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Linguistique et logique naturelle
Coquet Jean-Claude ; Lakoff George
KLINCKSIECK
27,00 €
Épuisé
EAN :9782252018989
La grammaire donne des règles, mais elle ne dit rien sur la façon dont se construit la signification. Dans ce texte, George Lakoff cherche à percer les mécanismes du sens en abordant la grammaire sous l'angle de la logique naturelle. Celle-ci se distingue de la logique formelle par le fait qu'elle est étroitement liée aux propriétés du langage. Ainsi, la structure logique d'une phrase est assimilée à sa structure sémantique.Cet ouvrage est l'une des contributions essentielles à un courant de réflexion connu sous le nom de "sémantique générative". Indispensable au spécialiste, il intéressera également le profane : l'on y trouve disséqués un certain nombre de phénomènes passionnants, comme la présupposition, qui permet de signifier sans dire. Grâce à l'analyse détaillée d'exemples abondants, le lecteur peut apprécier l'incroyable richesse du langage et mieux comprendre sa complexité. --Guillaume Segerer
Résumé : En 1966 paraissait le premier volume des Problèmes de linguistique générale d'Emile Benveniste, mettant sous le coup des projecteurs les travaux d'un des plus grands savants du XXe siècle. En 1976 s'éteignait, dans la discrétion, après sept années d'aphasie et d'immobilité, un auteur et professeur dont la recherche inépuisable dans le domaine du langage avait été l'unique projection de sa vie. La publication, en 2012, des Dernières leçons, Collège de France 1968, 1969 est venue bousculer nos savoirs établis sur l'écriture. Le présent ouvrage offre une réflexion multipolaire sur un domaine dont l'emprise sur toutes les activités humaines n'est plus à décrire. Deux textes inédits d'Emile Benveniste ouvrent ce livre qui réunit, sous la direction d'Irène Fenoglio, des contributions de Jean-Claude Coquet, Julia Kristeva, Charles Malamoud et Pascal Quignard. Chacun d'entre eux s'interroge, en lecteur et admirateur d'Emile Benveniste, sur l'histoire profonde, les fondements, les représentations et les pratiques de l'écriture. A partir de leur domaine de connaissance (sémiotique, linguistique, psychanalyse, anthropologie, littérature) ils évoquent ce que fut pour eux et pour des générations entières cet homme de grande retenue au savoir immense et lumineux. Pour accompagner leurs réflexions, de nombreux documents inédits et fac-similés sont ici reproduits.
Comment ouvrir au langage les frontières de la réalité donnée où nous habitons ? ", se demandait Levinas. La question première devrait être plutôt : est-ce que le langage peut s'ouvrir à la réalité donnée où nous habitons ? Et si oui, comment procède-t-il pour associer et dissocier ce qui appartient aux " choses " (à la phusis) et à l'" esprit " (au logos) ? On le sait, la pensée dominante privilégie la part du logos et méconnaît celle de la phusis. Adoptant la visée d'une phénoménologie du langage, l'auteur nous invite à ne pas craindre d'articuler le logos à la phusis.
Coquet Jean-Claude ; Costantini Michel ; Kharbouch
Dans la communication prononcée en 1951 au colloque international de phénoménologie de Bruxelles, Maurice Merleau-Ponty renvoie à un élève de Husserl, Hendrik Pos, pour qui la phénoménologie du langage est conçue "comme retour au sujet parlant, à mon contact avec la langue que je parle". Retour au "langage comme mien", dit encore Merleau-Ponty, qui met ainsi le parlant en évidence, comme Aristote et Benveniste avant lui, d'où cet axe auquel je me réfère : Aristote, Benveniste et Merleau-Ponty. Aristote place à l'origine du langage la voix qui traduit les affects (et dans un second temps la pensée), puis l'écriture qui relaie la voix. Benveniste ne dit pas autrement. Ainsi s'établit la relation constituante entre la phusis et le logos. Du côté de la phusis, ce que Husserl nomme "l'incarnation linguistique" et Benveniste "l'inscription" de l'expérience humaine dans le langage : "Elle est là, inhérente à la forme qui la transmet". Il revient à l'énonciation, ajoute Benveniste, de la "faire jaillir". On comprend pourquoi Pos insiste sur le "contact" avec la langue et ce que l'on peut attendre de cette proximité. Quant au logos, il traduit ce que la phusis lui donne. Cette répartition des fonctions a été notée par le philosophe Cassirer, relais précieux entre Aristote et Benveniste. Phusis et logos - dit encore Merleau-Ponty - forment une unité, "une jonction", qui apparaît chez Aristote non pas comme accidentelle mais comme nécessaire. Elle permet deux manières de dire que transcrivent, selon moi, les prédicats somatiques et les prédicats cognitifs. C'est ce champ que j'ai voulu explorer et dont mes recherches témoignent. "
Des débuts de la littérature américaine jusqu'au XXe siècle, les écrivains et les intellectuels américains éprouvèrent le besoin de visiter l'Europe pour évaluer la civilisation dont ils étaient séparés et se situer par rapport à elle. Ils croyaient à l'infériorité intellectuelle de l'Amérique et pensaient que leur éducation ne serait complète que lorsqu'ils auraient pris contact avec une civilisation plus ancienne. La tendance à l'expatriation de l'intelligentsia américaine trouve donc son origine dans les liens traditionnels et culturels qui rattachaient le Nouveau Monde au Vieux Monde.