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L'horizon fabuleux. Volume 2, XXe siècle
Collot Michel
CORTI
24,00 €
Épuisé
EAN :9782714302465
Le goût de l'horizon nous vient du romantisme. Il a longtemps figuré pour les poètes le seuil d'un Autre monde, l'image d'un Absolu. Mais en traversant l'histoire mouvementée du XIXe siècle, le thème s'est peu à peu dépouillé de ses significations idéales. Lhorizon est désormais vide. Il continue pourtant de fasciner les poètes, car il est fabuleux : débordant toute représentation acquise, inscrivant l'invisible dans le visible, il adresse un appel irrésistible à l'imagination et à l'écriture, qui le réinventent constamment, comme en témoignent les oeuvres de Claudel, Reverdy, Supervielle, Bonnefoy, Lande et Du Bouchet, ici interrogées dans leur diversité et leurs affinités. Ce que les poètes demandent à l'horizon, ce n'est plus guère l'accès à un Autre monde, mais la révélation que notre monde est toujours autre qu'on ne le croit, car il recèle une réserve inépuisable de perspectives nouvelles ; ce n'est plus l'image d'une identité propre, à jamais possédée, mais la "distance intérieure" d'une intime altérité. Ce fond insondable, le poète le rencontre aussi dans sa traversée du langage, qui le renvoie de mots en mots, sans qu'aucun coïncide jamais exactement avec ce qu'il voudrait dire. La fuite de l'horizon symbolise cette négativité à laquelle le langage poétique se trouve confronté depuis qu'aucune caution métaphysique ne garantit plus l'adéquation des mots aux choses. Parce qu'elle est devenue "expérience des limites", aventure du langage risqué aux confins du silence, la poésie moderne reconnaît une parenté secrète entre son ambition et cet horizon qui semble, au bord de l'invisible, tracer une première ligne d'écriture.
Formalisme et structuralisme ont envisagé la poésiecomme un langage replié sur lui-même. A cette hypothèse d'une "clôture du texte" s'opposent la pratique et la réflexion des poètes, qui n'ont cessé de lier leur écriture à un horizon. Cet horizon renvoie non seulement à l'espace du dehors, mais aussi à l'espace intérieur de la conscience poétique, et à l'espace du texte lui-même. De par cette aptitude à réunir les trois dimensions de l'expérience poétique, l'horizon apparaît comme une véritable structurerégissant à la fois le rapport au monde, la constitution du sujet et le fonctionnement du langage. La notion de structure d'horizon permet de mieux comprendre la solidarité qui unit, en poésie, le sujet et l'objet, le visible et l'invisible, l'imaginaire et le réel, l'élaboration d'une structure déterminée et l'ouverture d'une marge inépuisable d'indétermination. Elle est ici interrogée à la fois à travers les images des poètes modernes (de Baudelaire à Du Bouchet), et à partir des enseignements de la phénoménologie, de la psychanalyse et de la poétique. C'est au croisement de ces divers approches que peut se dessiner le nouvel espace théorique dont nous avons aujourd'hui besoin pour penser la poésie. Biographie de l'auteur Michel Collot est professeur de Littérature française à l'Université de Paris III, où il dirige le centre de recherches "Ecritures de la modernité", associé au CNRS; il est l'auteur de plusieurs essais sur la poésie, notamment L'Horizon fabuleux, Paysage et poésie (Corti), et la Matière-émotion paru aux PUF dans la même collection.
Nous sommes dans un lieu, quelconque. Pourtant, par la faille entrouverte entre ciel et terre, dans l'écart qui déploie, entre ici et là-bas, les plans en perspective, une orientation se dessine, un sens émerge, et le lieu devient paysage. Morceau de " pays s, certes, arraché du regard à la terre, mais qui donne à lui seul la mesure du monde. Car il possède un horizon, qui, tout en le limitant, l'illimite, ouvre en lui une profondeur, à la jointure du visible et de l'invisible, — cette distance qui est l'empan de notre présence au monde, ce battement du proche et du lointain qui est la pulsation même de notre existence. Depuis le romantisme, les poètes interrogent l'énigme de l'horizon. Ils le font à partir des significations et des représentations qui se sont attachées, dans la langue et dans la littérature, au mot "horizon" lui-même, dont on retrace ici l'histoire singulière. Mais chacun réécrit à sa manière cette fable de l'horizon en fonction des enjeux propres à son imaginaire, à son inconscient, à son esthétique, comme on le montre à travers les oeuvres exemplaires de Hugo, de Rimbaud et de Mallarmé. L'horizon symbolise ainsi la relation paradoxale que la poésie entretient avec le sensible, s'ouvrant à lui pour le dépasser et le déplacer, car il est fabuleux, toujours susceptible d'interprétations nouvelles.
Heinrich Bernd ; Homassel Anne-Sylvie ; Indoukaeva
Dans En été - Une saison d'abondance Bernd Heinrich parvient à nous communiquer son sens inépuisable de l'émerveillement en nous faisant partager la vénération qu'il éprouve pour le foisonnement du vivant, à partir de ses observations sur le terrain comme de ses recherches scientifiques. Qu'il s'agisse de réflexions sur les guerres entre les fourmis, des particularités prédatrices des guêpes, des rituels de séduction des pics verts ou de sa description de la découverte d'une route encombrée de grenouilles des bois, En été nous offre un panorama d'une beauté évidente sur les interactions complexes entre le règne animal et le règne végétal, entre le réchauffement estival et la luxuriance de la nature. Comment des cigales parviennent-elles à survivre - et à prospérer - à des températures allant jusqu'à plus de 46° C ? Les oiseaux mouches savent-ils à quoi ils seront confrontés avant d'entreprendre leur migration vers le Golfe du Mexique ? Pourquoi certains arbres cessent-ils de grandir alors qu'ils disposent encore d'une période de trois mois de temps chaud ? Avec un sens de l'émerveillement et une compétence incomparable, Heinrich étudie une centaine de questions de ce type. On comprend aisément que Heinrich soit considéré aux Etats-Unis comme le digne successeur de Thoreau, parmi les écrivains américains contemporains de la nature.
Voici rééditée pour la 4ème fois cette seule édition intégrale commentée de l'ensemble des 201 contes des frères Grimm auxquels sont joints les 28 textes qu'ils ont supprimés dans la dernière mouture de leur recueil, et 10 légendes pour les enfants. Nous l'avons cette fois réédité en 1 volume de 1175 pages. Extrait de la presse unanime et élogieuse à la sortie du livre en 2009. Enfin paraît en France la première édition intégrale des 239 contes collectés par les frères Grimm, y compris les censurés, y compris les retranchés. Cette édition est indispensable à tous ceux qui aiment les livres. (...) Il y a au fond du conte, continuant de rêver, en état de rébellion à l'état pur, en état de splendeur à l'état pur, un jadis animal aussi intraitable que l'enfant incorrigible. Pascal Quignard, Le Monde des livres Les contes des Grimm doivent leur magie à la souffrance qui les fixe et la liberté qui les porte. (...) La plupart des auteurs feraient de cet enfer des machines moralistes, des manuels édifiants, ou, pire encore, des romans psychologiques. Ici, rien de tel. Lire est un acte libre. L'imagination est l'action : elle va vite, comme une vie courte réduite à l'essentiel. Philippe Lançon, Libération Classées au patrimoine mondial de l'Unesco, les 239 histoires recueillies par les frères Grimm, " vivent encore aujourd'hui ", comme on dit de leurs héros. Cette nouvelle traduction leur rend fraîcheur et rugosité. Isabelle Rüf, Le temps Soit donc deux beaux volumes, copieusement annotés et soigneusement illustrés (...). Postface, notes copieuses, index précis : l'appareil critique est sans faille, mais jamais pesant ? libre au lecteur de choisir de l'oublier ou d'en faire son miel. Nathalie Crom, Télérama