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La Sicile, promenade
Consolo Vincenzo ; Manganaro Jean-Paul
NOUS
16,00 €
Épuisé
EAN :9782370841490
Vincenzo Consolo propose dans ce livre une longue et intime "promenade", un voyage dans l'histoire de l'île, sa culture, ses traditions et rites singuliers, un voyage intense au coeur de la Sicile, avec tous ses paradoxes et sa complexité. Nombreux ont été les grands écrivains voyageurs en Sicile - la liste serait longue de Goethe à Dumas, Renan, Maupassant - qui ont communiqué leur émerveillement à leurs lecteurs. Mais il s'agit ici d'une promenade, d'une "passeggiata". Ce mot trace un parcours différent, une manière particulière d'arpenter sites et territoires, parce qu'elle a à voir avec un état d'âme, qui confère un statut plus aérien au voyage. Il suffit de suggérer l'essence intime des lieux par quelques traits, tels des souvenirs ou des échos lointains et pourtant agissants. La prose de Consola, bien qu'ayant une dimension lyrique, est légère, quasiment volatile. Le voyage et ses parcours sont comme un battement, d'ailes ou du coeur, toujours délicat, et pourtant dense. C'est une invitation au voyage qui est adressée ici. Invitation à suivre un point de vue qui se fait hauteur, d'où retracer et parcourir montagnes et sites, villes et légendes, styles, de l'antiquité au baroque, jusqu'à nous, jusqu'à nos jours.
Renversant le point de vue des Bourbons de Naples qui voyaient le phare de Messine comme la limite de leur royaume, Vincenzo Consolo se place de ce côté du phare pour nous raconter " son " île. Un retour, donc, pour cet écrivain sicilien installé à Milan, comme ceux qu'il accomplit dans chacun de ses romans, un retour à la fois amoureux et indigné " dans l'île des jardins et des soufrières, des délices et des souffrances, des idylles et des violences, des fleurs d'oranger et du fiel, dans la terre des civilisations et des barbaries, de la science et de l'innocence, de la vérité et de l'imposture ". Ces multiples regards nous introduisent magistralement à la géographie et à l'histoire de la Sicile, de l'épopée du soufre à celle de la pêche au thon, des paysages du détroit de Messine à ceux du Val di Noto ; ils nous présentent sous un jour nouveau les plus grands écrivains siciliens de l'île, de Verga à Pirandello, Tomasi di Lampedusa et Lucio Piccolo, Vittorini et Sciascia ; enfin, ils nous font découvrir de nombreux aspects de la culture sicilienne, y compris dans ses rapports avec le monde arabe. Ainsi se dessine, telle une mosaïque, une nouvelle image de la Sicile, cette terre qui nourrit le style de Consolo, à mi-chemin entre l'essai et le poème en prose.
Dans une longue lettre adressée à son fils, Gioacchino Martinez se confesse. C'est le dernier acte d'une lutte que l'écrivain sicilien a menée en vain toute sa vie, payée avec sa défaite et l'abandon de la plume. La déflagration qui déchire soudainement l'air, l'attentat dans lequel un juge et son escorte trouvent la mort sous ses yeux, consacreront définitivement son silence. Ainsi s'achève un récit douloureux et amer qui, au-delà de l'autobiographie, évoque l'Histoire, celle de la Sicile et de l'Italie, de l'après-guerre à nos jours: car les fautes et les remords qui rongent l'écrivain, les imprécations qu'il lance contre la société qui l'entoure concernent toute une génération, tout un pays. Comme dans un jeu de miroirs, les déplacements d'une ville et d'une époque à l'autre se multiplient et se répondent au gré des souvenirs de Chino: Paris, Milan et Palerme, la violence de la guerre et celle de la mafia, le sentiment de culpabilité pour un parricide présumé et l'incompréhension qui mine les rapports avec son propre fils, son amour pour Lucia, profond et inextinguible, annihilé par la folie, le palmier de son enfance misérablement abattu par la spéculation mafieuse, l'image du justicier au manteau noir dans un film de son enfance et la figure du juge assassiné. Ces cauchemars de l'Histoire, civile et privée, se transforment en poésie qui, dans le dialogue qu'elle entretient avec la grande littérature, rallume sur la page quelques lueurs d'espoir.
Pasolini Pier Paolo ; Chiesi Roberto ; Atzei Patri
La rage est un poème filmique en prose et en vers, un essai polémique mêlant radicalité et lyrisme. On y trouve le Pasolini le plus âpre et le plus clairvoyant. Traduit en français pour la première fois, La rage est le texte littéraire le plus explicitement politique de Pasolini. En interrogeant les événements et la société de son temps, avant l'avènement définitif de l'uniformisation, La rage éclaire aussi, d'une façon saisissante, notre temps. La joie de l'Américain qui se sent identique à un autre million d'Américains dans l'amour de la démocratie : voilà la maladie du monde futur ! Quand le monde classique sera épuisé - quand tous les paysans et les artisans seront morts - quand l'industrie aura rendu inarrêtable le cycle de la production et de la consommation - alors notre histoire prendra fin. La classe propriétaire de la richesse. Parvenue à une telle familiarité avec la richesse, qu'elle confond la nature et la richesse. Si perdue dans le monde de la richesse qu'elle confond l'histoire et la richesse. Si touchée par la grâce de la richesse qu'elle confond les lois et la richesse. Si adoucie par la richesse qu'elle attribue à Dieu l'idée de la richesse.
Dire cela est une traversée dans l'oeuvre de Robert Creeley, un nouveau choix de poèmes qui met en lumière tout un versant secret chez l'auteur américain. Les poèmes, dont certains n'avaient jamais été traduits en français, sont accompagnés d'entretiens inédits de l'auteur avec Jean Daive.
Une terrasse : cette journée où les détails se pressent en terrasse, où le bruit d'une pierre qu'on frotte annonce des éclats d'écriture que tu disposes sur les surfaces voisines, cette surface mince de carte à jouer je l'ai prise une fois pour m'envelopper, voilà cette journée est une carte à jouer je m'enveloppe avec, peut-être que ça me fait un peu tituber.
Articuler entrelace trois motifs, dont la progression est commune. Improviser une parole. Des lettres sont jetées hors les mots. Un poème naît d'une lecture à voix haute. Inventer les pouvoirs d'une phrase. Car les objets d'une phrase nourrissent le corps. Une logique sans maître. Dire les états de langue auxquels nous appartenons. Et, appeler les relations de nos vies, les unes aux autres, libres.