Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Lettres d'engueulade. Un guide littéraire, Edition revue et augmentée
Coudray Jean-Luc ; Caumont Alban
ARBRE VENGEUR
14,00 €
Épuisé
EAN :9782379411359
Les indélicats, les malpolis, les importuns, les égoïstes, les abrutis, les grandes gueules, les arrogants, les prétentieux, hommes ou femmes (quand ce ne sont pas les animaux et les objets), ont souvent tendance à nous abîmer le quotidien quand ils ne nous gâchent carrément pas la vie. Mais il n'est pas toujours commode d'exprimer ce que l'on pense de leurs attitudes et leurs mauvaises manières. L'insulte n'apaise que rarement l'être civilisé. Jean-Luc Coudray a quant à lui choisi de rester calme en s'interdisant de se mettre en colère ailleurs que devant son clavier. Mais là, quelle revanche ! Adepte d'une logique inoxydable, sujet à une mauvaise humeur à toute épreuve, il écrit des lettres bien senties à ses ennemis, souvent invisibles, et calme ainsi ses amères ruminations. Il réussit surtout à nous venger de tous ceux sans qui la vie serait un havre de douceur et de quiétude.
Résumé : "Pendant quelques jours, avec ses moquettes, ses tables, ses éclairages, ses mini salons d'interview, [le salon du livre] reconstitue une micro société, théâtralisation dans laquelle les auteurs sont à la fois pions et acteurs. Cette caricature met en scène, dans une sorte d'exacerbation, les éléments qui réduisent les auteurs à des produits : monstration, mise en concurrence, substituabilité, classification, performance, bénévolat, authenticité naïve." Ce pamphlet s'insurge contre le développement des dédicaces dans les festivals culturels de tout genre. A travers une analyse pertinente du phénomène depuis son apparition, Jean-Luc Coudray, scénariste reconnu, décrit les dérives de cette tradition généralisée et propose des solutions alternatives que les auteurs semblent plébisciter. Un ouvrage salutaire.
Qui sont ces gens dont les corps se parent d'objets de nature? Par quel chemin sont-ils venus au monde en ignorant tout de la Bible ? Je les trouve plus beaux que les Européens, plus unis dans leurs gestes. On dirait qu'ils ne souffrent pas. Savent-ils qu'ils sont en vie ? " Extrait du journal de Robinson.
Que nous disent les feux rouges ou la carrosserie de notre imprimante? Pourquoi les magazines pour enfants tutoient-ils leurs lecteurs? Pourquoi avons-nous des nains de jardin et des nounours? Y a-t-il une publicité invisible? Pourquoi la croissance empêche-t-elle de penser? De quoi libère le libéralisme? Pourquoi sommes-nous condamnés au travail? Quel est le lien entre les marques et le territoire? Pourquoi la télévision remplace-t-elle les arbres? A quoi sert la bêtise? Confrontant la réflexion politique et écologique à des valeurs, et donnant à la sensibilité et à l'humour une place qu'ils n'auraient pas perdre, ce livre ne propose pas de théorie toute faite pour assurer la survie de l'espèce. Mais à travers ses chapitres brefs et pénétrants, qui sont autant d'analyses de la réalité concrète dans laquelle nous vivons, il nous invite à reprendre à notre compte et à poursuivre l'interrogation. Et nous suggère que, pour remettre sur ses pieds un monde qui marche sur la tête, c'est en chacun de nous que doit s'opérer le rétablissement.
Que se passe-t-il quand un écrivain, par nature voué au confinement quotidien, se voit rejoint par l'ensemble d'une population qu'on invite à rester cloîtrée ? Au pire il écrit ce qui lui arrive pour constater que ses congénères font comme lui et se racontent à grand renfort d'adjectifs égotistes et d'évidences narcissiques. Engagé dans L'Autofictif depuis treize ans, Eric Chevillard a pris l'habitude de concentrer en quelques phrases l'expérience d'une journée ou d'un moment, faisant d'une contrainte une stimulation. Avec Sine die (à l'origine à une commande du journal Le Monde venue se greffer à l'entreprise journalière), il réinvente le reportage immobile, le voyage autour de ma chambre (et mon jardinet), il s'amuse à voir son univers si habituellement balisé éclater en bulles inattendues, laissant venir à lui de dérisoires mais souvent hilarantes épiphanies.
Sémion Ivanovitch Nevzorov croit son heure arrivée quand une Tzigane lui annonce une vie de richesses et de réussites. Ce petit employé de bureau, aiguillonné par une ambition qui se réveille, va déployer dans l'opportunisme aventureux des trésors d'imagination et une capacité à survivre au coeur d'une Russie en pleine ébullition révolutionnaire. Comte de pacotille, comptable pour des brigands, espion pour les Blancs, trafiquant quand il n'organise pas des courses de cafards, il enchaîne à un rythme endiablé les métamorphoses sans cesser de croire à son destin, devenant le héros d'un roman-feuilleton à l'écriture électrique. Un classique russe d'une modernité soufflante.
Surgissant au Nord de la France, la maladie bleue s'attaque aux métaux qu'elle détruit impitoyablement et se répand dans l'Europe avant de gagner le monde entier. Engendrant un chaos sans nom qui révèle les pires penchants de l'espèce humaine, cette apocalypse inattendue va réveiller une humanité endormie, la pire qui se déchaîne, et la meilleure qui va trouver une occasion de rédemption. Politique, satirique, saisissant dans sa peinture des moeurs et des comportements, La mort du fer impressionne par sa capacité à nous emporter dans une fable réaliste et sa volonté de nous édifier sans cesser d'être littéraire. Un petit chef-d'oeuvre inconnu du roman d'anticipation.
Publiés dans la presse à un rythme soutenu, les contes de Mirbeau ont souvent été négligés par leur auteur qui les prétendait alimentaires... Et pourtant quelle nourriture pour l'esprit ! Leur exhumation par sa veuve a permis de redécouvrir à quel point ils étaient subversifs et drôles. Composés pour une presse bourgeoise, ils s'en prennent à la bonne conscience, au confort moral et intellectuel de lecteurs qu'ils espèrent bousculer. Car l'auteur du Journal d'une femme de chambre n'a jamais renoncé à effaroucher ces hommes qui ruminent dans un troupeau voué à l'abattoir sinon aux urnes... Grand démystificateur mais surtout écrivain brillant dont la modernité impressionne, il manie le tragique, le comique et te grinçant pour s'en prendre au cynisme, au cléricalisme, à l'hypocrisie, au nationalisme : à l'insondable bêtise en somme. Polémiques, radicaux, ces textes témoignent de la vigueur de l'un des auteurs les plus saisissants et les plus inspirés de la supposée "Belle Epoque"...