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La danse de Nietzsche
Commengé Béatrice
VERDIER
7,50 €
Épuisé
EAN :9782864327202
Que toujours la mer sournoise ou la montagne impitoyable environnent celui qui cherche. Nietzsche, Notes, 1880.Sur la Riviera du Levant, a-t-on jamais vu automne plus triste et plus humide que cet automne 1882? Où s'en est allée la lumière? L'air est glacé comme la pluie. Depuis des semaines, Nietzsche attend le soleil. Le 23 novembre, il a quitté Gênes pour s'installer à Rapallo, un peu plus bas, entre Portofino et Zoagli. A l'Albergo délia Posta, il a trouvé une chambre avec une cheminée et une vue sur la mer. Le feu qu'on lui allume tous les soirs lui donne l'illusion d'un peu de chaleur. De son lit, il entend les vagues dans la nuit. Une nuit sans étoiles et sans lune. Seul, il rêve des hauts plateaux du Mexique - de leur lumière et de leur climat, qui lui rendraient une santé qu'il a perdue. Tout le jour, il a marché avec l'espoir de mieux dormir, mais le sommeil ne vient pas. Alors il verse dans un verre quelques gouttes de chloral hydraté et, doucement, sombre dans l'inconscience.Au matin, le ciel n'est pas plus lumineux que la veille. C'est à désespérer. Pourtant, derrière l'auberge s'élève le Monte Allegro - le mont Joyeux -, dans lequel il voit un bon présage. Ne venait-il pas de trouver, l'année dernière à Gênes, le secret de la «Gaya Scienza», la connaissance joyeuse, le Gai Savoir? Il n'a rien oublié. Malgré le froid, il sort. Il avance malgré le silence qui se fait lourd comme la mort. Envers et contre tout, il a choisi de vivre. D'être «solide sur ses jambes». Son bâton de marcheur à la main, il emprunte dans la bruine le sentier qui mène à Zoagli. A l'horizon, les nuages s'accumulent; aucun espoir d'éclaircie. Et pourtant il marche. Le chemin domine la mer. Il avance en regardant ses pieds pour éviter les flaques. Pas la moindre couleur pour égayer sa marche. La nature, comme lui, attend le soleil pour fleurir. Les pins parasols, plantés sur la colline, découpent des formes noires dans le ciel et les oliviers sont gris comme la pluie. Il est seul sur le sentier et marche d'un pas rapide malgré la boue qui rend le sol glissant par endroits. Le mouvement est une délivrance et il se laisse entraîner par son rythme. Les migraines de la nuit ont cessé et il avance, comme soulagé d'un poids. En bas, la mer est agitée: pas une barque de pêcheur, pas une voile rouge à l'horizon. Tout se confond dans la grisaille, les arbres n'ont plus de noms. Pins, lauriers, araucarias sont du même noir verdâtre. Pourtant, la pluie a cessé et la marche devient plus facile. Le corps semble de plus en plus heureux à mesure qu'il se réchauffe. Les pensées, jusque-là engourdies, se réveillent en même temps que les muscles.
Résumé : Il arrive aux saisons de nous attraper par surprise, un peu avant l'heure. L'ombre n'est pas prête sous les arbres. Ce treizième jour du mois de mars, un mercredi, s'annonce glorieux comme un jour d'été, sautant par-dessus le printemps. Sur la départementale qui longe la rive droite de la Dordogne, je n'ai pas encore croisé une seule voiture. Je file vers le nord. Vers Paris. Un train me double sur la gauche. Mon train.
Le hasard m'avait fait naître sur un morceau de territoire dont l'histoire pouvait s'inscrire entre deux dates, comme sur une tombe : 1830-1962. Tel un corps, l'Algérie française était née, avait vécu, était morte. Le hasard m'avait fait naître sur les hauteurs de la Ville Blanche, dans une rue au joli nom : rue des Bananiers. Dans la douceur de sa lumière, j'avais appris les jeux et les rires, j'avais appris les différences, j'avais aimé l'école Au Soleil et le cinéma en matinée, j'avais découvert l'amitié et cultivé le goût du bonheur." En remontant le cours d'une histoire familiale sur quatre générations, Béatrice Commengé entremêle subtilement la mémoire d'une enfance et l'histoire de l'Algérie française. Au plus près de l'esprit des lieux, elle parvient à donner un relief singulier au récit de cet épisode toujours si présent de notre passé.
Vite, des cabanes. Pas pour s'isoler, vivre de peu, ou tourner le dos à notre monde abîmé ; mais pour braver ce monde, l'habiter autrement : l'élargir. Marielle Macé les explore, les traverse, en invente à son tour. Cabanes élevées sur les ZAD, les places, les rives, cabanes de pratiques, de pensées, de poèmes. Cabanes bâties dans l'écoute renouvelée de la nature - des oiseaux qui tombent ou des eaux qui débordent -, dans l'élargissement résolu du " parlement des vivants ", dans l'imagination d'autres façons de dire nous.
Il y a d'un côté le colosse unijambiste et alcoolique, et tout ce qui va avec : violence conjugale, comportement irrationnel, tragi-comédie du quotidien, un « gros déglingo », dit sa fille, un vrai punk avant l'heure. Il y a de l'autre le lecteur autodidacte de spiritualité orientale, à la sensibilité artistique empêchée, déposant chaque soir un tendre baiser sur le portrait pixellisé de feue son épouse ; mon père, dit sa fille, qu'elle seule semble voir sous les apparences du premier. Il y a enfin une maison, à Carrières-sous-Poissy et un monde anciennement rural et ouvrier. De cette maison, il va bien falloir faire quelque chose à la mort de ce père Janus, colosse fragile à double face. Capharnaüm invraisemblable, caverne d'Ali-Baba, la maison délabrée devient un réseau infini de signes et de souvenirs pour sa fille qui décide de trier méthodiquement ses affaires. Que disent d'un père ces recueils de haïkus, auxquels des feuilles d'érable ou de papier hygiénique font office de marque-page ? Même elle, sa fille, la narratrice, peine à déceler une cohérence dans ce chaos. Et puis, un jour, comme venue du passé, et parlant d'outre-tombe, une lettre arrive, qui dit toute la vérité sur ce père aimé auquel, malgré la distance sociale, sa fille ressemble tant.Notes Biographiques : Née en 1974 en banlieue parisienne, Anne Pauly vit et travaille à Paris. Avant que j'oublie est son premier roman.
Histoire(s) du cinéma de Jean-Luc Godard est une oeuvre monumentale, sans équivalent au cinéma, dans l'histoire de l'art et même dans les manières d'écrire l'Histoire. Le cinéma y apparaît enfin tel qu'il est : la forme d'art majeure du XXe siècle et son centre, au-delà du spectacle divertissant pour lequel on le tient généralement et même de l'objet d'amour particulier des cinéphiles. "Le cinéma a fait exister le XXe siècle", il en a été la fabrique. A l'écoute de ce qui est à l'oeuvre dans Histoire(s) du cinéma, ce dialogue, entre le créateur et le critique, est une approche esthétique, philosophique et historique de ses conditions de possibilités : le cinéma dans le siècle et le siècle dans le cinéma, impliquant le tout de l'homme du XXe — de l'imaginaire des salles obscures, de l'horreur réelle des désastres, aux tentatives de rédemption par l'art.
Le fil de ce récit déroule l'histoire d'une rencontre entre une jeune femme, l'art de Piero della Francesca et un peintre d'aujourd'hui, qui s'appelle lui aussi Piero - un homme aperçu pour la première fois dans un café, au détour d'une place, à Rome. Cette vie à trois devient vite une danse si enivrante, sous la chaleur antique de l'Italie, que souvent l'on ne sait plus au bras de qui l'on danse. "C'est comme l'univers, on ne peut pas dire je le connais. Mais il habite à tel point les nuits et les jours, colore les heures même de repos, s'insinue dans tous les regards jetés, s'immisce dans tous les traits vus, au point qu'un soir, cela devient envahissant, doit naître, et ne cesse plus d'avoir un lieu en moi".