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Le grand tournant
Commère Pascal
TEMPS IL FAIT
14,00 €
Épuisé
EAN :9782868533067
L'homme qui trouva la mort dans le tournant du bas, c'était mon père. Ou plutôt, mon père est mort à l'entraînement. Il n'y eut pas pour lui de tournant ce jour-là, ni durant les jours qui suivirent. Sinon le dernier - le grand tournant. Au château où il montait, le propriétaire décida que ce serait moi qui le remplacerais. D'un coup, comme si je devais être le plus petit parmi ceux de mon âge, je cessai de grandir. Prêt, dès l'âge de dix ans, à chausser les étriers et à chevaucher les pur-sang. " Jockeys, apprentis, lads et parieurs - tous acteurs du petit monde des hippodromes - défilent dans ces récits au triple galop. Sans oublier les chevaux, bien sûr. Omniprésents, et qui emplissent la tête. Chevaux terriens, chevaux de vent... Cependant que les souvenirs mènent un train d'enfer à l'avant, dans une interminable course de deux minutes trente.
Résumé : La mort leur a légué du trèfle, des luzernes, l'usage à 1'église d un banc où ils ne s'assoient pas. Le sourcil bas l'?il noir comme une grange, un droit sur les filles des commis qui sont joueuses et le cachent bien. Leurs mères l'étaient aussi sont en noir, se disputent quand le soleil descend au fond des cours la confiance brutale des maquignons. Les enfants se glissent facilement derrière leurs yeux, ils les ouvrent alors pour réchauffer les chambres. Les commis sont près des mares cassent la glace avec des pics, tout à l'heure ils suivront les bêtes qui flairent l'eau avant de boire. Les femmes auront entre-temps retourné les poches des pâtures, le soleil parfois y descend sa monnaie n'a plus cours. Très tôt d'ordinaire les hommes rentrent avec la neige la tête dans les collines.
Résumé : Des chevaux de Solutré à l'antique car de ramassage de La fuite d'Egypte, en passant par Le vélo de saint Paul, les huit histoires qui composent ce livre se souviennent, chacune à sa manière, d'un épisode mythique de la grande Histoire. Deux lectures s'offrent alors dans le temps de la narration. Pour ne rien dire des petits teigneux noués à un monde d'herbe à chats et de couleuvres, des journaliers louant leurs bras le temps d'une saison avant que de finir sur un lit à barreaux de l'hospice, bêtes et gens, commis en la demeure obscure, courtiers en bestiaux démarchant à bicyclette, tous ont en commun qu'ils ne s'attardent guère...
Le journal inédit que Jacques Chauviré nous livre ici estun document de grande valeur sur un monde presquetotalement disparu, et sur la vie intérieure d'un hommeremarquable. Tenu pendant dix ans - juste avant la publication de son premier roman -, il alterne les observations médicales et les réflexions littéraires. Il vaut également par l'un et l'autre aspect, qui se répondent en écho. Compassion devant la douleur, refus obstiné de la mort dialoguent avec les traces pudiques d'une recherche spirituelle soutenue, nourrie par l'amour de la campagne et la fréquentation des livres. Ses riches échanges avec Jean Reverzy et Albert Camus ne détourneront pas le médecin dévoué de la mission quotidienne qu'il s'est donnée, ni ne briseront son isolement. Il écrira, sans fréquenter le monde des Lettres, comme pour approfondir son unique objet de préoccupation: la condition humaine. De celle-ci, Chauviré a une vision plutôt sombre dont il donne la mesure dans la suite de proses intitulée Funéraires: dix morts minuscules, exemplaires, et forcément inacceptables.
Résumé : " L'un des plus beaux livres écrits sur Rome. Une Rome suspendue entre le clair et l'obscur, le ciel et les ruines, les enfers et l'au-delà : une ville de fontaines et de foudre, de fleuve et d'incendie, de fables et d'artifices; cité du théâtre et de l'illusion, élémentaire comme Isis, tragique comme Borromini, abyssale comme Piranese... Et l'érudition est voilée comme chez Nerval, c'est une érudition qui joue, invente jusqu'au délire, tire des feux d'artifice, pâlit avec les couleurs et les reflets de la nacre, avant de s'éteindre dans la mélancolie. " Pietro Citati
Belles têtes d'Irlandais dans les rues de Killarney. D'un certain âge. Des têtes conformes à la tradition et qui, au-delà du folklore touristique, donneraient à n'importe qui manie vaguement le crayon l'envie d'écrire et de conserver ces personnages dans les mots. On ne s'attache pas à repérer d'abord les faces qui affichent leur alcoolisme. Ici, c'est un penchant qui ne s'avoue pas, mais se clame et se trompette. Il met tant de sincérité dans la laideur que là encore, parce qu'on est en Irlande, on se sent en confiance. Des trognes aussi évidentes et qui témoignent d'une impeccable assiduité au pub ne savent plus mentir. La caricature est une innocence brute." Dans ce récit de voyage fort peu héroïque - camping et vélo -, l'auteur s'attache à montrer des spectacles qui n'ont pas lieu et des êtres sans grandeur dont, en amoureux comblé de la langue, il sait faire une véritable matière littéraire.
Mécompris, censuré, tout ensemble adoré et haï, le recueil des Petites pièces philosophiques (Operette morali) apparaît comme le revers implacable du lyrisme des Canti. Leopardi, négligeant dédaigneusement l'arsenal romantique, y déploie les ressources d'une prose à la fois délicieuse et terrifiante, dont la littérature européenne offre bien peu d'exemples. Dans ce petit théâtre philosophique, fiévreusement élaboré au début du XIXe siècle, le nihilisme moderne semble naître tout armé. Schopenhauer, Nietzsche, grands lecteurs de Leopardi, creuseront ce sillon ; d'autres suivront celui du Désir. Grosses d'un désespoir qui est déjà le nôtre, ces pièces témoignent aussi de la littérature comme activité frivole et nécessaire, comme exercice presque joyeux du sens contre le rien.