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Ma vie antérieure
Conche Marcel ; Collobert Catherine
ENCRE MARINE
21,00 €
Épuisé
EAN :9782350881867
Après une enfance et une adolescence "en pays sauvage" (Montaigne), mais qui, malgré la place qu'y tint le fastidieux travail, ne furent pas des pires, le temps de la guerre et de la libération, bien que n'ayant pris part ni à l'une ni à l'autre, fut celui où je vécus de la vie la plus intense, où je manifestai le plus d'énergie et où je connus les plus grands bonheurs. Les choix de la jeunesse décident de toute la vie. J'ai eu la chance de prendre, au moment opportun, les décisions pour moi les meilleures, deux surtout, celle de me vouer exclusivement à la philosophie, celle de choisir la compagne la mieux accordée à mon caractère et à mon destin. Il ne s'agit d'ailleurs ici que de moi-même et de ma vie si liée soit-elle à d'autres vies. Je n'ai fait que suivre le vieux conseil de se connaître soi-même et, cela étant, de vivre selon sa vérité, dans l'indépendance à l'égard des influences et des pouvoirs. Je suis tenté de reprendre les mots de Montaigne : "Si j'avais à revivre, je revivrais comme j'ai vécu". Mais n'a-t-il pas observé aussi : "Personne n'est exempt de dire des fadaises" ?
Pour le philosophe, la vérité est au bout d'un long chemin - de réflexions, de méditations, d'analyses. Mais il y a ce qui lui est offert dès qu'il ouvre sa fenêtre le matin : la nature et, avec la nature, la beauté - beauté du ciel et des paysages, des fleuves et des étangs, beauté de la nature elle-même en sa splendeur calme. La vérité est un point d'arrivée, la beauté est un point de départ, car la découverte des beautés du monde est sans fin.
Biographie de l'auteur Marcel Conche, agrégé de philosophie, docteur ès lettres, membre correspondant de l'Académie d'Athènes, lauréat de l'Académie française pour l'ensemble de son uvre, est professeur émérite à la Sorbonne. Il est l'auteur de nombreuses publications, notamment aux PUF, dans la collection " Perspectives critiques" (Orientation philosophique, Temps et destin, Vivre et philosopher, Le fondement de la morale, Pyrrhon ou l'apparence, Montaigne ou la conscience heureuse, Montaigne et la philosophie, Analyse de l'amour et autres sujets, L'aléatoire, Présence de la Nature, Quelle philosophie pour demain ? Lao Tseu : Tao Te king, traduction et commentaire), dans la collection "Epiméthée" (Epicure : lettres et maximes, Héraclite : fragments, Anaximandre : fragments et témoignages, Parménide : le Poème, fragments), et dans la collection "Quadrige" (Essais sur Homère, contribution à l'édition 2004 des Essais de Montaigne : préface et "supplément").
Résumé : " Au lendemain du 11 septembre 2001, jour des attentats contre les tours du World Trade Center de New York, une sorte de frémissement planétaire s'est fait sentir. D'un bout à l'autre de la Terre, grâce à l'effet quasi immédiat des ondes électromagnétiques, on a vécu une sorte d'expérience de l'unité humaine. Ne serait-il pas temps d'en venir à une philosophie ?cuménique ? Les philosophies théologisées, celles notamment des cartésiens, des kantiens et des post-kantiens, ont marqué un moment aujourd'hui dépassé de l'histoire humaine. Car le Dieu du monothéisme n'est qu'un objet culturel relatif à une culture particulière. La nature étant cela seul qui s'offre avec évidence à tous les hommes, c'est une philosophie de la Nature, comme le Site ou l'Englobant universel, qui doit pouvoir réaliser l'accord des esprits. Telle est l'idée générale d'une philosophie pour demain. " M.C.
Au début du XIXe siècle, l'Europe découvrit le bouddhisme, et bientôt les textes bouddhistes parurent mériter l'attention des philosophes, lesquels écrivirent et épiloguèrent sur le chemin bouddhique et son but ultime: le "nirvâna". Mais comme ils échouèrent à s'en faire une idée positive - car le "nirvâna" suppose l'expérience "sui generis" de la vie allégée de toute souffrance -, ils l'interprètent comme néant. Le bouddhisme était un nihilisme. Ainsi le voient Hegel, Cousin, Renan, Schopenhauer, Gobineau, et Nietzsche avec eux. Mais tandis que les uns (les chrétiens) s'offusquent d'une sagesse d'anéantissement, que d'autres, tel Schopenhauer, y voient avec faveur la confirmation de leur pessimisme, Nietzsche lui oppose une sagesse néo-païenne, dite "tragique". Si "tout est souffrance", comme le veut Bouddha, nier la souffrance, c'est nier la vie: la sagesse tragique implique la "volonté de souffrir", non, certes, que souffrir soit bon en soi, mais, parce que, sans la souffrance, rien de grand ne se fait.
Marcel Conche, professeur émérite à la Sorbonne, membre de l'Académie d'Athènes, est l'auteur de nombreux ouvrages, publiés aux Editions Encre Marine, Cécile Defaut, Albin Michel, et surtout aux Presses Universitaires de France (collections "Perspectives critiques", "Quadrige" et "Epiméthée").
L'auteur se propose de dire les contenus du bonheur, en tant que celui-ci est l'activité toujours possible et toujours pensable d'un sujet libre, et une réalité à la fois extrême et accessible. Il s'agit aussi d'établir les conditions d'accès à ce bonheur et de déployer en même temps les actes qui le constituent. Car le bonheur d'être est plus qu'un "état" de conscience ou une condition "sociale; il est l'unité synthétique de quelques formes actives de la joie. La méthode employée ici n'est pas séparable de la doctrine. La phénoménologie en première personne décrit ici le sujet comme libre désir et comme réflexion fondatrice; cette phénoménologie est existentielle parce qu'elle est opérée par l'existant pour l'existant, se saisissant comme sujet actif. Trois étapes, formant les trois axes de la joie, sont analysées: la joie de se fonder soi-même en une première puis en une seconde fondation, la joie d'amour dans un registre tout autre que banal et dont se font l'écho Segalen, Thérèse d'Avila, Saint-John Perse ou Rilke, et enfin les formes poétiques et les formes actives de la jouissance du monde. L'ensemble de ce mouvement se déploie comme un Voyage qui est à la fois progression conceptuelle réflexive et itinéraire d'existence, expérience d'être. L'enjeu en est non seulement la signification du désir, mais encore le présent et l'avenir de la philosophie. Par l'analyse de la joie qui anime toute l'existence concrète, s'éclairent à la fois la juste révolte contre l'horreur et la validité de la jouissance et de l'espoir. Se dessine en même temps une philosophie du sujet en première personne, qui est aussi une philosophie de la liberté heureuse. S'exprime enfin la portée éthique et substantielle du cheminement d'une oeuvre conçu comme l'affirmation de l'être et du sens."
Cette autobiographie est celle d'un philosophe du bonheur. Mais elle n'est pas un traité ni une démonstration, elle est le récit concret d'une vie singulière. Cette vie est en même temps sa propre invention, saisie et voulue comme telle. Elle met en scène les actes de rupture, les créations et les fulgurances qui sont en fait le déploiement même du Désir et de la liberté. Dans le mouvement concret de la vie, dramatique ou comblée, prend place aussi le mouvement de la réflexion. L'auteur suit le fil mnémonique de sa propre pensée et rend compte du travail et de la gestation de chacun de ses livres. L'oeuvre qui a exprimé et construit la vie heureuse est ici éclairée en retour par cette vie même. Une vérité, ni morale ni psychologique, prend forme peu à peu: au-delà de toutes les idéologies du siècle, une philosophie du sujet et de la liberté peut être à la fois le miroir d'une vie et la source même de cette vie. C'est la pensée de la liberté heureuse qui crée et la liberté vraie et la joie.