comédie du XVIIIe siècle envisagée selon la représentation des rapports des maîtres et des valets, les Châtiments de Victor Hugo et le roman naturaliste illustré par un roman de Zola ou un roman de Maupassant. Cette étude propose une approche de chacune des trois parties du programme, mise en contexte, compréhension et lecture. Les élèves des classes de première y trouveront les pistes de lecture et les outils indispensables pour maîtriser plus rapidement des ?uvres très diverses, appartenant aux grands genres de la littérature et pour être plus rapidement efficaces dans la préparation de l'épreuve anticipée de français.
Daudet Alphonse ; Cousino De banuelos paola ; Laur
La liberté est-elle dangereuse ? Blanquette est éprise de liberté, son propriétaire, lui, veut la protéger... Mais que faut-il interpréter de cette protection ? Ses intentions sont-elles si louables ? Redécouvrez cette fable misogyne et liberticide plus que jamais d'actualité, avec la préface piquante de Simone Wapler et les illustrations hautes en couleurs de Paola et Yoann Laurent-Rouault. Publiée dans le fonds littéraire international Memoria Books, cette fable est à redécouvrir dans son intégralité, avec un regard inédit et un dossier documentaire illustré.
Mobiles, interactifs, capables de communiquer, les robots peuvent-ils pour autant "penser" ou prendre des décisions à la place des humains ? Faut-il les considérer comme des agents moraux ayant une "autonomie" ou leur donner un statut juridique particulier ? Qui est alors responsable de leurs actions - le concepteur informaticien, le fabricant industriel, l'usager consommateur ? Pour quelles finalités tous ces robots sont-ils conçus ? Depuis peu, le public a découvert comment des robots pouvaient remplacer l'être humain dans un nombre croissant d'activités économiques, sociales et politiques. Les robots-drones sont utilisés dans les conflits armés ou encore dans des contextes non armés pour la surveillance ou l'assassinat ciblé. Des robots aux formes androïdes ont fait leur apparition dans le domaine de la santé et du bien-être. Dans les hôpitaux, des robots opèrent sous la direction du chirurgien, d'autres robots aux formes animales deviennent des "compagnons" pour les personnes âgées. Dans des écoles, des robots sont utilisés par des enseignants pour l'apprentissage des langues ou des matières scientifiques. Dans des maisons, des robots de service aspirent la poussière des tapis tandis que des jouets-robots s'occupent des enfants. Dans le domaine de l'agriculture, des robots traient les vaches et nettoient l'étable. Dans les usines, les robots accélèrent la productivité et l'efficacité de la production industrielle. Tous ces robots qui remplacent les êtres humains dans des tâches devenues "robotisables" font-ils de notre société "une société robotisée" ? Tant par la réflexion théorique qu'à l'aide d'exemples précis, cet ouvrage multidisciplinaire examine comment les robots modifient la qualité de nos relations humaines, en quoi ils transforment certaines valeurs fondamentales comme la liberté et l'égalité, ou encore de quelle façon ils entraînent des changements sociaux et culturels, par exemple dans nos relations aux animaux ou à l'environnement.
Cénat Jude Mary ; Cyrulnik Boris ; Dérivois Daniel
Même si, avec plus de 200 000 morts et des dizaines de milliers de blessés, le séisme du 12 janvier 2010 a déjà suscité nombre de réflexions sur l'histoire et la population haïtiennes, on a rarement l'occasion de lire des témoignages aussi poignants ainsi qu'une fine analyse des traumatismes et de la résilience des survivants. Tout le monde s'en souvient : isolés, sans abri, sans nourriture, débordés par la dévastation et dans l'attente des secours, les insulaires ont vécu parmi les morts et avec les morts pendant de nombreuses semaines. Ces témoignages de survivants nous font précisément entrer dans cet enfer, dans le récit d'une souffrance insupportable, mais qui refuse toute attitude condescendante. Par-delà blessures et amputations, le dialogue avec l'auteur laisse lentement apparaître les voies salutaires de la résilience, une sortie proprement humaine vers la vie, comme une renaissance que donne en partage le peuple haïtien à l'humanité entière. Cela nous donne un ouvrage touchant, rigoureux et engagé. Un ouvrage édifiant.
Nous vivons une époque paradoxale : les extraordinaires progrès scientifiques et techniques des dernières décennies ont bouleversé notre existence, mais, dans le même temps, un fulgurant retour de la barbarie sape nos valeurs laïques fondamentales, héritées des Lumières. Religions et utopies sociales, ces illusions dangereuses constituent la pire malédiction de l'humanité ; elles assaillent notre liberté de penser et de nous exprimer librement. Elles nous imposent leurs critères absolutistes du Bien et du Mal ainsi leur foi dans un au-delà ou un avenir radieux chimériques. Leur but est évident : nous empêcher de vivre sereinement et nous priver du bonheur quotidien. Dès lors, l'alternative est tranchée : Homme ou Dieu ? Raison ou foi ? Plaisir ou ascèse ? Vivre ici et maintenant ou attendre la vie après la mort ? Ce livre très documenté n'en est pas moins un ouvrage grand public : écrit dans un style simple et accessible, il se veut un essai-coup de poing, un pamphlet choc et sulfureux pour nous libérer des fausses promesses et des mensonges qui nous emprisonnent.
Lapointe Pascal ; Dupont Christophe ; Boileau José
L'information est un service public essentiel. Sans information, comment prendre des décisions éclairées sur les enjeux de société de l'heure ? La question est devenue encore plus importante à l'heure des réseaux sociaux, qui fournissent de l'information en abondance, mais sans vérifications ni préférences pour des sources crédibles. Pour ce faire, il faut des journalistes et des médias dignes de ce nom. Comment la nouvelle génération de journalistes va-t-elle réussir à se sortir de cette situation ? Comment trouver du travail et des contrats lucratifs tandis que les médias peinent à survivre et à trouver un "modèle d'affaires " ? Que signifie concrètement devenir journaliste indépendant, ou pigiste, ou entrepreneur, dans la crise actuelle des médias ? Quelles sont les habiletés dont un "nouveau journaliste " a besoin, au-delà des compétences de base qu'on enseigne dans les écoles de journalisme ? Comment la nouvelle génération de journalistes va-t-elle réussir à maintenir la liberté de la presse à travers ce dédale ? S'ils peinent à trouver du boulot, qu'ils deviennent journalistes indépendants, les nouveaux journalistes tireront-ils leur épingle du jeu ? Cet ouvrage s'adresse aux journalistes indépendants, pigistes ou blogueurs ou aux équipes qui songent à créer un nouveau média. Il leur apportera ce temps essentiel de réflexion pour mieux saisir les enjeux de la profession et relever leurs manches, à l'heure de la communication planétaire, des algorithmes et des inquiétudes sur l'avenir de la profession.
Résumé : "Cette littérature a commencé avec la négritude. Des idéologues de chez eux (les Occidentaux), pour justifier l'esclavage et la colonisation, avaient décrété que le nègre n'avait pas d'histoire parce que son histoire n'était pas écrite. Il s'est trouvé des Africains de chez nous pour le désir d'Afrique, qui se sont armés de la plume. Ils ont démontré que l'Afrique, le premier continent de l'humanité, avait ? écrites ou non écrites ? de multiples traces de son passé multimillénaire. Ils (les idéologues de chez eux) avaient arrêté que nous étions sans culture. On leur a répondu que les Africains de la plus longue histoire de l'humanité avaient la culture la plus riche de l'univers [Mongo-Mboussa] rappelle qu'au début nous savions à peine écrire le français, nous étions un tirailleur sénégalais. Puis ce furent des étudiants, la faim au ventre, qui reprirent le flambeau. Et quand ils quittèrent les universités, devinrent des intellectuels, prirent la relève des étudiants, ce fut pour aller à l'exil. C'est l'exil qu'ils ont continué à écrire. [...] M. Mongo-Mboussa a écrit un livre important sur la littérature africaine, un livre important pour l'Afrique." Ahmadou Kourouma On attend de la littérature africaine qu'elle soit à la fois exotique, porteuse d'une certaine oralité et conforme aux canons classiques du marché européen. Cet essai permet de comprendre un des paradoxes qui pèsent sur les auteurs africains.
Résumé : "On aura peut-être été un peu surpris de voir dans ces discours l'accent porté par Camus sur la défense de l'art et la liberté de l'artiste - en même temps que sur la solidarité qui s'impose à lui. Cela faisait certes partie de ce que lui dictaient les circonstances et le milieu où il devait les prononcer, mais il est certain que Camus se sentait accablé par une situation où, selon ses propres paroles, "le silence même prend un sens redoutable. A partir du moment où l'abstention elle-même est considérée comme un choix, puni ou loué comme tel, l'artiste, qu'il le veuille ou non, est embarqué. Embarqué me paraît ici plus juste qu'engagé". Et malgré une certaine éloquence - qu'on lui reprochait également - il se sentait profondément concerné et douloureusement atteint par un conflit qui le touchait jusque dans sa chair et dans ses affections les plus enracinées", Carl Gustav Bjurström.
Résumé : "Leurs yeux se rencontrèrent" : ces scènes de première rencontre qui font la force des grands romans, de Madame Bovary, de La Chartreuse de Parme, surgissent aussi entre les livres et nous. On m'a souvent demandé : "Comment avez-vous connu Proust ? " comme si j'avais pu l'aborder (ce que je n'aurais jamais osé faire), comme si j'avais été un témoin privilégié de sa vie, comme s'il avait été un de ces amis dont on écrit l'histoire. Ami, on l'est sans doute plus quand on ne connaît que l'oeuvre que lorsqu'on ne connaît que l'homme. Ce recueil rassemble dix ans de critique proustienne. Le hasard des commandes, ou des envies, dessine "à l'horizon peut-être, une constellation". C'est l'occasion de développer des thèmes, de Pompéi aux jardins, des contemporains à peine entrevus, Romain Rolland, une voisine du boulevard Haussmann, un prince monégasque, de reparler des personnages du roman. Des promenades, des variations, des découvertes : une photo inconnue et qui bouleverse notre connaissance de la biographie, une lettre inédite et mystérieuse. Le premier volume du cycle de "La Petite Histoire" de Lenotre, passion de mon enfance, portait le titre de Napoléon : Croquis de l'épopée. C'est ce que je propose ici, au sujet de Proust, parce que l'écriture de la Recherche et le livre lui-même en furent bien une : des croquis de l'épopée.
Le roi Salomon suppliait l'Eternel de lui accorder un coeur intelligent. Au sortir d'un siècle ravagé par les méfaits conjoints de la bureaucratie, c'est-à-dire d'une intelligence purement fonctionnelle, et de l'idéologie, c'est-à-dire d'une senti-mentalité binaire indifférente à la singularité des destins individuels, à quelle instance adresser cette prière? Ce livre répond: à la littérature. Me fiant à mon émotion, j'ai choisi neuf titres:"La Plaisanterie"de Milan Kundera,"Tout passe"de Vassili Grossman,"Histoire d'un Allemand"de Sebastian Haffner,"Le Premier Homme"d'Albert Camus,"La Tache"de Philip Roth,"Lord Jim"de Joseph Conrad,"Les Carnets du sous-sol"de Fédor Dostoïevski,"Washington Square"de Henry James et"Le Festin de Babette"de Karen Blixen. Et je me suis efforcé de mettre dans mes lectures tout le sérieux, toute l'attention que requiert le déchiffrement des énigmes du monde". Alain Finkielkraut.