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Après Nietzsche
Colli Giorgio ; Gabellone Pascal
ECLAT
9,00 €
Épuisé
EAN :9782841623648
Ecrit au sortir de quinze années consacrées à établir, avec Mazzino Montinari, l'édition des Oeuvres complètes de Nietzsche, ce "petit livre sans notes" parle des conquêtes de la pensée de Nietzsche, mais aussi de ses retentissantes et glorieuses défaites. Il témoigne contre une modernité qui, au nom d'une certaine science, d'une certaine perspective historique, d'une raison détachée du logos, n'a pas su aller après Nietzsche, et s'est abandonnée aux délices de Capoue des apparences. De Giorgio Colli (1917-1979) ont paru à L'éclat : Nature aime se cacher (1948), Philosophie de l'expression (1969), La naissance de la philosophie (1975), Ecrits sur Nietzsche (1980), La Sagesse grecque (1978-1980), trois volumes des Carnets posthumes : Philosophie de la distance, Philosophie du contact et Nietzsche (1982) ainsi qu'un volume rassemblant deux écrits de jeunesse sous le titre Philosophes plus qu'humains.
Colli Giorgio ; Bailly Jean-Christophe ; Lanata Gi
De 1958 à 1964, Giorgio Colli a dirigé chez l'éditeur Boringhieri une collection dont les choix mêmes constituent une redéfinition de la notion de "classique". Sur la centaine de titres parus, il en a présenté lui-même trente-quatre, pas moins. Ce sont ces trente-quatre préfaces qui sont regroupées dans le présent volume. Des fragments orphiques à Einstein, ces courtes présentations présentent en fait l'ensemble de l'évolution de la pensée occidentale. Elles se suivent comme les chapitres d'un récit continu, aboutissant à une sorte de "roman de formation" de la pensée occidentale, qui s'articule en trois temps : le socle grec, le grand rationalisme et enfin l'ère qui, pour celui qui fut son éditeur, ne peut être que celle de Nietzsche. A la fois claires et agiles, ces préfaces composent un outil philosophique original qui, en exposant la modernité à une tradition revisitée, la rendent à elle-même.
Dans ce long inédit, Benjamin Fondane révèle les implications philosophiques révolutionnaires qui découlent des travaux de Lévy-Bruhl (1857-1939) sur la mentalité primitive. En mettant à jour les mécanismes d'une logique différente, Lévy-Bruhl fait voler en éclat l'universalité de la logique d'Aristote sur laquelle repose notre pensée occidentale. Dès lors cette logique n'est rien d'autre qu'une arme politique qui fonde l'hégémonie de la rationalité. La démonstration de Fondane est implacable et bouleverse notre conception de la philosophie. Il nous incite à reconsidérer nos manières de penser et de vivre sous la contrainte de la raison, faisant écho à une tradition non aristotélicienne qu'incarnent des penseurs comme Michelstaedter, Lukasiewicz ou Alfred Korzybski.
Dans le domaine métaphysique, le philosophe et théologien médiéval Guillaume d'Occam énonça des préceptes de simplicité passés à la postérité sous le nom de " Rasoir d'Occam " et sous la forme d'une injonction: Il ne faut pas multiplier les êtres et les principes d'explication au-delà de ce qui est nécessaire. Le " Rasoir de Kant " fait jouer ce même principe d'économie dans le domaine moral, et permet ainsi de dessiner les contours d'une éthique minimaliste, mais non moins propre à la vie sociale. Plus de deux cents ans après Diderot, Ruwen Ogien repose, à sa manière, la question du Supplément au voyage de Bougainville concernant les " inconvénients d'attacher des idées morales à certaines actions qui n'en comportent pas ", et soumet la réflexion morale à un diagnostic qui décevra sans doute les amateurs de certitude, mais réjouira ceux qui se refusent à la réduire au moralisme ambiant.
Résumé : L'institution du Shabbat est la plus importante contribution du judaïsme à l'humanité, tout en étant le fondement de la vocation spécifique d'Israël. Résistance à l'oubli de l'origine, appel à la maîtrise du temps pour assurer la liberté de l'homme, évocation d'un jour futur "qui sera tout entier Shabbat et repos pour une vie du monde qui vient", il introduit dans l'existence une dimension essentielle, dont le monde contemporain, livré à la démesure, doit absolument prendre conscience. A un projet prioritairement économique, obsédé par la satisfaction du besoin et le culte de la croissance, il oppose une vision d'avenir liée non à un manque, mais à une plénitude. Il rappelle l'indispensable valeur de la limite et du lien entre les générations.
Dans les traditions philosophiques occidentales, c'est à la critique développée par la pensée marxiste que l'on doit de pouvoir aborder l'oeuvre de Moses Hess (1812-1875). Pourtant, le "rabbin des communistes", comme on l'a appelé, fut l'un des penseurs du XIXe siècle qui questionna au plus près les conditions de la liberté et de l'égalité sociales, en même temps qu'il ouvrit la voie à l'idée d'un foyer juif en Palestine, où cette liberté et cette égalité se seraient pleinement épanouies. Dans les études juives, la philosophie de Moses Hess est rarement évoquée, si l'on excepte quelques commentaires qui font de lui ce "communiste et sioniste, qui joua un rôle décisif dans le premier mouvement et inventa virtuellement le second". Le livre de Jean-Louis Bertocchi veut porter un éclairage nouveau sur cette oeuvre pionnière et singulière à bien des égards, dont le coeur est bel et bien la discussion serrée, "en accord divergeant", de la pensée de Spinoza, lu attentivement par Marx lui-même, et qui, dans le ciel d'un humanisme juif émancipé et émancipateur, dessine une constellation en perpétuel mouvement, où scintillent tour à tour philosophie, communisme et sionisme.