Après les années de crise de la décennie 1990, caractérisées par un chômage massif, l'économie française a renoué avec la croissance. Cette situation suscite deux grandes interrogations. Quelles mesures de politique économique convient-il de prendre pour assurer le maintien de cette croissance ? Comment ses fruits doivent-ils être utilisés ? Ces interrogations posent elles-mêmes une série de problèmes dans de nombreux domaines : celui de l'emploi (métamorphose du lien entre la croissance et l'emploi, réduction du temps de travail), celui des finances publiques (réduction des prélèvements obligatoires, baisse du déficit des administrations et redéploiement des dépenses publiques), celui des retraites, mais aussi ceux de la santé, de l'évolution des structures productives, des structures démographiques, et enfin dans le domaine de l'environnement. C'est à l'examen de ces problèmes et des propositions faites pour les résoudre que cet ouvrage est consacré.
Résumé : Spécialistes de la société et du pouvoir algériens, Jean-Louis Levet et Paul Tolila dénoncent dans ce livre sans concession la véritable nature du régime d'Alger et les blocages qu'il oppose à une relation apaisée avec la France. Quand l'Algérie en aura-t-elle fini de ses interminables débats mémoriels avec la France ? Plus de soixante ans après son indépendance, le passé ne passe pas et le pays reste figé entre statu quo, corruption et répression. Les légitimes aspirations de la jeunesse ? Sans réponse. L'Etat de droit ? Inexistant. La démocratie ? Tournée en ridicule. Après cinq ans de travail au coeur des réalités algériennes, d'échanges avec les principaux acteurs de la société, les auteurs dessinent une Algérie aux antipodes de la propagande officielle. Une propagande moquée dans les rues du pays par une majorité d'Algériens criant non pas leur rejet de la France ou du passé colonial, mais celui de leur propre gouvernement, de l'arrogance des pouvoirs en place, d'un système politique complice des pires iniquités. Les racines du mal algérien ? Le pouvoir prétorien, l'incroyable avidité d'une nomenklatura méprisant le peuple, les atouts économiques volontairement bridés au profit d'importations juteuses, la gangrène de la rente des hydrocarbures, l'explosion de tous les trafics et du marché noir. Paralysante et souvent corrompue, une administration tentaculaire accroît les blocages d'une société humiliée, devenue triste et dure pour les plus faibles. Une société, pourtant, dont la survie et la résilience soulignent la vitalité, culturelle notamment, face à un conservatisme religieux omniprésent depuis la " décennie noire " du terrorisme islamique... Entre l'Algérie et la France l'apaisement est-il possible, dégagé des instrumentalisations de l'histoire et des mémoires ? Confrontés aux mêmes enjeux - migrations, défi de l'eau, terrorisme, sécurité alimentaire, santé -, les deux pays ont tout pour s'entendre et se comprendre.
Deux enfants d'Algérie, un Algérien et un pied-noir, engagent un dialogue sans préjugé ni tabou, mettant ainsi en perspective l'histoire commune de l'Algérie et de la France.À partir des souvenirs de leur jeunesse, vécue dans les tourments d'une guerre qui ne disait pas son nom, Jean-Louis Levet et Mourad Preure reviennent sur 130 ans d'aventure coloniale, achevée par un conflit sanglant, et sur l'accueil que la France a ensuite réservé aux « réfugiés » d'Algérie, pieds-noirs et harkis.Ils évoquent également l'évolution de l'Algérie indépendante, ainsi que ses relations avec la France pendant ce demi-siècle. Sans laisser de côté des sujets aussi cruciaux que l'immigration, l'intégration, la place de l'islam, etc.Ce livre énonce un certain nombre de propositions pour l'avenir des relations entre les deux pays, une nécessité stratégique pour l'un comme pour l'autre.
Henry Jean-Marie Levet était un jeune dandy qui, sous des allures d'esthète britannique, exerçait la fonction de diplomate. A sa mort, il avait seulement publié deux plaquettes de poèmes confidentielles avec des épigraphes de Laforgue et de Rimbaud. Il y eut aussi un Levet chansonnier et vaudevilliste qui collabora au Courrier français, l'un des journaux les plus importants de l'époque. Mais ce qui fera la gloire posthume de Levet, c'est la douzaine de poèmes constituant les Cartes postales qui ébahirent Larbaud - il le comparait à un Whitman français Fargue, Sylvia Beach, plus tard Morand (qui les connaissait par coeur) et Cocteau. Véritable légende, Levet est une référence pour plusieurs générations de poètes et d'écrivains.
La coexistence de deux systèmes bien différents d'expression du vrai dans la période la plus ancienne de l'histoire de la langue grecque appelait un examen méthodique. Comment s'explique-t-elle ? Que révèle-t-elle ? Pourquoi l'un de ces deux systèmes subit-il un affaiblissement constant, qui aboutira à sa disparition complète dans la prose du IVe siècle ? Comment faut-il expliquer qu'ils entrent l'un et l'autre en opposition avec les mêmes termes représentant le faux ? Une analyse rigoureuse et complète des faits enregistrés et des questions posées permet d'établir que les deux séries de concepts présents derrière les mots correspondent d'une part à des structures de cognition et à des pratiques de communication que l'on peut considérer comme archaïques et, d'autre part, au développement progressif d'une forme récente de vérité, reposant sur des mécanismes différents d'acquisition et de transmission, qui méritent d'être qualifiés de modernes. Parallèlement au développement de cette vérité, une transformation de la nature conceptuelle du faux se laisse percevoir clairement, si bien que l'extension ultime de son évolution, à la fin de la période considérée, derrière le verbe signifiant mentir, dire le faux, permet de bien comprendre ce qui s'est progressivement produit et de démontrer la pertinence de l'ensemble des reconstructions proposées. Par l'étude sémantique sont saisis, pour ainsi dire de l'intérieur, dans toute la mesure du possible, les mécanismes subtils et profonds de l'action de l'esprit qui ont, au fil du temps, généré une vision des choses et une appréhension nouvelles du réel, au terme d'une démarche reposant sur une modification des rapports entre le sujet en quête de connaissance et l'objet de son investigation. La description de l'histoire d'??????? se confond, dans ces conditions, avec celle de la pensée commune des Grecs et des progrès de l'esprit humain dont l'évolution ainsi captée porte témoignage. Au-delà des lexèmes et de leurs occurrences, les explications proposées conduisent ainsi le lecteur, par une plongée dans l'humain, à la perception dans la diachronie de quelques secrets fondamentaux de l'âme grecque et, à travers elle, pour reprendre une expression de Bruno Snell, à une sorte de "découverte de l'esprit" occidental. Jean-Pierre Levet, né en 1945, est actuellement professeur de langue et littérature grecques et de grammaire comparée des langues indo-européennes à l'Université de Limoges. Il a enseigné à Paris X (1968-1975) et à Poitiers (1975-1983). Les travaux de cet agrégé de grammaire, titulaire de deux doctorats d'Etat (Lettres et Sciences Humaines, Science Politique), portent sur la linguistique historique ainsi que sur la science, la logique et la philosophie grecques et leurs prolongements médiévaux.
La perte d'une personne aimée est toujours éprouvante et trop souvent aboutit à des perturbations émotionnelles durables et profondes, en particulier à de l'angoisse et de la dépression. Ce livre, troisième et dernier de l'oeuvre que John Bowlby a consacré au concept de l'attachement, décrit les réactions des enfants et des adolescents à la perte d'un parent en les comparant aux réactions des adultes à la perte d'un conjoint ou d'un enfant Une attention toute particulière est accordée aux perturbations du deuil aux différents âges et aux événements récents ou anciens qui les favorisent Les différents types de réactions ainsi que les circonstances qui aboutissent à des évolutions favorables ou perturbées s'avèrent être semblables à tous les âges. John Bowlby intègre à la théorie psychanalytique les notions les plus récentes tirées de l'éthologie, de la cybernétique et de la psychologie cognitive. Sa pensée stimulante est parfois controversée, mais elle a le mérite de conduire les cliniciens à une réflexion renouvelée sur les notions de perte, de deuil, de dépression, permettant des approches thérapeutiques nouvelles.
Dans ce second volume d'Attachement et perte, John Bowlby poursuit son travail sur l'importance de la relation parentale et le rôle qu'elle joue dans la santé mentale. Il étudie la séparation et l'angoisse concomitante: la peur d'une séparation imminente ou imaginée, la peur induite par les menaces parentales de séparation et l'inversion de la relation parent-enfant. John Bowlby réexamine les situations qui causent en nous un sentiment de peur et les compare à des observations du même ordre chez les animaux. Il conclut en montrant que la peur est suscitée le plus souvent par des situations inoffensives en soi mais qui servent à signaler l'accroissement du risque de danger.
Ce Dictionnaire de psychologie allie les qualités d'un bel ouvrage accessible à tous avec les avantages de l'exhaustivité, ce qui ravira les spécialistes. Les termes de la langue courante (adolescence, leurre, agression, réaction, tempérament...) et du vocabulaire de la psychologie (autisme, psychodrame, test de Rorschach...) y sont définis, tandis que les notions fondamentales sont mises en perspective par un rappel des doctrines qui les ont élaborées. Ainsi, le lecteur pourra se demander s'il est plutôt allocentrique ou égocentrique, après avoir distingué les fantômes de son passé des fantasmes de sa libido. Grâce à un système de renvoi entre les définitions et à la prise en compte de notions qui font intervenir aussi bien la psychologie, la sociologie et la psychanalyse, cet ouvrage très utile offre un panorama complet des sciences humaines. --Paul Klein
Héraclès, Thésée, Jason, Athéna, Zeus... Tous ces héros et ces dieux nous sont familiers, mais connaît-on véritablement les mythes qui s'attachent à leurs noms? Pourtant, Ceux-ci revêtent une importance considérable pour qui se passionne pour l'histoire de la pensée humaine. Mais l'intérêt de les connaître concerne aussi chacun d'entre nous. Constamment repris, réutilisés dans la littérature antique, médiévale, mais également contemporaine, ils sont devenus des références que nul ne peut ignorer, un patrimoine que chacun se doit de connaître. Pierre Grimal, grand spécialiste des études latines, n'a pas eu pour objectif de proposer un système explicatif de ces mythes, mais de les faire connaître et d'apporter ainsi des éléments indispensables à la compréhension de nombreux textes et oeuvres d'art. Fruit d'un colossal travail d'inventaire et de classement des textes, ce dictionnaire est d'un abord simple, clair et précis. Classés par ordre alphabétique, les mythes sont accompagnés des références des textes qui en font mention. Complet et pratique, cet ouvrage publié en 1951, réédité de très nombreuses fois, est toujours précieux.