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Les Serfs de Saint-Claude. Etude sur la condition servile au Moyen Age
Corriol Vincent ; Bourin Monique
PU RENNES
22,00 €
Épuisé
EAN :9782753509573
Le maintien d'une différence fondamentale de statut entre libres et non libres constitue une des caractéristiques majeures de la société médiévale; et cette dépendance se fait d'autant plus marquée que les franchises des XIIe et XIIIe siècles caractérisent un nombre croissant de communautés. La servitude présente ce paradoxe troublant d'un statut théorisé par les légistes mais qui dans la réalité s'éparpille en une infinité de variantes. La difficile appréhension du servage réside en ce paradoxe: définir ce qui, au-delà des variations locales, fait du servage un des piliers de la seigneurie et du système social du Moyen Age. Héritière d'une histoire pluriséculaire, l'abbaye de Saint-Claude constitue un exemple de ces grandes seigneuries ecclésiastiques impériales, caractérisées par le maintien jusqu'à une date tardive d'une servitude étendue à toutes les populations rurales de son domaine. La servitude sanclaudienne participe de ce mouvement général de durcissement des conditions de dépendance que l'on observe en Occident à la fin du Moyen Age. Elle en possède les caractéristiques essentielles, où derrière la relation personnelle qui unit le serf à son maître se lit la volonté de contrôler la terre et les hommes. Mais loin de n'être qu'un outil fiscal ou un instrument d'oppression de la paysannerie, le servage constitue un phénomène pleinement sociologique. La mise en place et la généralisation du statut au cours du \Ive siècle révèlent le poids considérable des communautés rurales, qui viennent s'interposer entre le seigneur et ses hommes, médiatisant un rapport personnel qui tend à s'alourdir. Le servage sanclaudien n'est en rien un servage résiduel, qui ne pèserait que sur les plus pauvres. Les paysans bénéficient même collectivement de droits étendus; c'est sans doute dans ce balancement entre le collectif et l'individuel que l'on peut chercher une explication à la mise en place du servage.
Tout est dit dans ce titre même si, à l'évidence, le temps perdu ne se rattrape guère ! Car ce court récit, qui s'est voulu témoignage pour retrouver les traces de six Guinéens, tirailleurs sénégalais, fusillés à Clamecy le 18 juin 1940, prend en réalité une signification beaucoup plus profonde. Il est primordial de ressentir l'urgence pour la jeunesse guinéenne, pour les étudiants en histoire, les chercheurs de s'emparer d'un sujet pour eux incontournable, celui de l'histoire de leur pays : la Guinée. Cette histoire est à écrire, au-delà même de celle plus particulière de ces tirailleurs sénégalais. Ecrire l'Histoire, c'est bâtir les fondations d'une nation en émergence et, pour cela, il ne sera jamais trop tard !
Ce numéro de Parlement[s] répond à la nouvelle question du CAPES consacrée à la construction de l'Etat monarchique en France de 1380 à 1715. Classique s'il en est, celle-ci n'en garde pas moins tout son intérêt et sa pertinence. Depuis Tocqueville, les historiens, français et étrangers, ont en effet sans relâche approfondi, élargi, précisé, nuancé leurs analyses en les nourrissant des acquis de l'histoire économique, sociale et culturelle. Dès lors, cette question permet d'apporter aux futurs enseignants du secondaire des outils d'analyse utiles aussi pour comprendre notre monde contemporain. Car au fond, par-delà les siècles, c'est toujours la même et fascinante question de savoir comment s'articule la relation entre les habitants d'un territoire (ou d'un agrégat de territoires), et cette entité nommée par convention "Etat" qui exerce directement ou non les fonctions de défense, de contrôle et de régulation souvent avec, et souvent aussi contre, ces mêmes habitants. Les dix-sept commentaires de documents textuels et iconographiques ici réunis, interrogent le processus de construction mais aussi de résistance de cet édifice qui ne se définit que peu à peu. Ils ont été rédigés par des spécialistes qui ont voulu aborder le sujet "par le haut" , mais aussi "par en bas" en tenant compte de la parole politique des gouvernés. L'ensemble permet ainsi de saisir la construction progressive d'un véritable espace public, de la mort de Charles V à celle de Louis XIV.
Aurell Martin ; Baury Ghislain ; Corriol Vincent ;
Situé sur un axe assurant la jonction entre Aquitaine au sud et le pôle anglo-normand au nord, le comté du Maine, contrôlé par la dynastie Plantagenêt depuis le début du XIIe siècle, occupe paradoxalement une place marginale dans l'économie et le pouvoir des comtes d'Anjou, devenus rois d'Angleterre avec Henri II. Cette situation stratégique en fait un cas d'étude remarquable : espace périphérique dans l'ensemble politique et économique Plantagenêts, le comté revêt cependant une importance capitale lors de l'affrontement entre Philippe Auguste et les souverains anglais. Les études ici réunies permettent d'éclairer les différents aspects de l'implantation, de la circulation et de la représentation d'un pouvoir qui ne fait bien souvent que traverser le comté mais n'y réside jamais de manière durable. L'exemple du comté du Maine permet de porter un regard neuf sur l'exercice du pouvoir dans l'ensemble plantagenêt, lui conférant ainsi une valeur exemplaire. Il invite à réexaminer les pratiques du pouvoir en terme de représentation locale et de négociations avec les pouvoirs en place, révélant un équilibre subtil des forces en présence que les Plantagenêts s'efforcent de maintenir en leur faveur. C'est enfin l'occasion de mettre en lumière les dernières recherches concernant les éléments majeurs du patrimoine manceau, comme l'abbaye de l'Epau, l'hôtel-Dieu de Coëffort ou le portail royal de la cathédrale Saint-Julien du Mans, dans lesquels les souverains Plantagenets et leurs proches investissent, comme autant de jalons matériels de leur pouvoir.
L'auteur de ce livre a souhaité faire partager le récit de sa rencontre avec un pays, un peuple et ses artistes, et non raconter l'histoire d'une mission culturelle en Guinée. Rencontre forte, passionnément subjective, voilà cinq années où, comme directeur du Centre culturel franco-guinéen (CCFG) pour le compte du ministère français des Affaires étrangères, il aura essayé de faire vivre cette maxime de Rabelais : "Chose divine, non de prendre et recevoir, mais d'élargir et de donner".
L'histoire des poches de l'Atlantique reste largement méconnue, fragmentée en de multiples récits locaux décrivant largement les combats et les combattants ou les souffrances des civils, sans analyser les enjeux politiques et militaires, sans présenter l'avant et l'après. Cet ouvrage ne prétend pas à l'exhaustivité, mais revient sur des thématiques méconnues ou des réalités souvent complexes. L'ouvrage s'organise en cinq parties : une première revient sur la constitution et l'histoire de ces fronts en distinguant deux réalités très différentes, les poches bretonnes et celles du sud-ouest.Une seconde partie s'intéresse aux enjeux de ces ports forteresses pour les belligérants, les Allemands et les Français. Les assiégés et les assiégeants sont au coeur de la troisième partie, en posant le regard sur les exemples concrets de Lorient et de Saint-Nazaire, mais également sur les combattants, les FFI, les forces françaises et les troupes de l'Est. La quatrième et la cinquième partie renouvellent l'histoire des poches en abordant des sujets originaux, la Libération et sa planification, l'épuration, la restauration de l'Etat, la reconstruction, en particulier par l'exemple de Saint-Nazaire, puis la mémoire et les commémorations.Cet ouvrage apporte une vision différente et originale de l'histoire singulière de ces poches de l'Atlantique.
Subjectivités numériques et posthumain s'inscrit dans le sillage de l'ouvrage PostHumains : frontières, évolutions, hybridités publié dans la collection "Interférences" des presses universitaires de Rennes. Ce recueil était davantage consacré aux mutations, évolutions et hybridations du corps dans un devenir posthumain. Ce livre propose d'explorer l'imaginaire associé à l'émergence d'une subjectivité numérique dans la période contemporaine de l'hyperconnectivité et du développement de l'intelligence artificielle. Tout comme dans la perspective d'une corporéité posthumaine, un esprit qui ne serait plus ancré à un corps organique suscite de nombreuses réflexions et mises en fiction. L'approche proposée dans ce livre est par ailleurs fondamentalement interdisciplinaire car les questionnements relatifs aux devenirs de l'humain et à la définition de son identité que déclenche le posthumain sont universels.
Le Bon Marché, les Galeries Lafayette, le Printemps, Le Bazar de l'Hôtel de Ville : ces enseignes aux noms évocateurs désignent des grands magasins. Temples de la consommation et symboles d'une société qu'ils ont contribué à produire, ils attirent depuis la fin du XIXe siècle des clients à la recherche d'affaires, parfois, et de distinction, souvent. Mais les grands magasins sont aussi des lieux de travail. Or, de ses travailleuses, on connaît peu le quotidien, sauf à se contenter des observations faites il y a plus de cent trente ans par Emile Zola dans Au Bonheur des Dames. A partir d'une longue enquête de terrain par entretiens et observation participante, cet ouvrage invite le lecteur dans les rayons d'un grand magasin prestigieux, que l'on appellera le Bazar de l'Opéra, afin d'y découvrir le travail de la vente (ses techniques, ses contraintes, mais aussi ses réjouissances) et les trajectoires de celles qui l'effectuent. Son objectif est de contribuer à la compréhension d'un travail, celui de la vente, et d'un ensemble de la société française, celui des employés de commerce.
Une histoire du peuple de Bretagne, de la Préhistoire à nos jours. Les histoires de Bretagne ne manquent pas... Mais celle-ci adopte un point de vue inédit : celui des paysans, des ouvriers, des marins, celui des hommes et des femmes sans histoire, sans papiers. Elle porte attention aux plus humbles, pas seulement aux puissants ; s'intéresse à la vie concrète et aux rêves qui s'y enracinent, pas seulement aux couronnements et aux batailles ; risque d'autres chronologies ; ruine quelques évidences... La crise économique de l'âge du fer, l'arrivée des Bretons en Armorique, la condition paysanne pendant la féodalité, la révolte des Bonnets rouges, la traite négrière, la Révolution et la Chouannerie, le développement du chemin de fer, l'émigration bretonne, la Grande Guerre, la Résistance, la crise du modèle agricole breton, Notre-Dame-des-Landes... Autant de moments de notre histoire examinés d'un oeil neuf. Emergent ainsi de nouvelles figures, émouvantes ou pittoresques, jusque-là noyées dans l'anonymat des siècles. Et de nouveaux sujets : manger à sa faim, lutter pour sa dignité, découvrir de nouveaux horizons, accéder au savoir, devenir citoyen... Pas de jargon, un rythme de lecture facile : cette histoire a été rédigée avec le souci de s'adresser au plus grand nombre tout en obéissant à la rigueur du métier d'historien. Ce livre a été rédigé par trois historiens et un journaliste : Alain Croix, Thierry Guidet, Gwenaël Guillaume et Didier Guyvarc'h. Ils sont les auteurs de nombreux autres ouvrages dont, chez le même éditeur, l'Histoire populaire de Nantes.